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Macron et les catholiques : les sénateurs divisés – Public Sénat
Devant les représentants de l’Église catholique, le chef de l’État a utilisé le mot « lien » censé relier l’État et la religion. Au Sénat, la gauche parle « de coup de canif » dans la loi de 1905. Au groupe LR, plusieurs élus saluent l’œcuménisme présidentiel.
Temps de lecture :
5 min
Publié le 10/04/2018 à 16:07
Mis à jour le 13/04/2018 à 15:02
« Le lien entre l’Église et l’État s’est abîmé » (…) « les politiques ont profondément méconnu les catholiques de France » (…) « Je considère que la laïcité n’a certainement pas pour fonction de nier le spirituel au nom du temporel, ni de déraciner de nos sociétés la part sacrée qui nourrit tant de nos concitoyens ». Ces mots prononcés par le chef de l’État lundi soir devant les représentants de l’Église catholique réunis au Collège des bernardins, à Paris, n’ont pas manqué de susciter l’incompréhension, si ce n’est l’indignation de la gauche.
« Coup de canif »
Gérard Collomb, ministre des Cultes, a beau avoir assuré qu’Emmanuel Macron était « dans les bases mêmes de la laïcité », au groupe PS du Sénat, on ne l’a pas entendu de cette oreille. Son président, Patrick Kanner fustige « le coup de canif » du chef de l’État, « dans le contrat du vivre ensemble de notre pays ». « La laïcité c’est l’ADN de notre République. Privilégier une religion ou une autre (…) la considérer comme la sève de la Nation est pour moi quelque chose de totalement disruptif mais aussi finalement dangereux pour notre Histoire » a ajouté l’ancien ministre de la Ville.
Pour Patrick Kanner: Macron a mis « un coup de canif » dans la loi de 1905
« L’Église catholique est déjà très investie »
Laurence Rossignol, sénatrice socialiste « trouve très préoccupant » la tenue de tels propos dans un contexte où « la République est fragilisée par la montée des communautarismes, par l’extension de l’emprise religieuse ». L’ancienne ministre des droits des femmes trouve le discours du chef de l’État d’autant plus « surprenant » que de son point de vue « l’Église catholique est déjà très investie partout et pas simplement en France contre l’IVG, contre la contraception, contre les droits sexuels et reproductifs des femmes ». « En lançant ce message à l’Église catholique, je crains que le président de la République ne nous affaiblisse » conclut-elle.
« Moi, ça me va bien »
Au groupe LR, une fois n’est pas coutume, les critiques sont mises en sourdine. Si les sénateurs ne vont pas jusqu’à dire « Amen » au discours présidentiel, certains lui donnent tout de même l’absolution. « Le président de la République va au dîner du CRIF, il reçoit les représentants du CFCM (Conseil français du culte musulman), il reçoit les pasteurs protestants. Il parle à l’église. Moi, ça me va bien. Franchement, dans les propos d’hier, qu’est ce qui remet réellement en cause la loi de 1905 ? » interroge le sénateur des Hauts-de-Seine, Roger Karoutchi avant d’ajouter : « Dieu sait, que je ne suis pas forcément pour Macron, mais s’il ne peut plus parler aux religions, alors il ne peut plus aller au dîner du CRIF, il ne faut pas qu’il reçoive le CFCM, il ne faut pas qu’il parle aux évêques… ».
Réaction de Roger Karoutchi au discours d’Emman uel Macron devant l’église catholique
« C’est le rôle du Président »
Christian Cambon, président de la commission des affaires étrangères du Sénat et vice-président du groupe d’amitié France Saint-Siège ne dit pas autre chose. « Je pense que c’est le rôle du président de la République de s’intéresser à tous les courants de spiritualité (…) le président de la République participe au dîner du CRIF et je n’entends pas M. Mélenchon pousser des cris d’orfraie (…) Je suis toujours très surpris du double traitement qu’on fait subir à l’église catholique (…) Il (Emmanuel Macron) n’a rien dit d’inouï ».
Bruno Retailleau n’est pas dupe
Cette approbation du discours du chef de l’État ne va pas jusqu’au président du groupe LR, Bruno Retailleau, qui voit dans les mots d’Emmanuel Macron une stratégie cachée. « Je pense qu’il s’adresse à une forme de segmentation électorale. Je pense qu’il cherche à reconquérir un électorat catholique qui lui a fait défaut dès le premier tour de la présidentielle » a-t-il perçu au micro de Public Sénat.
Pour Bruno Retailleau, Emmanuel Macron cherche à reconquérir l’électorat catholique
Le sénateur de Moselle, François Grosdidier relève également « une maladresse » dans le discours du Président. « Il a été un peu maladroit en choisissant le terme de « lien ». L’Église catholique n’est pas liée à l’État et l’État est encore moins lié à l’Église catholique. En revanche, il y a des rapports entre l’État et l’Église catholique, comme avec d’autres églises ou obédiences » estime-il.
Et lorsqu’Emmanuel Macron « appelle les catholiques à s’engager politiquement », François Grosdidier et Christian Cambon abondent : « Oui, comme les protestants, comme les juifs, comme les musulmans, comme les athées » interprètent-ils.
La sénatrice RDSE, ancienne membre de l’observatoire de la laïcité, Françoise Laborde ménage également ses critiques. « J’ai remarqué qu’il y avait des choses positives et des choses moins positives pour moi qui suis pour la laïcité. Il a des mots et des phrases qui sont un petit peu gênantes, comme ce ‘lien abîmé’ (entre l’État et l’Église catholique) (…) Ensuite, il défend la loi de 1905. Et il dit que la loi de la République doit être au-dessus de toutes les lois religieuses ».
Françoise Laborde réagit au discours d’Emmanel Macron devant les représentants de l’église catholique
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La première mission catholique est entrée au Tchad en 1929 en provenance de l’Oubangui Chari par des missionnaires spiritains installés à Kou dans la zone de Moundou. Ensuite éparpillée partout au Tchad. S’en est suivi de la création de plusieurs écoles catholiques. Leur apport n’est pas négligeable. Les écoles privées d’enseignement catholique ont formé bon nombre de cadres dans ce pays, le Tchad.
« Le Projet éducatif de l’Enseignement catholique au Tchad est clair : C’est un projet éducatif global, fondé sur l’ensemble des valeurs humaines et universelles qui construisent la personne et la société. Il est porté par une communauté éducative constituée des enseignants, des apprenants et de leurs familles, ainsi que des différents partenaires des établissements scolaires. Il s’inscrit dans la mission de l’Église » (cf. Vatican II : Gravissimum Educationis).
Son objectif principal est de préparer les jeunes à entrer dans la vie adulte, en leur donnant la formation dont ils ont besoin, pour contribuer à transformer la société par leur travail manuel et intellectuel, à la lumière de l’Enseignement Social de l’Église.
Pour cette journée spéciale, L’archevêque Métropolitain de N’Djaména Monseigneur Djitangar Goetbé Edmond déclare : « C’est dans la circonstance difficile de pandémie de Covid-19 que nous célébrons aujourd’hui la Journée de l’Enseignement Catholique. En temps ordinaire elle devrait être un cadre de rencontre, de réflexion, de partage, et de prière avec les différents protagonistes de l’éducation dans notre Église-famille de Dieu. L’éducation ne se limite pas à la cour scolaire. Aussi mettez à profit ce temps pour vous cultivez car on n’a jamais fini d’apprendre. Nous le savons, l’éducation familiale est fondamental ; elle ne constitue pas des théories à appliquer mais elle est faite de spontanéité et de créativité dans le vivre-ensemble quotidien entre les différents membres de la famille. C’est au jour le jour que vous parents développez chez vos enfants la sociabilité et la pratique des valeurs fondamentales de la société. La famille est ainsi la première école de l’enfant et la dernière école des parents. »
Par l’Enseignement Catholique, l’Église du Tchad entend contribuer efficacement avec les autres institutions, pour que les droits primordiaux à l’éducation soient réalisés pour chaque enfant et dans chaque famille. Son caractère propre réside dans l’articulation entre la transmission des connaissances, l’apprentissage d’un savoir-faire, l’acquisition d’un savoir-être et le développement d’une vie spirituelle en vue de l’épanouissement de la personne dans toutes ses dimensions.
« Enseigner et transmettre des valeurs sont un seul et même acte. Cette spécificité et ces valeurs s’inspirent de l’Évangile et de la personne du Christ en tant que modèle de la personne humaine accomplie », selon le diocèse de Pala.
Commencé depuis les années 1940, l’enseignement catholique est progressivement passé du primaire, au secondaire, et très récemment le supérieur. Ces enseignements se font à travers des séminaires ou des établissements catholiques laïcs. Le but est de former des hommes et femmes de valeurs humaines et universelles qui construisent la personne et la société. L’enseignement catholique est dirigée par la Direction nationale de l’enseignement catholique (DINEC).
Les Écoles catholiques associées, ce sont les cycles maternelles et primaires des établissements catholiques. On les retrouve dans tous les diocèses du Tchad. Mais la pandémie de coronavirus a eu raison sur cette journée qui ne sera malheureusement pas commémorée cette année, comme il le faut. La rédaction souhaite bonne fête en confiné à toutes les écoles catholiques du Tchad.
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Vendredi soir, tous les bénévoles et acteurs du Secours catholique du Pithiverais se sont réunis dans les locaux du centre paroissial.
Parmi eux, le président du département, Dominique Guy, est venu les encourager et les féliciter de leurs actions.
Il a fait part de bonnes nouvelles au sujet des multiples projets qui ont vu le jour. Comme l’installation de bornes de recharges pour portables à l’accueil de jour des Murlins à Orléans, ou encore l’ouverture d’un accueil pour les mamans sans domicile fixe. Il note également que de plus en plus de volontaires rejoignent les 30 équipes loirétaines, déjà riches de 560 bénévoles.
Pour la responsable de l’équipe pithivérienne, les missions ont évolué ces dernières années.
« On reçoit plus de gens en difficulté, mais maintenant, il y a aussi des travailleurs. Ils touchent un salaire, mais après les dépenses obligatoires comme le loyer, les charges, le transport et l’inflation, le reste à vivre est réduit. »
La distribution de produits alimentaires s’est transformée en bons d’alimentation qui permettent aux bénéficiaires de mieux gérer leur approvisionnement. Les aides financières et ponctuelles permettent souvent de passer un cap difficile. « Certains ont un grand besoin de parler, surtout s’ils sont seuls chez eux. » Pour le Père Messian, ces « échanges fraternels et bienveillants » sont absolument essentiels dans la mission d’aide du Secours catholique.
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Un lycéen âgé de 17 ans a été mis en examen notamment pour destructions et dégradations aggravées et violences avec arme après l’attaque, le 22 mai, du Centre LGBTI de Touraine, à Tours, a annoncé vendredi 2 juin la procureure de la République de Tours, Delphine Amacher. Il encourt dix ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende, a rappelé le parquet, ajoutant avoir requis son placement en détention provisoire.
L’adolescent scolarisé en terminale et sans antécédent judiciaire a été présenté vendredi à un juge d’instruction, « saisi des chefs de destructions et dégradations aggravées par la motivation à raison du sexe, de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre vraie ou supposée de la victime, destruction ou dégradation par moyen dangereux pour les personnes et violences avec arme ».
Selon la magistrate, le lycéen a été « élevé dans la religion catholique », sans qu’« aucun lien avec des mouvements catholiques intégristes ne [soient] établis ». Selon une source proche de l’enquête, il s’agit d’un mineur âgé de 17 ans, catholique pratiquant, qui a été interpellé chez lui. D’après Le Parisien, qui a révélé l’information, il a expliqué avoir agi en raison de son « exaspération de la théorie du genre ».
Le Centre LGBTI de Touraine a fait part de son « soulagement », par l’intermédiaire de son administrateur et cofondateur, Ash Claveau. « On est plus serein, mais on ne sait pas s’il était tout seul. (…) Pour l’instant, c’est la seule personne mise en cause et il a reconnu tous les faits », a-t-il déclaré. « On maintient les mesures de sécurité, avec le filtrage à l’entrée et les caméras de surveillance notamment. On reste vigilant à l’approche de la Marche des fiertés [lesbiennes, gaies, bi et trans] », prévue le 17 juin à Tours, a-t-il ajouté.
Des « attaques inadmissibles »
Lundi 22 mai, un individu a lancé un engin détonant artisanal, une bouteille contenant un mélange d’acide chlorhydrique et de boulettes en aluminium alors que deux salariés se trouvaient dans le Centre LGBTI de Touraine. L’explosion n’a pas fait de blessé mais a causé des dégâts matériels importants, selon Le Parisien. Le parquet de Tours a ouvert le lendemain une enquête pour tentative d’assassinat.
La police judiciaire, le commissariat de Tours ainsi que l’OCLCH (Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité et les crimes de haine) ont été saisis par le parquet de Tours.
Attaques inadmissibles contre un centre LGBT+ de Tours. J’ai demandé au préfet de renforcer la sécurité de cet établissement. Comme dans tous les départements de France, les responsables associatifs seront rapidement reçus par le préfet pour faire un point sur les actes… https://t.co/nh8GayxPNd https://t.co/tjEreEYbcX
— GDarmanin (@Gérald DARMANIN)
Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a dénoncé sur Twitter des « attaques inadmissibles contre un centre LGBT+ de Tours » et a « demandé au préfet de renforcer la sécurité de cet établissement ». « Comme dans tous les départements de France, les responsables associatifs seront rapidement reçus par le préfet pour faire un point sur les actes LGBTphobes », a-t-il ajouté. Selon le député écologiste de Tours, Charles Fournier, c’est la « sixième fois » que ce centre est visé en quelques mois.
Dans une tribune publiée mercredi sur le site du magazine Têtu, plus de cinquante associations appellent le gouvernement à agir face aux violences commises en France contre des centres LGBTI+.
Le Monde avec AFP
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En 1910, seul 1 % des chrétiens dans le monde se trouvaient en Afrique. Aujourd’hui, le continent africain est celui qui en compte le plus, avec près du quart de l’ensemble des chrétiens.
Ce basculement en un siècle ne s’est pas fait sans remous au sein de l’Église. Un colloque international, organisé les 9 et 10 juin à Paris par Sorbonne Université, l’École française de Rome, l’université Lyon 2 et l’Institut catholique de Paris, se penche sur le développement du clergé africain, entre résistances et adaptations aux réalités locales.
De la décolonisation au concile Vatican II
L’idée de ce colloque a émergé de l’ouverture des archives du pape Pie XII (1939-1958). Accessibles depuis mars 2020, elles permettent d’étudier l’action du Saint-Siège en Afrique subsaharienne à la fin de la période coloniale. Le colloque se concentre sur la première moitié du XXe siècle, étudiant le long processus de décolonisation jusqu’aux indépendances et à l’imminence du concile Vatican II.
Au lendemain de la Première Guerre mondiale, l’Église craint que les soulèvements décoloniaux deviennent des mouvements antichrétiens. « L’Église essaye de rompre les alliances entre les missionnaires et la colonisation, pour assurer le maintien de l’Église sur place », explique Édouard Coquet, docteur en histoire contemporaine à l’École française de Rome et coordinateur du colloque. « Cette distinction ne peut se faire qu’à condition de développer le clergé local. C’est la clé de voûte du renouvellement de la stratégie missionnaire à la fin de l’époque coloniale. »
Un processus complexe
Le développement du clergé local s’est fait par étapes. Les premiers balbutiements ont lieu dès la fin du XIXe siècle. Le clergé autochtone progresse sensiblement dans les années 1930, et se massifie à partir de la Seconde Guerre mondiale.
« Le concept d’africanisation est apparu dans les années 1940 au sein des missionnaires, pour désigner la formation d’un clergé africain et promouvoir un leadership africain, explique Jean-Luc Enyegue, directeur de l’Institut des jésuites en Afrique. La question s’est élargie ensuite aux chants liturgiques, au rite, aux symboles utilisés… jusqu’à couvrir d’autres sphères que le religieux, car les leaders religieux sont devenus, pendant les indépendances, des leaders intellectuels pour les nouveaux États-nations. »
Une lecture historique à renouveler
Parmi les intervenants figurent des professeurs religieux et laïcs, de chaque côté de la Méditerranée (France, Bénin, Kenya, Cameroun, Togo, Nigeria…). Cette diversité d’historiens permet d’apporter des regards complémentaires ainsi que des nuances en prenant en considération les spécificités de chaque territoire. Le développement du clergé autochtone ne s’est pas réalisé de manière homogène sur tout le continent africain.
« L’idée de ce colloque est de montrer la multiplicité des acteurs, explique le coordinateur Édouard Coquet. Les missionnaires qui ont reçu les consignes de Rome et qui se sont montrés plus ou moins réticents, le Saint-Siège qui désire accélérer le mouvement, et le clergé africain lui-même, qui n’a pas été passif de cette transition. Il a eu sa propre stratégie, il s’est approprié le sacerdoce et l’action missionnaire. »
Pour le professeur camerounais Jean-Luc Enyegue, il s’agit de porter un « autre regard sur cette histoire de l’Église d’Afrique, jusqu’ici souvent très eurocentrique, car écrite par des historiens européens. Ce colloque permet de faire entendre des voix africaines et de mettre en avant les contributions des Africains dans le devenir de l’Église locale aujourd’hui. »
Une inversion des relations entre Occident et Afrique
Le colloque se clôture par une table ronde sur les enjeux du clergé en Afrique depuis le concile jusqu’à aujourd’hui. Vatican II a beaucoup contribué à répondre aux questions qui se posaient pour l’Afrique, notamment en ce qui concerne l’acculturation, l’adaptation de la religion catholique aux réalités locales.
La question des relations entre l’Occident et l’Afrique est d’autant plus d’actualité que s’observe une inversion de ce que prévoyait l’encyclique Fidei donum (1957), permettant l’envoi de prêtres occidentaux en Afrique. Aujourd’hui, les échanges se font plutôt dans l’autre sens. De nombreux prêtres chargés de l’accueil de leurs confrères africains dans leur paroisse française se sont inscrits au colloque.
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Le mois de mai a-t-il marqué un tournant pour la figure célébrée de Jeanne d’Arc ? Rarement les polémiques autour de l’héroïne nationale tant disputée et récupérée depuis la fin du XIXe siècle ne s’étaient multipliées jusqu’à connaître l’emballement médiatique de ces dernières semaines.
Tout débute en mars 2023. Orléans prépare l’édition des 594e Fêtes johanniques, en souvenir du jour même de la délivrance de la ville occupée par les Anglais par Jeanne d’Arc le 8 mai 1429 lors de la guerre de Cent Ans.
Au même moment, le président du Rassemblement national Jordan Bardella choisit d’abandonner définitivement la fête parisienne de Jeanne d’Arc et des Travailleurs du 1er mai, rompant avec l’héritage de Jean-Marie Le Pen, au profit d’une nouvelle Fête de la Nation au Havre.
Le 18 avril suivant, c’est Benoît Bordat, député apparenté Renaissance, qui réclame la suppression pure et simple de la Fête nationale de Jeanne d’Arc, « Fête du Patriotisme » ; une célébration officielle instaurée par la République en 1920 le deuxième dimanche de mai en souvenir même du jour de la libération historique d’Orléans.
La contre-attaque de Serge Grouard, maire de la cité de Loire, est cinglante. Le 7 mai, l’édile (anciennement LR, il a rejoint le parti Utiles, proche de LIOT début avril) fustige, au prix d’une certaine confusion entre fêtes orléanaises locales et fête nationale :
« l’ignorance, l’idéologie et l’arrogance de celui qui a demandé que l’on supprime nos Fêtes johanniques du calendrier national ».
Jeanne d’Arc 2003, Anne Cécile-Schmitt, Fêtes de Jeanne d’Arc d’Orléans.2003, Centre Jeanne d’Arc, Orléans, Author provided
Dernier rebondissement en date, le 10 mai, la secrétaire d’État chargée de la Citoyenneté interdit quant à elle les manifestations annuelles de l’Action française et d’autres mouvements de droite radicale prévues le dimanche 14 mai en hommage à cette même Fête nationale de Jeanne d’Arc. Proscrite dans un premier temps par la préfecture de Paris, cette manifestation est finalement autorisée au prix d’un bras de fer devant la juridiction administrative. Le constat est sans équivoque.
Le « problème Jeanne d’Arc », véritable passion française, se rappelle à l’actualité avec ses ambivalences : tantôt figure des droites extrêmes, tantôt égérie féministe et queer ou personnalité locale.
C’est peut-être en raison de ces multiples réappropriations que « fêter » Jeanne d’Arc pose question. Dès lors, les fêtes recouvrent au moins trois réalités distinctes. Espaces, symboliques et temps différents se mêlent ainsi dans un dédale d’interprétations parfois difficiles à dénouer. Un éclairage s’impose sur ce que sont ces différentes Fêtes de Jeanne d’Arc et ce qu’elles signifient.
Le Maréchal Foch aux Fêtes de Jeanne d’Arc d’Orléans de 1920, carte postale, Centre Jeanne d’Arc.
Les Fêtes de Jeanne d’Arc sont avant tout et à l’origine celles de la ville d’Orléans, point stratégique assiégé en octobre 1428 par les troupes anglaises et leurs alliés bourguignons durant la guerre de Cent Ans.
Fêtées des 1430, parmi les plus anciennes festivités commémoratives de France, l’action libératrice de la « Pucelle d’Orléans », à la virginité moquée par Voltaire, est devenue une procession religieuse et civile, annoncée à grand concours de cloches et préparée par des estrades dressées sur les lieux des combats de 1429.
Un fidélité orléanaise exceptionnelle
La fidélité d’Orléans à Jeanne d’Arc est exceptionnelle, tant Orléans est un lieu privilégié de cette mémoire nationale où le souvenir de « la Pucelle » n’a cessé d’être entretenu à travers les siècles. La force de la fidélité des habitants se mesure à la rareté des éclipses des fêtes du 8 mai : seule une cinquantaine d’absences en près de six siècles, imposées par la force majeure des temps de guerre et de crise, lors des guerres de Religion, de la Révolution française, durant la Grande Guerre et la Seconde Guerre mondiale, enfin en 2020 avec le report et le rétrécissement des festivités liés à la crise sanitaire.
Fêtes de Jeanne d’Arc, KTO TV, 06/05/2014.
Si d’autres villes dites johanniques, telles Rouen, Reims, Domremy – ville natale de Jeanne d’Arc – et Vaucouleurs proposent également des évènements marquants et festifs autour de l’héroïne et de son passage dans leurs lieux, le caractère singulier de cette commémoration et de sa permanence repose sur cet attachement durable des Orléanais envers celle qu’ils n’ont jamais cessé de considérer comme leur protectrice. Processionnelles dans un premier temps (procession d’action de grâce le 8 mai 1429) ces fêtes deviennent civiles, militaires et religieuses.
Symbolisant cette réconciliation née des tranchées, le Président Doumergue est présent le 8 mai 1929 pour le 500e anniversaire de la délivrance, marqué par le premier hommage des provinces françaises à Jeanne d’Arc. La coutume s’établit : les présidents de la République nouvellement élus sont alors invités à assister au cours de leur mandat aux Fêtes de Jeanne d’Arc pour rappeler l’appartenance de l’héroïne au panthéon des figures nationales.
1920 : une fête accaparée et détournée
Instaurée par la loi du 10 juillet 1920, la Fête nationale de Jeanne d’Arc, Fête du Patriotisme, est un projet de longue durée. Symbolique sur sa forme, politique sur le fond, il est porté par des républicains convaincus dans un contexte favorable à son épanouissement après la Grande Guerre.
Deux impératifs l’animent : d’abord, faire de Jeanne d’Arc la patronne de la réconciliation nationale et du rassemblement républicain dans la célébration de la victoire de 1918 sur un ennemi extérieur. Ensuite, répondre au plus vite à la canonisation de Jeanne d’Arc de mai 1920, projet très politique parallèle à celui de la fête et révélateur de la place du souvenir de Jeanne d’Arc, tiraillé et débattu ; objet de querelle entre l’Église catholique et l’État.
Dans les faits, c’est le second dimanche de mai, en souvenir de la libération d’Orléans par l’héroïne qui est choisi pour la célébration. Les hommages militaires et la sonnerie « Aux Morts » accompagnent alors les dépôts de gerbe des autorités et des présidents des deux assemblées devant la statue de Jeanne d’Arc de Frémiet Place des Pyramides à Paris.
Très rapidement, l’esprit et l’espace même de la Fête nationale vont être accaparés par les ligues de la droite nationaliste et traditionaliste. Particularité notable, ces mouvements y défilent déjà chaque 8 mai depuis 1878, année du centenaire de la mort de Voltaire, pour dénoncer l’image d’une Jeanne d’Arc idiote et manipulée par les puissants popularisée par le poème héroï-comique du philosophe (1752).
Développant un fort antiparlementarisme dans la période, ils profitent également de cette célébration pour opposer l’héroïne et ses valeurs à l’image d’une IIIe République jugée corrompue.
Phagocytée par cette pré-célébration, la Fête nationale de Jeanne d’Arc devient le point de fixation durable et le marqueur fort de l’hostilité à la « Gueuse » symbolisé par Marianne et honnie par les ligues. C’est ce dont témoigne notamment la fidélité de l’Action française monarchiste de Charles Maurras, greffée à la manifestation depuis 1909.
Interrompue officiellement pendant les deux conflits mondiaux, parfois amputée des défilés et des cortèges en raison, déjà, de risques de troubles à l’ordre public en 1924 et 1937, l’histoire de la Fête nationale de Jeanne d’Arc est avant tout le récit d’un d’accaparement et d’un renoncement.
« Jeanne d’Arc, c’est Le Pen ! »
« Jeanne d’Arc, c’est Le Pen ! » : depuis 1988 et l’instauration de son propre défilé parisien, le Front national a réalisé une privatisation du souvenir de Jeanne d’Arc, provoquant un malentendu d’un tiers de siècle entre l’esprit des fêtes orléanaises et la perception nationale de l’héroïne.
Cette assimilation de Jeanne d’Arc au Front national est devenue un point Godwin indépassable qui a durablement aggravé l’ostracisme dont souffrait déjà son image depuis 1920. Chaque 1er mai pourtant à Paris, c’est bien un pastiche anhistorique des classiques défilés de droite radicale du second dimanche de mai que proposent Jean-Marie puis Marine Le Pen.
Célèbre extrait d’une manifestation où se rendait Jean-Marie Le Pen, qui s’est accaparé la figure de Jeanne d’Arc dès 1988.
Cette OPA réussie s’érode cependant en 2015 avec la crise familiale que connaît le parti divisé et la naissance des Comités Jeanne d’Arc comme branche dissidente créée par le père. Deux Fêtes de Jeanne d’Arc ne pouvant cohabiter, c’est le moment que choisit Marine Le Pen pour progressivement délocaliser l’officielle hors du premier arrondissement et jusqu’en province, un choix également motivé par les provocations régulières des activistes FEMEN lui disputant l’héroïne.
Course aux nouveaux marqueurs identitaires
Dès lors, avec la naissance du Rassemblement national en 2018, la stratégie de « délepénisation » est assumée et les références à Jeanne d’Arc s’estompent dans les discours et les visuels d’un 1er mai atrophié auquel la présidente n’assiste d’ailleurs plus physiquement dans les dernières éditions. Changement de style et ultime étape, l’élection de Jordan Bardella à la tête du parti en novembre 2022 va achever cette vidange idéologique avec la disparition consommée de la Fête de Jeanne d’Arc au profit d’une Fête de la Nation la fois œcuménique et sociale.
Si la référence à l’héroïne ne disparaît pas totalement du décorum du Rassemblement national comme « symbole de l’unité et de la résistance dans les périodes difficiles de l’Histoire de France », elle apparait somme toute reléguée et obsolète dans cette course aux nouveaux marqueurs identitaires.
Comme toujours lorsqu’il est question du souvenir controversé de Jeanne d’Arc, cet abandon constitue une opportunité à saisir pour d’autres formations politiques en quête d’un patronage légitime.
C’est ce que révèlent les appels du pied d’Éric Zemmour aux dernières présidentielles et les tentatives avortées de groupuscules identitaires de détourner les fêtes johanniques d’Orléans. Avec ou sans 1er mai, plus que fêtée, Jeanne d’Arc reste une figure instrumentalisée par la droite radicale.
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L’École de prière des jeunes du diocèse d’Orléans (Loiret) organise deux camps au cours de l’été pour permettre aux jeunes de 8 à 16 ans de grandir à la rencontre du Christ, de soi et des autres. Jeux, activités manuelles, sport, temps en équipe, prière, enseignements, veillées… Les camps ont lieu à Montargis, au lycée Saint-Louis, et peuvent accueillir, chacun, une soixantaine de jeunes, garçons et filles, et une vingtaine d’animateurs.
Le Mouvement eucharistique des jeunes d’Ille-et-Vilaine organise un camp pour les 7-18 ans au cours duquel sera créé un spectacle sur le thème de la fraternité.
Théâtre, danse, musique et sport sont au programme de la création de ce spectacle. Deux représentations seront données dans le grand chapiteau de Keriadenn à Saint-Malo, sous le titre De François à François, un appel à la fraternité.
Destinés aux adolescents de 11 à 15 ans, les pélés VTT sont organisés dans 36 diocèses français, et regroupent 5 000 participants qui, pendant cinq jours, pédalent en direction d’un sanctuaire marial ou d’une cathédrale. Au programme : vélo, chants, jeux, prière et aventure.
Depuis 1997, le père Jean-Marie-Luc Brun (Communauté Saint-Jean) organise les camps Saint-Jean Révélateur, destinés aux jeunes de 13 à 18 ans. Temps spirituel, cours philosophique et théologique et ateliers artistiques… Le camp est axé sur la préparation et la représentation d’une comédie musicale portant sur la vie d’un saint, permettant aux jeunes de « vivre un temps de charité fraternelle intense » et de « bénéficier d’une formation artistique et spirituelle solide ».
Lieu : Académie de comédie musicale à Liesse-Notre-Dame (Aisne)
Les adolescents de 15 à 17 ans peuvent participer à un camp équitation et prière, dans un centre équestre de la Drôme, animé par le Foyer de charité de Châteauneuf-de-Galaure.
Lieu : centre équestre Le palais du poney à Tersanne (Drôme)
Un camp est organisé en Bretagne du 30 juillet au 4 août, à destination des enfants de 9 à 14 ans, par l’Association Pierre Vive (direction du camp et aumônerie par un prêtre de la Communauté Saint Martin).
À côté de Ploërmel, les jeunes dormiront sous tente et bénéficieront d’activité au grand air autour de la forêt de Brocéliande.
Lieu : Abbaye La Joie Notre-Dame, Campenéac (Morbihan)
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Après la démission de monseigneur Odon Marie Arsène Razanakolona, un nouvel archevêque est nommé à la tête de l’archidiocèse d’Antananarivo. Il s’agit de monseigneur Jean de Dieu Raoelison, ancien évêque d’Ambatondrazaka.
Monseigneur Jean de Dieu Raoelison. Il est le nouvel archevêque d’Antananarivo. Sa nomination a été rendue publique, hier. Selon la communication publiée sur les différents canaux officiels rattachés à l’Église catholique à Madagascar, “le Pape François a accepté la démission de monseigneur Odon Marie Arsène Razanakolona de sa charge pastorale de l’archidiocèse d’Antananarivo. Dans la foulée, il a nommé comme archevêque d’Antananarivo monseigneur Jean de Dieu Raoelison, actuel évêque d’Ambatondrazaka”. Ordonné prêtre le 7 septembre 1996, le nouveau locataire de l’archevêché d’Andohalo a été nommé évêque auxiliaire d’Antananarivo par le Pape Benoît XVI le 25 mars 2010. Il a ensuite été nommé évêque d’Ambatondrazaka, depuis 2015. Monseigneur Jean de Dieu Raoelison n’est donc pas un novice à l’archidiocèse, dont le siège se trouve à Andohalo.
Son prédécesseur, lui, est déchargé de ses fonctions après plus de 17 ans. Monseigneur Odon Marie Arsène Razanakolona était à la tête de l’archidiocèse d’Antananarivo depuis février 2006. Selon les explications, une fois à l’âge de 75 ans, un évêque doit démissionner de la charge du diocèse qui lui est confiée. Monseigneur Razanakolona a présenté sa démission au Pape François en mai 2021. Elle n’a été acceptée qu’hier donc. Le Saint-Père a pris son temps pour lui trouver un remplaçant. Entre-temps, Monseigneur Razanakolona a continué à assumer pleinement sa charge d’archevêque d’Antananarivo. Durant ses 17 ans à l’archidiocèse d’Antananarivo, il est, par ailleurs, devenu une figure majeure de la scène politique.
Double casquette
En cause, son statut de représentant de l’Église catholique au sein du Conseil oeucuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM). Un rôle qu’il jouera malgré la création du cardinal Désiré Tsarahazana, en juin 2018. La crise politique de 2009, la Transition qui s’ensuivit, et les différentes initiatives ou démarches conduites par le FFKM, tantôt en tant que médiateur, tantôt en tant que réconciliateur, ont fortement contribué à placer monseigneur Razanakolona sous les spotlights. Il est aussi réputé pour être souvent consulté, pour conseil, par des acteurs politiques. Sauf changement, monseigneur Jean de Dieu Raoelison devrait lui aussi porter la double casquette d’archevêque d’Antananarivo et de visage de l’Église catholique au sein du FFKM. Selon les explications, toutefois, s’agissant du représentant des catholiques au sein du Conseil oeucuménique, la décision appartient à la Conférence des évêques de Madagascar (CEM). En tout cas, le nouveau numéro un de l’archidiocèse d’Antananarivo n’est pas novice sur les affaires du FFKM. En tant qu’évêque auxiliaire entre 2010 et 2015, il a eu l’occasion d’être en back-up à monseigneur Razanakolona dans les dossiers relevant du Conseil oeucuménique, notamment les sujets politiques.
Monseigneur Jean de Dieu Raoelison a, d’autant plus, officié en tant qu’auxiliaire à l’archidiocèse d’Antananarivo, au plus fort de la période transitoire de 2010 à 2013, mais aussi, lors de la période post-crise, de 2013 à 2015. S’il est désigné par la CEM comme représentant de l’Église catholique au sein du FFKM, à l’instar de son prédécesseur, le nouveau locataire de l’archevêché d’Andohalo prendra le train en marche dans un contexte politique à nouveau tendu, à cause de l’approche de l’élection présidentielle. Le FFKM veut justement jouer un rôle actif lors de la présidentielle, en tant que “garde-fou”, et en déployant des observateurs électoraux dans chaque bureau de vote. Une vigilance que le Conseil des églises chrétiennes de Madagascar compte maintenir jusqu’à la proclamation des résultats. En parallèle, il conduit une démarche à son initiative en vue d’une “reconstruction nationale”, selon les déclarations officielles. Monseigneur Raoelison ne devrait pas non plus être un néophyte sur ces dossiers précités. En tant qu’évêque d’Ambatondrazaka, il a été l’hôte de la réunion du comité central de FFKM, organisé dans la capitale de l’Alaotra du 22 au 25 novembre dernier. Une réunion qui a été le déclencheur des deux initiatives du Conseil oeucuménique sur la présidentielle et “la reconstruction nationale”.
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