Le vaccin contre le papillomavirus dans le viseur de l’Enseignement catholique

En cette rentrée des vacances de la Toussaint, un mois après le lancement de la grande campagne de vaccination contre le papillomavirus pour tous les élèves de 5e, l’enseignement catholique appelle à la prudence. « Je recommande aux chefs d’établissement de suspendre l’organisation de la vaccination contre le HPV dans les établissements catholiques, a déclaré Philippe Delorme, secrétaire général de l’Enseignement catholique, dans un communiqué le 26 octobre dernier.

Cette décision fait suite à la mort d’un collégien de 12 ans après avoir été vacciné contre le papillomavirus. Alors qu’il avait déclaré ne pas se sentir bien après l’injection le 19 octobre en début d’après-midi, l’élève du collège Saint-Dominique à Saint-Herblain, près de Nantes, a fait un malaise puis s’est violemment cogné la tête en tombant de sa chaise, entraînant un « traumatisme cranio-cérébral », d’après le Procureur de la République de Nantes. L’adolescent a rapidement été admis aux urgences, avant que son « son état de santé ne se dégrade dans les jours suivants ». Il est décédé une semaine plus tard, laissant la communauté éducative « sous le choc », a témoigné Philippe Delorme. « C’est un drame épouvantable, un drame absolu ». 

Campagne massive de vaccination

Par précaution donc, les établissements catholiques ont été invités à suspendre leur campagne de vaccination, initiée par le gouvernement. En effet, depuis le 2 octobre, tous les élèves de 5e ont vu une nouvelle activité (non-obligatoire) s’insérer dans leur emploi du temps « Vaccination contre le papillomavirus ». Connu aussi sous le nom de Gardasil, ce vaccin lutte principalement contre les infections à Papillomavirus humains (HPV), responsables de plusieurs cancers dont celui de l’utérus. D’après le ministère de la Santé, « environ huit personnes sur dix sont exposées à ces virus, principalement au début de leur vie sexuelle ». Le ministère ajoute que « les préservatifs n’apportent qu’une protection partielle vis-à-vis de l’infection ».

S’il est courant de présenter quelques effets secondaires après un vaccin, tels que des vertiges, des nausées, des douleurs au niveau du point d’injection ou même parfois de la fièvre, les décès sont extrêmement rares. Que s’est-il passé dans ce collège à Nantes ? Le vaccin est-il responsable de la mort du collégien ? Une enquête a été ouverte pour homicide involontaire afin de « déterminer si la prise en charge médicale de ce mineur – avant, pendant et après l’injection – a été réalisée dans les règles de l’art », a précisé le Procureur de la République de Nantes. 

De son côté, l’ARS du Pays-de-la-Loire a tenu à se défendre en ajoutant que « ce type de malaise peut survenir du fait du stress provoqué par la vaccination mais est sans lien avec le produit vaccinal ou à un défaut de qualité du vaccin ». Un élément repris à l’Assemblée nationale par le ministre de la Santé, Aurélien Rousseau, défendant un vaccin « très documenté » et « très connu », distribué plus de 300 millions de fois dans le monde. « Nous ne disposons d’aucun élément permettant d’indiquer que c’est le produit vaccinal lui-même qui serait à l’origine du décès », a conclu le procureur de la République de Nantes. En attendant « des garanties sur les conditions de sécurité dans lesquelles peuvent se dérouler ces campagnes au sein des établissements », l’Enseignement catholique appelle à la prudence et à l’arrêt des campagnes de vaccination.

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L’antenne du Secours Catholique change de site

Fin octobre, le Secours catholique inaugurait son installation dans de nouveaux locaux à Châtillon-Coligny.

En effet, les deux responsables de l’antenne châtillonnaise, Marie-Thérèse Pommet et Michèle Casson, accueillaient leurs invités dans le bâtiment de la maison paroissiale, face à l’église. Des locaux remis en état il y a 3 ans, même s’il reste des travaux qui restent à effectuer au premier étage. Leurs hôtes, le père Jean Sigot, curé du groupement paroissial de Châtillon-Coligny/Nogent-sur-Vernisson, et Rose-Anne Bonneau, assistante pastorale en lien avec le Pont-de-Pierre, étaient entourés de représentants du Secours Catholique, de Maryse Tripier, l’adjointe au maire de Nogent-sur-Vernisson, et de nombreux bénévoles.

Les intervenants sont satisfaits du rapprochement entre le Secours Catholique et la paroisse. Ils rappellent leur engagement quotidien en répondant à l’urgence alimentaire, à la lutte contre l’isolement, à la réinsertion sociale, à s’habiller dignement. 560 bénévoles dans le Loiret, parmi 31 équipes, aident au quotidien les personnes en situation difficile.

Pratique. Le Secours Catholique est situé à la maison paroissiale au 2, rue de l’église à Châtillon-Coligny. Accueil les 2 e et 4 mardi du mois, de 14 h 30 à 16 heures.

Une autre antenne est située à la maison des loisirs et de la culture au 1, place de La République à Nogent-sur-Vernisson. Accueil les 1 er et 3 e mardi du mois, de 10 à 12 heures.

Téléphone : 06.68.10.22.55. Mail : equipe.chatillon.450@secours-catholique.org. Site internet : https://loiret.secours-catholique.org

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Découvrez QUÉBEC : Sur les traces de la Nouvelle-France


La fondation de Québec

Si Jacques Cartier a séjourné deux fois dans la région et que Jean-François de La Rocque Roberval a tenté d’y établir une colonie, la France ne tentera aucun établissement permanent avant le début du XVIIe siècle. En 1603, Samuel de Champlain participe en tant qu’observateur à une expédition. Puis, en 1608, Pierre Dugua de Mons, détenteur du monopole du commerce de la fourrure, le charge de fonder une colonie à partir de laquelle il pourra aller chercher des animaux à fourrure. C’est ainsi que Champlain fonde Québec, le 3 juillet 1608. Il y établit un poste de traite des fourrures et y érige une première forteresse de bois. Les institutions religieuses et l’administration coloniale s’établissent dans la Haute-Ville, tandis que les marchands et les artisans habitent la Basse-Ville, qui demeurera, jusqu’au milieu du XIXe siècle, le cœur économique de la cité. Très vite, Québec devient le centre politique, administratif et militaire de la Nouvelle-France. Perchée sur le promontoire du cap Diamant, au confluent de la rivière Saint-Charles et du Saint-Laurent, la ville, surnommée « le Gibraltar de l’Amérique », occupe en effet un site stratégique qui fera l’objet de multiples offensives : elle ne subira pas moins de six sièges. Les frères Kirke, mandatés par l’Angleterre, réussissent même à s’en emparer en 1629. Mais, en 1632, le traité de Saint-Germain-en-Laye rend Québec à la France.

Depuis sa fondation, Québec était dirigée par un gouverneur qui assurait le commandement militaire, la direction civile et l’exécution des arrêts royaux. La gestion financière était, quant à elle, assurée par les compagnies de commerce, avant tout préoccupées par la traite des fourrures plutôt que par leurs obligations de peupler la colonie. Mais en 1663, le roi de France, Louis XIV, décide de reprendre directement en charge la colonie et implante une véritable administration coloniale. En plus du gouverneur, un intendant et un conseil souverain dirigent désormais Québec. La ville devient officiellement la capitale de la Nouvelle-France. Toutefois, la petite colonie doit se peupler afin d’établir solidement ses racines. Les femmes se faisant plutôt rares en Nouvelle-France, le roi procède à l’envoi de jeunes célibataires, lesquelles se marieront aux colons et fonderont des familles : on les appelle les Filles du Roy. Afin de faciliter le projet, les vêtements, les frais de voyage en France et la traversée jusqu’en Amérique sont entièrement pris en charge par la Couronne française. Elles seront environ 800 à venir en Nouvelle-France entre 1663 et 1673. En parallèle, le rôle du clergé est considérable dans l’établissement de cette nouvelle colonie. En 1615, la venue des Récollets marque le début d’une vaste entreprise de conversion. Les Jésuites arrivent dix années plus tard et fondent, en 1635, le Collège des Jésuites. S’en suivra la construction de nombreux édifices religieux : l’Hôtel-Dieu de Québec en 1639, le Séminaire de Québec en 1663, destiné à recruter et à former le clergé, puis le Petit Séminaire en 1668. Au fil des ans, Québec devient un lieu de pouvoir politique, mais aussi un centre administratif, religieux et commercial.

Une colonie vulnérable

Malgré sa situation de forteresse naturelle, la ville reste toujours vulnérable aux attaques. On décide donc de l’entourer de puissantes fortifications. Elles sont érigées en 1690 par le comte de Frontenac qui réussit à repousser l’assaut de l’amiral Phips.

Les conflits d’intérêts entre la France et l’Angleterre vont entraîner une succession de guerres et de traités. En 1755, le colonel britannique, Sir Charles Lawrence, ordonne la déportation des Acadiens, agriculteurs venus du Poitou, de Touraine et du Berry, implantés depuis 1604 autour de la baie de Fundy (Nouvelle-Écosse actuelle). À leur place, il a pour projet d’installer des fermiers anglais : le Grand Dérangement, qui a lieu de 1755 à 1763, touchera plus de 10 000 Acadiens. Beaucoup d’entre eux s’enfuiront en Louisiane et se disperseront un peu partout. La France conserve cependant l’île Saint-Jean (île du Prince-Édouard) et l’île Royale (île du Cap-Breton) où elle a érigé la puissante forteresse de Louisbourg pour contrôler l’accès au golfe du Saint-Laurent. Mais, à partir du Grand Dérangement, l’étau va se resserrer autour des Français : en juillet 1758, Louisbourg tombe aux mains des Britanniques. C’est ainsi qu’en 1759, James Wolfe est nommé officier commandant de l’assaut britannique. Son mandat est précis : s’emparer de la ville fortifiée de Québec. Dès juin, les troupes du commandant Wolfe débarquent sur l’île d’Orléans. Le mois suivant, d’autres bataillons s’installent sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, en face de Québec, ainsi qu’à proximité de la chute Montmorency, sur la rive nord. Le 31 juillet, les troupes britanniques lancent l’assaut, mais une puissante résistance les oblige à battre en retraite. L’année suivante, le 13 septembre 1759, les forces britanniques reviennent à l’assaut et livrent contre les Français la célèbre bataille des plaines d’Abraham. Cette importante défaite de l’armée française entraînera la reddition de la ville de Québec puis, en 1760, la capitulation de Montréal.

En 1763, le traité de Paris cède la Nouvelle-France à la Grande-Bretagne. Ce traité met fin au conflit mondial de la guerre de Sept Ans qui a enflammé l’Europe, l’Amérique du Nord et même l’Inde, et a accouché d’un nouvel équilibre entre les grands royaumes et les empires européens. Le premier empire colonial français disparaît. La France a définitivement perdu ses possessions en Inde et surtout en Amérique du Nord, au profit des Britanniques.

Le résultat de cette conquête militaire contraint les Français, catholiques et sujets d’une monarchie absolue, à cohabiter avec les Anglais, protestants et sujets d’une monarchie constitutionnelle. Cependant le territoire francophone, désormais appelé Province britannique de Québec, conserve son droit de pratiquer la religion catholique, alors interdite en Angleterre, et obtiendra en 1774, grâce à la signature de l’Acte de Québec, l’autorisation de préserver sa langue et ses coutumes.

Des vestiges historiques à foison

Ils se concentrent surtout dans la vieille ville intra-muros et certains ont même été découverts à une époque pas si lointaine. En 2005, des fouilles archéologiques ont débuté sous la Terrasse Dufferin au pied du Château Frontenac. Sur le site, où Champlain et Montmagny ont vécu, on s’attendait certes à découvrir de nombreux vestiges, mais le résultat des fouilles en a surpris plus d’un par la quantité et la qualité des objets que l’on a ressortis : plus de 500 000 fragments d’objets ont été répertoriés. Après trois ans de fouilles, on décida alors d’ouvrir le site au public pour les festivités du 400e anniversaire de la ville, site placé dorénavant sous la responsabilité de Parcs Canada qui le rend accessible aux visiteurs. Le Lieu historique national des Fortifications-de-Québec ainsi que la Citadelle de Québec et son Musée Royal du 22e Régiment plairont à ceux qui s’intéressent à l’histoire militaire de Québec, alors que la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec, le Monastère des Augustines et le Pôle culturel du Monastère des Ursulines sont des incontournables pour ce qui a trait au patrimoine religieux de la ville.

Extra-muros, la visite de la Basse-Ville s’impose, avec son charmant quartier piétonnier qu’est le Petit Champlain, rempli de boutiques, de bistros et de bonnes tables. À quelques pas s’ouvre la place Royale avec ses jolies maisons du XVIIe siècle. Cafés et bistros bordent son pourtour, déployant de charmantes petites terrasses où il fait bon s’attabler. De l’autre côté de la vieille ville, il ne faut pas rater la découverte du Parc des Champs-de-Bataille et du Musée des plaines d’Abraham qui permettent de saisir l’importance du rôle que ce lieu a joué dans l’histoire de la Nouvelle-France.

Avec bon nombre d’autres attraits historiques à visiter dans les différents arrondissements de la ville, mieux vaut bien préparer son circuit. Pour ne rien louper, on peut opter pour la formule clé en main alors que plusieurs entreprises proposent des visites historiques de Québec, dont certaines avec guide en costume d’époque.

Une virée sur la Côte-de-Beaupré

Cette étroite bande de terre, située entre le Bouclier canadien et la rive nord du Saint-Laurent, s’étend à l’est de la ville de Québec jusqu’aux portes de Charlevoix. C’est à la vue des vertes prairies bordant le fleuve que Jacques Cartier se serait écrié : « Quel beau pré ! », d’où l’origine du toponyme. Pas étonnant dès lors qu’en 1626, sur les terres fertiles de Cap-Tourmente, Champlain fit bâtir la première ferme de la vallée du Saint-Laurent. Les colons vinrent ensuite s’établir dans la Seigneurie de Beaupré, de la chute Montmorency près de Québec à la rivière du Gouffre à Baie-Saint-Paul. Si le développement des paroisses va bon train, la Côte-de-Beaupré subit toutefois les attaques de l’armée britannique lors du Siège de Québec en 1759, lesquelles entraîneront le saccage et la destruction de plus de 1 400 bâtiments et le transfert de la colonie aux mains des Britanniques. Le siècle suivant verra un véritable tourisme religieux se développer autour de la dévotion à sainte Anne. Un premier pèlerinage sera organisé en 1844 suivi de l’inauguration, en 1876, de la nouvelle église de Sainte-Anne-de-Beaupré. Celle-ci deviendra basilique et accueille désormais près d’un million de visiteurs chaque année : c’est le Sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré.

Afin de mettre en valeur le passé historique de la région, la Côte-de-Beaupré s’est dotée d’une route touristique officielle signalisée par des panneaux sur lesquels figurent les armoiries de la Nouvelle-France : c’est la Route de la Nouvelle-France. Longue d’une cinquantaine de kilomètres, elle suit l’avenue Royale (route 360) de Beauport à Saint-Joachim et propose plus d’une vingtaine de points d’intérêt culturels, patrimoniaux et gourmands.

Le clou du spectacle

Après l’exploration, place à l’immersion ! Chaque année, au début du mois d’août, le Québec des XVIIe et XVIIIe siècles renaît dans la capitale provinciale. Pendant quelques jours, les Fêtes de la Nouvelle-France proposent un véritable voyage à l’époque du Régime français dans une optique historique, festive et gourmande. L’événement se veut interactif et propose une programmation d’ateliers participatifs, d’animations et reconstitutions historiques, de dégustations de produits du terroir, de conférences historiques et de spectacles musicaux, le tout selon une thématique qui se renouvelle chaque année. Et pour plonger la tête la première dans cette ambiance à l’ancienne, ne pas hésiter à venir costumé.

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Eglise catholique d’Espagne : plus de 200 000 mineurs pourraient avoir été victimes d’agression sexuelle


Le Défenseur du peuple Angel Gabilondo s’adresse à la presse après avoir présenté un rapport sur la première enquête indépendante du pays sur les abus commis sur des mineurs au sein de l’Eglise catholique, à Madrid, le 27 octobre 2023. Le Défenseur du peuple Angel Gabilondo s’adresse à la presse après avoir présenté un rapport sur la première enquête indépendante du pays sur les abus commis sur des mineurs au sein de l’Eglise catholique, à Madrid, le 27 octobre 2023.

Plus de 200 000 mineurs pourraient avoir été victimes d’agression sexuelle de la part de religieux en Espagne, selon l’estimation, publiée vendredi 27 octobre, d’une commission d’enquête indépendante sur la pédocriminalité dans l’Eglise catholique.

Le rapport ne fournit pas de chiffre précis, mais contient un sondage effectué à la demande de cette commission auprès de plus de 8 000 personnes. Selon ce sondage, 0,6 % de la population adulte espagnole (près de 39 millions de personnes) a affirmé avoir été agressé sexuellement, étant mineur, par des religieux.

En outre, un nombre légèrement inférieur d’Espagnols (0,53 %) ont déclaré avoir été agressés sexuellement alors qu’ils étaient mineurs par des laïcs travaillant dans des institutions religieuses.

Ces estimations sont contenues dans un rapport remis vendredi au Congrès des députés espagnols par le Défenseur du peuple (équivalent en France du Défenseur des droits), Angel Gabilondo, au terme des travaux d’une commission indépendante, la première établie dans ce pays pour évaluer l’ampleur de la pédocriminalité dans l’Eglise catholique.

Réparations pour les victimes

Le rapport critique l’attitude de l’Eglise catholique, déplorant que sa réaction aux cas de pédocriminalité en son sein ait été « insuffisante ». Parmi les mesures proposées dans le rapport figure la création par l’Etat d’un fonds pour verser des réparations aux victimes. M. Gabilondo a précisé lors d’une conférence de presse que les cas concernaient principalement la période allant « de 1970 à nos jours ».

Contrairement à la France, à l’Allemagne, à l’Irlande ou encore aux Etats-Unis, l’Espagne, pays à forte tradition catholique, n’avait encore jamais réalisé d’enquête indépendante sur ce fléau. Une situation à laquelle les députés espagnols avaient souhaité remédier en décidant, en mars 2022, la création d’une commission d’experts chargée de « faire la lumière » sur les « actes personnels exécrables commis contre des enfants sans défense » au sein de l’Eglise espagnole.

Ils avaient confié la direction de cette commission au Défenseur du peuple, lui donnant pour objectif de déterminer les « responsabilités » dans les cas de violences sexuelles, d’offrir une « réparation » aux victimes et de prévenir de nouveaux cas. Pour mener ses travaux, la commission s’est appuyée sur des experts en droit et en assistance aux victimes, ainsi que sur les témoignages des victimes elles-mêmes.

Peu avant la présentation du rapport, la Conférence épiscopale de l’Eglise catholique avait annoncé qu’elle tiendrait lundi 30 octobre une assemblée plénière extraordinaire, au cours de laquelle les évêques débattront du rapport. L’Eglise, qui a refusé pendant des années toute enquête approfondie, n’a pas voulu participer aux travaux de la commission. Elle a toutefois accepté de lui remettre en mars des informations sur les cas de pédocriminalité collectés par les diocèses.

Les premiers cas remontent à 1927

Confrontée à une pression politique croissante et à des accusations d’obstruction, elle avait fait un premier pas en février 2022 en lançant son propre audit externe, confié au cabinet d’avocats Cremades & Calvo Sotelo. Malgré les injonctions de la Conférence épiscopale, qui avait sommé le cabinet d’avocats il y a quelques semaines de publier son rapport dans les dix jours, les résultats de cet audit ne devraient être présentés qu’en fin d’année, après la publication d’un résumé en novembre.

L’Eglise, qui affirme pour sa défense avoir mis en place des protocoles de traitement des violences sexuelles, ainsi que des bureaux de « protection de l’enfance » au sein des diocèses, a reconnu en juin avoir recueilli le témoignage de 927 victimes. Ce chiffre était toutefois très en deçà des 2 206 victimes comptabilisées par le quotidien espagnol El Pais, qui a créé sa propre base de données en 2018. Les premiers cas remontent à 1927.

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Le quotidien madrilène a également recensé 1 036 religieux accusés d’agressions sexuelles sur des mineurs. « Selon les experts, il ne s’agit que de la pointe de l’iceberg », écrivait El Pais vendredi. Le rapport publié vendredi lui donne raison.

Le Monde avec AFP

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Abus dans l’Eglise Des jeunes catholiques veulent que toute la lumière soit faite

L’organisation de jeunes catholiques de Suisse alémanique Jungwacht Blauring demande dans une lettre ouverte de faire entièrement la lumière sur les cas d’abus au sein de l’Eglise catholique. Elle veut une enquête externe. Et les responsables devraient rendre des comptes.

L'organisation de jeunes catholiques de Suisse alémanique Jungwacht Blauring demande dans une lettre ouverte de faire entièrement la lumière sur les cas d'abus au sein de l'Eglise catholique. Elle veut une enquête externe. Et les responsables devraient rendre des comptes. (image d'illustration)
L’organisation de jeunes catholiques de Suisse alémanique Jungwacht Blauring demande dans une lettre ouverte de faire entièrement la lumière sur les cas d’abus au sein de l’Eglise catholique. Elle veut une enquête externe. Et les responsables devraient rendre des comptes. (image d’illustration)

PantherMedia / Gerald Kiefer

L’Eglise catholique, de par ses structures, a favorisé les abus et leur dissimulation, déclare la directrice de l’organisation, Andrea Pfäffli, citée dans un communiqué publié vendredi. Il est donc urgent de procéder à des changements et à une modernisation de l’Eglise.

La protection des jeunes est une priorité absolue pour Jungwacht Blauring, car des dizaines de milliers de parents confient à l’Eglise leurs enfants, indique le texte adressé à la Conférence des évêques suisses (CES). L’organisation y formule de nombreuses demandes.

Tous les cas d’abus des 40 dernières années doivent faire l’objet d’un examen externe et les auteurs doivent être interdits d’exercer leur profession. En outre, les évêques suisses doivent s’engager à Rome en faveur de l’ordination des femmes. Et l’Eglise catholique doit accepter toutes les formes de relations et permettre le mariage.

Jungwacht Blauring compte quelque 33’000 membres. Elle est la plus grande association de jeunes catholiques en Suisse.

lt, ats

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L’Espagne secouée par une enquête sur les abus sexuels généralisés au sein de l’Eglise catholique

Une enquête indépendante a révélé que plus de 200.000 mineurs auraient été agressés sexuellement par des membres du clergé au sein de l’Eglise catholique espagnole. Des abus dissimulés, couverts par l’Eglise depuis des années comme cela a été le cas dans d’autres pays. Aujourd’hui, les appels à la réparation des victimes se multiplient.

Ce programme d’information hebdomadaire est produit par la chaîne franco-allemande ARTE et disponible en 8 langues grâce à un partenariat médiatique européen formé par El País (ES), Gazeta Wyborcza (PL), Internazionale (IT), Kathimerini (GR), Le Soir (BE), Telex (HU) et coordonné par ARTE. Le projet a été rendu possible grâce à un financement de l’UE dans le cadre de l’action préparatoire « European Media Platforms ».

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L’Espagne secouée par une enquête sur les abus sexuels au sein de l’Eglise catholique

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Synode catholique : « Les dés sont déjà pipés puisque des demandes cruciales de beaucoup de chrétiens ont été éliminées d’emblée


Le Pape François et les participants à l’assemblée générale du synode des évêques, dans la salle Paul VI, au Vatican, le 23 octobre 2023. (Photo by Tiziana FABI / AFP) Le Pape François et les participants à l’assemblée générale du synode des évêques, dans la salle Paul VI, au Vatican, le 23 octobre 2023. (Photo by Tiziana FABI / AFP)

L’Église catholique romaine peut-elle se réformer en profondeur, selon l’esprit de Jésus de Nazareth qu’elle considère comme sa référence inspiratrice ? C’est l’ambition affichée du synode, si l’on en juge par le document préparatoire de la première session de l’assemblée générale qui, en ce mois d’octobre 2023, rassemble 364 participants – 268 évêques et seulement 96 laïcs et 54 femmes.

Les sujets à débattre, issus des consultations de la base des fidèles au cours des deux dernières années et fixés dans l’Instrumentum laboris, le document de travail de l’assemblée générale du synode, ne sont certes pas mineurs : pratiquer un accueil inconditionnel des personnes, chrétiennes ou non, souvent marginalisées – divorcés remariés, LGBTQ +, etc. -, percevoir la sécularisation comme une chance et non une menace, remédier à l’inadaptation des ministères ordonnés aux défis du temps, permettre aux chrétiens de la base de participer activement à la marche de leurs communautés, à tous les niveaux, étudier la possibilité d’ordonner prêtres des hommes déjà mariés et diacres des femmes ; envisager une certaine autonomie des conférences épiscopales nationales et continentales, etc.

Sauver l’institution

Mais qui ne voit que les dés sont déjà pipés, puisque le règlement édicté pour la tenue du synode élimine d’emblée et définitivement – c’est la volonté du pape – des demandes cruciales formulées par nombre de chrétiens, comme l’accès des femmes à la prêtrise ou la levée de l’imposition du célibat des prêtres et, beaucoup plus profondément, la nécessité de remettre en question les piliers même de ce que l’on peut appeler le « système » catholique : les dogmes et la morale officielle élaborés et formulés lors des conciles des IVe et Ve siècles, dans des langages et des représentations datant d’une culture périmée, de même que les liturgies qui, mêmes réinventées lors de Vatican II, reposent sur les bases anthropologiques et théologiques des temps anciens. A quoi il faut ajouter la hiérarchie cléricale masculine née au IIe siècle de notre ère, qui prétend avoir été instituée par Jésus lui-même.

Il apparaît donc, dans les travaux à réaliser au cours du synode, qu’il s’agit davantage de sauver la religion chrétienne institutionnalisée, moyennant quelques aménagements, que de la décaper sérieusement en se laissant guider par le cœur de l’Évangile. Jésus n’a créé aucune religion. Plus, par ses paroles et ses actes centrés sur la libération de tout ce qui aliène les êtres humains et inspirés par sa foi en un Dieu source de Vie et d’amour, il a pulvérisé les prétentions de sa propre religion, et de toute religion, de régenter le rapport à Dieu par la voie d’un rituel imposé et de l’obéissance à une loi.

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L’affaire des abus sexuels dans l’Eglise catholique en Espagne

Une enquête indépendante a révélé que plus de 200 000 mineurs auraient été agressés sexuellement par des membres du clergé au sein de l’Eglise catholique espagnole. Des abus dissimulés, couverts par l’Eglise depuis des années comme cela a été le cas dans d’autres pays. Aujourd’hui, les appels à la réparation des victimes se multiplient.

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