
Votre livre Pour une autre justice, la voie restaurative est un plaidoyer pour une justice qui répare les victimes plutôt que pour une justice qui punit les coupables.
« Plus qu’un plaidoyer, j’ai voulu défendre mais aussi théoriser une justice qui redonne sa dignité aux victimes, la justice restaurative. Ce n’est pas une justice croupion, qu’on applique faute de mieux. C’est une justice qui a une véritable cohérence et qui doit aujourd’hui prendre son envol.
Au travers des différentes expériences qui ont été les miennes, que ce soit avec les mineurs, dans le domaine des crimes de masse et des violences sexuelles commises par des religieux, j’ai pu mesurer la nécessité de placer la victime au centre. Il faut s’occuper de ses besoins, de ses attentes de justice. »
Le procès n’est pas suffisant pour « réparer » ?
« Au procès, on pense souvent les victimes de manière abstraite, on entend parler d’elles à la troisième personne. Aujourd’hui, la justice est d’abord faite pour restaurer l’ordre public, pas pour réparer. Il y a de vrais problèmes de sécurité et il faut ramener la paix publique, je n’ai pas de souci avec ça.
« Mais il faut aussi que l’on offre la possibilité aux victimes de rencontrer leurs agresseurs. C’est une nouvelle forme de justice qui doit se généraliser. »
Il y a dans ce processus, qui met les parties à égalité, une forme de renaissance pour les victimes, de restauration de l’image de soi, qui leur permet de reprendre la vie là où le crime l’a arrêtée. »
Cette justice a-t-elle sa place dans une période où le débat politique se focalise sur la nécessité d’un système plus répressif ?
« On a tendance à penser que c’est une justice Bisounours, avec, toujours, cette influence religieuse autour de la notion de pardon. Il y a le fantasme d’une réconciliation un peu gnangnan. Mais la justice restaurative, ce n’est pas ça.
« Si les victimes de violences sexuelles veulent rencontrer leurs agresseurs, c’est pour s’expliquer avec eux. »
Mais aussi avec toutes les personnes qui ne les ont pas protégées : leurs parents, l’Église, etc. Il y a ce que j’appelle un processus de « réunion-séparation ». Cette réunion doit permettre à la victime de mieux se séparer de son passé. »
Vous venez à Orléans, une ville marquée, ces dernières années, par la révélation d’affaires de pédocriminalité dans l’Église. Cette médiatisation divise la communauté catholique.
« J’espère que je serai interpellé à ce sujet. Il est bon qu’on puisse en discuter dans un espace public. Cela fait maintenant sept ans que je suis investi dans ce domaine, j’ai rencontré des centaines de victimes, des centaines de religieux, certains ont avancé, d’autres n’ont rien compris. Mais je ne suis pas là pour distribuer les bons et les mauvais points. »
En Haute-Savoie, un jeune homme de 17 ans s’est suicidé, il y a quelques jours.
Il venait d’apprendre la remise en liberté de l’homme qui l’avait agressé sexuellement. Qu’est-ce que ce drame dit de l’accompagnement des victimes ?
« La justice ne sait pas accompagner les victimes. Les magistrats, pas du tout. Les avocats, un peu plus. Les conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation, beaucoup plus. Et c’est justement en travaillant en collaboration qu’on pourra proposer aux victimes un véritable accompagnement. Parce qu’elles peuvent avoir besoin d’un psy, de la mairie, pour trouver un logement, de la gendarmerie, pour les rassurer et garantir leur sécurité, etc. Il faut être à l’écoute de tous ces besoins. Et c’est tout l’état d’esprit qu’incarne la justice restaurative. »
Rencontre. Antoine Garapon sera présent à la Librairie nouvelle d’Orléans, ce mardi 22 avril, de 17 heures à 19 heures, pour échanger avec les lecteurs autour de son livre Pour une autre justice, la voie restaurative (PUF).
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