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Dans ce Ici Sainte-Marie, nous abordons un thème qui préoccupe plusieurs parents et grands-parents. De nos jours, il n’est pas facile de transmettre la foi à nos enfants et à nos petits-enfants. Comment s’y prendre?... Pourquoi certains parents réussissent dans le domaine et pourquoi pas nous, se demande-t-on parfois. Jean Fahmy nous propose une réflexion pour amorcer le sujet. Lucie Rhéaume, Roland Frenette, Chantal Auger et Michael O’Brian nous proposent des pistes, des petits trucs, pour savoir comment s’y prendre pour transmettre la foi aux nôtres. Nous proposons ensuite quelques témoignages de jeunes et de moins jeunes qui ont bien voulu nous partager le fruit de leurs réflexions. Puis nous traçons une courte biographie de notre nouveau pasteur, l’abbé Michel Pommainville. L’abbé Daniel Berniquez nous livre quelques commentaires sur les sept années qu’il a passées à Sainte-Marie sous la plume de Louis-Marie Achille. Ce dernier a aussi rencontré le responsable de l’équipe de la préparation à la confirmation de même que le président du comité d’accueil et nous présente leurs activités. Et nous terminons par Le coin des petits. Bonne lecture! Alice Grégoire-Bourdeau La transmission de la foi : un défi, une responsabilité, une espérance Depuis quelques décennies, la transmission de la foi est devenue une préoccupation majeure pour l’Église d’ici et de partout dans le monde. Des comités ont été créés, des études ont été faites, les évêques se sont prononcés, les paroisses ont réfléchi, les jeunes ont été consultés ¼ et le défi demeure toujours aussi grand! Mais pour un très grand nombre d’entre nous, pour les parents et les grands-parents des jeunes d’aujourd’hui, il ne s’agit pas d’une question abstraite et académique, mais bien d’une question concrète, urgente et, pour certains, d’une source de grande souffrance. Il ne s’agit plus, pour la majorité d’entre nous, de réfléchir à un problème d’évangélisation lointaine, mais de ressentir, dans notre chair, dans notre âme, dans nos émotions, la difficulté de transmettre notre foi à ceux et à celles que nous aimons plus que tout. Nous avons grandi dans la foi. Nos parents nous l’ont transmise comme un dépôt précieux. Nous l’avons saisi, ce dépôt, nous l’avons aimé, nous l’avons mis au centre de nos vies et nous avons tenté de le faire grandir. Et soudain, nous constatons que cette transmission de notre héritage religieux, qui allait de soi, qui s’est faite sans heurts depuis deux millénaires, depuis nos aïeux les plus lointains à nos grands-parents et à nos parents, se heurte aujourd’hui à de grands obstacles. Et nous en souffrons pas seulement parce qu’il s’agit d’un héritage qui nous a été confié, mais aussi, mais surtout parce que nous sommes convaincus, viscéralement convaincus que nous sommes dépositaires d’un trésor, d’une richesse qui va au-delà de tout, et que nous ne sommes pas sûrs d’en convaincre à notre tour les plus jeunes.
Nous nous heurtons à de nombreuses difficultés. Pensons au matraquage antireligieux constant dans les médias (et surtout au matraquage antichrétien, et plus particulièrement encore anticatholique). Pensons au relativisme de la pensée et des valeurs, qui sont devenus, sous prétexte de respecter tout le monde et son père, la norme dans notre société. Pensons à la fébrilité constante de notre société qui empêche de s’arrêter et de réfléchir, à la recherche perpétuelle de la gratification immédiate, ici et maintenant, qui est le contraire même de l’éthique chrétienne. C’est dans tout cela que sont plongés nos enfants et nos petits-enfants. Faut-il alors s’étonner que notre message qui est en compétition avec tant d’autres ait de la difficulté à les atteindre ? Comment réagir à tout cela ? Faut-il désespérer ? Baisser les bras ? Il faut tout d’abord se souvenir de l’essentiel : si nous sommes croyants, alors nous sommes convaincus que le Christ est avec nous jusqu’à la fin des temps, et que l’espérance est un des fondements de notre foi. Mais espérance ne veut pas dire immobilisme : la première chose à faire est de nous examiner pour savoir pourquoi notre témoignage a de la difficulté à percer auprès des plus jeunes. La première constatation est une affaire de langage. Notre langage, le langage de l’Église, est déconnecté de la réalité des jeunes. Nos images, nos symboles, nos prières, nos cantiques ne les touchent plus. Je lis assez souvent de la littérature religieuse et je suis moi-même étonné de voir combien de ces textes pieux, et toujours bien intentionnés, sonnent vieillots à mes oreilles et sont loin de ma sensibilité d’aujourd’hui, même si je suis un aîné. Imaginez donc alors ce que doivent en penser les jeunes ¼ La deuxième constatation est une affaire d’éducation. À force de vouloir parler du message du Christ, on a évacué souvent tout contenu concret, et surtout la dimension historique du christianisme. Trop souvent, le Christ est présenté aux jeunes comme une espèce de gourou qui prêche le bon comportement. Et alors, le personnage de Jésus, l’écrasante personnalité du Christ historique, le véritable rayonnement de cet homme qui aimait surtout les pauvres et les faibles, ne transparaît pas dans ce qu’on en raconte aux jeunes. Quant à l’Église, à son histoire longue, remarquable, complexe, humaine et tout à la fois divine, elle se résume pour eux en une sordide affaire de quelques prêtres pécheurs. La troisième constatation est affaire de témoignage. Les jeunes voient-ils en ceux qui croient, leurs parents et leurs grands-parents, des témoins de l’Évangile? Voient-ils des adultes qui brûlent littéralement d’une flamme qui les change et qui transfigure leurs actions? Ces constatations, et bien d’autres, nous aident à comprendre un peu plus la désaffection de certains jeunes à l’égard de la foi et de l’Église. Elles montrent aussi que la solution à ce défi de notre temps a une dimension double : communautaire, c’est-à-dire d’Église, et personnelle. Sur le plan de l’Église, il faut continuer le travail amorcé pour moderniser son langage, son approche, sa pédagogie, son éducation. Nous pouvons contribuer, chacun d’entre nous, en participant aux comités, paroissiaux et autres, auxquels nous sommes invités. La dimension personnelle de la solution est plus immédiatement à notre portée. Je n’ai pas de réponse magique à cette question grave, et les quelques pistes suivantes ne sont qu’une amorce de réflexion. Il faut, tout d’abord, qu’aux yeux de nos jeunes, notre comportement soit toujours nourri par notre foi. Il faut que, en nous voyant agir, aimer, pardonner et accompagner, ils sentent en nos actes cette dimension supplémentaire, celle du Christ dans nos vies. Et ne nous y trompons pas : les jeunes sont intelligents, ils comprennent vite. Notre témoignage sera plus éloquent que nos récriminations et nos sermons. Il faut accepter aussi, une fois pour toutes, que le monde de nos enfants est différent du nôtre. Plus de nostalgie pour un passé embelli! Nous ne reviendrons jamais aux formes d’expression de la foi qui étaient jadis les nôtres. Ce n’est pas grave : ce qui est important, c’est la rencontre avec le Christ que les jeunes pourraient faire, selon leur approche et leur culture. Il faut toujours afficher activement notre foi devant eux. Si nos liens sont forts avec nos enfants et nos petits-enfants, il faut que notre vie de famille soit ponctuée de signes chrétiens. Ainsi, même s’ils ont abandonné la pratique religieuse, ils verront que nous la poursuivons. Même s’ils ont abandonné la prière, il faut que nous leur montrions, de façon discrète mais réelle, que la prière est présente dans nos vies. Pour ceux dont les enfants ont quitté le foyer, pour ceux qui sont grands-parents, il faut tenter de profiter des visites pour témoigner de la présence active de la religion dans nos vies. Ainsi, l’action de grâces récitée avant le repas, la prière du soir dite avec les tout-petits quand ils dorment chez nous, tout cela envoie des signes forts. Il faut tenter de profiter des grandes fêtes religieuses, Pâques et Noël, pour en faire de nouveau des fêtes justement religieuses. Les familles se réunissent à ce moment-là. Préparer la crèche avec les tout-petits permet de raconter l’histoire de Jésus. Les mettre au lit en racontant un des miracles de l’Évangile ancre dans leur sensibilité la dimension historique de notre foi. Il faut enfin prier, prier encore, prier toujours. On se souvient de sainte Monique, la mère d’Augustin, qui voyait son fils dissiper sa vie dans la débauche, et qui a prié avec intensité, sans jamais se décourager, jusqu’à ce que le Christ croise le chemin de son fils et en fasse un des grands Pères de l’Église. Notre action est humaine, mais si nous remettons entre les mains du Seigneur ceux que nous aimons, il trouvera bien, Lui, le moyen de se frayer un chemin dans leurs coeurs et dans leurs vies. Jean Fahmy
retour Petits trucs simplespour aider les parents et les grands-parents à transmettre la foi aux enfants... Même si le titre mentionne la notion de simplicité, le sujet est loin de l’être. Cependant c’est en posant de petits gestes quotidiens ou même occasionnels que nous contribuons à transmettre les bonnes valeurs, l’habitude à la prière et, par la même occasion, la foi. Faire une petite prière Coucher votre enfant le soir pourrait devenir un moment privilégié. En invitant votre enfant à remercier Jésus pour ce qui s’est passé dans sa journée en votre présence, vous apprenez à votre enfant à prendre une bonne habitude de prière et vous, vous en apprendrez davantage sur les événements marquants de sa journée. Si le coucher n’est pas un moment propice pour vous, c’est peut-être au repas qu’il serait opportun de réciter une petite prière. Chaque membre de la famille peut y participer à tour de rôle.
Proposer des lectures Vous encouragez vos enfants à lire ¼ En allant à la bibliothèque faites un petit tour dans la section biblique ou profitez d’une visite en librairie pour choisir un livre qui parle de la foi, de la vie de Jésus ou autre. Il y a une grande variété de livres destinés aux enfants. Que ce soit sous forme d’une bande dessinée, de prières, d’un livre d’images à découvrir ou d’une histoire un peu romancée, l’important est de susciter l’intérêt. Assurez-vous que le livre est adapté à l’âge de l’enfant et à ses goûts en tant que lecteur.
Écouter un film Pour les enfants un peu plus âgés, pourquoi ne pas écouter avec eux un film tel que Jésus de Nazareth, Les Dix Commandements ou plusieurs autres. Ainsi, ils en apprendront un peu plus sur l’histoire et la religion sans vraiment s’en apercevoir.
Inviter les enfants à la messe Ce n’est pas facile d’amener les enfants à la messe mais, habituellement, les enfants sont plus à l’aise dans une routine; alors, si on y va chaque semaine, à la même heure, ça peut éviter les discussions. Si la messe hebdomadaire ne convient pas, tentez d’attirer vos jeunes lors des grandes fêtes ou d’événements religieux (Noël, Pâques, etc.) Il faut bien commencer quelque part, une première visite à l’église peut en engendrer une autre!
Partager des expériences Les enfants aiment bien lorsqu’on leur relate de petites anecdotes ou des histoires de notre passé. Alors, racontons notre première communion, notre confirmation, la visite du pape si nous avons eu l’occasion de le rencontrer, ou tout autre événement qui nous a fait grandir dans la foi.
S’engager, montrer l’exemple et prendre le temps En nous engageant, chacune et chacun, nous montrons l’exemple. Nous approfondissons notre foi et nous pouvons partager nos expériences. Prendre le temps d’expliquer à nos enfants nos valeurs ou ce que la prière peut nous apporter peut aussi être une façon concrète d’inciter nos jeunes à découvrir Jésus ainsi que de définir leur foi.
En terminant, s’il y avait une recette magique, le mot se serait déjà passé et tous les chrétiens l’auraient déjà utilisée. C’est donc à chacun et à chacune d’entre nous de trouver des petits gestes qui fonctionneront avec nos enfants et qui leur permettront de grandir dans la foi. Bonne chasse aux petits trucs! Lucie Rhéaume
La transmission de notre foi revient d’abord à mon épouse et à moi en temps que parents. « Parents, vous êtes les premiers responsables de transmettre la foi à vos enfants. » Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous écrire en tant que PAPA de trois beaux enfants! pourquoi ne pas vous partager la transmission de MA foi à mes petits. Tout d’abord, je vous présente mon fils aîné Roland jr IV, six ans, plein de vie; déjà on peut l’apercevoir comme un enfant ayant besoin de défis et qui aime être entouré de petits et de grands pour jouer avec lui. Loranne, ma fille de quatre ans, discrète et qui sait ce qu’elle veut avec un esprit ouvert pour accueillir de nouvelles découvertes. Mon dernier-né, Philippe, 11 mois, très stimulé par son frère et sa sœur pour découvrir la vie. Transmettre la foi à ses enfants en prenant conscience de ce que c’est, est un vrai charme. Il va sans dire qu’une complicité dans le couple favorise la continuité et la persévérance au quotidien pour donner le goût de découvrir Jésus. Avec les années, il est important que le couple partage sa vision pour assurer une cohérence et une crédibilité dans l’éducation de la foi. Autour d’un repas, il est bon de favoriser la discussion, en posant des questions telles que : « Comment a été ta journée? Qu’as-tu appris de nouveau aujourd’hui? » Réussir à démontrer dans la simplicité que Jésus a sa place dans tous nos petits événements quotidiens. Le soir, il est très important avant le dodo de prendre du temps pour la lecture d’un texte de la Bible accompagné d’images, de compléter le tout par une prière d’action de grâce, suivie d’un chant, d’un Notre Père ou d’un Je vous salue Marie.
Le temps du repas et du coucher est précieux dans la journée de mon épouse et de la mienne pour accorder une place à la vie de prière et à la vie fraternelle, deux axes bien importants des premières communautés chrétiennes. (Actes 2, 42) Partant d’un simple questionnement à savoir qu’est-ce que Jésus ferait à ta place, il serait bon, en tant que parents, d’emmagasiner nos expériences de foi vécues jusqu'à aujourd’hui pour permettre à nos enfants de découvrir tout le sens d’appartenance à notre foi chrétienne. À tous les parents, un conseil : soyez convaincus et convaincants, accordez-vous du temps pour vous outiller afin de mieux communiquer votre foi (vos expériences et vos connaissances) dans le but d’être en mesure de parler avec vos mots à vous de Jésus Christ et surtout d’apprendre à faire des pieds et des mains pour rendre le message d’AMOUR de Jésus accessible à vos enfants. La transmission de la foi, c’est comme être parents : cela s’apprend en tenant compte de l’expérience de chacun. Un travail sur le terrain pour une histoire d’amour de toute une vie. Roland Frenette
Avoir la foi, pour nous, cela signifie que nous croyons que Jésus est mort pour nous. Nous reconnaissons donc que nous sommes des pécheurs, des humains loin d’être parfaits et que notre vie consiste en un cheminement religieux pour nous améliorer dans l’espérance d’une vie éternelle. La foi se manifeste en nous par cette chaleur qu’on ressent dans nos cœurs quand on met en pratique la Parole de Dieu. À nos deux enfants encore jeunes (6 ans et 4 ans), nous croyons que la meilleure manière de leur transmettre la foi est par nos paroles et par nos gestes quotidiens. Nous essayons de notre mieux de faire ce que Jésus nous demande, soit : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés.» (Jn 15, 12) « En vérité, je vous le dis, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits, de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt.25, 40) Chaque jour, nous faisons de notre mieux pour poser des gestes d’amour et pour rester en contact avec Dieu par le biais de la prière. Voici quelques gestes d’amour que nous faisons et que nous encourageons nos filles à faire aussi : aider ceux et celles qui nous entourent; respecter les idées et les différences d’autrui et se respecter soi-même; reconnaître les efforts que les autres font, s’excuser et pardonner. Pour ce qui est de la prière, nous la faisons avec nos enfants, le soir venu.. Cette prière consiste principalement à remercier Dieu pour la belle journée et pour lui demander de prendre soin de tous ceux et celles que nous aimons. Nous venons à l’église avec nos filles, car nous voulons qu’elles se familiarisent avec le déroulement de la messe. Vous comprendrez que, pour des enfants, ce n’est pas toujours facile de rester silencieux pendant une heure, mais on les encourage et on les félicite pour leur bon comportement. On leur dit aussi qu’on se sent bien quand on va à la messe, que c’est un endroit sécuritaire et rempli d’amour.
Par notre engagement personnel dans certaines activités de notre paroisse, nous espérons que nos filles, tout comme nous, développeront un sentiment d’appartenance à la communauté chrétienne. Pour terminer, la chose importante est de faire réaliser à nos filles que ce qui importe, c’est de toujours dire de belles paroles et de poser des gestes d’amour. Nous leur disons aussi que leur famille, leur école et leur communauté sont de bien meilleurs endroits grâce à leurs beaux gestes d’amour. Michael O’Bryan et Chantal Auger
L’équipe du Ici Sainte-Marie a demandé à des paroissiennes et à des paroissiens, jeunes et moins jeunes, d’expliquer aux lectrices et aux lecteurs comment la foi leur a été transmise par leurs parents et leurs grands-parents et comment, s’il y a lieu, ils entendent la transmettre à leurs enfants. Sur le plan religieux, mes parents étaient et sont toujours croyants et pratiquants, comme l’était particulièrement aussi la famille de mon père (un de ses frères s’est fait moine). J’ai donc grandi dans un environnement relativement pieux : nous allions par exemple à la messe tous les dimanches. Mais, sous la pression des pairs, j’ai pris mes distances par rapport à la vie chrétienne vers l’adolescence. Avec le recul, et sans que j’en blâme mes parents, je crois que ceux-ci, ne voulant pas être accusés « d’imposer la religion », ont peut-être péché par excès contraire, et hésité à m’expliquer la valeur de ce que j’abandonnais, et la faiblesse des raisons qui m’entraînaient à le faire. Heureusement, je suis aujourd’hui redevenu pratiquant, et je tire de cette expérience quelques repères qui me semblent utiles en matière de transmission de la foi : il faut être fier d’être chrétien, ne pas avoir peur d’argumenter en faveur de la foi, et faire ressortir la beauté, la richesse et la vérité de l’enseignement chrétien. Avec l’aide de Dieu, c’est dans cet esprit que mon épouse et moi élèverons nos enfants. Bernard Couture Ma mère est une catholique pratiquante et mon père, un baptisé devenu résolument athé. Ils ont cru pouvoir élever ma sœur et moi dans le respect des deux croyances : nous allions donc à la messe tous les dimanches mais, à la maison, nous étions exposées à des discours sur la non-existence de Dieu. Il va sans dire que nous étions des chrétiennes fort confuses! J’avais l’impression de célébrer des rites vides de sens, simplement pour perpétuer de vieilles traditions. Bien des années plus tard, j’ai rencontré Bernard, qui était alors redevenu pratiquant. Il a partagé avec moi les réflexions qui l’avaient mené à renouer avec sa religion. C’est alors que j’ai compris toute l’importance de bien comprendre sa foi, de la vivre pleinement et de la partager sans avoir peur de mal paraître. Voilà ce que je veux transmettre à nos enfants.
Geneviève Rivard
En tant qu’adolescente, il peut être difficile de trouver sa place dans la foi catholique. Moi, j’ai eu la chance de vivre une expérience qui m’a permis de m’ouvrir à la spiritualité et de trouver Jésus dans ma vie. J’ai toujours été élevée dans la catholicité et, depuis ma tendre enfance, la foi catholique fait partie de ma vie. J’ai grandi dans une famille où il fallait aller à la messe chaque dimanche et où la religion catholique faisait partie de mes valeurs. Mais, à mon arrivée au secondaire, j’ai commencé à me poser des questions sur ma foi et sur ma place dans l’Église. Je continuais d’aller à la messe, avec un certain automatisme, mais je me questionnais sérieusement sur mon opinion de la catholicité. Puis, j’ai eu la chance d’aller à un camp jeunesse avec le comité de pastorale de l’école. Bien que le camp était axé sur la jeunesse en crise, et que ce n’était vraiment pas mon cas, j’ai vécu une expérience touchante qui m’a remise en lien direct avec Dieu. Depuis ce temps, je n’ai aucun doute sur Dieu, Jésus et le Saint-Esprit, ni sur leur place dans ma vie. Je sais que j’aurais probablement vécu une expérience tôt ou tard qui m’aurait ramenée à Dieu, mais je me souviendrai toujours de cette fin de semaine comme celle qui a changé ma vie spirituelle. Véronique Maggiore
Lorsque nous parlons de la foi, nous croyons savoir ce que ce mot comporte. Il comprend tellement de choses que je suis persuadée que je gratte seulement la surface de ce mot sur lequel repose toute notre vie chrétienne. Selon moi, la foi c’est d’abord et avant tout de croire en Dieu le Père, en Jésus Christ et en l’Esprit Saint. C’est de croire en la Bonne Nouvelle que nous raconte la Bible. C’est sur ces croyances que repose tout le reste du sens du mot «foi». Avec un amour aussi grand et unique que celui du Père, c’est sûr et certain qu’Il veut notre bien. C’est pourquoi nous pouvons lui faire confiance. Avez-vous déjà ressenti une émotion alors que votre moral vous dictait un autre sentiment, ce que j’essaie de démontrer, c’est que notre moralité et nos sentiments sont deux choses différentes. On peut savoir qu’on peut faire confiance à Dieu, mais, si on ne le ressent pas, ce n’est pas une vraie confiance. Avoir la foi, c’est ressentir qu’on peut avoir confiance en Dieu. La foi, c’est également un engagement envers le Seigneur. Vous savez aussi bien que moi que développer une relation, ça prend du temps et qu’il faut faire un effort pour la maintenir. C’est pareil avec Dieu. La foi se développe, mais, si on ne la nourrit pas, elle meurt en nous. C’est pour ça qu’il faut aller à la messe et prier, cela nous donne l’occasion de nous arrêter et de passer du temps avec notre Père. Le diacre Gilles Ouellette a mentionné aux confirmands qu’avec un ami, on passe du temps. Dieu, c’est le meilleur ami qu’on puisse avoir; il faut donc passer du temps avec lui, c’est le meilleur ami qu’on puisse avoir. L’engagement ne comprend pas passer du temps avec Dieu, cela comprend également agir en tant que disciple du Christ. L’abbé Daniel l’a souvent répété : on n’agit pas n’importe comment lorsqu’on est disciple du Christ. Je sais que ce n’est pas facile mais, si on a la foi, on a le devoir de poursuivre le travail de Jésus à savoir celui de semer le bien autour de nous et d’annoncer la Bonne Nouvelle au monde entier. Notre foi, c’est la plus belle chose que nous possédons. Dans mon cours de religion, on avait mentionné que la vie, c’est comme un gâteau. Un gâteau, c’est bon; mais un gâteau avec du glaçage, c’est meilleur. Le glaçage, c’est Dieu et, grâce à notre foi, il fait partie de notre vie. Efforçons-nous de garder cette foi précieusement toute notre vie et n’oublions jamais que «je vais être avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde.» (Mt. 28, 20) Claire Dionne
Jésus marchait au bord de l’eau; Il voit deux frères à la pêche. S’arrêtant, il leur dit : « Venez, Je fais de vous des pêcheurs d`hommes. » Et eux, Pierre et André, le suivent. Un peu plus loin sur son parcours, C’est Jacques et Jean qu’il interpelle, Pêcheurs aussi de leur métier. Et, l’entendant, ils laissent tout : Père, barque, filets, poissons, Et ils choisissent de le suivre. Jésus transmet l’appel de Dieu À ses choisis qui, en retour, Laissent tout là et puis le suivent. Pour en venir à nos enfants Et le devoir de leur transmettre Notre foi et nos traditions... Nous les avons accompagnés Sur les chemins de leur enfance, Les emmenant aux sacrements Et faisant d’eux nos confidents. Puis les voici maintenant grands; Eux seuls peuvent choisir de croire. Nous les avons conduits au Puits, Nous les avons mis devant l’Eau, Eux seuls maintenant doivent boire, Eux seuls doivent choisir de croire. Jésus transmet l’appel de Dieu À ses choisis qui, en retour, Laissent tout là et puis le suivent. Laurent Brillant
L’abbé Michel Pommainville est né à Limoges, Ontario, le 23 avril 1953. Fils de Raymond Pommainville et de Florence Gibeault, il est le cinquième d’une famille de six enfants. Il a fait ses études primaires à l’école numéro quatre (4) Cambridge de Limoges et à l’école Saint-Viateur de Limoges et ses études secondaires à Casselman. Ensuite, Michel a entrepris des études en comptabilité à l’Université d’Ottawa. Il a obtenu un baccalauréat en administration en 1975. Michel a ensuite été à l’emploi du ministère de l’Énergie, des Mines et des Ressources, de mai 1975 au mois d’ août 1979. Toujours à l’emploi du gouvernement fédéral, il a participé à un stage de sensibilisation aux problèmes du Tiers- monde en Haïti, à l’été 1977. Il s’est ensuite dirigé vers l’Université Saint-Paul, où il a décroché un baccalauréat en théologie en 1982. En 1984, il obtenu un diplôme en science pastorale de la même université et, en juin 2005, il a obtenu une maîtrise en théologie avec spécialisation en pastorale catéchétique, à l’Institut Catholique de Paris. Pendant ses études pour la prêtrise, il a participé aux mouvements R 3 et Cursillo et a fait un stage de pastorale à la paroisse Saint-Joseph d’Orléans où il a été ordonné prêtre, le 26 mai 1984, par M gr Joseph-Aurèle Plourde. Après son ordination, il a été nommé assistant-curé à la paroisse Saint-Joseph d’Orléans, de 1984 à 1989 avant d’être nommé curé des paroisses suivantes : Saint-Albert, Sainte-Thérèse d’Avila de Marionville, Saint-Jean-Baptiste de L’Orignal, Saint-Gabriel de Gloucester et Sainte-Geneviève d’Ottawa. En cours de route, il a été administrateur de la paroisse Saint-Joachim de Chute-à-Blondeau et prêtre modérateur à la paroisse Saint-Louis-Marie de Montfort. Au fil des ans, l’abbé Michel a été aumônier des scouts et guides et membre de la pastorale diocésaine du mouvement. Il a été coordonnateur diocésain de Développement et Paix et aumônier d’état des Filles d’Isabelle. Il a aussi servi comme vicaire régional de la Région II. C’est lui qui a été nommé responsable diocésain pour coordonner les activités reliées à la préparation des diocésains pour le 49 e Congrès eucharistique international, à Québec, en juin 2008. Nous lui souhaitons la plus cordiale bienvenue ainsi qu’un long et heureux séjour parmi nous. Alice Grégoire-Bourdeau
Un retour sur les années passées à Sainte-Marie... Au mois d’août dernier, l’abbé Daniel Berniquez tirait sa révérence après un séjour de sept ans, à la paroisse Sainte-Marie. Avant de se consacrer entièrement à sa fonction de vicaire épiscopal, Ici Sainte-Marie a rencontré un homme heureux, qui a exercé son ministère avec ses forces et ses limites. Nommé curé à Sainte-Marie, à l’âge de 34 ans, l’abbé Daniel estime avoir consacré ses meilleures années à la paroisse, celles de la fin trentaine et début quarantaine. La moitié de ses 14 ans de prêtrise, il l’a vécue à Sainte-Marie, de 2001 à 2008. « Durant mon séjour, ici, j’ai passé au moins 3 ans à Saint-Laurent (Carlsbad Springs) et la dernière année à Saint-Hugues (Sarsfield), c’est une grosse expérience», confie-t-il. Un ministère exigeant . L’abbé Daniel de poursuivre, «quand on voit les célébrations pour la fête de Noël, pour la fête de Pâques, les 3 messes du dimanche, les baptêmes, les premières des communions, même si je reçois du soutien par exemple de l’abbé Robert Maurice, c’est un gros ministère». Il ajoute que les fins de semaine d’un curé de banlieue sont difficiles; il faut être très concentré. À titre d’exemple, il cite : des funérailles, un samedi matin, un mariage en après-midi et la messe dominicale de 17 h. Dimanche, célébration de la messe à 9 h, à Sainte-Marie, première des communions à Sarsfield, à 10 h 15, retour à Sainte-Marie pour l’homélie à la messe de midi, célébration d’une dizaine de baptêmes, à 13 h 15 et enfin, un repos à 14 h 30. L’abbé Daniel fait remarquer que l’homélie ne peut pas être la même pour les enfants, aux premières des communions, aux funérailles, encore moins lors d’un mariage. De plus, le curé subit la pression de la société. « Les gens attendent le meilleur de vous-même, vous ne devez manifester aucun signe de fatigue ni d’impatience, il faut être attentionné, sympathique. Beaucoup de gens vivent de cela, c’est pire si vous avez une attitude différente. Les prêtres, c’est comme les policiers, les gens s’attendent à ce qu’ils soient toujours vertueux.» Joie et amertume . Mais l’abbé Daniel souligne que le prêtre, en tant que guide, a le devoir de prêcher par l’exemple. En ce sens, il se réjouit de vivre la foi et de l’avoir partagée avec la communauté. Une communauté qu’il va toujours porter dans son cœur, car son meilleur souvenir de Sainte-Marie réside dans toute la collaboration qu’il a reçue. « J’ai appris à collaborer avec les gens », révèle-t-il. « Je n’aurais rien pu faire sans le soutien des diverses équipes, que ce soit au niveau pastoral, sacramentel ou en justice sociale tout le travail réalisé, c’est incroyable.» Incompréhensible, par ailleurs, pour l’abbé Daniel, c’est le peu de participation à la vie de l’Église. « À Sainte-Marie, c’est trompeur, c’est pas plus qu’ailleurs. J’essaie de comprendre pourquoi certaines personnes ne s’engagent pas. Tous ces confirmés et ces premiers communiants qu’on ne revoit plus. Dans les mariages, les baptêmes, des gens oublient le Notre Père, qu’est-ce qui reste de la foi? » s’interroge-t-il. « On ne peut certes pas évaluer la foi des chrétiens et des chrétiennes dans la pratique du dimanche, mais on ne peut pas dire qu’on vit la foi sans la pratique » soutient-il. Toutefois, l’abbé Daniel précise que sa mission est de prêcher l’évangile aux pratiquants et aux non pratiquants. « Pour ces derniers, ma consolation,» dit-il, « est de les avoir fait vivre une belle expérience d’Église.» Une préoccupation constante . La beauté de l’expérience, le jeune vicaire épiscopal dit aussi la ressentir dans les bons commentaires des paroissiens après une homélie. « C’est toujours encourageant d’entendre de bons mots. Je fais attention à ne pas blesser personne. Si c’est le cas, je me confie à la miséricorde de Dieu, mais, j’espère n’avoir détourné personne du Christ.» Louis-Marie Achille
De plus en plus de parents et de jeunes participent aux sessions de préparation à la confirmation, en mars et avril. Les statistiques des dernières années le démontrent bien et Gilles Ouellette, diacre et responsable de l’équipe de la confirmation, s’en réjouit. Pour lui, les parents sont de plus en plus conscients de l’importance de cette formation. « Ils investissent beaucoup dans leurs enfants et veulent que l’expérience soit signifiante » assure-t-il. Ceci témoigne d’un besoin à combler. « Avant de célébrer n’importe lequel des sacrements, il faut savoir ce que l’on fait; sans connaissance, on ne peut en bénéficier. Je me réjouis de cet engagement et cela apporte beaucoup de motivation. » Pour maintenir l’élan, l’équipe, en charge de l’organisation des confirmations a mis au point un programme composé de deux volets. D’abord, la formation adressée aux parents et aux jeunes est offerte en trois soirées de formation qui attirent environ 300 personnes chacune. « En 6 e année, c’est une nouvelle occasion pour l’Église de renouer le contact avec certaines familles. Les sacrements, c’est une affaire d’Église et de famille.» Ensuite, une soirée de prière ouverte aux parents, parrains et marraines. « On veut faire connaître l’importance de cette démarche dans la prière, tant familiale que communautaire. Ce message est aussi transmis aux élèves lors des visites en milieu scolaire effectuées par le responsable de l’équipe et par le curé.» Après plus de douze ans à la barre de l’équipe de confirmation, Gilles Ouellette confie que « le plus lassant est la gestion des dossiers, la paperasse, il faut s’assurer de tout. Heureusement que mon épouse Colette, s’occupe de la gestion des dossiers. La préparation aux sacrements est un dossier majeur.» Toutefois, il ne se sent pas abattu pour autant, car le nombre de nouvelles personnes qui s’amènent à chaque année lui fournit encore de l’énergie. Le comité d’accueil joue un rôle de premier plan au sein de la paroisse. Le bonjour avec le sourire de ses membres aux paroissiens, anciens et nouveaux, est un signe de bienvenue à la célébration eucharistique qui se prépare. « Cette marque d’attention est très importante pour l’image de Sainte-Marie » soutient le président du comité, Raymond Marcil, qui définit les quatre volets d’activités du comité d’accueil. En premier lieu, l’accueil aux messes par un beau sourire et la présentation du Prions en Église. En second lieu, l’accueil des nouveaux paroissiens et paroissiennes. Le comité s’assure de faciliter leur insertion dans la paroisse en favorisant la fraternisation. « Le comité leur remet une trousse spéciale de bienvenue contenant les informations sur la paroisse (site Internet, Ici Sainte-Marie) et les renseignements utiles sur le mariage, le baptême, l’horaire de l’administration, le personnel, etc. On les invite également à s’inscrire à la paroisse », précise-t-il. Un autre aspect du mandat du comité est la pause-café. Ce service est offert lors des occasions spéciales, par exemple : la Saint-Valentin, le Samedi saint ou encore lors d’une conférence. Le dernier volet concerne les deux principales fêtes paroissiales : les fêtes de la dédicace de l’église, début juin, et le brunch annuel, soulignant l’anniversaire de fondation fin septembre. Pour les fêtes de la dédicace, après les messes, on sert, de la crème glacée, des fraises et du gâteau. Il y a aussi des jeux pour les enfants. Le comité d’accueil, avec ses deux rencontres annuelles de planification et sa vingtaine de membres, se félicite de la rétroaction chaleureuse de la communauté et son président ne cache pas sa joie à l’idée de renforcer les liens avec les paroissiennes et paroissiens. « J’aime ça parce qu’on rencontre du monde, on aime parler aux gens », confie, tout sourire, Raymond Marcil, aux commandes depuis 2007.
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