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Même si son départ nous peine nous sommes fiers de sa nomination à titre de vicaire épiscopal et de coordonnateur de la pastorale pour le secteur francophone. Nous savons que le diocèse sera enrichi par son ministère. Nous avons aussi dû dire au revoir à soeur Jeannine Litalien qui a travaillé à la paroisse pendant onze ans. Onze années de travail méticuleux auprès de nos jeunes qu'elle a accompagnés de même que leurs parents dans leur préparation à la réception des premiers sacrements et dans la remise des évangiles. Elle a aussi guidé et assisté les équipes de liturgie des petits au cours des années en plus d'être très présente lors de presque toutes nos célébrations. Nous voulons aussi présenter dans ce numéro spécial le diacre Gilles Ouellette, responsable du dossier de la confirmation et qui, en plus, rend de précieux services à la paroisse Sainte-Marie. Alice Grégoire-Bourdeau QUARANTE ANNÉES AU SERVICE DE L'ÉVANGILE
À l'âge de treize ans, j'étais au Petit Séminaire d'Ottawa pour le cours classique (secondaire et premier cycle universitaire). J'ai pris goût aux «humanités»; j'ai vécu de près avec des gens d'idéal qui entrevoyaient leur vie comme un service aux autres; j'ai développé ce désir de faire partager à d'autres ce que j'avais la chance de découvrir tant au niveau des réalités humaines qu'au niveau de celles de la foi. Encadré donc par des professeurs en grand nombre inspirants, et soutenu par des copains avec lesquels on espérait faire avancer notre monde, j'ai décidé d'être prêtre. Pour servir, dirais-je, selon les mots qui alors précisaient le sens des choses. Pour vivre avec les gens qui me seraient confiés ou qui auraient recours à moi, dirais-je aujourd'hui; pour vivre avec eux la dimension chrétienne qui fait partie de chaque page de la vie. Du Grand Séminaire, je dirai qu'il fut surtout un âge de découverte de la fin d'un monde et de la naissance d'un autre. Je m'explique: on y baignait dans une théologie tendue entre les façons de dire du passé et les découvertes que l'on faisait alors à partir des sciences bibliques et des sciences humaines; on demeurait dans un monde très organisé par des règles qui couvrent tout - du chapeau qu'il faut porter en telle circonstance jusqu'aux réponses définies aux problèmes moraux - et, en même temps, on découvrait la relativité que le sens de l'histoire venait mettre dans lesdits absolus pour les faire éclater par en haut grâce spécialement au renouvellement des approches de la Bible et de la liturgie. Je n'ai pas passé à travers le Grand Séminaire sans faire mon bout d'interrogations profondes et de difficultés de santé: on a su bien m'y accompagner. Le jour même de mon ordination, je fus nommé vicaire à Saint-Raymond de Hull où je travaillai pendant treize mois. C'est là que j'ai saisi dans le réel le «avec» dont je parle, car, au-delà de ce que j'avais à faire comme prêtre, il y avait cette dimension de vivre avec des gens et avec eux vivre la foi pour les jours spéciaux comme pour les jours ordinaires. Puis, à l'été 1962, je devins professeur au Petit Séminaire, ce qui commença ma «carrière» dans l'éducation. À côté de l'algèbre, des sciences et des langues, tous sujets que j'enseignais, j'ai développé le goût de me spécialiser en enseignement religieux. J'ai alors eu la chance immense de faire une année de spécialisation à l'Institut de pastorale catéchétique de Strasbourg, de visiter plusieurs coins d'Europe et de faire un pèlerinage en Terre-Sainte. Depuis mon retour à l'été 1966, j'ai été dans l'éducation religieuse, deux ans à plein temps directement avec les jeunes au Petit Séminaire et au Couvent Notre-Dame, puis dans la préparation et la rédaction d'instruments de catéchèse pour le secondaire. Ce furent des années où j'ai beaucoup donné, dans une tournure de créativité toujours renouvelée; ce furent des années où j'ai beaucoup reçu, surtout au plan du lien inextricable qu'il y a entre «les choses de la vie» et «les choses de la foi». En 1972, je ré-intégrai le diocèse d'Ottawa à plein temps, après avoir fait quatre ans de service à l'Office de Catéchèse du Québec (OCQ). De 1972 à 1990, j'ai fait partie de l'Office diocésain de catéchèse, au début, en lien plus étroit avec les programmes qui concernaient les enfants et leurs parents, puis plus tard, surtout dans les programmes qui rejoignaient les adultes comme tels. Pendant neuf de ces années, je fus aussi, à demi-temps, directeur de l'Office provincial de l'éducation chrétienne en Ontario (OPECO); c'est un travail que j'ai conçu surtout comme une orientation commune et une coordination en éducation de la foi pour les francophones de l'Ontario, ainsi que comme une invitation soutenue aux catéchètes des divers coins de la province à servir de leur mieux et à s'épauler les uns les autres. De toutes ces années en éducation de la foi, je me suis enrichi d'amitiés puissantes, de productions dont je suis fier même si elles ont fait leur temps, d'approfondissements personnels et d'expériences avec d'autres qui font que la foi et la vie vont de pair toujours. Tout au long de ces années en éducation, j'ai régulièrement fait du ministère en paroisse. Certes, je ne portais pas la responsabilité première de ces paroisses, mais je m'y suis souvent intégré de proche. Je pense spécialement à la paroisse cathédrale où j'ai vécu beaucoup de choses et où j'ai développé des tournures pastorales et homilétiques. Il me faut aussi mentionner le ministère avec ma famille, une immense famille où baptêmes, mariages et funérailles ne manquent pas, où la vie au fil des ans est marquée de rassemblements qui la scandent et la conscientisent. Pendant près de vingt ans, au coeur de ces années de catéchèse et de celles qui suivront, j'ai collaboré au Prions en Église et au Rassembler. C'était un travail qui m'apportait beaucoup, en exigeant d'une part de la recherche et de la réflexion très incarnée en même temps qu'une concentration dans la production écrite que j'aimais bien, en permettant d'autre part une expérience avec des copains d'équipe d'un calibre vraiment stimulant et enrichissant. En septembre 1987, j'entreprenais, à la demande de Mgr Plourde via Mgr Bélisle, la fondation de la paroisse que nous appellerons Sainte-Marie, à Orléans. J'ai accepté de relever le défi d'une fondation de paroisse, aussi déphasé que cela puisse paraître en ces temps-ci où l'on en ferme, et aussi risqué que cela puisse être quand on se demande quel est l'avenir de la religion et de la foi. Avec et ensemble, deux mots-clés dans le projet de Sainte-Marie. L'expérience de Sainte-Marie en a été une de mise ensemble de visions et d'énergies, de respiration ensemble de personnes diverses, de partage dans la foi et dans la vie. Si je fais un regard rétrospectif sur ce vécu de quarante ans de ministère, je crois que je peux cerner quelques éléments en raccourci. J'ai voulu vivre «avec» et «ensemble», dans la vie humaine et la foi et j'y suis à plein. J'ai entretenu un idéal de travail et de générosité et j'en ai vécu beaucoup, au point cependant où il me faudra probablement changer de rythme avant trop longtemps. J'ai été privilégié de participer à beaucoup de choses, voyages et études, ( et spécialement mon congé sabbatique de six mois à Paris), équipes de production et d'animation, oeuvre d'évolution dans l'Église et dans le monde de l'éducation; j'en suis très reconnaissant. Ce départ de Sainte-Marie d'Orléans n'est pas facile, car notre histoire ensemble, à nous de Sainte-Marie et à nos nombreux amis, est tissée serrée. Je n'étais pas que le curé, j'étais (et je suis encore) un paroissien, un membre de la communauté. Ça, c'est inscrit à jamais dans mon être, ma tête et mon coeur, mon corps aussi car j'y ai vieilli. Après avoir travaillé surtout avec des équipes diocésaines (où je compte des amis très proches) et avec des gens que je rencontrais en passant plus souvent qu'autrement, j'ai trouvé dans ce coin d'Orléans une insertion profonde, avec des amitiés fortes, des joies très grandes et des tensions, des périodes d'inquiétude et des temps de réalisations, certaines audacieuses même... J'ai trouvé à Orléans des gens qui sont ma référence, mon environnement, mes amis. Le Christ ressuscité et vivant avec nous, c'est principalement à Sainte-Marie que j'en ai fait l'expérience concrète pendant ces quatorze ans. Je pense que je veux rester inscrit comme paroissien à Sainte-Marie, même si par la force des choses vous ne m'y verrez pas souvent à l'église! Mon dernier mot est de rendre grâce à Dieu pour l'étape de vie qui s'achève, de vous en remercier vous tous et toutes, et de vous assurer de mon amitié très profonde dans le Christ Jésus. Je cite de mémoire, à partie du latin, ce texte de saint Paul: «Dieu m'est témoin à quel point je vous aime tendrement dans les entrailles de Jésus Christ.» Gérard Saint-Denis, prêtre TÉMOIGNAGES DE PAROISSIENNES ET DE PAROISSIENS Un certain nombre de paroissiens et de paroissiennes ont été invités à offrir un bref témoignage à l'occasion du départ de Gérard.... Nous sommes très reconnaissants pour tout ce que Gérard nous a apporté durant son séjour à Sainte-Marie. Gérard est pour nous un véritable ami, qui nous a beaucoup donné et qui était là dans nos moments de tristesse ainsi que dans nos fêtes. Nous pensons souvent aux beaux moments passés dans son salon après les réunions où on se sentait toujours à l'aise pour jaser d'un peu de tout. Gérard était toujours là pour nous écouter et pour nous encourager. Nous avons beaucoup appris de Gérard et de ses enseignements. Nous sortions enrichis des célébrations qu'il présidait, des célébrations toujours plus belles les unes que les autres, empreintes de piété et d'une grande foi. Nous pensons, entre autres, aux homélies et aux sessions de formation qui nous ont tellement touchés, aux baptêmes, aux célébrations des jours saints, aux funérailles de Ghislain et au mariage de Michelle et de Yves. À Gérard, un gros merci! Félicitations pour ton
nouveau poste. Nous sommes convaincus que tu feras un travail
extraordinaire, comme d'habitude, et nombreux sont ceux et celles qui
pourront profiter de ton expertise, de tes talents et de ton amour. Murielle et André Cayouette
Un grand merci Gérard pour ton engagement, ta
disponibilité et ton ouverture d'esprit. Tu as su nous accompagner et
nous guider dans notre cheminement de foi en tant que
couple-accompagnateur auprès des couples de fiancés se préparant au
sacrement du mariage. André Desmarais
Gérard est un disciple passionné de Jésus. Son ardeur et sa générosité à faire connaître l'Évangile, à faire aimer Jésus et à rendre son message présent parmi les gens de notre communauté d'Orléans ont fait en sorte que plusieurs se sont sentis touchés, interpellés à devenir eux-mêmes apôtres et porte-parole de la Bonne Nouvelle du Christ. En s'adressant autant au coeur qu'à l'intelligence et la raison, Gérard nous a fait voir la pertinence et la valeur des enseignements de Jésus et de l'Église dans nos vies personnelles, pour notre communauté et notre monde. Ses efforts ont fait de nous tous de meilleurs chrétiens et missionnaires. Gérard, que paix et joie t'accompagnent partout et toujours alors que Jésus guide tes pas.
Gérard, c'est un visionnaire qui a pris à coeur
l'établissement d'une communauté chrétienne contemporaine.
DES JEUNES S'EXPRIMENT À
L'OCCASION DU DÉPART DE GÉRARD SAINT-DENIS ET DE SON QUARANTIÈME
ANNIVERSAIRE D'ORDINATION SACERDOTALE. Pour voir le visage de Dieu tu as besoin d'un coeur pur, d'un coeur plein d'amour! Et toi c'est cela que tu as, un coeur pur et plein d'amour!!! Mylène Given
David Alie
Maxime Hardy
Patrick Meloche
Jean-Philippe Chartrand
James-William Baker
Sylvie Mercier
Chanell Flanagan Alors que je quitte la paroisse Sainte-Marie, bien des souvenirs et des images se bousculent à mon esprit. En guise d'au revoir, j'ai le goût de partager avec vous le portrait qu'il me reste de la paroisse où j'ai oeuvré pendant onze années. Sainte-Marie, c'est un lieu où nous voulons vivre ensemble notre foi en Jésus Christ. Au fil des années, tous les paroissiens et paroissiennes : adultes, enfants, nouveaux arrivés ont connu un accueil chaleureux. Et cet accueil demeure bien vivant. Je suis toujours émerveillée du nombre de personnes engagées dans les comités, les équipes et les fonctions liturgiques. Cet engagement exprimé de plusieurs façons dit bien l'intérêt que nous portons à la vie paroissiale. Les écoles de notre paroisse font partie de notre vie paroissiale. C'est ensemble que nous participons à la préparation de nos jeunes aux sacrements et à la remise des évangiles. À deux messes dominicales, nous avons la liturgie d'enfants : 4 à 7 ans et 8 à 12 ans. Nos parents bénévoles donnent de leur temps pour expliquer la Parole de Dieu adaptée aux divers âges. Les comités et les équipes sont actifs. Ça bouge chez-nous! Au long des années des liens se sont tissés pour former vraiment une paroisse vivante. Je prie la Vierge Marie de nous combler d'émerveillement et de gratitude devant les signes d'Amour du Seigneur. L'avenir de la paroisse se bâtit ensemble! Au revoir. Je garderai un souvenir bien vivant de Sainte-Marie. Jeannine Litalien, f.d.l.s. TÉMOIGNAGES SUR
L'HÉRITAGE DE FOI LAISSÉ PAR SOEUR JEANNINE Soeur Jeannine nous quitte après avoir consacré onze ans à la paroisse Sainte-Marie. Onze années pendant lesquelles elle s'est dévouée corps et âme pour les milliers de jeunes qu'elle a accompagnés dans leur préparation aux sacrements et à qui elle a transmis l'amour de son ami le Bon Pasteur. Ce petit bout de femme pleine d'énergie nous a montré sa grandeur d'âme et nous l'en remercions. Oui, elle a touché une multitude d'enfants, mais un grand nombre d'adultes aussi ont grandi dans leur foi grâce à elle. Pour ce bel héritage, nous vous disons MERCI soeur Jeannine! Votre présence à Sainte-Marie restera gravée dans le coeur des paroissiens et paroissiennes, jeunes et moins jeunes. Bonne chance dans vos nouveaux projets. Monique Hurtubise
Après plusieurs années à côtoyer soeur Jeannine,
c'est avec regret que nous apprenons son départ. Son sens de
l'organisation, sa disponibilité, sa flexibilité, sa bonne humeur et
son dévouement auprès des enfants sont autant de belles qualités qui
lui permettront de relever d'autres défis. Claire Baril et Francine Morin
Au nom du comité de liturgie des 4 à 7 ans, nous désirons exprimer notre plus vive gratitude à soeur Jeannine pour son appui soutenu, sa précieuse collaboration et son dévouement exemplaire au fil des ans. Elle nous a livré les fruits de sa riche expérience auprès des enfants, nous a guidés dans la préparation des liturgies et nous a proposé des démarches empreintes de simplicité et adaptées aux besoins des petits. Toujours disponible et accueillante, soeur Jeannine nous a insufflé un dynamisme contagieux afin de poursuivre notre engagement auprès des enfants. Elle restera toujours pour nous une source d'inspiration intarissable! Du plus profond de notre coeur, soeur Jeannine, nous vous disons merci. Lorraine Plante et Lise Hardy
Si soeur Jeannine aime bien porter la mission de Jésus auprès des enfants, elle sait également rejoindre le coeur des parents. Soeur Jeannine est toute douceur, patience et joie. Dans tous ses engagements et nombreuses activités auprès des divers comités et personnes de la paroisse Jeannine apporte sagesse, compréhension et enthousiame. Nous te souhaitons, Jeannine, un bon repos bien mérité et surtout nous voulons te dire merci, un grand merci pour le message d'espérance que tu nous as fait vivre et dont nous sommes les fiers héritiers. Puissions-nous à ton exemple trouver les moyens de transmettre cette Bonne Nouvelle à ceux qui nous entourent. Viens souvent nous voir. Gilles Marleau GILLES OUELLETTE, DIACRE ET DIRECTEUR À L'ÉCOLE ARC-EN-CIEL
Je suis natif de Vanier, Eastview comme on l'appelait au moment de ma naissance, il y a près d'un demi-siècle. Je suis un des aînés (eh oui, je suis jumeau) d'une famille de sept enfants. Mes parents étaient propriétaires d'un "magasin du coin" en plus de travailler à divers emplois afin de subvenir aux besoins de leur famille. Ils ont travaillé très fort et ont été ainsi, des modèles pour nous. Nous habitions dans la paroisse Notre-Dame-de-Lourdes, où j'ai commencé mon implication en Église très jeune : scoutisme, chorale, service à l'autel, décoration, groupes de jeunes. J'ai fait mes études primaires à l'école Cadieux et secondaires à l'Académie de LaSalle. Je me suis retrouvé très jeune à l'école normale et j'ai commencé à enseigner à un âge où les jeunes d'aujourd'hui explorent leurs options d'étude. J'ai complété mes études aux universités d'Ottawa et Queens. C'est à l'école Guigues, ma première assignation, que j'ai rencontré l'amour de ma vie, Colette. Nous nous sommes mariés et avons commencé notre famille. J'ai enseigné six ans avant d'accepter le poste de directeur de l'école Cathédrale de Kingston. Nous avions à ce moment deux enfants, Serge et Julie. Sylvain et Benoit devaient naître durant notre séjour de neuf ans à Kingston. Colette et moi y avons été très actifs à la paroisse St. François d'Assise. De retour dans la région d'Ottawa, j'ai assumé la direction des écoles Reine-des-Bois, Des Voyageurs et Préseault, avant de me retrouver à l'école Arc-en-ciel. Nous faisions partie de la paroisse St-Joseph mais, avec la création de la paroisse Sainte-Marie, nous y devenions très actifs dès le début. Notre famille étant bien établie, ma carrière étant sur des bases solides, j'ai voulu répondre à l'appel au service en Église qui m'a toujours animé et qui était maintenant plus possible. J'ai entrepris ma formation au diaconat permanent tout en poursuivant mes activités professionnelles et paroissiales. Je fus ordonné en septembre 1999 et je suis en fonction comme diacre permanent avec vous depuis ce temps. Gilles Ouellette
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