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Ici Sainte-Marie

Volume 14, numéro 2
avril 2003

 

Mot de l'architecte
     
Chapelle et Trésor

 

 

UN CADEAU EN NOTRE 15e ANNIVERSAIRE

Notre église recèle d'éléments symboliques…

À l' occasion du 15e anniversaire de fondation de la paroisse Sainte-Marie, l'équipe de rédaction a décidé de produire un numéro spécial qui reprendrait, sous forme d'une catéchèse, les divers symboles que l'on retrouve dans notre église et qui en font sa richesse. En cette année de notre 15e anniversaire de fondation, nous aimons nous rappeler ces richesses et nous aimons les faire connaître aux nouveaux paroissiens et paroissiennes. Nous aimons aussi les rappeler aux anciens…

De modeste qu'elle nous apparaît à prime abord, notre église prend une dimension nouvelle quand nous lisons et méditons sur le sens profond que revêtent par exemple, les vitraux, les grands meubles, les trois pavillons, etc.

Nous souhaitons que cet outil nous serve à mieux comprendre et à mieux apprécier nos petites et grandes richesses…

 

À TITRE D'INFO : QU'EST_CE QU'UN SYMBOLE ?

Selon le petit Larousse illustré, un symbole est un signe figuratif, un être animé ou une chose qui représente un concept, qui en est l'image, l'attribut, l'emblème.

Le drapeau, symbole de la patrie. La balance, symbole de la justice.

Dans Du bon usage de la liturgie, on nous dit que le mot symbole vient du verbe grec sumballeïn qui signifie mettre ensemble, rassembler, unir. Le sumbolon désignait une pièce, en terre cuite ou autre, dont deux cités, clans ou familles gardaient une moitié après l'avoir cassée. Pouvoir mettre ensemble ces deux moitiés en les raccordant manifestait que l'on avait bien affaire à l'autre partie avec laquelle on avait passé contrat ou fait alliance. Le symbole est toujours une moité de quelque chose qui sert de reconnaissance avec la partie qui possède l'autre moitié.


Bonne lecture!


Alice Grégoire-Bourdeau
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Un Mot de l'architecte Claudio Brun Del Re

Extraits tirés de l'article : Rencontre avec Claudio Brun del Re, président du comité du projet et le concepteur de notre église. Volume 9, numéro 1, juin 1998 .

Le plus important pour moi, en architecture, est l'expression symbolique et fonctionnelle par la composition volumétrique plutôt que par le biais de décorations. J'espère toujours que les aspects symboliques offrent l'intérêt de multiples interprétations, des idées simples et accessibles, d'autres, complexes même ésotériques.

On désirait que l'extérieur parle non seulement d'Église mais aussi de la communauté que représente la paroisse. On peut distinguer trois pavillons qui représentent individuellement : le lieu du rassemblement, la chapelle et l'entrée. Collectivement, on espère symboliser la progression de maison à village, donc amener la notion de communauté. Mais les trois volumes forment aussi une progression verticale, une communauté couronnée par une croix.

Le lanternon, sous la croix, est placé asymétriquement dans le toit à quatre versants, ceci donne un indice du placement de l'autel et de l'arrangement intérieur non traditionnel.

La chapelle se distingue comme une forme propre, à l'échelle d'une petite maison et d'une personne. (Le fait de participer à la communauté ne nie pas l'individu ). À l'extérieur, la chapelle offre le placement de la statue de Marie, notre sainte patronne.

L'entrée ouvre sur trois directions et représente l'accueil que nous cherchons à donner aux gens qui nous viennent de différents chemins. Le coq annonce le soleil levant, le Ressuscité du matin de Pâques; il invite à se rassembler autour de lui.

 

Quelques précisions concernant l'extérieur

Le fini extérieur et les couleurs ont suscité plusieurs commentaires depuis l'ouverture. J'aimerais rappeler les conditions qui ont mené au design final pour l'extérieur.

Premièrement, face aux contraintes générales des coûts, le comité de construction a proposé de miser davantage sur l'intérieur que sur l'extérieur. L'intérieur devait déjà être très modeste, il reste qu'on ne voulait pas que ce soit un autre gymnase après tant d'efforts de la communauté. Au minimum, il fallait avoir quelques éléments de qualité (des nouveaux meubles, les grandes portes avec vitraux, un plancher durable à l'entrée, etc.) pour que l'intérieur soit habitable à l'ouverture et non une série de projets différés.

II en restait donc très peu pour la finition extérieure. C'est évident que tous auraient préféré de la maçonnerie sinon de la pierre de taille. La brique à l'entrée a été posée pour des questions de durabilité alors qu'un revêtement résidentiel s'imposait pour le reste. Je pense que tous ont bien saisit cette nécessité. Il est plus difficile d'expliquer comment l'application de matériaux et de couleurs s'estmanifestée par la suite. En bref, la gamme restreinte de couleurs et de dimensions des matériaux résidentiels était un énorme défi dans notre intention de contribuer à la symbolique. Lorsqu'on observe les développements résidentiels typiques, l'apparence des surfaces est très monotone, l'application de revêtement contribue peu à l'expression architecturale.

Que faire d'un volume au moins quatre fois plus grand qu'une résidence ?

L'idée arrêtée était de transformer les matériaux par un emploi et un agencement non résidentiel. Les murs ont été divisés verticalement et horizontalement en panneaux pour rompre la monotonie de la surface, aidant à exprimer les volumes, à contraster le volume principal des autres. La composition finale gouvernant lignes, formes et proportions se base sur des principes de design.

Que faire de la chapelle,«l'église maison» ? Comment exprimer sur le chemin Innes le grand axe diagonal, alors que l'entrée est vers l'arrière ? En consultation avec Norman Pagé et Gérard St Denis, nous avons conclu qu'il fallait contraster les finis et les couleurs du revêtement neutre des murs. La couleur jaune a été choisie parce que le jaune (et le doré) est une couleur traditionnelle dans l'art chrétien qui symbolise lumière, esprit, roi.

Notre foi ne se limite pas a des images, à des histoires. Non, il faut chercher plus et comprendre plus pour en voir la vraie beauté. Cela exige un effort, un cheminement.

 

Le baptistère, les portes de l'entrée, le lieu de culte proprement dit

Sur le plan symbolique, l'élément principal de l'intérieur est la progression des espaces sur un grand axe diagonal. La séquence des espaces est un mouvement ascendant du vestibule au hall d'entrée et vers l'espace du rassemblement.

La charpente d'acier dans l'espace du rassemblement est entièrement exposée. Les quatre fermes maîtresses du toit forment une immense croix au plafond. Pour moi, l'intégration de la symbolique à même la charpente est l'expression architecturale la plus simple et la plus sincère. Notre soutien physique et spirituel est exprimé par le même symbole. Nous sommes à la fois des êtres physiques et spirituels.

L'autel est placé dans l'axe vertical sous le lanternon et c'est le point des mouvements verticaux, celui ascendant vers le ciel pour nos prières et celui descendant de l'Esprit Saint. La communauté est assemblée et participe autour de l'autel.

Deux autres axes secondaires, à partir de l'autel, servent à unifier visuellement l'espace principal et les gens assis dans les salles multifonctionnelles. Un de ces axes secondaires mène aussi aux portes de la chapelle. Le passage établit une procession visuelle entre la chapelle du Saint-Sacrement et l'autel. De plus, il offre la possibilité d'une réelle procession.


Les grands meubles

L'autel est le point d'origine, le centre, le départ de la composition architecturale et fonctionnelle de l'espace. Tout est organisé autour de l'autel comme centre de vision et le départ de l'axe vertical. Au niveau le plus simple, on voulait que l'autel soit vraiment une table, la table du repas du Seigneur. Le design exprime visuellement les notions de solidité et de permanence par la forme triangulée des pattes... cette même forme pointe subtilement vers l'axe vertical. Le dessus de la table, en granit naturel, est soutenu par une forme ronde centrée «vers le haut». La composition se base et ressemble un peu à deux mains placées en signe d'offrande.


La forme triangulaire des pattes et le segment de cercle deviennent les formes dominantes employées ensuite pour créer un ensemble et unifier le design des autres meubles. L'ambon est la source de la voix donc la forme convexe du devant représente la projection des sons. L'eau jaillit du sol, donc les pattes des fonts baptismaux sont inversées pour donner l'impression de jaillissement d'une colonne d'eau et le cylindre, au centre, dirigé vers le haut, veut également donner l'impression de projection.

Pour minimiser la concurrence de symboles, il a été convenu que le siège présidentiel ne devait pas paraître comme un trône. J'ai simplement restreint la hauteur du dossier pour demeurer sous la tête du président et portant l'attention humblement sur lui

C'est un siège simple et élégant où les motifs de design ont accentué la notion d'un ancrage solide au sol. L'arche du dossier est de forme classique qui transfert une charge à la fondation ; de même, les pattes sont comme des piliers de soutien. C'est ainsi que, sans être un trône, le siège conserve une présence d'autorité dans l'ensemble des meubles, une présence lorsque personne n'y est assis.

Le design des meubles suit la philosophie que la symbolique est incorporée et s'exprime par les formes, préférablement simples. Les éléments décoratifs viennent seulement amplifier et soutenir ce qui existe déjà dans la forme.

Les sources de l'éclairage

Depuis toujours, l'éclairage est un élément fondamental de l'architecture religieuse. Il est souhaitable que la lumière naturelle soit la source première et seulement complétée par l'éclairage artificiel. Dans notre cas, l'arrangement des bancs selon le modèle convivial risquait de créer des effets de contre-jour où le président deviendrait une silhouette par le contraste d'un éclairage trop fort à l'arrière. C'est la raison pour laquelle, dans l'espace du rassemblement, on a prévu quatre sources de lumière naturelle. Premièrement, le lanternon placé directement au-dessus de l'autel amplifie le mouvement vertical. Ensuite, le coin à l'arrière de l'autel est baigné par un éclairage indirect; le mur de gloire. Les deux autres zones de fenêtres placées au loin, donnent un éclairage plus général tout en renforçant l'impression de verticalité de l'espace.

L'autel est couronné par un cerceau de lumière et des luminaires placés en zones concentriques pour amplifier l'axe vertical comme source de lumière, le point de rayonnement.


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LES VITRAUX À SAINTE-MARIE

Extraits de : Quelques oeuvres exceptionnelles à Sainte-Marie d'Orléans, Gérard St-Denis

Volume 9, numéro 2, décembre 1998.

Les vitraux dans les portes et la chapelle

Les visiteurs et les gens de la paroisse ont habituellement quelque chose à dire sur les grandes portes intérieures de l'église et sur celles de la chapelle. Elles constituent, tant par leurs dimensions impressionnantes et leur design que par les vitraux tout à fait uniques qui les ornent, une oeuvre de haut calibre. Et les gens aiment s'arrêter pour les admirer globalement ou pour les découvrir dans leurs détails. Les deux portes sont de la même venue et de la même inspiration. Construites en chêne solide blanc, elles supportent donc un ensemble de vitraux en verre moulé (plus d'une cinquantaine de pièces) ponctué de verre bleu. Et ce sont ces pièces de verre (vitraux) qui fascinent le plus.

Chaque section de verre moulé comprend un signe ou symbole, en relief d'un côté et comme en creux de l'autre, accrochant la lumière et invitant à entrer dans le sacré chrétien. Fort de son expérience en iconographie chrétienne et en dialogue avec les
responsables paroissiaux de l'époque, l'artiste, Mark Thompson, a fondu, dans le verre, des symboles qui parlent de la Trinité, du Christ et de Marie, de l'Église et de l'Esprit, de cheminements spirituels et de l'an 2000, etc.

Au cours des ans et au long de leurs expériences religieuses, les gens pourront donc découvrir ces symboles. Ils pourront remarquer, par exemple, que les portes de la chapelle comportent beaucoup de symboles eucharistiques (blé, grappes de raisin, pains et poissons); elles évoquent aussi les personnages (Marguerite d'Youville, la mère à la charité universelle et François de Laval, le premier évêque au pays au XVIIe siècle) dont nous avons les reliques sous l'autel principal. Divers symboles de Marie sont distribués ici et là, particulièrement dans les grandes portes : la fleur de lys, la rose, le croissant de lune et l'étoile, le A et M : Ave Maria. Les représentations des symboles pour parler du Christ Jésus sont aussi nombreuses, évoquant la croix et la couronne d'épines, présentant des variations sur les lettres X et P (en grec, ce sont le Ch et le R), les deux premières lettres du mot Christ. L'artiste a un faible pour les labyrinthes et autres figures de ce type : elles évoquent les cheminements spirituels que nous vivons.

Pour ce qui est du petit vitrail carré, très coloré, installé dans la chapelle tout près du tabernacle, séparé en quatre carrés par une forme de croix dans laquelle une croix dorée rayonne, il tient office d'interlocuteur entre l'intérieur et l'extérieur. En effet, il colore le tabernacle des feux de la vie, y reflétant les âges et les saisons, y évoquant les dimensions de l'univers; et il lance dans la nuit du monde, comme le fait un phare, la lumière qu'est le Christ. Fait de petits détails et de nuances, ce vitrail trace sur le monde la croix du salut et il supporte cette croix des diverses composantes de la vie des humains et de l'univers, composantes dans lesquelles résonne le salut.

À la chapelle, on remarque aussi dans le grand vitrail, trois mains : une main avec une croix qui bénit ; une autre, avec un coq, le coq du pardon, et une main avec une feuille de musique qui exprime la louange. On remarque aussi trois petits vitraux rappelant la Trinité.

Les vitraux dans l'église

Extraits de l'homélie prononcée par Mgr Gérard St-Denis, vicaire épiscopal et curé fondateur, à l'occasion du quatrième anniversaire de la Dédicace de l'église Sainte-Marie d'Orléans et de la bénédiction des vitraux qu'on vient d'installer dans l'église, le 2 juin 2002.

Permettez-moi de raconter ces vitraux à ma manière. Je me risque à en parler selon ce que j'y perçois et aussi selon des éléments que j'ai entendus de l'un ou l'autre parmi vous.

Et j'en parle d'abord comme des vitraux créateurs d'atmosphère. Quand on entre ici, on se retrouve et on se sent entouré d'une lumière colorée. Cette présence lumineuse, au coeur ici au mur de lumière, et jusque là comme dans des grands bras étendus, cette lumière m'a parlé de la présence de Dieu qui nous prend dans son manteau pour nous faire son peuple, pour nous prendre avec lui dans l'amitié, pour nous faire vivre un temps d'intimité avec lui et entre nous qui croyons et vivons en lui... Une lumière bleue, qui crée l'intimité, qui parle de paix; non pas d'un bleu fade ou grisâtre mais d'un bleu bien vivant, créateur de paix; d'un bleu qui d'ailleurs éclate en touches de couleurs multiples, car il est plein de joie ce Dieu qui nous prend en son manteau et nous amène dans la joie de la lumière, de l'amour, de la communion.

Autour de ce grand manteau bleu de Dieu, il y a la lumière du jour, jaune comme un soleil; elle évoque la création entière, elle nous parle de tout ce qui existe dans la lumière de la création, elle nous parle de Dieu aussi car il nous parle par sa création. Puis cette lumière devient claire, comme une transparence; elle peut aussi se réfracter en multiples couleurs selon les jours à travers les prismes des événements. Mark Thompson en a parlé comme d'une représentation de l'humanité dans laquelle les blocs de la Parole de Dieu viennent nous rejoindre. D'autres y ont vu comme un immense filet dans lequel le Seigneur nous prend pour que nous soyons de son peuple, de son Église, pour que l'humanité soit peuple de Dieu.

Et ce Dieu qui nous entoure, ce Christ Jésus qui est avec nous, cet Esprit de Dieu qui remplit l'univers, ils ont des choses à nous dire, ils ont des messages à nous livrer... Vous avez vu et entendu ces paroles du Seigneur Jésus, comme autant de fenêtres blanches ouvertes qui nous font entendre sa voix. Et ce qu'il dit est rempli d'à propos, rempli de promesses; il s'agit de paroles qui nous relancent dans notre marche, qui nous sauvent de la tristesse et de la désespérance dont nous sommes parfois menacés, qui nous injectent pourrait-on dire ces blocs d'espérance.

Regardez encore avec moi, ce que racontent ces vitraux. Voici qu'ils deviennent chanson, chanson inspirée de Dieu dans cet immense toile de paix et d'intimité et d'amour, chanson qui devient la nôtre pour dire la gloire de notre Dieu et l'action de grâce de son peuple de sauvés.

Ici, du côté du soleil levant, il y a le cantique de Zacharie à la naissance de Jean Baptiste le prophète. C'est le cantique du matin dans l'Église, le matin qui nous parle de la visite de Dieu, qui voit se lever en Jésus Christ, le Sauveur et Seigneur; car « il vient donner à son peuple le salut... grâce à la tendresse à l'amour de notre Dieu quand nous visite l'astre d'en haut... pour conduire nos pas au chemin de la paix ».

Béni soit Dieu, Roi d'Israël,

Voici pour nous sa visite;

Il vient sauver son peuple élu,

Du mal toujours le rachète

Quand Dieu nous montre sa bonté, Son coeur empli de tendresse.
Voici d'en haut le Christ vivant, Joyeux soleil qui se lève.


Et de ce côté, en plein soleil de midi, nous retrouvons le cantique de Marie; ici à Sainte-Marie, le cantique de celle qui voit les merveilles que Dieu opère, et qui alors éclate en action de grâce. Paroles inspirées, celles-là aussi, qu'on retrouve dans l'évangile; paroles qui deviennent les nôtres, avec Marie, pour célébrer Celui qui se penche sur les humbles, qui comble de biens les affamés, celui qui se souvient toujours de son amour pour son peuple et fait des merveilles.



Le Seigneur fit pour moi des merveilles.
Il a montré son amour aux petits qui le craignent

II a offert aux démunis son alliance

Il a donné aux affamés l'abondance

Saint est son nom.

Ces vitraux qui nous entourent sont aussi remplis de bien d'autres significations. Vous en avez offert en mémoire ou en l'honneur de telle ou telle personne (décédée ou vivante), vous avez contribué à leur réalisation leur donnant de porter quelque chose de vous en rapport à cette église.

Aujourd'hui, nous faisons une halte en cette église qui est image du peuple de Dieu vivant ici en cette communauté, nous faisons une halte pour nous nourrir encore de celui qui est « pain de vie » et « vin de l'alliance », pour nous situer en ce Dieu qui nous entoure de son amour et nous sauve par son Fils, notre Seigneur. Que la joie de ce jour rayonne en toute notre vie et que notre Dieu soit béni. Amen.

Dans la salle B, des vitraux installés dès la construction de l'église. nous viennent de l'église NotreDameduSaintEsprit, de Vanier, fermée en 1995.

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LES STATUES DE MARIE

Extraits du texte : Quelques oeuvres exceptionnelles à Sainte-Marie d'Orléans. Volume 9, numéro 2, décembre 1998.

Sur la façade de la chapelle, du côté du chemin Innes, une grande statue en aluminium brossé devient un identificatif de notre église et de sa titulaire; c'est une oeuvre du sculpteur Raoul Humer, de Québec, réalisée en 1958 pour l'église Notre-Dame-du-Saint-Esprit de Vanier.

Venons-en à la statue à l'intérieur de l'église même. Elle est l'oeuvre de Norman Pagé, un prêtre du diocèse d'Ottawa, professeur d'art sacré à l'Université d'Ottawa et artiste qui a créé des oeuvres multiples pour de nombreuses églises. Ici, il a sculpté, dans un tronc d'arbre de noyer, une oeuvre particulièrement expressive. Sur le socle ou piédestal, il a fait inscrire la phrase d'évangile qui l'a inspiré pour son oeuvre : « Et Marie conservait avec soin tous ces souvenirs et les méditait dans son cœur » (Luc 2,19; voir aussi 51).

La statue laisse apparaître les coups de gouge qui l'ont fait naître (comme autant de souvenirs qui font partie du personnage de Marie). Le visage de Marie, et sa main posée en évidence sur sa poitrine, sont beaucoup plus polis et raffinés que le corps même de l'oeuvre. Ce visage parle de beauté et d'intériorité; il est plein de calme et de vision intérieure. Sa main droite exprime la dimension de concentration dans le coeur de tant d'événements et de souvenirs; cette expression est amplifiée par la forme circulaire que l'artiste a donnée au vêtement autour de ce bras. Voilà autant d'éléments qui donnent à cette statue sa force d'intériorité.

Cette Marie n'est pas pour autant une femme figée ou décrochée de la vie active. Regardez-la, d'un côté, puis de l'autre : elle avance, elle fait un pas. La densité de l'intériorité chez Marie la soutient dans l'action, la pousse dans la vie de chaque jour.

À propos des souvenirs qu'elle médite dans son coeur, il faudrait entendre l'artiste. Au long de ses coups de gouge, il pensait à Marie qui a vécu la conception surprise d'un enfant et sa naissance en voyage, la visite des humbles gens du pays (bergers) et des grands de la science (mages), la prise de parole du petit qui grandit devant les docteurs et son rattachement au Père du ciel, ses mots énigmatiques des noces de Cana jusqu'à la croix, les enseignements souvent troublants de ce fils sur les routes de Palestine, et sa mort cruelle comme celle d'un criminel, lui qui se souciait tant du salut des gens; et puis ce souvenir vivant du fils ressuscité qui envoie l'Esprit. Que de souvenirs elle continue de méditer dans son coeur.

Elle, la mère de Jésus et aussi notre mère, elle porte encore bien d'autres souvenirs en elle. Oui, les souvenirs que nous, nous lui confions, elle les médite aussi en son coeur, car, en tant que mère de l'Église, et à titre, spécial en tant que patronne des gens de Sainte-Marie, elle vit avec nous, elle intercède pour nous, elle entretient les grandes pages de nos vies comme nos journées ordinaires, fière ou déçue de ses enfants mais toujours secourable et aimante.

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LA CHAPELLE ET SON MUR DES TRÉSORS

Le mur principal de la chapelle du Saint-Sacrement a été conçu pour présenter des trésors impérissables de la foi chrétienne selon notre tradition catholique. L'idée originale de ce mur et sa conceptualisation viennent du curé Gérard St-Denis et de l'architecte Claudio Brun del Re.

Le fond du mur est recouvert d'ardoise bleu-vert et est souligné par une marche en marbre blanc-beige. Sur ce mur sont présentés les objets qui, pour nous, sont des trésors actuels tout en étant venus de loin.

D'abord, le Saint-Sacrement. C'est sans doute minimisant d'en parler comme d'un trésor quand il s'agit du pain eucharistié et donc du symbole vivant du Christ Jésus, offrande à son Père et nourriture des siens, présence avec nous jusqu'à son retour. Et pourtant, c'est là, pour nous, le grand trésor plein de vie et plein d'avenir. C'est la « présence réelle » du Seigneur Jésus au milieu du monde. Sur le mur de la chapelle, le tabernacle avec son retable occupe une grande moitié de l'espace. Le tabernacle et sa tablette sont de bois de cerisier rouge, comme les grands meubles de l'église. Le retable est fait de planches d'érable blond, agencées de façon à mettre le tabernacle en évidence; ces planches sont marquées de quelques lignes qui répartissent l'espace en quatre sections et s'ornent d'un grand demi-cercle; cela est plein d'évocation et peut devenir un support pour la prière.

L'autre moitié du mur regroupe d'autres trésors de notre foi. L'eau, eau du baptême, eau du Christ fontaine d'eau vive, eau bénite : une grande cruche est mise en évidence sur la marche à la base du mur. L'huile, huile qui imprègne et configure au Christ, huile de force et de lutte, huile de soulagement et de consolation, huile de joie dans une armoire du mur, on garde les trois sortes d'huile qui sont utilisées dans les sacrements, huile des catéchumènes (OC), huile des malades (0I) et saint chrême (SC), cette dernière additionnée de parfum et qu'on utilise dans les grandes circonstances. Ces huiles sont instruments de participation aux mystères du Christ.

Encore un autre trésor fait partie de ce mur; il s'agit d'un coffre qui contient plusieurs volumes et représente à sa manière les grandes sources ou assises que sont la Bible et la Tradition. On y trouve donc d'abord la Bible; c'est le plus gros livre qu'on y a mis, accompagné des lectionnaires et de l`évangiliaire qui contiennent justement les passages de la Bible qu'on utilise en liturgie. D'autres volumes sont là aussi. Certains offrent des commentaires de la Bible, commentaires contemporains et commentaires témoins des Pères de l'Église. Une collection intitulée « 2000 ans après », remplie de l'histoire des chrétiens et chrétiennes à travers les siècles, occupe une bonne part du coffre; il s'agit de pages diverses parlant d'événements et de personnes, développant des points d'intérêt dans la pensée et l'organisation de l'Église, racontant comment le témoignage au Christ est vécu à travers les âges et aujourd'hui; cette collection reflète donc à sa manière la tradition vivante. Un volume renferme les documents du Concile Vatican II; c'est l'événement de tradition vivante explicite le plus près de nous dans le temps. Enfin, un missel est là aussi, car il reflète la tradition de prière et de célébration dans l'état actuel où elle nous est parvenue.

Voilà donc nos trésors, le pain et le vin, l'eau, l'huile, et encore la Bible et la Tradition. De ce trésor, nous puisons, comme dit l'Évangile, des choses anciennes et des choses neuves. De ce trésor, nous nourrissons notre vie avec le Christ Jésus, en Église.

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MOTS PORTEURS DE SENS

Extraits tirés du Volume 9, numéro 1, juin 1998. Texte de Gérard St-Denis.

Quand on regarde notre église, il y a des mots qui prennent un sens fort, car certains éléments de notre construction les explicitent bien. Voici donc un essai pour dire un certain nombre de ces mots. Ils sont présentés ici tout simplement par ordre alphabétique.

L'axe principal - Il est intéressant d'avoir, dans une église, un grand axe où se déroulent les actions significatives et où sont alignés les meubles principaux qui servent à ces actions. Cet axe, à Sainte-Marie, commence dès l'entrée, se continue par les fonts baptismaux, et, passant par l'allée centrale, l'autel, le siège présidentiel et l'ambon, se rend jusqu'au fond de l'église, là où se dresse un espace symbolique pour aller plus loin (ici, ce dernier espace est un « mur de lumière »). Cet axe est donc celui des célébrations liturgiques qui, en plus de soutenir toute action liturgique qui s'y déroule, rend significatifs les cortèges des grands événements tels le baptême, le mariage, les funérailles, etc.

L'axe vertical - La verticalité dans une église a un certain rôle théologique, pourrait-on dire. Elle parle d'une montée vers le haut, d'une conversation même ou d'une alliance avec le haut. Elle exprime quelque chose de la rencontre du Très-haut. On a réalisé à certaines époques des églises très hautes; même les dessins des enfants continuent souvent d'en faire des édifices en hauteur. Aujourd'hui, cependant, les hautes églises ont été souvent dissimulées par les gratte-ciel; et les constructions de salles modernes, et donc d'églises modernes, ne visent pas toujours une verticalité apparente. Ici, on a voulu garder cette dimension significative, pour supporter notre prière vers le Très-haut, pour accueillir ce qui vient d'en haut, pour signifier le dialogue dans cette direction. Un lanternon, situé au point plus élevé de la toiture, juste au-dessus de l'autel, vient amplifier cette signification.

Le baptistère ou chapelle des fonts baptismaux - À proprement parler, notre église n'a pas d'édifice annexé ou de chapelle où l'on célèbre les baptêmes. En plein centre de ce hall, sous le dôme qui l'éclaire, les fonts baptismaux sont établis. Ils sont apportés dans l'église pour les célébrations baptismales. Par un astucieux arrangement, ces fonts baptismaux servent aussi de bénitier d'entrée. Entrer à l'église, c'est raviver la grâce de son baptême, c'est se resituer en membre de la famille de Dieu. On n'entre pas à l'église sans référence au baptême, à cette eau, source de vie, participation à la mort et à la résurrection du Christ.

Le coq - Dressé sur une église, le coq évoque des aspects de notre foi. Par cette page d'évangile où Pierre, qui a trahi son Maître, se convertit au chant du coq, nous voilà appelés à la conversion, au retour au Seigneur. Par le coq qui chante le matin, le soleil levant, nous voilà convoqués à reconnaître celui qui est la lumière, le soleil levant; coq de Pâques chantant le matin de la résurrection, coq de chaque matin nous appelant à vivre dans la lumière du Christ vivant.

La croix - La croix est l'un des symboles fondamentaux en christianisme. Elle rappelle la mort du Christ et porte parfois un « corpus » devenant ainsi « crucifix ». Elle rappelle que le Christ s'est levé de la mort et qu'il est ressuscité; elle se fait alors croix de la victoire et croix glorieuse. Elle dit aux chrétiens que leur Sauveur et Seigneur est passé par le croix pour les libérer et les associer à lui. Elle devient le signe de fierté des chrétiens eux-mêmes. La symbolique de la croix est très riche, car celui qui fut élevé de terre attire tout à lui. À Sainte-Marie, il faut voir trois croix principales.

La première est située sur le lanternon le plus élevé de l'édifice, grande croix levée entre ciel et terre, qui marque le sens de l'édifice, comme une onction, et qui fait la fierté de la communauté et des personnes qui sont l'Église; cette croix est placée sur un orbe ou globe, signifiant qu'en elle toute la terre trouve son sens et qu'elle est appelée à rayonner sur tout l'univers. La deuxième est la croix du sanctuaire, croix de procession que l'on porte au début des célébrations ou qui est déjà installée sur place : c'est la croix qui nous accompagne dans l'action liturgique même; nous avons le privilège d'en avoir plusieurs, ce qui nous permet de lui redonner une actualité renouvelée. La troisième, plus symbolique, subtile peut-être mais en même temps très présente, est l'immense croix formée par les fermes principales de la toiture de l'église et qui est apparente de l'intérieur; elle fait partie de la structure même de l'édifice comme elle fait partie de notre foi.

Les croix de dédicace - Il est coutume de marquer par des croix les endroits où l'on fait les onctions sur les murs d'une église lors de sa dédicace ou consécration. Une église consacrée se reconnaît aux douze (ou quatre) croix dont elle est marquée et devant lesquelles sont installés des cierges ou des lampions qu'on allume à certaines fêtes. Ces signes indiquent que l'édifice a été dédié formellement et définitivement à son usage d'église.

À Sainte-Marie, ces douze croix (quatre dans le vaisseau central de l'église, quatre dans la chapelle et deux dans chacune des deux salles multifonctionnelles) sont toutes différentes et peuvent aider à réfléchir sur les significations multiples de la croix.

L'église - Le mot français « église », vient du latin « ecclesia », qui venait du grec et avait le sens de « assemblée ». Selon cette lecture du mot, l'église est un lieu d'assemblée, un lieu de rassemblement. L'église Sainte-Marie est conçue pour l'assemblée, son rassemblement, et l'exercice des fonctions des membres : tous sont regroupés de façon à se voir et à s'entendre, et à exercer leur rôle de participants actif; à l'action liturgique.


L'entrée / accueil - Le pavillon d'entrée à l'église Sainte-Marie est très apparent, plutôt grand et assez élaboré: il est situé près du stationnement, là où les gens sont susceptibles de vouloir entrer, et il est ouvert dans toutes les directions possibles. Peut-être dit-il à sa façon la phrase du Christ Jésus: « Je suis la porte. » II parle d'accueil de tous, d'accueil de toute personne qui veut bien venir passer la porte quel que soit le chemin qui l'y mène. C'est là un sens important, une option même, qui vient spécifier l'action et la mission de l'Église : une Église ouverte à tous. Une fois entrée, la personne se retrouve dans un hall d'entrée, un lieu pour rencontrer d'autres personnes ou pour se donner un temps d'acclimatation à l'église et à ce qu'on vient y faire.

Le hall d'entrée - Trop d'églises n'ont pas de lieu de transition entre le dehors et l'espace de célébration. On a tenu à en avoir un, à Sainte-Marie, probablement parce qu'on s'y était habitué dans les écoles où nous avons célébré pendant près de onze ans, mais surtout parce que le rôle de cet espace est majeur. II est un lieu de transition, un espace de rencontre, une salle des pas perdus, un temps d'acclimatation, etc. Et cela vaut dans les deux sens : à l'entrée, pour se disposer à célébrer; à la sortie, pour se préparer à être en mission.

Le hall d'entrée est aussi des plus utiles pour y disposer tant de choses qu'on utilise ou qu'on offre aux gens. Il donne accès à l'église proprement dite, aux salles multifonctionnelles, à la salle du sacrement de la Réconciliation, ainsi qu'aux salles utilitaires.

La lampe du sanctuaire - Nous avons reçu une lampe du sanctuaire pour l'année du Jubilé. Elle indique qu'ici on croit et on prie; elle est un élément vivant parlant de cette lumière et de ce feu qui viennent du Christ et se transmettent à la terre; elle dit une présence du Seigneur dans son temple et dans son peuple. C'est à l'occasion de l'an 2000 que nous l'avons installée.
(Volume 10, numéro 2, décembre 1999)

Le plan convivial - C'est l'expression qu'on a adopté pour décrire une façon de disposer les sièges, comme en « U », avec l'autel au point le plus avancé (fond du « U »). Selon ce plan, tous sont regroupés autour de l'autel comme des convives autour d'une table, et tous se retrouvent dans un rapport les uns aux autres qui les aident à se sentir ensemble dans l'action liturgique. Il y a là une option pour que tous soient, non pas spectateurs, mais participants.

La salle de réconciliation - Cette petite salle, connexe au hall d'entrée et à la sacristie, comprend quelques chaises, un espace discret et quelques éléments significatifs pour la célébration du sacrement de la Réconciliation.

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Mot de l'architecte
     
Chapelle et Trésor

 

 




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