Concerts menacés par les intégristes : “On ne peut pas être catholique et commettre ces actes malveillants”


Signataire d’une tribune au “Monde” et à “Télérama” contre la multiplication des atteintes à la liberté d’expression perpétrés par des groupuscules fondamentalistes, Dominique Thiry, chanoine de la cathédrale de Metz, explique son engagement.

Les actions spectaculaires de croyants dans l’espace public se multiplient, notamment à l’appel du mouvement Civitas. Les actions spectaculaires de croyants dans l’espace public se multiplient, notamment à l’appel du mouvement Civitas.

Les actions spectaculaires de croyants dans l’espace public se multiplient, notamment à l’appel du mouvement Civitas. Photo Sébastien Ortola/REA

Par Maëlys Kapita

Publié le 17 juin 2023 à 12h20

Cest un cri d’alerte que lancent à l’unisson des avocats, artistes, élus, prêtres, responsables associatifs et culturels dans une tribune, publiée au Monde et à Télérama. Depuis plusieurs mois, à Paris, Nantes, Lille ou Carnac, des groupuscules adhérant aux idéologies d’extrême droite intégriste multiplient les actions contre des rendez-vous culturels, qu’ils jugent profanes, sous l’égide du mouvement Civitas. Harcèlements en ligne, tentatives d’intimidation, annulations de concerts : ces groupes fondamentalistes multiplient les atteintes à la liberté d’expression. Dominique Thiry, chanoine de la cathédrale de Metz et signataire de la tribune, met en garde contre cette « logique identitaire et idéologique ».

Avez-vous hésité à signer ce texte et pourquoi l’avez-vous fait ?
Ce n’est pas un acte habituel que je fais, mais il était important, pour moi, de signer cette tribune en tant que citoyen, et surtout en tant que catholique. Je défends ardemment la liberté religieuse, qui impose l’idée de la liberté de conscience, comme énoncé dans la déclaration Dignitatis humanae du concile Vatican II. La liberté culturelle devrait tout autant être considérée comme une liberté fondamentale. Elle touche à la capacité propre de l’âme humaine à créer, c’est-à-dire justement être à l’image de son Créateur.

Il me paraît primordial d’imposer un dialogue afin de ne pas laisser le radicalisme mal éclairé l’emporter.

Certains concerts visés ont eu lieu dans des églises désacralisées. Pensez-vous qu’une église désacralisée reconvertie en lieu culturel doive inclure dans ses activités une dimension de « respect » envers la religion catholique ?
Une église désacralisée n’est plus un lieu de culte. Chacun est libre d’assumer ce qu’il fait dans ce lieu sans risquer d’être réprimandé pour ses actes. Selon moi, le catholique doit avant tout vivre avec un esprit d’ouverture. Trop souvent galvaudée, l’étymologie du mot « catholique » traduit pourtant un sentiment d’universalité. On ne peut pas être catholique et commettre ces actes malveillants. Ces groupes de personnes, qui très souvent prônent un traditionalisme, sont paradoxalement pleinement modernes en étant dans une logique identitaire et idéologique.

D’autres concerts visés ont eu lieu dans des églises encore affectées au culte, en accord avec les diocèses et les curés…
Nous ne sommes pas obligés d’aimer les œuvres culturelles, y compris celles qui sont validées dans le cadre des églises ouvertes au culte. Il incombe à chaque évêque au sein de son diocèse et à chaque curé dans sa paroisse d’estimer ce qu’il peut ou ne peut pas autoriser. Le but n’étant pas de créer de la tension et de la division. Mais, selon moi, je le répète, il faut avant tout redire ce que c’est que d’être un ou une catholique.

L’institution catholique a-t-elle besoin d’une aide des collectivités ou de l’État pour assurer la sécurité de ces événements malgré les opposants ? Demandez-vous à l’État plus de protection ?
Avant tout, il est important que l’État déploie plus de moyens pour sensibiliser. Je ne demande pas que des escouades de militaires veillent jour et nuit devant ma cathédrale, nous n’en avons pas besoin. Il me paraît primordial d’imposer un dialogue afin de ne pas laisser le radicalisme mal éclairé l’emporter. Cela passe inexorablement par l’éducation, et plus largement à tous les niveaux, dans le soutien aux œuvres culturelles. Si le gouvernement peut nous aider à rappeler les fondamentaux du dialogue, de la tolérance et du vivre-ensemble, je suis convaincu que nous franchirions un grand pas.

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Le recours contre la construction d’une église de la Fraternité Saint Pie X à Meylan rejeté en appel

L’association Meydia, qui lutte contre l’implantation d’une église de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X à Meylan, a vu son recours rejeté en appel ce mardi. La construction de cet édifice religieux est également redoutée par le maire qui dénonce l' »idéologie extrémiste » de la communauté.

Un lieu de culte géant aux portes de Grenoble. La Fraternité sacerdotale Saint Pie X (FSSPX), communauté catholique traditionaliste, a remporté une nouvelle bataille pour la construction de son nouvel édifice religieux à Meylan (Isère). L’association locale Meydia, opposée au projet, a été déboutée mardi 13 juin par la cour d’appel de Lyon de son recours en annulation du permis de construire.

Un permis accordé en 2017 à la Fraternité par l’ancien maire de Meylan, et contre lequel la nouvelle municipalité livre également bataille. « Un édifice religieux de 650 m² serait démesuré dans un quartier résidentiel qui n’est pas fait pour des rassemblements à visée régionale », regrette le maire divers gauche de la commune, Philippe Cardin.

Le lieu de culte de 299 places, qui deviendrait le plus grand de Meylan, doit être construit sur le terrain d’une petite école catholique hors contrat de la communauté. Installé là depuis 25 ans, l‘établissement se situe à deux pas du lycée du Grésivaudan, fréquenté par quelque 1 500 élèves.

« Il m’est impossible d’accepter que Meylan devienne un centre stratégique pour un groupe religieux intégriste qui ne reconnaît pas la liberté de croire ou l’égalité entre les femmes et les hommes », ajoute le maire par voie de communiqué, dénonçant l’« idéologie extrémiste » de la Fraternité et le risque de « trouble à l’ordre public » généré par son projet.

Le combat devant la justice, porté par l’association Meydia, a débuté en 2018. Déboutée en première instance par le tribunal administratif de Grenoble, l’association « de sensibilité de gauche et écologique » a fait appel auprès de la cour administrative de Lyon sur des points très techniques en matière d’urbanisme. Leur recours a été rejeté une seconde fois.

Meydia craint que ce nouvel édifice religieux ne devienne « le camp de base de l’extrême droite locale« , nous expliquait un porte-parole en mai 2021, pointant les relations troubles entre la Fraternité et le parti national catholique Civitas. Un mouvement d’extrême droite qui veut « rechristianiser » la France et se revendique de Charles Maurras, idéologue royaliste et antisémite.

La FSSPX affirme avoir rompu avec Civitas lorsque l’association satellite de la Fraternité s’est muée en parti politique. Pourtant, une conférence intitulée « Les droits de l’homme : pourquoi et comment les combattre ? » a été organisée en 2018 dans ses locaux meylanais. L’événement avait suscité l’indignation de bon nombre d’habitants et d’associations.

La Fraternité Saint Pie X revendique en France plus d’un millier de membres, évêques, prêtres ou séminaristes. Fondée par Monseigneur Lefèbvre, évêque excommunié par le pape en 1988, la communauté est toujours en état de schisme avec l’Eglise catholique qui ne reconnaît pas l’ordination de ses prêtres.

L’implantation d’un lieu de culte à Meylan a fait l’objet de nombreuses contestations, notamment politiques. Dix parlementaires ont interpellé le ministre de l’Intérieur à ce sujet en 2021, jugeant « difficilement concevable qu’un groupe religieux, rejetant un certain nombre de nos principes et valeurs républicaines, puisse construire un lieu de culte dans l’un de nos territoires ».

Le conseil municipal de Meylan ainsi que les élus de la Métropole de Grenoble ont adopté un vœu pour s’opposer à la construction du lieu de culte de la Fraternité. Mais l’affaire est désormais entre les mains de la justice, l’association requérante disposant de la possibilité de se pourvoir en cassation. Contacté par France 3 Alpes ce vendredi, le président de Meydia n’avait pas répondu à nos sollicitations à l’heure de la publication de cet article.

Philippe Cardin affirme pour sa part qu’il continuera d’« interpeller l’Etat, qui a voté une loi confortant le respect des principes de la République et de lutte contre le séparatisme, pour son soutien et l’examen du bien-fondé et de la légitimité du financement d’un tel projet. »

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TÉMOIGNAGE. Homosexualité, IVG, des enseignants d’un lycée catholique censurés : « on est dans l’obscurantisme le plus total »

Elle fait partie des enseignants qui ont dénoncé la censure exercée par le lycée catholique Jean-Paul II de Compiègne concernant deux œuvres cinématographiques traitant de l’IVG et de l’homosexualité. Alors que le rectorat de l’académie d’Amiens vient de rendre ses conclusions, et qu’une enquête a été ouverte par la procureure de Compiègne, cette professeure de lettres a accepté de témoigner.

Le rectorat de l’académie d’Amiens a restitué le 9 juin 2023 ses conclusions d’une enquête interne, concernant le lycée catholique Jean-Paul II de Compiègne, dans l’Oise, accusé par plusieurs enseignants de censure et d’homophobie. Ces derniers dénoncent le fait que le proviseur ait interdit plusieurs sorties pédagogiques au cinéma pour les films Simone, le voyage d’un siècle d’Olivier Dahan, qui traite notamment de la lutte pour le droit à l’IVG, et Rafiki de Wanuri Kahiu, qui traite de l’homophobie que subit un couple lesbien au Kenya. Ils rapportent également des propos homophobes et anti-IVG qui auraient été tenus par le chef d’établissement. 

Dans son rapport, le rectorat note que, si les programmes sont globalement respectés par ce lycée sous contrat, une partie des éducations transversales, traitant des questions de société, est abordée de manière inégale et incomplète, particulièrement sur l’éducation à la sexualité et sur les discriminations.

Le rectorat n’a prononcé aucune sanction vis-à-vis du lycée, mais demande plusieurs prescriptions, notamment de veiller au respect de l’instruction de tous les programmes, et assure qu’il y sera vigilant. Il a été également demandé à l’établissement d’apaiser la situation avec l’équipe des professeurs.

Le recteur a également effectué un signalement, selon l’article 40 du code pénal, auprès de Marie-Céline Lawrysz, la procureure de la République de Compiègne. Le rapport reçu fait état de « propos homophobes de la part du proviseur du lycée« , affirme la procureure qui a ouvert une enquête auprès du commissariat de Compiègne le 10 juin pour « injures publiques, provocation à la haine et à la discrimination par rapport à l’identité et la sexualité, et diffamation ». Selon la procureure, la direction de l’établissement conteste les faits et affirme que ses propos ont été déformés. 

Une professeure de lettres du lycée Jean-Paul II, qui a dénoncé les faits, a accepté de témoigner anonymement auprès de France 3 Picardie. 

« Les argumentaires qui ont accompagné ces censures sont juste irrespectueux pour la dignité et le respect du professeur, pour notre mission de service éducatif public, et notre vocation. On touche au cœur de notre métier, et en plus avec des propos qui sont pénalement répréhensibles, qui ont heurté, choqué et traumatisé certains enseignants« , dénonce l’enseignante à notre micro mercredi 14 juin. 

Selon elle, la décision d’interdire d’emmener les élèves voir le film Simone, le voyage d’un siècle a ainsi été justifiée par le proviseur « parce qu’on rattache Simone Veil à l’IVG et parce que sa carrière politique pose problème« . Il aurait été dit « qu’il ne fallait pas heurter notre jeunesse déjà en grande souffrance. Qu’il était hors de question de leur proposer à chaque fois des projets glauques les mettant devant la noirceur du monde et que nous devions proposer des projets apportant la lumière et l’espérance« , rapporte la professeure.

Vous comprenez l’événement traumatique, un film censuré au Kenya et à Compiègne… Il y a un « petit » choc qui se produit.

Une professeure de lettres du lycée Jean-Paul II de Compiègne (Oise)

Le proviseur aurait aussi déclaré : « Nous devons donc les protéger parce qu’ils souffrent de cette société en perte de repères« . Les tentatives des enseignantes – qui se sont rebaptisées « les Simones » – pour convaincre le proviseur de l’utilité d’aller voir l’œuvre cinématographique ont été vaines.

Le film Rafiki était, quant à lui, présenté dans le cadre du dispositif « lycéens et apprentis au cinéma ». En compétition dans la sélection Un certain regard du festival de Cannes 2018, il a été censuré au Kenya… et au lycée Jean-Paul II. « Vous comprenez l’événement traumatique, un film censuré au Kenya et à Compiègne… Il y a un ‘petit’ choc qui se produit« , souligne ironiquement la professeure de lettres.

Selon les informations de Mediapart, devant plusieurs professeurs, le proviseur aurait également accusé le film Rafiki de « banaliser l’homosexualité » et craindre qu’il ne suscite « la controverse » dans les familles. Le proviseur aurait par ailleurs déclaré que « la culture est gangrénée par le lobby LGBT« , selon le rapport du rectorat transmis à la procureure. 

« Quand la classe est fermée, nous choisissons nos supports comme nous l’entendons. Mais dans des réunions de discernement, on nous invite très fermement à nous ajuster au projet éducatif et à ne pas choisir des œuvres qui puissent heurter ne serait-ce qu’une sensibilité« , révèle l’enseignante qui refuse d’accepter cet argumentaire. « Il n’est pas question que les professeurs de lettres se fassent rééduquer« , tranche-t-elle. « La culture de la censure est grave. Nous préférons la culture de l’interprétation des textes.« 

« On doit pouvoir parler de tout à partir du moment où l’enseignant choisit ses supports en fonction […] des problématiques auxquelles il cherche à répondre avec ses élèves. Une œuvre est faite pour bousculer, amener à se poser des questions« , ajoute l’enseignante.

Je ne fais pas le prosélytisme de l’adultère quand j’étudie Madame Bovary, ni de l’infanticide quand j’étudie la figure tragique de Médée. En acceptant ces raccourcis mortifères, on signe la fin de notre métier.

Une professeure de lettres du lycée Jean-Paul II de Compiègne (Oise)

Elle dénonce « un obscurantisme le plus total » et se désole qu’à « aucun moment, il n’y ait eu une volonté de rétropédaler et de rattraper des propos et des argumentaires« .

L’enseignante et ses collègues qui ont fait remonter les faits dénoncent « un délit d’entrave à [leur] liberté, et à [leur] responsabilité pédagogique« . Selon elle, « ces délits d’entrave s’effectuent de manière concertée avec les chefs d’établissement, mais aussi avec toute la hiérarchie : le directeur diocésain, l’évêque, le secrétaire général de l’enseignement catholique et une série de professeurs, certains faisant partie du comité de direction.« 

Une situation qui désole d’autant plus la professeure que cette dernière explique « adhérer totalement au projet personnaliste de l’institution« . « Si on lit le projet éducatif de Jean-Paul II, sur la formation intégrale de la personne, sur la dignité humaine, c’est un projet magnifique« , estime celle qui ne voit pas la cohérence éducative dans la façon dont ce projet est déployé à Compiègne.

« On ne peut pas soutenir ce qui s’est passé parce qu’il y a une atteinte à nos valeurs républicaines, à notre service de mission éducative publique. Nous sommes des agents de l’État, payés par l’État. Ne pas remonter ces informations, c’est se rendre complices de ces groupes de pression et de ces personnes qui tiennent ces argumentaires. La valeur du service public, on y tient, nos administrations, on les aime. On aime enseigner », appuie-t-elle.

La professeure de lettres, aujourd’hui en arrêt maladie, dénonce également « des intimidations, des humiliations, et des groupes de pression bien organisés« . Ainsi, antérieurement à l’article publié par Mediapart fin mars et à l’alerte donnée au rectorat, l’enseignante rapporte un appel menaçant passé à son mari, un soir vers 20h disant selon elle : « attention, votre femme est malade, elle a complétement sombré. Je vais lui pardonner. Mais dites-lui qu’elle arrête tout de suite parce que les choses vont aller très loin« . Elle explique avoir partagé cela avec des collègues « qui n’ont pas eu la moindre réaction« , et s’être ainsi sentie « isolée« .

Finalement, dans cette affaire, « les collègues qui m’étaient les plus proches se sont révélés soit les plus réfractaires, soit ont gardé le silence et un mutisme vraiment blessant« , se désole-t-elle. Elle regrette qu’ils n’aient « pas voulu discuter parce qu’ils n’étaient pas atteints dans leur discipline et leur chair« .

Ils ont peur de représailles, c’est aussi pour ça qu’ils nous ont complètement laissé tomber.

Une professeure de lettres du lycée Jean-Paul II de Compiègne (Oise)

Selon l’enseignante, « les parents d’élèves ont peur » également. Elle affirme avoir reçu « plusieurs témoignages de parents qui ne voulaient pas faire remonter les informations parce qu’ils avaient peur que leur enfant ait des appréciations négatives sur Parcoursup« . Quant aux élèves, « ils n’ont pas compris ce qui s’était passé parce qu’à aucun moment, les faits leur ont été expliqués« . L’enseignante n’aurait pas été autorisée à le faire en classe de son côté.

La professeure de lettres ne se fait pas d’illusion quant à son avenir à Jean-Paul II. « Pour l’instant, il n’y a pas de projet professionnel pour septembre. Je pense que j’exercerai mon droit de retrait si la situation n’est pas réglée en profondeur par nos administrations« , explique-t-elle.

Mais elle ne compte pas abandonner l’enseignement catholique pour autant. En dénonçant ce qu’il se passe au sein du lycée Jean-Paul II, la professeure dit chercher à « défendre la dignité de l’enseignement catholique parce que ce qui se passe chez nous n’est pas évangélique.« 

Je ne pourrais plus me regarder dans la glace si je n’avais pas insisté pour que les faits soient reconnus.

Une professeure de lettres du lycée Jean-Paul II de Compiègne (Oise)

Si elle se retrouve aujourd’hui exposée, elle ne regrette pas d’avoir dénoncé la censure et les propos homophobes du proviseur de l’établissement. « Je ne pourrais plus me regarder dans la glace si je n’avais pas insisté pour que les faits soient reconnus. […] On souhaite que les diverses administrations, que ce soit le rectorat, le ministère de l’Intérieur, et de la Justice, se coordonnent et travaillent ensemble pour mettre au jour ce qui nous arrive. On attend que nos administrations réagissent et ne nous laissent pas sans nouvelles.« 

L’enseignante et les autres professeurs concernés seront reçus par le recteur dans quelques jours, audience au cours de laquelle, ils rencontreront probablement la préfète de l’Oise Catherine Séguin ainsi que la procureure de la République de Compiègne.

Avec Noëlie Mésange

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Catholiques et protestants s’accordent

Gordon Brown s’est félicité hier de l’ouverture d’un «nouveau chapitre» en Irlande du nord, après la conclusion d’un accord entre partis catholique et protestant. Le dernier obstacle à l’application complète du processus de paix lancé en 1998 est levé.

Le premier ministre britannique a annoncé que le transfert effectif de Londres vers Belfast des pouvoirs de justice et de police, au cœur d’âpres négociations depuis deux semaines entre les catholiques du Sinn Féin et les protestants du DUP, commencerait à partir du 12 avril.

«Nous fermons le dernier chapitre d’une histoire longue et troublée et nous ouvrons un nouveau chapitre pour l’Irlande du nord», a déclaré Gordon Brown. Il a présenté les détails de l’accord, au côté du premier ministre irlandais Brian Cowen et des représentants des partis locaux.

Il a précisé que le gouvernement britannique fournirait 800 millions de livres (1,35 milliard de francs) pour financer ce transfert.

«Cet accord est le signe le plus sûr que nous ne retournerons pas aux jours sombres du passé», a de son côté déclaré le premier ministre d’Irlande du Nord, Peter Robinson, dont le parti unioniste protestant DUP s’est rallié finalement jeudi soir à l’accord.

Gerry Adams, le président du Sinn Féin, a salué «une chance merveilleuse et un nouvel esprit nous permettant à tous d’avancer». L’unioniste Peter Robinson et son vice-premier ministre républicain Martin McGuinness, ancien chef de l’Armée républicaine irlandaise (Ira), ont toutefois refusé une invitation à échanger une poignée de main symbolique devant les journalistes, après deux semaines de négociations intenses. /ats-afp

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L’œuvre et le Centre catholique de jeunesse célébrés

C’est un double anniversaire qui a été fêté dimanche 11 juin, avec les 60 ans de l’œuvre de jeunesse de la Font Neuve et les 75 ans du Centre catholique de Jeunesse. C’est dans la cour de l’Oeuvre, avenue de la Font Neuve que plus de 400 personnes se sont rassemblées pour fêter cet anniversaire en ce jour de la Fête Dieu. à 10 h, la messe a été célébrée par Monseigneur Turini, évêque de Béziers.

Mgr Turini a évoqué en préambule, le 200e anniversaire de la naissance de Joseph-Marie Timon-David, fondateur de la congrégation du Cœur de Jésus qui a été à l’origine de la création de l’œuvre de jeunesse. « Ici on joue, ici on prie », a-t-il rappelé. Comment ne pas parler également du Père Coreau, qui en 1946 a créé et installé le Centre de jeunesse à l’emplacement d’une ancienne usine d’engrais et y a fait bâtir une première chapelle, avant la construction de l’actuelle église Saint Joseph.

La messe s’est ensuite déroulée devant une foule recueillie et attentive. Elle a été suivie d’une séance d’hommages avant les remerciements du Père Alain, qui a excusé le sous-préfet et l’ensemble des prêtres et curés des paroisses de Béziers, retenus par leur sacerdoce.

La parole a été ensuite donnée à Nicole Zenon, conseillère départementale et directrice de l’école de la Madeleine accompagnée de Luc Zenon conseiller municipal, à Didier Poyo, directeur du Centre catholique de jeunesse, à Thierry Mathieu, conseiller régional et directeur de la Caisse d’allocations familiales. Robert et Emmanuelle Ménard ont rejoint les participants au moment de l’apéritif qui a précédé le repas réunissant 250 convives.

Ce sont au total plus de 500 personnes qui ont participé toute la journée à cette fête parfaitement organisée par le Père Alain et son équipe de bénévoles et ont profité de l’après-midi pour des retrouvailles, des jeux et une exposition de photos.

Correspondant Midi Libre : 06 08 62 22 90.

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Restauration d’églises : 56% des catholiques souhaitent ouvrir les églises à d’autres activités

Enlèvement d’une statue pour restauration à la Sainte-Chapelle de Paris en 2013. KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Selon un sondage Ifop-Le Pèlerin, 33% des sondés se disent attachés à l’aspect patrimonial des églises et à leur sauvegarde.

En visite au Mont-Saint-Michel, Emmanuel Macron avait annoncé le lancement d’une souscription nationale pour le patrimoine religieux non protégé. Un sondage Ifop pour Pèlerin Magazine, en partenariat avec la Sauvegarde de l’Art français, démontre aujourd’hui l’attachement des Français au patrimoine religieux. Dans l’ordre, ils se montrent attachés aux châteaux (57% d’entre eux), au petit patrimoine rural (55%), puis aux églises, pour un tiers des personnes interrogées (33%). Viennent ensuite les sites archéologiques (30%) et le patrimoine industriel (25%). Plus la pratique religieuse est forte, plus ce pourcentage est élevé. 82% des catholiques pratiquants se montrent sensibles à la sauvegarde de ce patrimoine qu’ils jugent négligé, contre 40% des non-pratiquants, 35% des croyants d’autres religions et 14% des Français non croyants.

Chez les seuls catholiques, quasiment la moitié des sondés se disent proches de l’église de leur quartier ou de leur village, preuve que les édifices jouent un rôle structurant. Dans cette cohorte, 73% affirment être prêts à soutenir la restauration d’église, et 13% «tout à fait prêts» à mettre la main à la poche.

La majorité des personnes interrogées (et même 56% des catholiques) se disent enfin favorables à ce que les édifices accueillent d’autres activités en dehors du culte – dont des espaces pour honorer les défunts (82%), pour héberger les pèlerins (80%) pour des cours de musique (79%) ou pour des spectacles (71%). Deux tiers des personnes interrogées estiment qu’elles peuvent s’ouvrir aux associations, 55% pensent que les églises peuvent accueillir des SDF ou une médiathèque, 48% une épicerie solidaire et 45% des cours de soutien aux écoliers ou étudiants.

La France compte 42.000 lieux de culte catholiques. Seuls 10.500 d’entre eux sont classés monuments historiques, ce qui leur donne accès aux aides du ministère de la Culture pour des travaux de restauration. Le ministère de la Culture est en train d’engager une campagne d’inscription ou de classement pour des édifices religieux non protégés, datant principalement des XIXe et XXe siècles. La souscription nationale devrait, quant à elle, être lancée en septembre prochain, au moment des Journées du patrimoine.

Sondage réalisé les 11 et 12 avril sur un échantillon représentatif de 1015 personnes

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ÉCOLES CATHOLIQUES MAHAJANGA – Les dates de l’examen du bac catholique sont connues

La direction des écoles catholiques, ou DIDEC, de Mahajanga, vient de définir les dates du baccalauréat catholique dans la ville de Mahajanga et en dehors du vicariat ville. L’examen se déroulera du 27 au 30 juin prochains pour les candidats du vicariat ville de Mahajanga. Tandis que pour les candidats provenant des lycées catholiques des régions Betsiboka, à Maevatanana, Ikopa, Ambongo comprenant Namakia, Ambondromamy ainsi que Marovoay, l’examen du bac se tiendra du 19 au 23 juin prochain. Les sujets seront différents, d’après les responsables. Par ailleurs, le calendrier de l’année scolaire 2023-2024 est également établi. Le premier trimestre débutera du 12 septembre au 22 décembre 2023. Le second trimestre est prévu du 9 janvier au 22 mars 2024 et le dernier trimestre est arrêté pour les dates du 9 avril au 22 juin 2024.

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Convention baptiste du Sud : Rick Warren plaide en faveur des femmes pasteures

Rick Warren, l’un des pasteurs évangéliques les plus célèbres des États-Unis, connu aussi dans les milieux catholiques charismatiques en France, s’est fait depuis quelques années l’avocat des femmes dans le monde baptiste américain. Alors que les pasteurs des Églises évangéliques sont encore en grande majorité des hommes, il a lancé un site Internet avec des vidéos destinées à encourager la promotion des femmes dans la gouvernance et à récuser les arguments selon lesquels le ministère de pasteur serait réservé aux hommes.

Le sujet le concerne au premier plan. Saddleback, la megachurch californienne qu’il a créée en 1980 et qui demeure l’une des plus importantes du pays avec 57 000 fidèles, a été exclue, en raison précisément de la présence de femmes pasteures dans ses rangs, de la puissante et conservatrice Convention baptiste du Sud (SBC), la première union d’Églises américaine. Mardi 13 juin, Rick Warren a plaidé pour la réintégration de son Église et pour une plus grande inclusion des femmes devant les 12 000 représentants de la SBC réunis en Assemblée annuelle à La Nouvelle-Orléans (Louisiane).

Seul derrière son pied de micro, face à une audience loin d’être acquise à sa cause, Rick Warren, 69 ans, s’est montré offensif. « Depuis 178 ans, la SBC est un mélange de plusieurs clans, a-t-il déclaré. Si vous pensez que les baptistes pensent tous comme vous, vous vous trompez. » Sans appeler à un changement de cap théologique, l’auteur du best-seller Une vie motivée par l’essentiel a plaidé en faveur de l’unité : « Puisque les baptistes du Sud ont historiquement acté leurs désaccords sur des points doctrinaux essentiels (…), pourquoi cette question (du ministère féminin, NDLR) devrait-elle dissoudre notre communauté ? »

« Nous devons exclure les églises coupables de péchés sexuels, raciaux, financiers et de gouvernance parce que cela porte atteinte à notre témoignage, a-t-il poursuivi. Mais les 1 928 églises avec des équipes pastorales composées de femmes n’ont pas péché. » Alors qu’il rappelait que le télévangéliste Billy Graham, l’une des figures du baptisme moderne, avait lui même soutenu sa fille dans le pastorat, son micro a été coupé, son temps de parole étant écoulé. Seuls quelques discrets applaudissements se sont fait entendre dans le public.

Lettre ouverte

Depuis plusieurs jours, le pasteur n’hésitait pas à diffuser sur les réseaux sociaux des extraits de son discours et à affirmer une position contraire à celle de la majorité de la SBC. Alors que la constitution en vigueur de la Convention baptiste affirme que le ministère de pasteur est réservé aux « hommes », il a relevé non sans ironie sur Twitter que son Église et la SBC ne sont en désaccord « que sur un seul mot : hommes ». « Nous sommes d’accord à 99,99 %. N’est-ce pas assez ? » pour rester membre de cette institution, a-t-il insisté.

Souvent décrit comme membre de l’aile « progressiste » de la SBC, Rick Warren ne milite que depuis peu pour une meilleure inclusion des femmes dans les Églises de sa dénomination. Cette évolution de sa pensée, il l’explique en vidéo sur son site Internet, sur lequel il fournit aux fidèles un argumentaire biblique détaillé en faveur du pastorat féminin. Il indique avoir changé d’avis après plusieurs d’années d’étude des textes. Rejetant tant l’égalitarisme que la complémentarité homme-femme selon laquelle les deux ne sont pas destinés aux mêmes tâches, il affirme que ces positions ont des « faiblesses » et « ignorent des versets ».

Dimanche, Rick Warren a également publié une lettre ouverte intitulée « Mes excuses aux femmes chrétiennes », dans laquelle il présente comme son « plus grand regret en 53 années de ministère » son absence « d’exégèse personnelle » sur le sujet. « Honte à moi (…). Je les ai empêchées d’utiliser les dons spirituels et les compétences de leadership que le Saint-Esprit a souverainement placés en elles, conclut-il, pressentant que son argumentaire lors de l’Assemblée de la SBC ne suffira pas à convaincre la majorité des représentants. J’aimerais pouvoir tout recommencer. Femmes chrétiennes, voulez-vous me pardonner ? » Lui-même a quitté son poste à la tête de ­Saddleback, un mois après avoir ordonné pasteures trois femmes en 2021.

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Les baptistes du Sud en assemblée plénière

– L’assemblée annuelle de la Convention baptiste du Sud (SBC) s’est tenue à La Nouvelle-Orléans du mardi 13 au mercredi 14 juin. La question de la réintégration de la méga-église Saddleback, fondée par le célèbre pasteur Rick Warren doit y être tranchée.

Le président sortant de la dénomination, le pasteur texan Bart Barber, a été réélu mardi. Considéré comme le chef de file du courant conservateur dominant, il a été reconduit avec une large majorité des voix.

Une modification de la constitution interdisant formellement aux femmes de servir dans un rôle pastoral d’enseignement devait être soumise au vote mercredi. Si elle est approuvée, aucune femme au sein de la SBC ne pourra porter le titre de pasteur, sous peine d’exclusion de son Église.

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Le pasteur Rick Warren plaide pour des femmes pasteures à la Convention baptiste du Sud

Rick Warren, l’un des pasteurs évangéliques les plus célèbres des États-Unis, connu aussi dans les milieux catholiques charismatiques en France, s’est fait depuis quelques années l’avocat des femmes dans le monde baptiste américain. Alors que les pasteurs des Églises évangéliques sont encore en grande majorité des hommes, le fondateur de la mégachurch californienne Saddleback a lancé récemment un site Internet avec des vidéos destinées à encourager la promotion des femmes dans la gouvernance des Églises évangéliques et à récuser les arguments selon lesquels le ministère de pasteur serait réservé aux hommes.

Mardi 13 juin, il devait défendre sa position devant les quelque 12 000 « messagers » de la plus grande union d’Églises protestantes des États-Unis, la Convention baptiste du Sud (SBC), à l’occasion de l’Assemblée annuelle de la dénomination qui s’est ouverte ce jour même à La Nouvelle-Orléans (Louisiane).

La tâche ne sera pas aisée, et pour cause : la SBC doit approuver ces prochains jours une modification de sa constitution qui refuserait l’entrée dans l’institution aux Églises conférant à des femmes le titre de pasteur. Forte de plus de 14 millions de fidèles et 47 000 paroisses, la Convention baptiste du Sud demeure l’une des structures religieuses les plus importantes aux États-Unis malgré de fortes tensions internes depuis quelques années.

Critiques acerbes

L’Église créée par Rick Warren a d’ailleurs fait les frais de ces positions conservatrices en février dernier, se faisant exclure avec quatre autres de la Convention après que ces dernières ont ordonné des femmes. Saddleback, qui compte environ 57 000 fidèles et représente la deuxième mégachurch baptiste outre-Atlantique, a fait appel. Son recours sera examiné dans les deux prochains jours.

Souvent décrit comme membre de l’aile « progressiste » de la SBC, Rick Warren ne milite que depuis peu pour une meilleure inclusion des femmes dans les Églises de sa dénomination. Une évolution de sa pensée qu’il explique en vidéo sur un site Internet créé au début du mois de juin et sur lequel il fournit aux fidèles un argumentaire biblique en faveur du pastorat féminin. Il indique avoir changé d’avis après plusieurs d’années d’étude des textes. Rejetant tant l’égalitarisme que la complémentarité homme-femme selon laquelle les deux ne sont pas destinés aux mêmes tâches, il affirme que ces positions ont des « faiblesses » et « ignorent des versets bibliques ».

Lettre ouverte

Le célèbre pasteur n’hésite pas, depuis plusieurs jours, à donner le ton de son intervention et à affirmer une position contraire à celle de la majorité de la SBC sur les réseaux sociaux. Alors que la constitution en vigueur de la Convention baptiste affirme que le ministère de pasteur est réservé aux « hommes », il relève non sans ironie sur Twitter que son Église et la SBC ne sont en désaccord « que sur un seul mot : hommes ». « Nous sommes d’accord à 99,99 %. N’est-ce pas assez ? » pour rester membre de cette institution, insiste-t-il.

« Les fondateurs (de la SBC, NDLR) n’ont jamais voulu que notre Convention soit définie ou unifiée par une compilation de déclarations doctrinales établies par des hommes », a-t-il récidivé lundi, arguant que des différends doctrinaux de ce type n’avaient auparavant jamais mené à des exclusions. « La Bible elle-même suffisait. »

Dimanche, Rick Warren a également publié sur les réseaux sociaux une lettre ouverte intitulée « Mes excuses aux femmes chrétiennes », dans laquelle il présente comme son « plus grand regret en 53 années de ministère » son absence « d’exégèse personnelle ». « Honte à moi », écrit-il. « Je les ai empêchées d’utiliser les dons spirituels et les compétences de leadership que le Saint-Esprit a souverainement placés en elles (…) », conclut-il, pressentant que son argumentaire lors de l’Assemblée de la SBC ne suffira pas à convaincre la majorité des 12 000 représentants. « (…) J’aimerais pouvoir tout recommencer. Femmes chrétiennes, voulez-vous me pardonner ? » Lui-même a quitté son poste à la tête de Saddleback après avoir ordonné pasteures trois femmes en 2021.

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