Affaire Bétharram : après le choc, la parole se libère sur les internats catholiques

Affaire Bétharram : après le choc, la parole se libère sur les internats catholiques

La médiatisation de l’affaire Bétharram est en train de libérer la parole sur le passé des internats catholiques. Le collectif de victimes de Bétharram recense désormais 152 plaintes. Avec « un corpus de 40 nouvelles plaintes, dont 18 portant sur des faits de nature sexuelle » selon son porte-parole Alain Esquerre qui les a remises, jeudi 27 février, au parquet lors d’une rencontre à huis clos avec le procureur de Pau.

Au-delà de l’établissement du Béarn, d’autres témoignages arrivent sur des établissements de la région. Le diocèse d’Aire-et-Dax dans les Landes confirme avoir reçu deux « signalements » fin 2021 concernant le collège Notre-Dame du Sacré-Cœur (dit Cendrillon) de Dax, après la publication de témoignages d’anciens élèves. Laurent, 68 ans, scolarisé dans cet établissement en 1974, a fait état auprès de l’AFP de violences physiques subies notamment dans le dortoir de l’internat.

Notre-Dame-de-Garaison

Les témoignages se multiplient également concernant Notre-Dame-de-Garaison (Hautes-Pyrénées). Situé à Monléon-Magnoac, cet internat d’excellence connu dans toute la région aurait été le théâtre de nombreuses maltraitances. Un ancien élève dans les années 1980 a créé le 21 février sur Facebook un groupe Collectif victimes Notre-Dame de Garaison. La cellule investigation de Radio France a publié, jeudi 27 février, une longue enquête sur le passé de cet établissement fréquenté notamment dans les années 1980 par l’ancien premier ministre Jean Castex.

Également cité par l’AFP, Cyril Ganne, 51 ans, a adressé une plainte au procureur de Pau, le 17 février, pour des violences subies à Bétharram entre 1987 et 1991, et pour un viol commis par un élève plus âgé à Saint-François Xavier à Ustaritz (Pyrénées-Atlantiques), en 1983.

Un collectif de victimes de l’établissement a également vu le jour sur Facebook. « Quand j’ai lu les témoignages des victimes de Bétharram, j’ai compris que j’avais vécu la même chose », témoigne Gilles, 63 ans, ancien élève à Saint-François Xavier dans les années 1970.

Loi du silence

Selon un laïque responsable d’Ogec (organisme de gestion) d’un internat de la région qui a souhaité garder l’anonymat, on assiste à « un Me Too des internats catholiques » qui devrait se propager au-delà du Sud-Ouest. Mais l’homme tient à distinguer les faits dont on parle. Beaucoup de familles connaissaient à l’époque les pratiques punitives pratiquées et c’est parfois précisément ce cadre éducatif strict qui était recherché. « En revanche, poursuit-il, concernant les viols ou atteintes sexuelles, tous les parents avec lesquels j’ai échangé disent avoir tout ignoré. »

Des enfants qui en ont été témoins ou victimes se sont tus en raison d’une loi du silence imposée par des adultes. Pour notre interlocuteur, c’est cette omerta qui est en train, quelques décennies plus tard, de se briser.

Alain Esquerre a interpellé jeudi la congrégation qui dirigeait cet établissement privé. « Nous exhortons la congrégation des pères (du Sacré-Cœur) de Jésus-de-Bétharram à sortir de leur mutisme et à plaider coupables, afin de reconnaître l’entièreté de leurs responsabilités », a-t-il déclaré à l’issue de la rencontre avec le procureur de la République de Pau.

Cellules d’écoute

Le magistrat avait annoncé la semaine dernière l’ouverture d’une information judiciaire sur les faits dénoncés commis entre 1955 et 2004. Pour l’heure un homme, né en 1965, a été mis en examen pour viols et agressions sexuelles et placé en détention provisoire.

Les deux seules autres personnes encore vivantes accusées de crimes similaires dans ce dossier, un prêtre né en 1931 et un autre ancien surveillant, né en 1955, ont en revanche été relâchées, car ils bénéficient de la prescription des faits. Parmi eux, Damien S., l’ancien surveillant principal de Bétharram, qui a ensuite exercé au lycée Saint-Paul Bourdon Blanc à Orléans (Loiret) entre 1997 et 2005 puis comme directeur adjoint du groupe scolaire Léon-XIII de Châteauroux (Indre) jusqu’en 2018.

Dimanche 23 février, à la veille de la rentrée scolaire, Jean-Pierre Bonnet, le directeur de l’enseignement catholique des diocèses d’Orléans et de Bourges avait écrit aux parents des anciens élèves. Des cellules d’écoute diocésaines et celles qui ont été mises en place dans les deux établissements n’ont pas relevé de signalements. Aucune plainte n’aurait à ce stade été déposée à Orléans et Châteauroux.

Toutefois, le collectif des victimes de Bétharram aurait reçu le soutien et des demandes d’adhésions d’anciens élèves de Léon XIII. Une information confirmée par Alain Esquerre dans les colonnes de La Nouvelle république.

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