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Ici Sainte-Marie

Volume 14, numéro 3
septembre 2003

 

Confirmation 2003
     
 

 

 

Une nouvelle année pastorale qui commence...

¨ du temps que le Seigneur nous donne pour grandir dans son amour et celui de nos frères et soeurs ;
¨ du temps pour faire aimer et connaître l’Évangile du Christ ;
¨ du temps pour vivre et célébrer notre foi ;
¨ du temps pour fraterniser et construire notre communauté chrétienne
¨ du temps pour devenir meilleur disciple du Seigneur Jésus.

Depuis les débuts de la paroisse que d’accomplissements : des centaines et des centaines de personnes au service des autres et du Seigneur, pour répondre aux différents besoins.

Pour moi, c’est le début de ma troisième année, à Sainte-Marie. Comme vous le savez déjà, Gilles Ouellette se joint à l’équipe pastorale. Il travaillera avec moi à la pastorale scolaire, un bien grand dossier, ici, chez nous. Il verra à s’intégrer et à apporter son aide, son expérience et ses talents aux autres pastorales de notre communauté chrétienne. C’est donc avec grande joie que nous l’accueillons au sein de notre équipe. Il faut dire que Gilles gardera bien sûr les engagements de son ministère diaconal.

Notre adjointe exécutive, Alice Grégoire-Bourdeau demeure à son poste. Elle en accomplit des choses pour nous, elle touche à tout ce qui est de l’administration temporelle. Elle est responsable et travaille au feuillet paroissial et à la publication de Ici Sainte-Marie. Dieu sait combien d’heures elle passe dans ses dossiers! Elle s’assure aussi avec les coordonnateurs et coordonnatrices des messes dominicales que tout soit organisé pour les célébrations à venir. Elle participe activement au conseil paroissial de pastorale, au comité de liturgie et préside au comité du site Internet. Alice accueille aussi toutes les demandes et répond aux besoins qui peuvent surgir au bureau paroissial.

Le bureau paroissial ne serait pas ce qu’il est sans Laurette Thibodeau, notre secrétaire et sacristine, si généreuse et fidèle. La présence de Laurette chez nous depuis 1990 est une grande richesse. Je tiens aussi à saluer les bénévoles qui viennent fidèlement, à chaque semaine, passer du temps au bureau, pour rendre divers services.

C’est bien beau de parler de l’équipe pastorale, mais sans chacun et chacune de vous qui acceptez des responsabilités dans les diverses pastorales et services dans la communauté chrétienne de Sainte-Marie rien ne serait possible.

Oui, une nouvelle année pastorale s’ouvre devant nous. Elle sera belle parce que le Seigneur marche avec nous et Marie notre patronne veille sur nous.

Daniel Berniquez, prêtre et pasteur

Confirmations 2003

Dans cette article, Gilles Ouellette nous parle de son expérience à titre de responsable du dossier de la confirmation. Suivent des commentaires d'élèves qui ont vécu cette riche expérience, au mois de mai.

J’ai le privilège depuis quelques années déjà de cheminer avec les jeunes confirmands et confirmandes de notre paroisse ainsi qu’avec leurs parents, enseignants et enseignantes. Le programme pastoral dans ce dossier à la paroisse Sainte-Marie est ambitieux et très riche. Nous offrons une soirée d’information pour les parents, des fins de semaine d’inscriptions avec des rites significatifs, des rencontres avec les élèves dans les écoles, des soirées de formation pour les parents et les jeunes, des soirées de prière pour tous les membres des familles, une visite du pasteur et des célébrations liturgiques qui sont le reflet du dynamisme et de la spiritualité qui habitent notre communauté. Au-delà des questions organisationnelles, ce qui est le plus riche c’est la rencontre de jeunes et de parents dans un cheminement sérieux en route vers ce sacrement. C’est dans cet accompagnement partagé avec les équipes en milieu scolaire que je retrouve l’Esprit agissant en notre paroisse et en chacun et chacune de nous. Chaque année pastorale apporte ses défis et ses consolations. Ce qui me marque le plus à chaque année c’est ce soupçon d’Esprit qui brille dans mille et une situations d’accompagnement, de questionnement ou de recherche.

Bravo à nos confirmandes et confirmands de 2003!

La préparation à ma confirmation était spéciale parce que nous avons appris des fruits et les dons de l’Esprit Saint et nous avons appris le « Je crois en Dieu ». Nous avons « connecté » avec l’Esprit Saint et appris que l’Esprit Saint est avec nous tout le temps.

Emily Levesque

Ma confirmation pour moi était très importante parce que c’était la cérémonie où je devais dire oui à mon baptême et à ma vie chrétienne. D’habitude je n’aime pas aller à la messe mais cette fois-ci j’avais hâte d’aller à la messe car c’était la cérémonie des enfants et non des adultes c’est pourquoi j’ai beaucoup apprécié cette cérémonie de la confirmation.

Alexis Brisson


Ma confirmation a été une des plus belles expériences de ma vie. Pendant la célébration, j’ai senti comme si tous mes péchés avaient été purifiés et quand je suis sortie je me suis sentie plus près de Dieu. Ma confirmation a été un pas de plus dans ma vie chrétienne.

Annie Lemieux


Ouf, que la préparation de la confirmation était longue! Mais c’était nécessaire car on a parlé de plusieurs choses : de l’Esprit Saint, des fruits de l’Esprit, des dons de l’Esprit et de la cérémonie. C’est une expérience que je n’oublierai jamais. Cette expérience était marquante et, en plus, on a appris un tas de choses. Pendant la célébration, on a parlé de choses qu’on a apprises, alors ce n’est pas seulement pour nous mais pour les autres aussi. Un grand merci à la paroisse Sainte-Marie.

Mélanie Bédard


La préparation à la confirmation était très amusante et informative. On nous a posé toutes sortes de questions et donné beaucoup d’informations pour nous préparer à notre confirmation. J’étais heureux pendant ma confirmation car j’étais prêt à dire oui pour être chrétien ainsi que d’avoir une place dans le Royaume de Dieu. Je suis fier d’être chrétien!

Lee McCann


La confirmation, c’était un peu énervant, on n’est jamais totalement certain si on va bien faire. Ma préparation était complète parce qu’on en a parlé beaucoup, même des fois on est allé à l’église avec Gilles, Daniel et d’autres pour avoir plus de renseignements.

David Lee


Quand le saint-chrême a touché mon front. J’ai senti l’Esprit Saint en moi. Je me suis senti changé d’une façon que je ne pourrais décrire.

Simon Harris

J’ai appris les dons de Dieu et les sacrements. Je pense que cette expérience était très enrichissante. Je suis contente d’avoir reçu l’Esprit Saint et d’avoir confirmé mon baptême. Je me sens libre de choisir mes propres décisions après cette célébration.

Monique Legault


Après deux mois de préparation à la confirmation, j’étais prête à dire oui. Quand je suis arrivée à l’église, je suis allée m’asseoir avec ma marraine. Après que je me suis fait confirmer, je me suis sentie toute joyeuse. J’ai fait une étape de plus dans ma vie de chrétienne!

Claire Dionne


J’ai aimé faire la rencontre avec M. Gilles car cela m’a préparée à bien faire ma confirmation. J’ai aimé faire ma confirmation car je me suis rapprochée de Dieu. Tout le monde m’a aidée à bien me préparer pour ma confirmation. Je trouve que mes parents, mon professeur et M. Gilles m’ont aidée à me préparer.

Karianne Larocque


J’ai vraiment aimé les soirées de rencontres à l’église. Surtout que M. Gilles avait beaucoup d’expression et que cela rendait les rencontres plus intéressantes. Une autre chose qui était vraiment amusante était les activités que nous faisions. L’expérience était vraiment bonne et je suis fier d’avoir fait ma confirmation.

Kenneth Guérin


J’ai aimé cette expérience, car je crois que mon coeur a changé car avant cette expérience, je causais beaucoup de problèmes à la maison, par exemple des chicanes et autres donc je conclus que c’est une belle expérience et qu’elle m’a changée.

Madeleine Bégin


J’étais prête pour ma confirmation car M. Gilles, l’abbé Daniel, mes parents et M. Denis m’ont aidée à me préparer. Maintenant que j’ai reçu l’Esprit Saint et ses dons, je suis prête à être une meilleure chrétienne.

Erika Vandervoort


Je trouve que c’était amusant mais un peu énervant. C’est un moment de ma vie que ne n’oublierai pas. Et les prêtres étaient très gentils. Je me sens maintenant plus proche de Dieu qu’avant.

Alexandra Deilgat


La confirmation m’a fait prendre connaissance de plusieurs faits. Par exemple, que l’Esprit Saint est comme l’eau, le feu et le vent car il rafraîchit, il nous rassemble, il nous réchauffe, etc. Aussi, j’ai appris les différents dons et fruits. Lors de la préparation et de la célébration, je me suis sentie responsable, mature et engagée. Plus la confirmation approchait, plus je me sentais proche de Dieu et de sa grande famille car j’allais confirmer mon baptême.

Sylvie Moquin



J’ai accepté à nouveau l’Esprit Saint en moi. Cette journée merveilleuse où il m’a partagé ses dons a été unique. J’espère que Dieu m’aidera toujours à prendre de bonnes décisions.

Benoît Lauzon


Quand le prêtre m’a mis le saint-chrême sur la tête, j’ai ressenti l’Esprit Saint vraiment entrer en moi. J’étais un peu rassurée que c’était terminé mais maintenant je suis fière d’être chrétienne et de faire partie de la famille de Jésus.

Josée Sigouin

Lors de ma préparation de ma confirmation, l’Esprit Saint était là, il me guidait tout au long. L’Esprit Saint m’a aidé à mieux comprendre Dieu, Jésus et lui-même, l’Esprit Saint. Maintenant, je comprends les fruits, les dons et les symboles de sa présence : l’eau, le vent, le feu et le souffle. Après ma confirmation, je me sentais contente d’être avec l’Esprit Saint et Dieu et de former une grande famille.

Andrée Marcille

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Pierre Pharand, diacre

En septembre denier, nous avons eu le privilège, à Sainte-Marie, d’accueillir un quatrième diacre en la personne de Pierre (Pete) Pharand. J’ai rencontré Pierre et son épouse pour leur poser quelques questions afin que nous les connaissions mieux.

Pierre a été ordonné au diaconat le 30 septembre 2002 et participe activement à la pastorale du mariage ainsi que son épouse.


Pierre et Joanne, tous deux natifs d’Ottawa, habitent Orléans depuis vingt ans. À la paroisse Saint-Joseph, Pierre a servi comme lecteur et ministre de la communion pendant un bon nombre d’années. Joanne et lui se sont occupés de la liturgie des enfants pendant environ trois ans.

Ils sont mariés depuis vingt-huit ans et sont parents de deux enfants, Andrée 21 et Pierre 18 ans.

Pierre, à quel moment as-tu décidé de devenir diacre?

Il y a dix ans environ, je me sentais de plus en plus désillusionné avec ma vie. Malgré mes prières, je ne trouvais aucun sens d’accomplissement dans ma vie. J’avais un contentement dans ma vie de famille, cependant, j’avais un vide. Afin d’alléger ce sentiment, j’ai commencé à participer à de nombreuses activités extérieures, par exemple, le camping, le ski et la bicyclette. Pour moi celles-ci étaient des défis à relever, mais la satisfaction qu’elles me donnaient était seulement temporaire et superficielle. Par conséquent, j’ai commencé à questionner la raison et le but de ma vie, ce qui m’a amené à me tourner davantage vers Dieu. Étant introverti, j’allais souvent prendre des marches solitaires dans le parc de la Gatineau pour prier et communiquer avec Dieu.

Quelques mois plus tard, j’ai appris l’existence du Centre de l’accroissement de la spiritualité (Centre for Spiritual Growth) ici, à Ottawa, où j’ai commencé à recevoir de la direction spirituelle. En même temps, je m’inscrivais à des cours en théologie à l’Université St-Paul. Après plus d’un an et demi de direction spirituelle et après avoir complété les exercices spirituels de saint Ignace, je sentais toujours un vide. Je voulais servir Dieu mais je ne savais pas comment ou dans quelle capacité. Alors, un an plus tard, je me suis porté volontaire comme ministre de la communion, à notre église. Ce ministère m’a donné une très grande joie mais, encore, le très grand désir de servir Dieu n’était pas assouvi. J’ai commencé à admirer, même à envier les prêtres. Je voulais être en avant avec eux, mais j’étais marié. J’ai abandonné tout espoir et prié davantage.

Un dimanche matin avant la messe, le curé de la paroisse Saint-Joseph m’a remis un dépliant sur le diaconat permanent. A ce moment-là, j’ai réalisé que j’avais enfin reçu la réponse que je cherchais depuis si longtemps.

J’ai effectué des recherches plus approfondies du diaconat. Suite à de longues périodes de réflexion et de discussions, j’ai présenté ma demande. Ensuite, une rencontre avec le curé, une autre avec Monseigneur Marchand, des tests, des références, le tout a résulté par mon acceptation pour le diaconat permanent. La première étape était une année de discernement à laquelle participait également mon épouse. Ensuite, mon épouse, Joanne, et moi avons participé aux cours de théologie et de liturgie pendant trois ans pour couronner le tout par mon ordination, le 29 septembre dernier.


Joanne, comment as-tu vécu cette décision et comment vivez-vous ce choix, aujourd’hui?

Quand Pete suivait sa direction spirituelle, j’étais curieuse à savoir ce qui pouvait bien se passer là, donc, un jour, Pete m’a amené rencontrer son directeur spirituel. Par la suite, j’ai commencé à recevoir de la direction spirituelle. Le tout s’est passé inconsciemment comme si je me faisais guider à petits pas vers ce chemin et tout naturellement le tout semblait la chose à faire. Les sessions de formation pour le diaconat ont commencé sans même que je me rende compte de ce qui se passait et j’étais confortable et j’appréciais ce que j’apprenais. Tout était normal. À y penser, quand c’est ton chemin, c’est tout naturel et il semble que c’était la bonne route à prendre. Si quelqu’un m’avait dit, il y a une vingtaine d’années, que je serais impliquée dans les activités de l’église, que je côtoierais souvent des religieux et des religieuses, je n’aurais rien cru, mais c’est tout normal et en regardant le passé je comprends que mon vécu, mes expériences, mes intérêts menaient tous à me préparer pour cette direction dans ma vie qui est, j’en suis convaincue, le bon chemin pour moi.


Et vos enfants, comment vivent-ils ce choix. Est-ce difficile pour des jeunes d’être fille et fils d’un diacre?

Rien n’a changé à mon avis, étant donné qu’ils étaient des adolescents, leur vie, leurs études et leurs intérêts n’ont pas arrêté, ils poursuivent leur vie normalement. Nous sommes toutefois très conscients du temps précieux qu’il faut consacrer à être parents et à être présents dans la vie de nos enfants et, si nous devons nous absenter d’une rencontre, d’un cours ou de toute autre activité, nous savons que notre responsabilité familiale et parentale reste la priorité. Si le diaconat avait mis un empêchement dans notre vie familiale avec nos enfants, nous n’aurions pas suivi ce chemin. Mais nous croyons sincèrement que le plan de Dieu n’est pas d’appauvrir la famille mais de l’enrichir par ce que le diaconat nous apporte.


Finalement, qu’est-ce que le diaconat vous apporte?

La satisfaction de savoir que nous donnons un sens à notre vie et que ceci contribue positivement à enrichir notre vie, celle de nos enfants, la vie d’autrui, ainsi qu’un nouveau groupe de connaissances, d’amis, d’amies et une famille prolongée .
Oui, nous sommes heureux de vous compter parmi les paroissiens et paroissiennes de Sainte-Marie. Longue vie parmi nous... Un fructueux ministère diaconal à toi, Pierre!

Alice Grégoire-Bourdeau


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Notre vocation d’évangélisateurs

En mai dernier, Statistique Canada a rendu publiques les données du recensement de 2001 portant sur la religion des Canadiens. Les médias y ont consacré quelques articles, certains angoissés, d’autres ironiques, puis ont vite passé à d’autres événements, d’autres crises, d’autres nouvelles. Ces chiffres méritaient pourtant qu’on s’y attarde un peu plus, et ils m’ont amené à réfléchir à ce que cela voulait dire d’être chrétiens aujourd’hui, non seulement en général, mais ici même à Sainte-Marie d’Orléans.

Nous sommes, en ce début de septembre, heureux et fiers. Heureux de célébrer le 16e anniversaire de notre paroisse. Fiers également de nos réalisations à Sainte-Marie : nous avons fêté, au début de juin, le cinquième anniversaire de la dédicace de notre église. Celle-ci est souvent pleine, quelquefois pleine à craquer. Quand vient le moment des premiers sacrements, c’est un flot ininterrompu de jeunes qui reçoivent pour la première fois l’Eucharistie, le premier pardon, la confirmation. Et le dimanche, à la sortie des messes, nous nous retrouvons au milieu de visages connus et amicaux, dans un esprit de fraternité et de joie qui prolonge notre communion au pain consacré.

Oui, nous sommes heureux et fiers, et nous avons raison de l’être ! Nous avons un curé jeune, dynamique et plein d’humour, une communauté vivante, de nombreux bénévoles qui ne rechignent pas à la tâche, une église belle et moderne, une relève d’enfants et de jeunes adultes.

Il y a quelques mois, Normand Provencher, un prêtre de l’université Saint-Paul a publié un ouvrage intitulé Trop tard ? L’avenir de l’Église d’ici, où il posait de nombreuses questions sur l’évolution de celle-ci. Une fin de semaine, il était venu célébrer la messe chez nous. Devant tant de fidèles, tant d’enfants, tant de jeunes, tant de piété et aussi de joie, il avait dit dans son homélie qu’il aurait probablement modifié le ton inquiet de son livre s’il était venu à Sainte-Marie avant de le publier !

Que vient faire Statistique Canada dans cette histoire ? Eh bien, l’agence gouvernementale nous a dit que le visage religieux du Canada change très vite. Non seulement y a-t-il de nombreux nouveaux Canadiens qui n’appartiennent pas à notre foi, mais même parmi les chrétiens, le portrait change à une vitesse foudroyante.

Chez les catholiques, par exemple, la pratique religieuse continue à être en chute libre, et se situe aujourd’hui autour de 10 à 15 pour cent. Bien plus grave, de nombreux catholiques ne s’identifient plus comme tels : ils préfèrent évoquer une spiritualité toute personnelle, ou encore nier radicalement toute dimension religieuse à l’expérience humaine; le phénomène des jeunes couples catholiques qui ne font plus baptiser leurs enfants (pour les « laisser libres de décider plus tard ») se répand.

En d’autres mots, nous, à Sainte-Marie, nous vivons une situation exceptionnelle. Nous sommes chanceux, ou plutôt, par un phénomène mystérieux, nous vivons une grâce toute particulière. Nous sommes une mini Église dynamique, jeune et vivante, dans un décor religieux plus troublant.

Faut-il donc se féliciter, se donner des tapes dans le dos, se dire « Ouf ! Nous l’avons échappé belle! » ? Pouvons-nous rester isolés de ce phénomène de crise de l’Église universelle, et plus particulièrement de l’Église canadienne ?

Voulons-nous nous enfermer dans le cocon de notre joie, de nos célébrations ?

Je crois que ce serait totalement nier ce que c’est que d’être membres de l’Église, membres de la communauté des croyants, ou, pour reprendre les mots du Credo, membres « de la communion des saints ». Nous sommes en communion non seulement avec nos amis de la paroisse, nos voisins d’Orléans, mais avec tous les chrétiens du pays et du monde. Nous partageons la responsabilité des chrétiens canadiens quant à l’avenir de notre Église.

Cela m’a amené à réfléchir à la notion d’évangélisation, que l’on retrouve de plus en plus souvent dans les enseignements du pape, de nos évêques, de nos prêtres. L’évangélisation aujourd’hui ne consiste plus à envoyer certains de nos prêtres en pays de mission, loin du Canada, pour amener au Christ des populations étrangères. Elle consiste à tenter de ramener au Christ nos sœurs, nos frères, nos amis, nos collègues d’ici, ces chrétiens qui ont quitté notre communauté, qui vivent dans l’indifférence à l’égard de cette Église qu’ils ont désertée.

Tâche redoutable ! Souvent, quand nous nous demandons : « Comment puis-je être un meilleur chrétien ? », la réponse vient spontanément : aimer les autres, surtout les plus proches de nous, faire le bien autour de nous, aider les pauvres et les malades.

Ces vertus personnelles et individuelles sont essentielles et nécessaires. Je crois cependant que devant la déchristianisation de notre société, elles ne sont plus suffisantes. Il faut autre chose, il faut témoigner plus visiblement de l’Évangile et de ses valeurs partout où nos pas nous mènent, il faut que nous soyons le ferment dans la pâte, le levain dans la société qui nous entoure, afin de jouer ce rôle d’évangélisation qui devient aujourd’hui si important. En d’autresmots, être chrétiens aujourd’hui ne me semble plus seulement avoir une dimension personnelle, mais également communautaire.

Je reviens souvent avec plaisir et admiration aux Actes des Apôtres, où l’on voit vivre la première communauté chrétienne, autour des Apôtres, notamment de Pierre et Paul. On voit ces tout premiers chrétiens pratiquer les vertus individuelles de bonté et de charité; mais on les voit surtout brûler du désir de manifester partout que ce qu’ils sont et ce qu’ils font est dû à une rencontre extraordinaire avec quelqu’un d’extraordinaire.

Je crois que nous devrons, à Sainte-Marie, réfléchir collectivement à ce rôle nouveau, à ce défi nouveau : comment dépasser la joie, légitime mais confortable, que nous vivons au sein de notre paroisse pour être la lumière sur la montagne dont parle Saint Mathieu.

Car il ne faut pas nous leurrer : devant l’évolution de l’Église d’aujourd’hui, nous sommes revenus comme au temps des Apôtres : une communauté petite, noyée dans un monde qui l’ignore de plus en plus, qui ignore ses valeurs, et dont une vocation importante sera bientôt de ramener au Christ ce monde, et surtout ces chrétiens éloignés de l’Église.

Je n’ai, hélas, pas de réponse facile à ce défi. J’ai lu récemment un article dans Prions en Église qui disait qu’aujourd’hui il faut être chrétien dans sa famille, dans son milieu de travail, mais aussi en consommant, en investissant, en voyageant, en achetant; il faut être chrétien partout, et que cela soit un signe pour tous.

Peut-être qu’à Sainte-Marie, à cause de cette grâce particulière dont je parlais plus haut, nous avons une plus grande responsabilité au sein de la communauté diocésaine pour imaginer, mettre en pratique et partager ces nouvelles façons de vivre notre vocation de chrétiens dans le monde, notre vocation d’évangélisateurs.

Jean Fahmy

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Confirmation 2003
     
 

 

 




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