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Le premier numéro de notre volume 17, propose une belle gamme de sujets. Tout d’abord l’abbé Daniel présente un élément qui retiendra notre attention au cours des mois de septembre et d’octobre : la mise en oeuvre du projet Pour un engagement responsable. Ce processus est enclenché pour répondre aux exigences du gouvernement de l’Ontario et des assurances du diocèse. Puis, Guy Morissette nous propose une réflexion de fond sur l’Eucharistie. On se souviendra que Guy, un de nos paroissiens, nous a fait une présentation sur le sujet, le 19 mai dernier. Gaston Savage, qui sera ordonné diacre le 25 septembre et son épouse Charmaine ont bien voulu répondre à nos questions afin de se présenter à la communauté. L’artiste Mark Thompson soumet un texte informatif sur la symbolique des vitraux de notre église et Laurent Brillant termine en nous présentant une pointe d’humour. Alice Grégoire- Bourdeau
C’est le début d’une nouvelle année pastorale... En cette nouvelle année, chacun, chacune d’entre nous aura le bonheur de poursuivre son engagement au service du Seigneur et des autres... Oui, nous sommes communauté chrétienne pour annoncer la Bonne Nouvelle de l’Évangile, pour célébrer le Christ ressuscité, vivre dans la charité et être les témoins de Jésus Christ dans le monde. Nous voulons tous et toutes grandir et faire grandir nos soeurs et frères dans l’amitié de notre Dieu. Le service est au coeur de notre foi, c’est le Seigneur Jésus qui dit dans l’évangile : « Je suis au milieu de vous comme celui qui sert». Pour que notre service soit encore plus à la manière du Christ qui est venu pour servir les faibles et les petits nous aurons, en ce début d’année pastorale, à mettre sur pied, dans notre communauté, le projet diocésain Pour un engagement responsable. Ce projet pourra sembler inutile dans notre milieu paroissial, mais pourtant, on reconnaîtra qu’il est en application dans presque tous nos secteurs de vie. Nous devons protéger les plus faibles et les petits de notre communauté. Dans la préparation de la mise en oeuvre du projet Pour un engagement responsable, ici, à Sainte-Marie, nous avons réalisé combien le nombre de personnes engagées au sein de la communauté est important. La préparation du projet a confirmé votre grande générosité et les dons que le Seigneur a fait à plusieurs d’entre nous. Je pourrais ici reprendre les dons que saint Paul énumère dans sa lettre aux Corinthiens... C’est pourquoi, je suis drôlement fier d’être le pasteur d’une communauté engagée comme la nôtre! Je veux remercier Alice Grégoire-Bourdeau, Simone Levert et Gilles Marleau, l’équipe qui a accepté d’implanter le projet, chez nous. Je souhaite la bienvenue à Gilles Ouellette, diacre permanent, qui accepte la responsabilité d’agent de pastorale, affecté surtout à la pastorale scolaire et aux sacrements d’initiation chrétienne. Soeurs et frères, je nous souhaite spécialement en cette fin de l’année de l’Eucharistie, une année pastorale des plus merveilleuses. Que notre participation au repas du Seigneur nous apporte la joie, que seul le Seigneur peut nous donner, et que sainte Marie notre patronne intercède pour nous auprès de son Fils pour que nous devenions toujours plus le Corps du Christ!
Daniel Berniquez, curé Est-ce que certains d’entre vous se souviennent du temps où l’on ne distribuait pas la communion à la grand-messe du dimanche? À cette époque, la communion se donnait en dehors de la messe. La situation est totalement différente aujourd’hui. Pour comprendre comment la situation a évolué jusqu’à nos jours, notre réflexion portera sur les trois points suivants : $ Quel message Jésus nous donne-t-il à
la dernière Cène? Le message de la dernière Cène Lors de son dernier repas avec ses disciples, Jésus est animé du désir profond d’une grande intimité avec Dieu et de solidarité entre les êtres humains. Notons que les gens présents sont des gens bien ordinaires, pour ne pas dire des pécheurs : Judas prépare la trahison, Pierre le reniera le lendemain et tous seront absents lors du procès de Jésus. Pourtant, dans ce contexte Jésus pose trois gestes
qui deviendront les moyens qu’il donne à ses disciples pour
réaliser la communion entre les hommes : Pourquoi célébrer l’Eucharistie? Pour répondre à cette question, il faut remonter aux premiers chrétiens. Ce qui caractérise les premières communautés chrétiennes, c’est leur ardeur à se réunir. « Ils se montraient assidus à l’enseignement des Apôtres, fidèles à la communion, à la fraction du pain et aux prières ». Ils rompaient le pain dans leurs maisons. Les premières eucharisties ont été célébrées dans des maisons privées. Ce repas eucharistique comportait les éléments suivants : un rassemblement, la reconnaissance du Ressuscité (c’est en mémoire de lui qu’on célébrait), la proclamation de sa parole et l’accueil de son Esprit, la fraction du pain, et l’envoi en mission. De plus, ce repas constituait : $ Un lieu d’identification car ils ont célébré
dans la clandestinité jusqu’en 313. L’Eucharistie, chez les premiers chrétiens, était donc intégrée à leur vie quotidienne. Pour eux, il ne s’agissait nullement d’une obligation mais d’un désir et d’un besoin : besoin de se rassembler, besoin de se ressourcer, besoin de célébrer le Ressuscité. C’est cette assemblée qui rendait l’Église visible dans sa réalité fondamentale de Peuple de Dieu et Corps du Christ. Cette assemblée était présidée par l’évêque. Cependant, l’adoption de la religion chrétienne par l’Empire romain, en 380, engendre un processus de christianisation progressive de la société, des institutions et de la culture. Au cours de l’histoire, on passe d’une Église Peuple de Dieu à une Église-société. Ce passage a eu une grande influence sur la compréhension de l’Eucharistie et sur la manière de la célébrer. Pendant cette période, on considérait la société comme divisée en trois groupes : ceux qui prient (le clergé), ceux qui combattent (les guerriers) et ceux qui travaillent. Ainsi s’est développée une doctrine de l’Église société, avec sa hiérarchie (pape, évêques, clercs), ses ordres, ses institutions et son autorité sur le pouvoir temporel. La notion d’Église Peuple de Dieu a été mise de côté. Cette manière de comprendre l’Église a eu des conséquences pour la célébration eucharistique. La liturgie est devenue l’affaire des moines et des clercs. Comme la messe était en latin, les gens, ne comprenant pas ce qui se passait, se sont désintéressés de l’Eucharistie. Au point qu’on a dû obliger les gens à se confesser une fois l’an et à communier à Pâques, d’où l’expression « faire ses Pâques » et à aller à la messe le dimanche. Ce n’était plus le désir qui amenait les gens à l’église mais l’obligation. Il a fallu le Concile Vatican II pour nous redonner le « pourquoi » de l’Eucharistie et nous inviter à passer de l’obligation à la redécouverte du besoin et du désir à l’instar des premières communautés chrétiennes. Il faut reconnaître, cependant, que si l’insistance sur l’obligation est moins lourde qu’avant le Concile, il nous reste encore des efforts à faire pour retrouver le désir et l’ardeur des premiers chrétiens. À quoi la célébration eucharistique nous engage-t-elle? Comme nous le rappelait notre pasteur, Daniel, dans son homélie du 30 avril 2005, nous sommes parfois enclins à décrocher la célébration eucharistique de notre vie quotidienne. En effet, si nous allons à la messe et croyons ensuite que notre devoir est accompli, ce n’est pas ce que Jésus veut. L’Eucharistie nous envoie en mission. Par la communion à son Corps et à son Sang nous nous engageons à réaliser le projet de Jésus qui est de construire un monde plus humain. Ce monde nouveau se construit dans notre vie quotidienne, particulièrement en faisant nôtres les positions de Jésus sur les personnes, sur le pardon, sur le partage. Rappelons-nous « J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger », « J’étais étranger et vous m’avez accueilli ».
Un nouveau diacre à la paroisse Sainte-Marie Gaston et Charmaine Savage font partie de notre paroisse depuis le printemps 1999. Ils étaient tous les deux enseignants à l’école secondaire Thériault, à Timmins, jusqu’au moment de prendre leur retraite, retraite qu’ils ont décidé de vivre à Orléans. Après quatre années de formation, Gaston est prêt pour le grand jour, soit le 25 septembre alors qu’il sera ordonné diacre. Notons qu’à titre d’épouse d’un diacre, Charmaine a aussi dû suivre la même formation. Ils ont tous les deux accepté de répondre
à quelques questions afin de se présenter à la
communauté de Sainte-Marie. En quelques mots, j’affirme que ma formation catholique et familiale m’a placé dans un contexte approprié où j’ai pu questionner mon cheminement de foi à la lumière de Vatican II dès ma jeunesse. Étant donné que dans ma vie professionnnelle, j’ai cru à l’éducation permanente, de même dans le domaine de la foi, j’ai vécu des sessions, des expériences de cheminement de façon régulière, des cours qui m’ont permis de grandir progressivement dans ma foi dont : le Marriage Encounter, le cursillo, le renouveau en paroisse et les chevaliers de Colomb. Devenu un membre actif à Développement et Paix, je me suis engagé depuis trente ans, à cette cause en y voyant bien une réponse personnelle à Jésus Christ et un engagement d’Église envers la justice sociale. En fait, c’est dû à un cheminement de longue durée plutôt qu’à un événement particulier que j’ai choisi d’offrir mes talents à l’Église au niveau de la parole, de la charité et du service. Évidemment, les cours de formation au diaconat m’ont permis de franchir cette étape définitive. En plus, j’ai hérité d’un esprit de service, de bénévolat et d’engagement de façon naturelle, cadeau provenant du témoignage de ma mère particulièrement. Mes forces naturelles ont été mises au service de l’Église, dans divers comités et services. Jeune adulte, j’ai choisi librement de faire partie, à part entière, de cette grande famille de croyantes et de croyants catholiques aux niveaux paroissial et diocésain et de contribuer à rendre ma paroisse une communauté vivante. Merci aux membres de notre communauté paroissiale et diocésaine qui m’ont incité à poursuivre mes intuitions originales. Certes, certaines conditions doivent y être présentes : disponibilité, style de vie, vie spirituelle, aimer l‘Eglise au point de la servir dans sa réalité actuelle. Le moment est bien choisi car je suis retraité de l’enseignement. Mes cours des grandes civilisations, d’économie, de droit et d’éducation chrétienne et morale, offerts au palier secondaire, ont été des sources d’inspiration contribuant à mon cheminement comme un agent de changement et un éducateur engagé dans le domaine des valeurs et de la foi. J’ai la profonde conviction de pouvoir favoriser le cheminement spirituel des adultes surtout par le biais d’une catéchèse en offrant une formation préparatoire à divers sacrements comme le baptême et le mariage. Choisir signifie toujours fixer des priorités
et mettre de côté certaines choses. Je suis bien conscient
que mon engagement comme diacre va susciter d’autres choix à
faire pour respecter les engagements qui me seront mandatés
par notre archevêque, Mgr Marcel Gervais. Nous n’avons pas été tellement surpris lorsque Gaston parlait de faire la formation qui allait le mener au diaconat. Nous avons compris très tôt que Gaston avait un esprit de service et que cette décision était un aboutissement naturel à cette qualité qu’il possède. Même, je crois que les enfants auraient été déçus que leur père ne s’engage pas dans ce ministère-là. Ils étaient habitués de rencontrer des membres du clergé, des visiteurs qui venaient par le biais de Développement et Paix, ou des gens impliqués au niveau de la paroisse qui venaient jaser avec nous tout en prenant un repas familial. Une de ces visites a été un diacre et son épouse qui, connaissant Gaston, lui ont demandé s’il ne songerait pas au diaconat. Cette visite l’a dérangé, mais la jeune famille, le travail et son engagement au niveau de la paroisse et du diocèse ne lui permettaient pas de suivre la formation. Je sais que l’appel était là et que si Dieu voulait, les circonstances le permettraient en temps et lieu. Comme épouse, cette décision ne venait
pas changer ma vie, mais elle apportait un complément très
signifiant à ma formation biblique et religieuse. Je savais
que je m’engageais dans une série de cours qui pouvaient exiger
du temps et des énergies, mais j’y croyais. Depuis Vatican
II, nous avons appris très tôt que l’Eglise c’est nous,
et que nous avons une responsabilité, celle de participer,
à notre mesure, à l’accomplissement du Royaume.
Les vitraux de la salle de la Paix se voulaient en lien avec les autres vitraux de l’église tout en conservant leur autonomie lorsque la cloison ferme la salle. Dans l’église, de la hiérarchie de la
disposition par certaines nuances, un thème simple mais empreint
de sens s’établit. Quand ces éléments se répètent,
ils rappellent la signification préalablement établie,
à savoir : Nous avons pensé que la répétition du symbole de la colombe serait simple, directe, universelle, joyeuse et appréciée. La Paix y est présentée comme un don de Dieu, les pages jaillissant des zones bleues et se prolongeant dans la zone quadrillée dont la partie supérieure baigne dans le jaune de l’amour divin. Les colombes sur les pages de couleur symbolisent la diversité de notre humanité (différentes races, couleurs, etc.) ou peut-être différents drapeaux et un désir universel de paix. En travaillant la maquette, j’ai décidé de continuer les formes des colombes au-delà des extrémités des formes de la «page/drapeaux» colorée car les oiseaux y sont moins restreints. Peut alors naître, dans les vitraux, l’idée de liberté, précurseure de paix. Cet effet crée un défi technique que j’aime relever. En guise d’hommage au batik qui ornait ces fenêtres,
je voulais également utiliser la méthode de la silhouette
pour les colombes. Mark Thompson Sur semaine, j’aime aller à la messe, histoire de me rapprocher du Seigneur et de bénéficier des homélies, bien à point, de notre curé. Je vous dis que ce n’est pas souvent qu’en pleine homélie on entende un curé dire câline de binne. Croyez-le ou non, j’ai bel et bien entendu le nôtre, le dire, un de ces soirs. Il parlait du détachement de nos biens, de la
difficulté, même à l’heure de la mort, de se détacher
complètement. Il parlait de sa propre mère, une sainte
femme pourtant. Elle avait une petite chaîne en or autour du
cou et ça menaçait de l’étouffer. Il Ça c’est du parler français à mon goût. Parlez-moi de ça un curé qui est capable d’être naturel et d’accrocher par son langage. Je serais content que ce petit fait arrive aux oreilles de tous nos bons curés de paroisse à travers la belle province et partout où on parle un français pointu. Laurent Brillant
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