École privée catholique : un enseignement élitiste

L’Histoire est parfois déroutante. Au XVIIe siècle, Jean-Baptiste de La Salle fondait à Reims des écoles pour sortir les enfants de la rue. Trois siècles plus tard, l’un des établissements de son réseau, le lycée La Rochefoucauld, dans le 7e arrondissement de Paris, présente l’indice de positionnement social (IPS) le plus élevé de la capitale, juste après celui de l’école privée Jeannine-Manuel – bilingue et non confessionnelle. Cet indicateur de l’éducation nationale est calculé à partir des revenus mais aussi des ressources culturelles d’un panel de familles d’élèves.

Si La Rochefoucauld n’est pas représentatif de l’ensemble des 150 établissements lasalliens – dont de nombreux lycées professionnels aux IPS très bas –, le symbole reste fort. Faut-il y voir le signe d’un glissement inexorable, le révélateur que l’enseignement catholique – 96 % de l’enseignement privé sous contrat – est devenu une école pour riches ? Didier Georges, proviseur à Paris et secrétaire national du SNPDEN, le principal syndicat de direction du public, résume le climat : « Je ne suis pas anti-privé, mais je constate une amertume parmi mes collègues. On a l’impression qu’on ne lutte plus à armes égales. L’école publique scolarise tout le monde. En face, on a des responsables qui peuvent choisir leurs élèves. »

Indéniablement, l’école catholique s’est embourgeoisée au fil des années. « En 2002, l’enseignement privé comptait 30 % d’enfants issus de familles favorisées, en 2012 ce chiffre est passé à 36 % et en 2022 à 40 % », avance par exemple l’historien Philippe Portier, suivant en cela la sociologie du catholicisme qui s’est resserré sur les classes favorisées. La situation inquiète d’ailleurs le privé, qui y voit un risquede perte de contact avec les classes populaires.

Des écoles très diverses

Comment expliquer cette évolution ? Tout d’abord, elle n’est pas générale. Les écoles libres sont en fait très diverses : rien de commun, par exemple, entre Stanislas – situé dans le 6e arrondissement de Paris (IPS de 147,8), qui a récemment défrayé la chronique – et le lycée polyvalent Saint-Louis de Marseille (IPS de 74,5). Les travaux du chercheur Pierre Courtioux sur les collèges en 2014 appelaient déjà à nuancer l’image renvoyée par les IPS : « Si le privé est surreprésenté parmi les collèges qui pratiquent un entre-soi, il l’est aussi parmi ceux qui mélangent le plus, socialement, les élèves. »

L’évolution sociologique du privé est très liée à la gentrification des centres-villes, où il est très implanté. Vivien Joby, à la tête du groupe scolaire La Providence, créé en 1161 dans Saint-Malo « intra-muros », où le prix du mètre carré s’élève désormais à 5 630 €, reconnaît être très tributaire de la sociologie du quartier. « On ne peut que buter sur la mixité quand les élèves du public qui voudraient nous rejoindre perdent certaines aides et doivent, notamment, payer 7 € un repas qui pourrait être gratuit dans le public », prolonge Jérémy Torresan, président du SNCEEL, le principal syndicat des personnels de direction du privé.

Articuler mixité et liberté de choix des familles

Face à ces constats, le privé affiche son volontarisme, dans le respect néanmoins de certaines « lignes rouges », à commencer par le principe de liberté de choix des familles. Philippe Delorme exclut ainsi toute idée de quotas d’élèves boursiers ou d’intégration du privé à la carte scolaire. Plus globalement, il rejette aussi une conception implicite de la mixité sociale qui revient, selon lui, à affirmer que les « enfants riches sont nécessairement de bons élèves ».

Surtout, il fait valoir que d’autres leviers de mixité sont déjà actionnés. Ainsi, depuis quatre ans, le SGEC procède à une ventilation des postes d’enseignants en fonction des IPS. « Chaque année, nous répartissons entre académies l’enveloppe globale qui nous est attribuée par le ministère selon trois critères : la démographie, le nombre de professeurs par élève et la pondération sociale », explique Yann Diraison, secrétaire général adjoint. Par exemple, l’académie de Versailles devrait se voir attribuer 500 emplois. « Mais, en tenant compte des IPS, ce sera moins. Autrement dit, les établissements de Versailles peuvent supporter un taux d’encadrement moins favorable que, par exemple, les établissements de l’académie d’Amiens où les IPS sont plus bas que la moyenne. » Ce calcul a été validé par la direction des affaires financières du ministère.

Un tiers des établissements modulent les frais de scolarité

La modulation tarifaire, c’est-à-dire le fait de fixer la contribution des familles en fonction de leurs revenus, est une autre piste. Mais un tiers environ des établissements le pratiquent. « C’est compliqué, reconnaît Blandine Schmit, directrice diocésaine de l’académie de Créteil. Les chefs d’établissement nous disent qu’ils n’ont pas le temps, rechignent à demander les feuilles d’imposition des parents car ce n’est pas dans leur culture. » À la tête de la direction diocésaine de Poitiers, Bernard Roux constate, lui, que quand elle existe, la progressivité des frais de scolarité est souvent trop faible pour être efficace. « Il faudrait une tranche très basse, mais cela déstabiliserait très fortement les finances des établissements. » Or il y va de leur survie économique.

Quant à l’installation de l’enseignement catholique dans des quartiers périphériques ou plus populaires, elle se heurte à certains obstacles. « Nous n’avons pas la liberté de nous installer où nous le souhaitons, illustre Lionel Fautoux, directeur de la communication du réseau des établissements lasalliens. Ce sont les collectivités qui nous sollicitent ou pas, en fonction de leur évolution démographique et du choix des élus. »

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Que sont les indices de positionnement social ?

L’indice de position sociale (IPS) est un « score » attribué à chaque élève en fonction de la catégorie socioprofessionnelle de ses parents et de critères culturels, comme le nombre de livres à la maison. Chaque année, les établissements se voient attribuer un IPS qui correspond à la moyenne des IPS de ses élèves.

Longtemps utilisés comme outil de pilotage par le ministère de l’éducation nationale, les IPS ont été rendus publics pour les lycées en 2022, puis pour les collèges l’année suivante.

Plus l’écart-type d’IPS au sein d’un établissement est faible, plus l’établissement est homogène socialement, et plus il est élevé, plus le profil social des élèves est varié.

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École catholique, l’élitisme en question

Les récentes actualités autour du lycée Stanislas, à Paris, ont braqué les projecteurs sur une réalité gênante pour l’enseignement catholique : son caractère de plus en plus élitiste. Certes, il peut sembler légitime de former des sujets de haut niveau, nourris par des valeurs chrétiennes, capables de prendre ensuite des responsabilités. Pour autant, est-il chrétiennement tolérable de voir les populations les plus fragiles, les moins favorisées, laissées de côté par les écoles catholiques ? Cela est-il compatible avec la doctrine sociale de l’Église et l’option préférentielle pour les pauvres ?

L’enquête menée par La Croix toute cette semaine montre bien que la réalité est plus complexe. Dans de nombreuses écoles catholiques, surtout en régions, des efforts sont faits pour tenir compte de la situation de chaque enfant, une vraie attention est portée aux difficultés familiales et sociales. Cela étant, on ne peut nier certains facteurs structurels : les établissements religieux sont souvent en centre-ville ; le catholicisme est plus présent dans les catégories sociales favorisées ; il est difficile d’obtenir l’autorisation d’ouvrir de nouvelles écoles en banlieue…

Or, en France, le système éducatif qui laisse une partie de nos jeunes en chemin connaît une crise profonde. L’enseignement catholique, qui se veut présent au monde, ne peut fermer les yeux sur cette réalité. Il lui faut sans doute pour cela résister à la pression de parents anxieux pour l’avenir de leurs enfants dans une société désemparée, et inquiets des insuffisances de réussite scolaire prêtées aux écoles publiques. Car justement, l’élève n’est pas juste un cartable, il est une personne. Réussir sa scolarité n’a aucun sens si on ne le prépare pas, aussi, à réussir sa vie. Ce que l’enseignement catholique appelle l’éducation intégrale, et qui doit être accessible à tous.

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Le Secours catholique ouvre une antenne

Depuis cette semaine, une nouvelle antenne du Secours catholique a pris naissance à Montarnaud dans le local de la paroisse derrière l’église. Ce sont sept bénévoles qui assurent les permanences le lundi de 10 h à 12 h et le jeudi de 15 h à 17 h. « Nous avons souhaité créer un lieu de rencontre et de partage, ouvert à tous pour rompre l’isolement des habitants du village », explique Catherine, l’une des deux coresponsables avec Lisa.

Paula, présente ce jeudi, qui parfois se sent un peu seule est ravie de l’initiative : « Cela me fait bouger et me permet de rencontrer du monde. »

Parrainés par l’équipe de Gignac, les bénévoles suivent des formations avec les responsables départementaux, liées à l’accueil ou aux aides possibles. En effet, au-delà des rencontres autour d’un café et de petits gâteaux, les personnes qui le souhaitent peuvent solliciter des aides spécifiques dont les dossiers sont transmis à l’antenne de Montpellier. Avant l’inauguration officielle qui aura lieu en avril, un apéritif sera offert ce dimanche 24 mars à la sortie de la messe des Rameaux à 12 h pour permettre aux habitants de mieux connaître l’équipe et le lieu.

Contact pendant les permanences ou messages : 06 03 19 90 45

Correspondant Midi Libre : 06 22 56 16 51

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Radios et TV catholiques travaillent à un rapprochement pour plus d’efficacité et moins de coûts

Ainsi, « nous formons le vœu de constituer un média catholique aux canaux multiples qui abrite toutes les réalités qui voudront se mettre sous son aile », a déclaré à la presse le président de la Conférence des évêques de France, Éric de Moulins-Beaufort, à l’issue de l’assemblée de printemps de Lourdes. Dans une résolution, les évêques ont voté la constitution progressive d’un « media radio-audio-TV multimarques, à l’instar de ce qui existe dans d’autres médias privés et publics », mais « au service de l’Eglise en France ». Ce média permettrait de mutualiser les services (direction, rédaction nationale, services techniques…). Il engloberait « plusieurs radios régionales, dont l’alliance RCF/Radio Notre-Dame et d’autres radios locales indépendantes », mais aussi la radio-télévision KTO et les services digitaux audio-vidéo des diocèses, précise la résolution. « Ces différents canaux de diffusion alimenteront et auront tous accès à une plateforme digitale commune (banque d’image, de son et de vidéo) », ajoute la résolution. Il s’agit notamment de s’organiser autour d’une stratégie commune « pour plus d’efficacité et moins de coûts », mais aussi de s’adapter aux évolutions technologiques, notamment autour de la radio numérique terrestre (DAB+).

Le paysage des radios catholiques est aujourd’hui très morcelé, avec environ 75 radios, dont une grosse soixantaine pour le réseau RCF (Radio chrétienne francophone) et une quinzaine de radios indépendantes. Côté diocèses, le coût est élevé. « Ils donnent 5 millions d’euros par an pour les radios catholiques, dont 4,5 millions pour RCF », explique à l’AFP Mgr François Touvet, qui a mené pour la CEF un audit de 18 mois auprès d’experts, responsables de radios, évêques… Radio Notre-Dame est-elle autonome puisque, selon ses données, 85% de son financement provient des auditeurs et 15% des recettes commerciales. Mais côté radio, il faut faire face à plusieurs défis, dont le virage de la DAB+. Le paysage a aussi été bousculé par le lancement, en septembre, DAB+ d’une radio par la télévision KTO qui a obtenu une fréquence numérique. Radio Notre-Dame et le réseau RCF (qui revendique 600.000 auditeurs chaque jour) ont elles engagé un rapprochement. Sur ce sujet complexe, les évêques énoncent des « pistes », avec un horizon allant d’un à cinq ans.

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Le prêtre catholique Matthieu Raffray dans le viseur du gouvernement

Des propos sur l’homosexualité qui ne passent pas auprès de certains. Le 15 mars dernier, dans une vidéo catéchétique sur « les tentations » postée sur Instagram, l’abbé Matthieu Raffray a expliqué que les actes homosexuels étaient des péchés. « Nous avons tous des faiblesses, celui qui est gourmand, celui qui est colérique, celui qui a des tendances homosexuelles. Tous les péchés, les vices qui peuvent exister dans l’humanité et contre lesquels on peut tout à fait lutter », a déclaré ce prêtre de l’Institut du Bon pasteur également professeur de théologie à Rome, très suivi sur les réseaux sociaux.

Des propos qualifiés d’« insupportables » par Aurore Bergé dans un message posté sur X quelques jours plus tard. « Je ne laisserai rien passer face à la haine, quelle qu’elle soit », a commenté la ministre chargée de la Lutte contre les discriminations qui a également demandé à la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah) de procéder à un signalement au procureur de la République sur le fondement de l’article 40 du Code de procédure pénale. Ce texte impose l’obligation pour « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit (…) d’en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs. » 

« Mes propos ne sont pas du tout homophobes »

Dans un tweet, la Dilcrah a indiqué avoir immédiatement signalé au procureur de la République « les propos homophobes tenus par M. Raffray sur ses réseaux sociaux ». « Les prétendues thérapies de conversion sont illégales depuis 2022. Parler d’homosexualité comme d’une faiblesse est honteux », a-t-elle ajouté.

« Mes propos ne sont pas du tout homophobes. J’ai toujours fait très attention à ne pas blesser ni offenser les personnes surtout dans ce domaine sensible », se défend l’abbé Raffray auprès du JDD. « Le péché est une notion religieuse qui concerne la relation d’un homme avec Dieu et dont les gens ne connaissent plus la définition aujourd’hui, tient-il à rappeler. La morale catholique enseigne qu’il faut distinguer la personne de ses actes. Ce qui est condamné par le catéchisme, ce sont les actes homosexuels et non les tendances, les sentiments ou les personnes qui éprouvent ces sentiments. » Le prêtre-influenceur se dit toutefois inquiet, car, dit-il, « je n’ai fait qu’exprimer la doctrine catholique ». Il ajoute : « Ce n’est donc pas moi qui suis accusé, mais la doctrine de l’Église. »  

Des propos qui tombent sous le coup de la loi ?

Les propos de l’abbé Raffray tombent-ils sous le coup de la loi ? « Évidemment non, affirme maître Jérôme Triomphe. Seuls sont poursuivables les injures, diffamations et provocations à la haine, la violence ou la discrimination. Qu’un prêtre catholique rappelle la doctrine aux termes de laquelle l’homosexualité est un péché et que chacun doit lutter contre ses péchés relève évidemment de la liberté d’expression et de religion. Il est, en droit, inenvisageable qu’il soit poursuivi par le parquet, et encore moins condamné. »

La suite après cette publicité

Cette affaire n’est pas sans rappeler la mise en examen, en février 2021, de Jean-Pierre Maugendre pour « provocation à la discrimination à l’égard d’un groupe de personnes à raison de leur orientation sexuelle ». Attaqué par l’association Stop homophobie pour avoir mis en ligne un article rappelant la doctrine catholique sur le mariage, le directeur de la publication du site internet Renaissance catholique, avait été relaxé en première instance et en appel.

L’enseignement de la doctrine catholique est protégé par les libertés d’expression, de conscience et de religion, « mais les offensives sont de plus en plus nombreuses et violentes », constate maître Triomphe. « L’État a spolié l’Église de ses biens temporels par deux fois, en 1790 et 1905. Il a interdit les vœux religieux et expulsé les congrégations religieuses en 1790 et 1880. Les catholiques ont dû arracher l’exercice de leurs droits et doivent continuer à revendiquer leur liberté de religion et la vraie laïcité », conclut l’avocat.

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NBA: Boston caracole, le Thunder résiste, la Nouvelle-Orléans réagit, Wemby fait le show

Les Boston Celtics, vainqueurs des Pistons 129 à 102 à Detroit, ont signé leur huitième succès consécutif vendredi en NBA, et caracolent en tête de la Conférence Est, alors qu’à l’Ouest, le Thunder d’Oklahoma City a repris le leadership après son succès à Toronto 123 à 103, et les Spurs ont encore perdu malgré un Wembanyama des grands soirs.

. Les Celtics souverains. Emmenée par Jaylen Brown (33 points), les Celtics, même privés de Jayson Tatum, Al Horford et Jrue Holiday, blessés, sont allés écraser Detroit 129 à 102. Après cette huitième victoire d’affilée, ils dominent plus que jamais la Conférence Est. Contre les Pistons, Boston a eu un léger retard à l’allumage en perdant de peu le premier quart-temps, avant de mettre le pied sur l’accélérateur. A la décharge des Pistons, derniers de la Conférence, il leur manquait cinq joueurs blessés.

NBA: Boston caracole, le Thunder résiste, la Nouvelle-Orléans réagit, Wemby fait le show

. Le Thunder solide au poste. Le Oklahoma City Thunder a repris aux Denver Nuggets la tête du classement dans la Conférence Ouest grâce à sa nette victoire sur les Raptors 123 à 103 à Toronto. De retour pour une soirée au pays, l’arrière-meneur du Thunder, Shai Gilgeous-Alexander, a été le meilleur marqueur de la rencontre avec 23 points. Il a aussi délivré huit passes décisives et pris sept rebonds.

. D’Angelo Russell, la gâchette des Lakers. Avec quatre nouveaux paniers primés réussis lors de la victoire des LA Lakers contre Philadelphie (101-94), le meneur-arrière D’Angelo Russell est devenu le meilleur titreur à trois points des Lakers au cours d’une même saison: avec 187 tirs à trois points réussis — série encours –, il dépasse Nick Van Exel, qui en avait marqué 183 lors de la saison 1994-95.

NBA: Boston caracole, le Thunder résiste, la Nouvelle-Orléans réagit, Wemby fait le show

. Un Wembanyama des grands soirs. Malgré la courte, mais nouvelle défaite des Spurs, battus par les Memphis Grizzlies 99 à 97 à cause d’un panier de Jaren Jackson Jr à une seconde de la fin, Victor Wembanyama a encore régalé le public de San Antonio. Le phénoménal intérieur français, plus que jamais favori dans la course au titre de Rookie (meilleur débutant) de l’année en NBA, a marqué 31 points, pris 16 rebonds, délivré cinq passes, réussi deux interceptions et trois contres.

. Les Pelicans étrillent Miami. Les Pelicans ont refroidi les ardeurs du Miami Heat, qu’ils ont étrillé 111 à 88, le lendemain de leur défaite chez l’autre franchise floridienne, Orlando. CJ McCollum a volé la vedette à Zion Williamson, bien discret, en inscrivant 30 points pour les Néo-Orléanais, qui montent à la quatrième place de la Conférence Ouest.

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Modane Secours catholique : bienvenue dans les nouveaux locaux

C’est un peu poussé par les événements que le Secours catholique a déménagé. Oh, pas de beaucoup. Quelques dizaines de mètres tout au plus, entre le bas de la rue Gambetta et le sommet de la rue Jules-Ferry, à l’angle de la rue Croix-Blanche qui est d’ailleurs l’adresse officielle.

« Notre propriétaire souhaitait récupérer son bien, et nous, nous voulions rester en centre-ville », résume Jacqueline Hugouvieux, qui fait…

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Attaques contre l’Eglise catholique en Ituri

Trois institutions de l’Eglise catholique ont été attaquées en l’espace de quelques jours par des hommes armés non identifiés dans la ville de Bunia, dans la province de l’Ituri, située dans l’est de la République démocratique du Congo. Ces attaques n’ont pas fait de victimes.

Cette tension a débuté à la suite d’un message du gouverneur militaire de cette province, qui a accusé des membres du clergé  d’avoir voulu lui soutirer de l’argent, en échange de prêches positifs pour l’autorité militaire qui dirige cette province sous état de siège.

Des intimidations

La dernière attaque remonte à la nuit de mardi à mercredi et elle a visé l’internat du lycée catholique de Kigonze à Bunia.

Peu avant cela, ce sont le bureau du curé de la paroisse catholique de Nyakasanza et un couvent de sœurs qui ont été la cible d’attaques similaires, conduites par des hommes armés non identifiés jusqu’à présent. Aucune victime n’est à déplorer.

Cette situation intervient dans un contexte où plusieurs prêtres catholiques ont tenu des propos critiques à l’encontre des autorités militaires qui dirigent la province de l’Ituri, placée sous état de siège depuis près de trois ans. 

Un combattant de la Force de Résistance Patriotique de l'Ituri (FRPI) à Bukiringi (archive de janvier 2022)
L’Ituri est le théâtre de violences depuis des années. Plusieurs milices y sont activesImage : Alexis Huguet/AFP/Getty Images

Tout en condamnant ces attaques contre les installations de l’église, l’évêque du diocèse de Bunia, Dieudonné Uringi, a déclaré que les prêtres ne doivent pas se laisser intimider : 

« Le gouverneur a adressé des paroles méchantes aux curés. Nous ne devons pas nous laisser écraser par des personnes de ce genre-là, il n’a qu’à aller jusqu’au bout, mais il ne va pas nous forcer à nous taire, on ne doit pas être, n’est-ce pas, intimidés. »

L’évêque de Bunia faisait référence à une déclaration du gouverneur militaire de l’Ituri, le week-end dernier, dans laquelle il a accusé certains prêtres d’avoir voulu lui soutirer de l’argent en échange de leur soutien.

Accusations de chantage

Le lieutenant général Johnny Luboya a ainsi accusé, sans les nommer, certains responsables religieux catholiques d’avoir exigé jusqu’à 300.000 dollars. 

« Ils viennent ici, ils me demandent de l’argent, je refuse. Ils repartent et vont dans leurs églises, ils commencent à me traiter de tous les noms. Je ne suis ni un bandit, ni un voleur et ce n’est pas parce que vous êtes un chef religieux, ce n’est pas parce que vous êtes un abbé que vous allez m’intimider. Je ne le ferai pas et si vous voulez me faire partir, si vous pensez que vous avez ce pouvoir, faites-moi partir. »

En réponse, l’évêque de Bunia, Dieudonné Uringi, a exigé du gouverneur militaire qu’il dévoile l’identité de ces présumés maitres-chanteurs : « Je lui ai dit : venez me citer les noms de ces religieux qui sont venus demander de l’argent chez vous. Mais j’attends sa réponse. Face à des choses comme ça, on ne peut pas se taire, sinon on devient complice. Il faut dire la vérité, mais ne toucher à personne par la violence. »

Cette controverse entre l’Eglise catholique et les autorités militaires de l’Ituri inquiète les fidèles catholiques. 

Ce lundi, les laïcs catholiques ont manifesté contre l’attaque de la paroisse de Nyakasanza. La manifestation a été repoussée sans ménagement par les forces de police, faisant quelques blessés légers.

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Jeunes catholiques des cités, le grand réveil


En parcourant les rues de Sarcelles, de Trappes ou d’autres cités d’Île-de-France, le constat est à chaque fois le même. Dans ces quartiers populaires, croire en Dieu est une évidence. Rencontré à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), Simbron, 24 ans, qui travaille dans les achats et vit dans la cité des 4 000, explique combien ce contexte particulier marque en profondeur la foi des jeunes catholiques, pour beaucoup issus de l’immigration, majoritairement africaine, mais pas seulement. Des jeunes minoritaires mais fervents, qui vivent leur catholicisme sans complexe.

« Dans le 93, nous sommes beaucoup à être d’origine étrangère, observe ce jeune Français dont les parents tamouls ont quitté le Sri Lanka pour la France avant sa naissance. Nous n’avons pas de tabou sur la religion. Quelle qu’elle soit, nous l’assumons fortement : musulmans, chrétiens ou hindouistes. L’expression religieuse est beaucoup plus décomplexée. Peut-être qu’à une époque, les catholiques étaient un peu plus timides, parce que très minoritaires. »

Dans ce contexte plurireligieux, bien qu’à des degrés différents selon les quartiers, c’est l’islam qui fait figure de référence. « La vie du quartier est déterminée par la foi musulmane, explique Bryan, 26 ans, originaire de l’immense quartier du Val-Fourré à Mantes-la-Jolie (Yvelines). Pendant le Ramadan, c’est zone morte la journée et ça se réveille le soir. » Résultat, tous les jeunes catholiques interrogés par La Croix racontent à quel point le contact quotidien avec des musulmans qui, pour beaucoup, pratiquent « avec fierté » bouscule et interroge fortement leur propre foi.

« Quand j’étais plus jeune et que je les voyais faire le Ramadan dès 11-12 ans, je trouvais ça fort de ne pas manger de la journée à cet âge-là », raconte Simbron à voix basse, dans l’église Saint-Yves de La Courneuve, dont le calme est régulièrement troublé par le passage du tramway. « Vers 13-14 ans, j’ai demandé à ma mère de m’apprendre à faire le Carême. »

Un rapport à l’islam qui forge l’identité des jeunes catholiques

Le rapport à l’islam forge profondément leur identité et « colore » leur catholicisme. À l’image de Kendhal, 26 ans, qui a grandi à Limeil-Brévannes (Val-de-Marne) dans une famille catholique d’origine congolaise et un quartier très mixte. Plus jeune, il a été impressionné de côtoyer des jeunes musulmans aussi engagés dans leur foi, incités à connaître leur religion sur le bout des doigts et capables de s’arrêter, toutes affaires cessantes, pour aller prier.

Pour lui, si certains peuvent se convertir à l’islam, c’est parce qu’être musulman dans les quartiers populaires est aujourd’hui « stylé » et pour « le sentiment d’appartenance à une communauté », moins fort chez les catholiques. « Les catholiques ne sont pas forcément assez renseignés sur leur foi et reçoivent parfois les sacrements comme une formalité administrative », affirme le jeune homme, très à l’aise, lui, pour évoquer sa manière de vivre en chrétien.

Depuis plus de deux ans, Kendhal, chef de projet marketing et événementiel, est très engagé au sein de Fide, une association réunissant des jeunes catholiques des banlieues d’Île-de-France. Créée en 2020, Fide propose des actions d’évangélisation, des maraudes ou des partages bibliques, participant à rapprocher les jeunes Franciliens et à combattre leur isolement. L’association fédère près de 300 membres, mais sa notoriété est décuplée grâce aux réseaux sociaux, contribuant à souder les catholiques des quartiers populaires autour d’une identité commune.

Jeunes catholiques des cités, le grand réveil

Très présent sur Instagram, son président, Janvier Hongla, fils d’un père protestant et d’une mère catholique, originaire du Cameroun, fait figure de porte-voix pour ces jeunes en demande de modèle. Ce chef d’entreprise, qui a grandi en Seine-et-Marne, a ainsi été invité à s’exprimer à Lourdes devant les évêques français en novembre 2023 ou encore lors de la première édition du « Dîner des bâtisseurs », le nouveau rendez-vous des décideurs catholiques.

Au début du mois de février, il était aussi l’un des invités du week-end « Assume ta foi en banlieue » à Tigery (Essonne), axé sur la formation, qui a réuni 80 jeunes issus de paroisses populaires du diocèse de Versailles (Yvelines). Malgré des conditions de vie parfois précaires, ces jeunes ne sont pas d’abord – même s’ils n’y sont pas indifférents – portés par des questions de justice sociale ou d’engagement. Leur besoin viscéral ? Pouvoir répondre aux questions de leurs amis musulmans ou évangéliques, et parfois se justifier : mais pourquoi être catholiques ? Qui est la Vierge Marie ? D’où vient l’Église ?

Apprendre à témoigner de sa foi

Parmi eux, Camille, kiné, 25 ans, venue de Trappes, n’est pas du genre à mettre sa religion dans sa poche. « Quand j’étais plus jeune, j’aurais aimé avoir plus de clés pour pouvoir bien expliquer en quoi je crois, raconte-t-elle. Nous côtoyons des musulmans au quotidien. Ils ont beaucoup de connaissances sur leur foi et parfois sur la nôtre, citant même des versets de la Bible. De temps à autre, on nous demande aussi pourquoi on ne se convertit pas. » À Trappes, la jeune femme est très investie dans sa paroisse, comme toute sa famille d’origine ivoirienne, et peut s’appuyer sur une communauté chrétienne vivante qui mise sur la jeunesse.

Mais tous les jeunes ne bénéficient pas d’un tel enracinement et certains se sentent parfois bien seuls dans leurs quartiers. Bryan, de Mantes-la-Jolie, père martiniquais et mère allemande, est devenu un « spécialiste » du débat théologique après de nombreuses soirées de débat dans son quartier. Âgé de 26 ans, il est capable de disserter avec assurance sur la manière dont Jésus est perçu dans le Coran ou dont est mort le prophète de l’islam, Mohammed. « Traumatisé » quand, en quatrième, des amis lui ont dit que comme non musulman, il irait en enfer, il s’est lancé avec zèle dans la lecture de la Bible, dans des discussions avec le prêtre de sa paroisse et a étudié des contenus religieux sur Internet.

Le continent numérique joue d’ailleurs un grand rôle dans le réveil des jeunes catholiques des cités, branchés sur Instagram ou TikTok. Les réseaux sociaux décloisonnent et servent de caisse de résonance, un moyen de s’affirmer, à l’image des évangéliques, très en pointe dans ce domaine. Sur son téléphone, Simbron, tel un expert, fait défiler les comptes qui ont le plus de « followers » – de Fide, en passant par certaines aumôneries, comme celle du Belvédère dans le Val-de-Marne. Tous donnent à voir un catholicisme joyeux, multiculturel, qui s’exprime sans complexe.

Un catholicisme qui s’exprime sans complexe

Un catholicisme qui n’hésite pas non plus à s’afficher dans la rue. À Sarcelles, bouillonnante ville populaire et multiculturelle du Val-d’Oise, Tagra, 19 ans, vante avec fierté les mérites de sa paroisse – confiée depuis 2019 à la communauté Saint-Martin. Issu d’une famille dont les racines sont en RD-Congo, il invite, pour mieux comprendre, à regarder les vidéos, largement relayées sur les réseaux sociaux, de la procession, mi-février, en l’honneur de Notre-Dame de Lourdes, partie de l’église Saint-Jean-XXIII, encadrée entre une église évangélique et, de l’autre côté de la rue, une mosquée dont on aperçoit le minaret.

Jeunes catholiques des cités, le grand réveil

Les images sont impressionnantes : on y voit des centaines de fidèles, pour beaucoup très jeunes, qui marchent dans les rues de Sarcelles, lumignons à la main, derrière une statue de la Vierge. « Ici, l’Église est dynamique et c’est une famille », insiste l’artiste de rap et gospel, qui se prépare à monter sur le podium du Frat, le rassemblement annuel des collégiens et lycéens franciliens, pour chanter avec le groupe Glorious. « Cela nous encourage à assumer davantage notre foi. »

En ce dimanche matin du début du mois de mars, Tagra fait visiter son quartier des Sablons, en passant par la tour de 14 étages où il habite, avec l’assurance de celui qui en connaît chaque recoin. Avant de presser le pas, « sinon, on n’aura pas de places dans l’église ». De fait, dès le début de la messe, l’édifice est comble. De nombreux fidèles doivent rester debout et dans l’assemblée figurent de nombreux visages jeunes.

Aujourd’hui, ces jeunes catholiques des quartiers populaires, qui ont parfois le sentiment de ne pas être reconnus dans l’Église de France, lui lancent un défi : les écouter et changer de regard sur les banlieues. Leur place dans l’Église, ils sont prêts à la prendre sans attendre. Un exemple ? Mi-décembre 2023, plus de 400 jeunes catholiques issus de banlieues populaires de toute l’Île-de-France ont afflué dans la paroisse bourgeoise Saint-Roch dans le 1er arrondissement de Paris, pour participer à une nuit d’adoration. L’objectif de l’événement : se fédérer, trouver les ressources pour mieux assumer leur foi, mais aussi être des acteurs au sein de leurs quartiers.

À l’origine de ce rassemblement inédit, un petit groupe issu du Val-d’Oise, baptisé la Cité céleste. Début février, ces jeunes ont même été reçus au siège de l’épiscopat, accueillis par le père Vincent Breynaert, le prêtre chargé de l’évangélisation des jeunes et des vocations au sein de l’Église de France, qui a bien repéré ce dynamisme. Et, comme un puissant encouragement, à l’initiative de la Fraternité missionnaire des cités, douze jeunes représentants de cette Église des quartiers populaires, venant de Bondy, Trappes, Sarcelles ou encore La Courneuve, ont eu l’honneur de rencontrer le pape François début janvier au Vatican.

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Orléans : des mosquées reçoivent des courriers de menaces

Des courriers contenant des menaces, signés d’une étoile de David et badigeonnés de graisse de porc, ont été envoyés à cinq mosquées du Loiret.

Cinq mosquées d’Orléans et ses alentours ont reçu des courriers contenant des menaces, signés d’une étoile de David, en plein mois du ramadan, a annoncé jeudi le président du Conseil départemental du culte musulman du Loiret, qui a porté plainte.

«Israël va vous niquez (sic)», peut-on lire sur les missives, dont l’AFP a pu obtenir une copie, et qui ont été reçues par cinq mosquées du Loiret. Les mosquées ciblées sont celles de La Source et d’Ibn Badis, à Orléans, ainsi que celles de Saint-Jean-de-Braye, Saint-Jean-de-la-Ruelle et de La Chapelle-Saint-Mesmin, proches d’Orléans. Sur ce papier imbibé de «graisse 100% pur porc», une étoile de David signe le message, dessinée au feutre bleu.

Condamnation de la préfecture

«C’est un acte affligeant, un acte grave, ciblé», a réagi auprès de l’AFP Mustapha Ettaouzani, à la tête du Conseil départemental du culte musulman (CRCM) du Loiret, confirmant une information de médias locaux. La préfète du Loiret, Sophie Brocas, «condamne ces actes avec la plus grande fermeté», a-t-elle indiqué sur X (ex-Twitter).

«Nous sommes inquiets car nous recevons dans nos mosquées de nombreux fidèles en ce mois sacré du ramadan», a souligné Mustapha Ettaouzani. «Ces courriers sont islamophobes, badigeonnés de graisse de porc comme si l’auteur pensait que c’est de la kryptonite pour Superman et que cela suffirait pour nous empêcher de prier», a-t-il dit. «Nous sommes indignés», a-t-il poursuivi.

La guerre dans la bande de Gaza entre Israël et le Hamas a fait près de 32.000 morts, selon un bilan du ministère de la Santé du mouvement islamiste palestinien, depuis le 7 octobre, date à laquelle des commandos du Hamas infiltrés en Israël ont tué au moins 1160 personnes, d’après un décompte de l’AFP à partir de données officielles israéliennes. Le conflit israélo-palestinien constitue un sujet particulièrement sensible en France, qui compte la plus importante communauté juive d’Europe (quelque 500.000 personnes) et quelque six millions de personnes de confession ou de tradition musulmane.

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