Social Le Secours catholique sur la brèche

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Trop progressiste ou pas assez, François, un pape qui « déconcerte un certain nombre de catholiques »

Certains catholiques se montrent critiques à l’égard du pape François qui arrive à Marseille ce vendredi. Quand certains le jugent trop conservateur, d’autres estiment que ses prises de positions ne le sont pas assez.

« J’ai beaucoup d’estime pour le pape, mais je n’irai pas le voir à Marseille. » Si René Poujol, ancien rédacteur en chef du magazine Pèlerin, assure être un « inconditionnel » du pape François – « c’est le pape dont l’Église a besoin », ajoute-t-il – hors de question pour lui de se rendre en cette fin de semaine dans la cité phocéenne à l’occasion de la visite pontificale.

« Le discours du Vatican qui consiste à dire que le pape vient à Marseille mais pas en France, je ne peux pas l’accepter », explique-t-il à BFMTV.com.

Le pape a en effet indiqué qu’il se rendrait à Marseille, « pas en France », signifiant ainsi que son déplacement n’aurait pas valeur de visite d’État mais serait consacré à la question migratoire – son déplacement se tenant dans le cadre des Rencontres méditerranéennes.

« Je ne peux pas faire comme si la venue du pape était une parenthèse, comme s’il ne venait pas dans un pays où le catholicisme souffre, où des personnes ont eu à souffrir de l’Église », continue René Poujol.

« J’en veux au pape »

Ce catholique reproche notamment au pape d’avoir reçu au printemps dernier une délégation de la Communauté des béatitudes – communauté mise en cause pour des dérives sectaires et dont certains membres sont accusés de violences sexuelles. Un sujet sur lequel René Poujol aurait d’ailleurs souhaité une prise de position plus ferme du pape.

« En parler dix minutes aurait suffi », pointe-t-il. « Qu’il parle. »

Lui qui se présente d’ailleurs comme un « observateur engagé de la vie de l’Église » évoque encore sa « colère », « à la hauteur de mon attachement pour l’Église ».

« J’en veux au pape de ne pas avoir reçu le président de la Ciase (la commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église, NDLR) », déplore encore René Poujol. « C’est une forme de désaveu pour les évêques qui ont entendu la Ciase et une gifle pour les victimes. Quand le Vatican va-t-il intervenir? »

Si pour certains, le pape est trop conservateur, pour d’autres, il ne l’est pas assez. C’est le cas de Rémi, un catholique de 28 ans de la région Paca, qui a notamment été « chagriné » par les propos du pape François sur la messe en latin. En 2007, Benoît XVI avait autorisé la célébration de la messe tridentine – célébrée selon l’ancien rituel avec davantage de textes et de prières en latin, dite aussi messe selon le missel de 1962 ou forme extraordinaire. Mais en 2021, François a décidé de limiter fortement ces messes.

« Je n’ai pas compris », confie à BFMTV.com ce jeune homme qui apprécie les messes en latin. « Ça m’avait un peu ébranlé, interrogé. Je me suis senti incompris. »

Quant aux propos du pape François sur « l’arrièrisme », condamnant « la réaction contre la modernité » et la « maladie nostalgique », Rémi a préféré faire comme s’ils ne s’adressaient pas à lui. « En France, la messe ordinaire et la messe extraordinaire cohabitent bien et ça m’a rassuré de voir que les évêques avaient bien réagi. »

« Les jeunes qui se tournent vers la messe en latin ne sont pas arriérés, ce n’est pas le côté vieillot qui les intéresse. Peut-être qu’ils ne s’y retrouvent tout simplement pas dans la messe ordinaire. Et puis, il en faut pour tous les goûts. »

« Le pape François est plus clivant »

« Ce pape est déstabilisant », reconnaît pour BFMTV.com Sylvaine Landrivon, co-présidente du Comité de la jupe, une association qui promeut la place des femmes dans l’Église catholique. « Il critique le cléricalisme, veut réformer l’Église, se met les traditionalistes à dos mais en même temps, il ne va pas assez loin dans ses réformes progressistes. »

Cette théologue se souvient notamment de ses déclarations sur l’homosexualité. Le pape avait affirmé « ne pas juger » les homosexuels tout en condamnant « le lobby gay ». Le souverain pontife avait également déclaré qu’être homosexuel n’était « pas un crime » mais « un péché ». S’il s’était aussi déclaré favorable aux unions civiles pour les couples homosexuels, le Vatican avait finalement fait marche arrière.

« C’est comme s’il restait à mi-chemin », observe Sylvaine Landrivon.

Cette théologue, auteure des Leçons de Béthanie – De la théorie à la pratique, met également en évidence les contradictions du pape sur le mariage des prêtres – il a autorisé certaines communautés catholiques à disposer de prêtres mariés. « On pensait que ça allait bouger, et finalement pas du tout. »

« Benoît XVI s’était mis à dos tous les progressistes, mais au moins, c’était clair. En ce sens, le pape François est plus clivant. »

Du « rejet » à « l’aversion »

« Il déconcerte un certain nombre de catholiques », abonde pour BFMTV.com Charles Mercier, maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Bordeaux. En 2018, un sondage BVA-Le Figaro avait montré que la popularité du pape avait baissé auprès des catholiques français. Il recueillait ainsi quelque 87% d’opinions favobrables en 2015, contre 78% trois ans plus tard, perdant ainsi neuf points.

« Pour certains catholiques conservateurs, le message du pape sur l’écologie est vu comme un nouveau mantra, un impératif moral au détriment des évangiles. »

« Certains prêtres appellent même ça ‘de la moraline’. »

Mais l’un des principaux sujets clivants reste l’immigration. « Pour toute une partie des catholiques les plus à droite, son discours est trop angélique », analyse encore Charles Mercier, également auteur de L’Église, les jeunes et la mondialisation. Une histoire des JMJ.

Si, chez la grande majorité des catholiques, les prises de position du pape peuvent simplement susciter des interrogations voire une forme d’incompréhension, au sein de cette marge, son message peut aller jusqu’au « rejet », au point de susciter de « l’aversion ».

« Un rapport très ambivalent »

Mais cet historien précise que « tous les papes ont été clivants à leur manière ». Particularité de la situation actuelle: les catholiques français sont devenus plus conservateurs ces dernières années. « Le pape François apparaît ainsi à contre-courant de la sensibilité majoritaire. »

Par comparaison, Jean-Paul II (qui a été pape de 1978 à 2005) – plus conservateur – semblait ainsi en décalage d’un catholicisme français à l’époque globalement plus progressiste.

« Mais au sein de ce courant très à droite du catholicisme français, il existe une sorte de dissociation », note Charles Mercier. « Ils vivent dans un dualisme: ils peuvent tout à fait entendre ce que dit le pape tout en votant Zemmour. »

« Ils ne vont pas pour autant devenir anti-François. C’est un rapport très ambivalent. »

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L’enseignement catholique affiche son bon bulletin de rentrée

L’enseignement catholique a plusieurs raisons de se réjouir en cette rentrée. Il ne l’a pas crié trop fort, mais l’a quand même exprimé clairement par la voix de son secrétaire général, Philippe Delorme, ce jeudi. Comme tout le secteur éducatif, il perd des élèves en raison de la démographie mais « nettement moins que ce qui était prévu ». En 2022, 18 000 élèves de moins s’étaient présentés à ses portes. Cette année, 8 400 jeunes manqueront à l’appel. Les effectifs sont stables en maternelle, gage de futurs élèves dans les classes supérieures. « Nous gardons une attractivité, mais restons prudents », tempère Philippe Delorme.

Autre motif de satisfaction, l’attractivité des établissements catholiques pour les enseignants. Pas de crise de recrutement comme dans le public et de postes ouverts aux concours non pourvus. Dans le primaire, onze candidats se sont présentés pour un poste cette année et 7,4 pour le secondaire (ils étaient cinq pour un poste en 2022). De quoi « avoir, globalement, un enseignant devant chaque classe ».

Chantier « pharaonique ». Enfin, au chapitre « bonnes nouvelles », le Pacte mis en place par le ministère pour rémunérer les missions supplémentaires que les enseignants acceptent de remplir est, sans véritable surprise, un succès. Exemple avec le diocèse de Nantes où 70 % de l’enveloppe a trouvé preneur dès la rentrée. « L’accueil de nos enseignants a été favorable. C’était souvent pour eux la reconnaissance d’un travail qu’ils effectuaient déjà bénévolement, comme le remplacement d’un collègue ».

Un gros bémol, cependant, dans cette positive attitude : le chantier « pharaonique » de la rénovation énergétique des écoles, soit cinq milliards d’euros pour le privé catholique. Pour le moment, ce dernier n’est pas inclus dans le plan de l’Etat. De quoi faire durcir le ton à Philippe Delorme contre cette « mise à l’écart ». Il est moins question d’un autre dossier, celui de la mixité sociale, sur lequel l’enseignement catholique est attendu au tournant.

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Sidscavar et Secours catholique unis face à l’isolement social

Mardi 19 septembre, jour dédié aux aidants, Fares Orcet, président du Sidscavar (Syndicat intercommunal pour le développement social des cantons de Villeneuve et Roquemaure) et l’équipe locale du Secours catholique, représentée par Jean-Pierre Marchand et Jean-Claude Holdrinet, ont signé une convention relative à la coanimation d’une équipe citoyenne territoriale Monalisa. Les deux entités sont donc unies pour mener à bien un travail coordonné de recherche de bénévoles pouvant visiter des personnes âgées isolées.

En effet, un constat a été fait par les deux parties qui indiquent une baisse du nombre de personnes qui s’investissent. Les bénévoles sont parfois dans des associations depuis de longues années et fatiguent, ont peut-être envie de passer le relais. Le rôle des équipes citoyennes est d’accompagner, de réconforter, d’apporter de la solidarité, de l’aide dans différents domaines autres que médicaux.

« La spécificité de la démarche Monalisa est d’accorder du temps et de l’attention auprès de gens isolés, qui n’existent plus », explique Jean-Claude Holdrinet, président départemental du Secours catholique. Il précise : « On est là pour passer un moment humainement riche avec des gens qui ne voient personne ou seulement les soignants qui ont peu de temps à leur accorder. »

Trente et une personnes aidées par Monalisa

La structure Monalisa à laquelle adhèrent le Sidscavar et le Secours catholique s’appuie sur une charte, met à disposition une formation pour ceux qui souhaiteront participer à cette action et à ces visites de bienveillance. Cette année, trente et une personnes ont bénéficié de l’aide de Monalisa dans le canton.

Le souhait des signataires de la convention est évidemment d’élargir cette activité, car les besoins sont importants, comme a tenu à le rappeler Fares Orcet. C’est grâce aux soignants, aux pharmacies, aux assistantes sociales ou par l’intermédiaire des CCAS (Centre communal d’action sociale) que les personnes isolées sont repérées.

Le travail mené par les équipes Monalisa permettra également de faire connaître à ces gens en difficulté sociale les services dont ils peuvent bénéficier comme l’aide au numérique ou le portage des repas à domicile instaurés par le Sidscavar.

Si l’on souhaite rejoindre l’équipe Monalisa (Mobilisation nationale contre l’isolement des âgés), donner un peu de son temps pour visiter ces personnes isolées, il faut joindre soit Jean-Pierre Marchand, responsable du Secours catholique du canton au 06 08 74 35 79, soit le Sidscavar au 04 90 15 97 00.

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Peut-on être catholique… et de gauche

Sous la chape de plomb caniculaire de cette fin d’été parisien, l’ascension de la rue de Ménilmontant s’apparente à un pénible pèlerinage ou à un chemin de croix. C’est là, au cœur de ce qu’il reste du Paris populaire, perché dans les hauteurs du 20e arrondissement, dans un océan de béton et de graffitis, que niche le Café Dorothy. L’établissement donne sur un jardin intérieur dont la lumière éclaire une belle bibliothèque où on peut feuilleter des numéros de revues comme « Limite » ou « Ce qu’il faut dire, détruire et développer ».

À la fois café solidaire, local militant et associatif, espace culturel et musical, lieu de conférence et de coworking, le Dorothy doit son prénom à Dorothy Day (1897-1980), journaliste catholique américaine fondatrice du Mouvement catholique ouvrier, passée par l’anarchisme, militante pour la justice sociale et le droit de vote des femmes. Il se veut le lieu de rencontre de tous les catholiques progressistes de la capitale. « C’est un endroit où on entend faire connaître et vivre la doctrine sociale de l’Église, explique Alexis Lemétais, président du Dorothy. C’est-à-dire qu’on ne se contente pas d’être solidaires avec les SDF par exemple, on essaie aussi d’expliquer en quoi le système produit de la misère et des sans-abri. »

On peut y croiser, le temps d’une conférence ou d’un café, le communiste Bernard Friot, apôtre du salaire à vie, le théoricien de l’écosocialisme Michael Löwy, les anticapitalistes du collectif Anastasis ou bien simplement le curé de la paroisse voisine de Notre-Dame-de-la-Croix, propriétaire du bâtiment. Mais surtout beaucoup de jeunes, à l’image de l’équipe du Dorothy, qui oscille entre 20 et 35 ans. Ils apprécient ce « refuge » fondé en 2017 par une bande de copains sortis de Sciences Po, face au constat d’une communauté catholique préemptée par la droite et l’extrême droite (et dans le contexte plus large d’une diminution du nombre de catholiques, qui représentent selon l’Insee moins d’un tiers des Français).

« À Paris, le premier truc que tu vois quand t’es catho, c’est pas le Dorothy, c’est la Communauté de l’Emmanuel », confirme un habitué du café associatif, référence à cette association catholique dont la mission affichée est l’évangélisation. Très active au sein de la Manif pour tous, ultraconservatrice et homophobe, l’Emmanuel compte entre autres dans ces rangs Hubert de Torcy, le directeur de Saje Distribution, une entreprise qui a distribué en France des films anti-avortement qu’on a ensuite retrouvé sur les chaînes de Vincent Bolloré, ou encore, très récemment, le film révisionniste « Vaincre ou mourir », sur le « génocide vendéen ».

40 % des catholiques ont choisi l’extrême droite en 2022

Selon une enquête Ifop pour « la Croix », 40 % des catholiques ont voté, lors de la présidentielle 2022, pour l’un des trois candidats d’extrême droite (Marine Le Pen, Éric Zemmour ou Nicolas Dupont-Aignan) et 40 % soit pour Emmanuel Macron, soit pour Valérie Pécresse. Depuis la Manif pour tous en 2013, les catholiques traditionalistes ou ultraconservateurs sont les seuls à percer le mur médiatique, dans le sillage d’associations comme Sens commun ou de cadres de droite qui veulent inscrire « les racines chrétiennes de la France » dans la Constitution, comme Éric Ciotti ou Bruno Retailleau. Ou encore d’un jeune clergé de plus en plus droitisé, à l’image de Paul-Adrien, prêtre dominicain et influenceur Web, qui prêche sur YouTube contre l’homosexualité et les grévistes de la RATP.

Ils sont toutefois environ 20 % de catholiques à avoir glissé le nom d’un candidat de gauche dans l’urne. Et, selon un autre sondage publié cette fois dans « la Vie », 20 % des participants au Mouvement pour le climat se disent chrétiens. Le sociologue du catholicisme Yann Raison du Cleuziou parle de « minorité dans la minorité » pour qualifier ces jeunes minoritaires, pour la plupart pro-IVG et pro-mariage pour tous, au sein d’une communauté de croyants globalement conservatrice ; mais aussi minoritaires à l’intérieur d’une gauche attachée au sécularisme, laïcarde, voire anticléricale.

Pour beaucoup, tout a basculé lors de la Manif pour tous. « Un grand moment de socialisation de la jeunesse catholique, de droite comme de gauche, commente Yann Raison de Cleuziou. Cela a été une matrice d’apprentissage de l’antilibéralisme, à partir des questions sociétales, et cela a pu déboucher dans l’univers catholique sur des positions réactionnaires comme progressistes et écologistes. » Comme au Café Simone, équivalent du Dorothy à Lyon, créé en 2013, au moment du débat sur la réforme du mariage, devenu par la suite un repère d’écolos progressistes et d’antilibéraux.

« La doctrine sociale de l’Église pourrait être une mine d’or politique pour la gauche ! »

Adrien Louandre

« À Paris, qu’on soit écologiste, communiste, socialiste, on se connaît tous entre cathos de gauche. On aurait envie de dire que c’est parce qu’on est très fort en réseaux… C’est peut-être surtout parce qu’on est 40 ! », s’amuse, beau joueur, Adrien Louandre. Le jeune homme de 28 ans donne rendez-vous dans un café près de la gare Saint-Lazare. Il est encarté à EELV, a travaillé sur les thématiques de mal-logement au Secours catholique et officie désormais au sein d’un cabinet de lobbying pour la transition écologique. Son col de chemise déboutonné ouvre sur une petite croix argentée, qui sautille lorsqu’il accompagne sa parole de grands gestes. Car l’écologiste est habité par son sujet, qui le passionne. « La doctrine sociale de l’Église pourrait être une mine d’or politique pour la gauche !, s’exclame-t-il. Par exemple, la propriété privée. L’Église la reconnaît comme un droit, mais soumis à la destination universelle des biens et au bien commun. Les milliers de logements vides qui appartiennent à des rentiers alors qu’on a autant de sans-abri, c’est un vol. »

Converti au catholicisme de fraîche date, Adrien Louandre est membre d’Anastasis, une association catholique anticapitaliste – du grec « anastasis », qu’on peut traduire à la fois par « résurrection » et « insurrection ». « Le capitalisme est la fin de l’histoire non pas au sens où il en est la seule forme possible, mais au sens où il la transforme en catastrophe permanente », lit-on dans leur manifeste. Ou encore : « Partout où il existe vraiment, le christianisme oppose à la volonté de puissance la folie évangélique de la charité, et au règne destructeur du capitalisme un universalisme égalitaire alternatif. » En mai, le collectif a organisé une « messe anticapitaliste » devant le siège de Total, à la Défense – qui a laissé coi le petit monde des costards-cravates du quartier d’affaires. Son existence, comme celle d’autres petits groupes comme la sororité féministe catholique Isha, témoigne de la volonté de cette nouvelle génération d’affirmer une voix dissonante au sein du catholicisme français.

Élu de gauche et chrétien ?

Dans la famille des cathos de gauche, ils rompent ainsi avec certains de leurs aînés. Il suffit de se rendre à l’Assemblée nationale pour s’en convaincre. Plusieurs députés de l’intergroupe Nupes sont catholiques et croyants. Mais très peu en font publicité. « Je ne voudrais pas qu’on me colle cette étiquette du catho coco, mon engagement est laïc », prévient d’emblée le député PCF Pierre Dharréville, membre dans ses toutes jeunes années de l’Action catholique des enfants, puis plus tard de la Jeunesse ouvrière chrétienne. La JOC aura d’ailleurs vu passer dans ses rangs l’ex-ministre verte Cécile Duflot, l’ancien numéro un de la CFDT Laurent Berger ou encore la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet – même si cette dernière s’empresse de préciser qu’elle n’est « pas croyante ». « Je représente des gens qui sont très différents dans ma circonscription. Je ne veux pas préempter leurs opinions ou leur foi en brandissant la mienne », ajoute Pierre Dharréville, élu des Bouches-du-Rhône. Preuve qu’il existe à gauche un choix politique de réserve et de discipline sur le sujet.

Qui sait que la secrétaire nationale d’EELV, Marine Tondelier, est catholique ? Ou que le député FI François Ruffin, qui se dit « chrétien non croyant », a publié un livre-entretien avec l’évêque d’Amiens ? « Je suis un peu embêtée avec vos questions ; j’en parle très peu parce que je suis élue de la République, tempère à son tour Mathilde Hignet, députée de la FI. Pour moi, ça impose la laïcité, et donc une pudeur sur ces sujets. » L’élue bretonne est une enfant du Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC), qu’elle décrit d’abord comme « un mouvement apolitique qui pousse à l’engagement des jeunes, et qui permet de se faire un réseau ». « Ma foi, c’est une aventure personnelle, ça ne regarde que moi. Après, bien sûr que je fais le lien entre les valeurs sociales du catholicisme et mes valeurs politiques. » Pierre Dharréville acquiesce : « En République, on sépare l’Église et l’État. À l’intérieur d’un individu, les choses se mélangent. On n’est pas découpé en tranches de saucisson. » Dans une interview donnée en avril à « l’Humanité magazine », l’écologiste Cécile Duflot, désormais directrice générale d’Oxfam France, n’en fait pas non plus un porte-étendard : « Après m’être bagarrée pendant une vingtaine d’années, j’ai accepté que j’avais la foi. Et je ne peux pas dire pourquoi. »

Même le député socialiste Dominique Potier fronce les sourcils quand on lui demande de parler des cathos de gauche : « Je n’aime pas ce terme. » L’élu de Meurthe-et-Moselle, ancien membre du MRJC lui aussi, est pourtant très actif dans le milieu. Les membres du Café Dorothy évoquent souvent son nom, y compris les militants radicalement anticapitalistes d’Anastasis, alors que Dominique Potier est généralement classé à l’aile droite de la Nupes, après avoir boudé l’union pendant la campagne, au point d’en refuser l’étiquette. Il a participé en 2013 à la fondation d’Esprit civique, un think tank à connotation religieuse.

« Je crois aux valeurs sociales de l’Église et elles ont nourri mon combat contre les injustices. Mais cela ne m’intéresse pas de brandir la croix comme un marqueur identitaire », dit-il aujourd’hui, manière de tacler la droite, l’extrême droite et le fantasme de la France éternelle des milles et un clochers. En 2016, un courant chrétien ultraminoritaire du PS, les Poissons roses, l’approche dans l’espoir d’en faire le candidat des cathos de gauche à la primaire socialiste, qui finira par être remportée par Benoît Hamon. Dominique Potier décline. « Difficile d’affirmer sa foi dans un courant de tradition anticléricale », soupire aujourd’hui Patrice Dunoyer, président des Poissons roses.

Si la gauche ne s’est jamais cherché un candidat revendiquant sa foi, des passerelles existent. Jaurès était croyant. L’époque de la main tendue de Maurice Thorez aux catholiques, celle des prêtres-ouvriers, communistes ou marxistes, qui essaimaient dans les usines, n’est pas si lointaine – le pape Pie XII avait fini par les faire interdire en 1954. Et une quarantaine d’années seulement nous sépare de cette fameuse diatribe de l’abbé Pierre contre les riches, en 1984 : « Vous avez probablement plus de sang sur vos mains d’inconscients que n’en aura jamais le désespéré qui a pris les armes pour essayer de sortir de son désespoir. »

« Le christianisme ne devrait pas être soluble dans le capitalisme. »

Père Robert Culat

Ils sont rares désormais les prêtres qui mâtinent leur sermon de discours social. Dans le Vaucluse, le père Robert Culat en est un, engagé contre la maltraitance animale et pour le végétarisme. « Jésus n’a jamais dit “heureux les riches”, martèle l’homme d’église. Le Christ renverse les puissants de leur trône et renvoie les riches les mains vides. Si un évêque tenait un discours similaire aujourd’hui, on le regarderait d’un mauvais œil. Pourtant, le christianisme ne devrait pas être soluble dans le capitalisme. Il n’est pas individualiste, il regarde aussi la communauté. »

Pour nos jeunes cathos du Café Dorothy, l’élection au Saint-Siège du pape François a été une bouffée d’air frais venue du clergé. « Nous sommes de la génération Laudato si et Fratelli Tutti », confirme Adrien Louandre, en référence aux deux dernières encycliques du souverain pontife, aux relents écologistes et socialistes. « Tout ne se résout pas avec la liberté de marché, écrit ainsi le pape, (…) la sauvegarde des écosystèmes suppose un regard qui aille au-delà de l’immédiat, car lorsqu’on cherche seulement un rendement économique rapide et facile, leur préservation n’intéresse réellement personne. »

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À côté, le discours catholique conservateur qui se limite à la préservation des identités traditionnelles et aux « bonnes mœurs » paraît bien pauvre. « Prendre la suite du Christ, ce n’est pas se replier sur ses racines, c’est au contraire se défaire de soi pour aller vers les autres, oppose l’économiste communiste Bernard Friot, quand on l’interroge sur sa foi. La gauche a-t-elle quelque chose à gagner à puiser dans le corpus social catholique ? Un homme politique comme François Ruffin y trouve sans doute un peu d’inspiration, au moins discursive, quand il professe la nécessité pour les forces de gauche d’être « des alchimistes de l’espérance » ».

Dans les partis, les jeunes cathos de gauche doivent toutefois composer avec des réticences, héritées en partie de la Révolution française, vis-à-vis du combat pour la laïcité, du marxisme et de la critique de « l’opium du peuple ». Et résoudre une vertigineuse contradiction : le christianisme prône tout particulièrement la non-violence, quand l’hypothèse révolutionnaire suppose un rapport de force, et donc de la violence, sous une forme euphémisée ou radicale, selon les courants. Face aux appétits d’ogre de Total, Amazon ou du groupe Bolloré, il ne suffira pas de tendre l’autre joue.

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L’Eglise catholique va-t-elle vraiment s’occuper des cas d’abus sexuels?

La semaine dernière, une étude de l’Université de Zurich dévoilait avoir documenté plus de 1000 situations d’abus sexuels dans l’Eglise catholique en Suisse depuis le milieu du XXe siècle. L’institution religieuse va-t-elle vraiment s’occuper de ces cas? Informez-vous et discutez du sujet avec « dialogue ».

Depuis la semaine dernière, l’Eglise catholique suisse est clouée au pilori. Mardi 12 septembre, les premiers résultats d’une étude du Département d’histoire de l’Université de Zurich sur les abus sexuels commis dans l’Eglise ont fait trembler le catholicisme helvétique. En réaction, la Conférence des évêques suisses, la plus haute autorité de l’Eglise catholique romaine dans le pays, annonce vouloir faire le ménage.

Dans ce contexte, la SSR, à travers son offre « dialogue », vous propose une sélection thématique sur ce sujet, avec différents contenus venant de toute la Suisse et traduits en cinq langues pour vous.

>> ACCÉDEZ À NOTRE SÉLECTION EN CLIQUANT SUR CE LIEN

Toujours dans le cadre de l’offre « dialogue », la SSR vous permet de venir confronter vos idées sur son espace de discussions en ligne, un espace modéré a priori et traduit en cinq langues. Cette semaine, nous nous demandons ensemble si l’Eglise catholique peut régler seule ses problèmes internes ou si les autorités laïques doivent prendre les choses en main.

Qu’est-ce que « dialogue »?

Cette nouvelle offre éditoriale vise à favoriser le dialogue entre les différentes régions du pays, sans barrières linguistiques. Sur ce feedback vous pouvez nous faire part de vos critiques et commentaires, qui nous aideront à améliorer notre offre.

Qu'est-ce que c'est "dialogue"? [RTS]

« SSR dialogue », c’est quoi? / L’actu en vidéo / 1 min. / le 22 août 2023

La SSR et RTSinfo

sainte-marie-orleans.org vous produit ce texte qui aborde le thème « Paroisse Sainte-Marie d’Orléans ». Le but de sainte-marie-orleans.org étant de rassembler en ligne des données sur le sujet de Paroisse Sainte-Marie d’Orléans puis les diffuser en essayant de répondre du mieux possible aux interrogations que tout le monde se pose. Cet article se veut reconstitué de la façon la plus correcte que possible. Si jamais vous projetez d’apporter quelques précisions autour du sujet « Paroisse Sainte-Marie d’Orléans », vous avez la possibilité de d’échanger avec notre rédaction. Dans les prochaines heures on rendra accessibles à tout le monde d’autres annonces autour du sujet « Paroisse Sainte-Marie d’Orléans ». Alors, consultez régulièrement notre blog.

Le Secours catholique recrute

L’accueil de jour du Secours catholique, au 48 de la rue des Murlins, a ouvert ses portes samedi pour permettre à de nouveaux bénévoles potentiels de prendre contact : « On a tous une qualité, un talent ou une expérience à faire partager. Les nouveaux bénévoles ne sont pas laissés seuls : ils démarrent toujours en tandem avec quelqu’un d’expérimenté et nous organisons aussi des temps de formation et de régulation », explique Patrick Marion, responsable de l’ensemble de l’accueil de jour. Il raconte que récemment, une personne disponible durant un temps réduit, un mois seulement entre deux emplois, a néanmoins rendu de grands services.

L’accueil de jour, c’est d’abord le service des petits-déjeuners, ouvert 7 jours sur 7, avec une moyenne de 130 personnes par matinée. Reposant sur quelque 150 bénévoles, dont des bénévoles-bénéficiaires, il permet de recharger les portables ou de prendre une douche et offre également une bagagerie.

S’y ajoutent des services plus pointus : un premier accueil permet de débroussailler la situation des personnes et d’apporter un coup de main ponctuel (photocopies, explications sur un document administratif, …). Peut s’ensuivre un accompagnement de moyen ou de long terme.

Les chercheurs d’emploi bénéficient quant à eux d’une aide spécifique, avec des entretiens individuels et collectifs. Les personnes étrangères ont accès à un accompagnement juridique et à une domiciliation pour leur courrier.

Autre secteur d’activité, celui des ateliers conviviaux : on y pratique le dessin, la peinture ou le tricot et on peut aussi s’y faire coiffer. Ces ateliers sont très fréquentés, souvent par des personnes un peu isolées.

Enfin, la boutique solidaire, accessible à tous, offre à petits prix vêtements et linge de maison de seconde main.

Pratique. loiret.secours-catholique.org. Contact : 07.57.41.53.52.

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Les catholiques

La venue du pape à Marseille est un événement pour cette ville cosmopolite habituée à la diversité des origines et des convictions. Le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, connaît d’ailleurs bien le protestantisme.

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Forum de l’enseignement catholique au Mali: Les travaux ouverts hier

Brèves
1er tour des Éliminatoires CAN Féminine 2024: les Maliennes s’imposent (7-1) face aux filles de la Centrafrique grâce notamment à Aguicha Diarra et Aïssata Traoré, respectivement auteures d’un triplé et d’un doublé, plus des buts de F. Diarra et O. Koné. 
RDC : 60 personnes dont 33 enfants meurent de faim
Soudan : le conflit fait 5,3 millions de déplacés (OCHA)
Nigeria : des hommes armés enlèvent 35 personnes d’une université dans le nord-ouest du pays
Niger : le bilan des inondations remonte à 50 morts, 64 blessés et 154310 sinistrés

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AFRIQUE/MALI – « Nous voulons améliorer la qualité de notre enseignement » : ouverture du 1er Forum national de l’enseignement catholique

Bamako (Agence Fides) –  » Le premier défi est d’améliorer la formation de nos enseignants et ensuite de revoir nos programmes d’enseignement pour que la formation offerte aux élèves soit adaptée à la réalité de notre pays « . C’est ce qu’a déclaré le père Edmond Dembelé, directeur national de l’enseignement catholique, à l’ouverture du 2e forum national de l’enseignement catholique qui se tiendra du 17 au 21 septembre sur le thème « L’enseignement catholique au Mali aujourd’hui : quelles perspectives pour sauvegarder son identité et rester au service de la population ?
L’objectif de ce forum est de sensibiliser les autres institutions éducatives à l’identité de l’enseignement catholique au Mali et d’harmoniser les relations entre les différents acteurs éducatifs aux niveaux national, diocésain, paroissial et local.
L’objectif ultime est de renforcer les capacités institutionnelles des écoles catholiques afin de contribuer plus activement et plus efficacement à l’amélioration du taux de scolarisation et à la lutte contre l’analphabétisme et le chômage.
L’enseignement catholique compte 138 établissements et plus de 40 000 élèves et étudiants. Parmi ces établissements, on compte 3 établissements d’enseignement supérieur et universitaire, 5 établissements d’enseignement technique et professionnel, 23 jardins d’enfants et 102 établissements d’enseignement fondamental. L’enseignement privé catholique au Mali emploie 1 645 enseignants.
Les premiers missionnaires, arrivés au Mali en 1888, ont fait de l’éducation un instrument d’évangélisation et de développement en ouvrant les premières écoles en 1889. Après l’indépendance, le 22 septembre 1960, l’État malien a reconnu l’apport de l’Église dans le domaine de l’éducation. L’Etat et l’Eglise ont signé un accord par lequel l’Etat s’engageait à soutenir l’Eglise dans le paiement des salaires de ses enseignants en accordant des subventions à l’enseignement catholique. Cet accord est toujours en vigueur aujourd’hui.
En 2010, il est apparu nécessaire de jeter un regard rétrospectif sur les progrès de l’école catholique au Mali et de se projeter dans l’avenir pour maintenir et renforcer la qualité de son enseignement. A cet effet, le premier forum national de l’enseignement catholique a été organisé en septembre 2013 au Grand Séminaire Saint Augustin de Samaya (Bamako).
Ce forum a connu la participation de nombreux acteurs et partenaires de l’école catholique au Mali. L’une des recommandations de cette rencontre était d’organiser un Forum national tous les dix ans. (LM) (Agence Fides 20/9/2023)


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