Affaire Bétharram : « extrêmement vicieux », viols et sévices imposés aux enfants… qui est « Cheval », le surveillant visé par 74 plaintes

Affaire Bétharram : "extrêmement vicieux", viols et sévices imposés aux enfants..

l’essentiel Il figurait parmi les 3 hommes placés en garde à vue le 19 février dernier, dans le cadre de l’affaire de violences physiques et sexuelles à Notre-Dame de Bétharram, mais il a été relâché pour cause de faits prescrits. Que sait-on du surveillant « Cheval », visé par 74 plaintes d’anciens élèves de l’établissement ?

Contacté par la Dépêche du Midi, le lanceur d’alerte Alain Esquerre, porte-parole des victimes de l’affaire Bétharram, nous a dressé mi-février le portrait de plusieurs « tortionnaires » de l’établissement catholique des Pyrénées-Atlantiques. Parmi eux, un surveillant surnommé « Cheval », décrit comme « extrêmement vicieux » qui multipliait les actes « humiliants ».

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Quelques jours plus tard, le 19 février, l’homme aujourd’hui âgé de 70 ans a été placé en garde à vue, aux côtés de deux autres anciens membres du personnel de Notre-Dame de Bétharram. Les trois hommes sont soupçonnés de faits de « viols aggravés, agressions sexuelles aggravées et/ou violences aggravées », s’étalant « entre 1957 et 2004 ». Mais « Cheval » échappe à la mise en examen en raison de la prescription des faits qui lui sont reprochés (74 plaintes pour viol, agressions sexuelles, et violences sur mineur, d’après France Info). Il est donc ressorti libre de sa garde-à-vue.

Arrivé à Bétharram en 1978

Damien S., de son vrai nom, intègre l’institution catholique en 1978, alors qu’il n’a que 23 ans. Il est alors surveillant et très vite, les élèves le surnomme « Cheval ». Un ancien pensionnaire a expliqué à nos confrères de France Info que le visage allongé, la mâchoire forte ou la grosse chevalière qu’il « retournait à l’intérieur de sa main quand il cognait » lui ont valu ce sobriquet.

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Violent, vicieux, « Cheval » aurait fait subir à des élèves la punition dite du perron, qui consistait à rester des heures sur le perron de l’établissement, en pyjama, agenouillé sur une règle carrée en fer. Des témoins se souviennent des genoux en sang, du froid et du traumatisme de cette punition. L’un d’eux en a notamment parlé sur le plateau de Quotidien.

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« Il pouvait lui arriver de se déguiser en infirmier pour administrer dans les fesses de certains élèves des piqûres remplies d’eau. J’ai au moins quatre témoignages qui évoquent des faits de cette nature », nous a par ailleurs confié Alain Esquerre. Pour le lanceur d’alerte, il était « impossible d’échapper à la violence de ‘Cheval' ». Et cela se serait aggravé après la nomination de « Cheval » en qualité de préfet de Bétharram, et l’obtention pour l’ancien surveillant d’un bureau personnel dans lequel des élèves affirment avoir subi des sévices, d’après France Info.

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Licencié en 1989, mais nommé dans d’autres établissements scolaires

Nos confrères livrent la date du licenciement de « Cheval ». Damien S. aurait quitté Bétharram en 1989, mais « je retrouve des traces de ses passages à Orléans, à Paris, et à Châteauroux, où il a fini sa carrière en tant que directeur adjoint en 2018 », nous a assuré Alain Esquerre.

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Dans un courrier que Franceinfo a pu consulter, la direction de l’enseignement catholique Orléans-Bourges, dans lequel il aurait fini sa carrière a lancé un appel à témoignage : « Tout doit être mis en œuvre, pour que la parole soit libérée, la lumière soit faite, dans une coopération sans réserve, sans restriction, avec les autorités publiques compétentes », a-t-elle fait savoir.

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En garde à vue, Damien S. aurait admis avoir pu porter des gifles à des élèves mais nie les accusations de violences sexuelles. Il est aujourd’hui libre, mais de nouvelles plaintes ont été déposées ce jeudi 27 février. Un ancien surveillant a, lui, était mis en examen pour viol aggravé et agression sexuelle aggravée sur mineur.

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