Après 50 ans d’activité, le vestiaire du Secours catholique de Rambouillet est fermé

Les bénévoles de l’association humanitaire le Secours catholique de Rambouillet ont dû se résoudre à prendre la décision. Le dimanche 17 mars 2024, à l’issue de la braderie de printemps, qui s’est déroulée pendant trois jours, ils ont décidé de fermer définitivement le vestiaire après cinquante ans d’activité.

Le vestiaire permettait de donner des vêtements aux personnes défavorisées tout au long de l’année. Deux braderies étaient organisées par an, celles-ci permettaient de récolter des fonds pour l’association.

Le vestiaire était installé dans des locaux attenants à l’église Saint-Bernadette, dans le quartier de la Louvière. Deux raisons ont conduit les membres du Secours catholique à prendre cette décision : la baisse du nombre de bénévoles et la difficulté à les recruter, mais aussi la sécurité du local.

Le salon des métiers d’art de Rambouillet débute ce samedi 2 mars : « Le but est de mettre l’artisanat local en valeur »

Pas d’avis défavorable de la commission

La dernière commission de sécurité qui est passée dans les locaux, composée notamment de pompiers, » n’avait pas émis un avis défavorable, mais avait préconisé des conseils pour rendre les locaux plus dégagés « , rappelle Véronique Matillon, le maire de Rambouillet.

Face à la fermeture du vestiaire du Secours catholique, les bénéficiaires sont réorientés vers la Croix-Rouge et La Ressourcerie de Rambouillet.
 » On va faire un bilan suite à l’arrêt de ce vestiaire et réfléchir avec le réseau solidarités à la suite à donner », conclut Véronique Matillon.

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Claire Béguin

sainte-marie-orleans.org vous produit ce texte qui aborde le thème « Paroisse Sainte-Marie d’Orléans ». Le but de sainte-marie-orleans.org étant de rassembler en ligne des données sur le sujet de Paroisse Sainte-Marie d’Orléans puis les diffuser en essayant de répondre du mieux possible aux interrogations que tout le monde se pose. Cet article se veut reconstitué de la façon la plus correcte que possible. Si jamais vous projetez d’apporter quelques précisions autour du sujet « Paroisse Sainte-Marie d’Orléans », vous avez la possibilité de d’échanger avec notre rédaction. Dans les prochaines heures on rendra accessibles à tout le monde d’autres annonces autour du sujet « Paroisse Sainte-Marie d’Orléans ». Alors, consultez régulièrement notre blog.

Eglise catholique : hausse spectaculaire des baptêmes d’adultes et d’ados

Quelque 12 000 adolescents et adultes seront baptisés en 2024, un chiffre en nette hausse par rapport à l’année dernière. Une «tendance de fond», dont se réjouit l’épiscopat français, mais qui ne compense pas la déchristianisation de la société française.

Dans l’Eglise catholique en France, frappée de plein fouet depuis une dizaine de d’années par la crise des violences sexuelles, les bonnes nouvelles ne sont pas légion. Alors, les évêques s’accrochent, ces derniers temps, à l’embellie des baptêmes d’adultes et de jeunes qui sont en forte augmentation. D’après les chiffres de la Conférence des évêques de France (CEF) rendus publics ce mercredi, 7 135 catéchumènes adultes (les personnes qui postulent à ce sacrement) seront baptisés en 2024, ce qui représente une augmentation de 30 % par rapport à l’année dernière, où ils étaient 5 463. Traditionnellement, ceux-ci sont baptisés à la Vigile de Pâques, c’est-à-dire dans la nuit de samedi à dimanche.

Des marges de progression significatives

Avant l’épidémie de Covid, l’Eglise catholique enregistrait, chaque année, environ 4 500 baptêmes d’adultes. La progression constatée en 2023 avait été, à l’époque, analysée comme une compensation des cérémonies qui n’avaient pas pu se tenir pendant la pandémie. Le bond en avant de 2024 change l’optique. «Il ne s’agit plus d’un rattrapage mais d’une tendance de fond», estime Catherine Chevalier, directrice du service national pour la catéchèse et le catéchuménat de la CEF.

Ce rebond est confirmé par l’augmentation également très significative des baptêmes d’adolescents, ceux âgés de 11 à 17 ans. Selon la CEF, 5 025 ados seront baptisés, cette année, dans les 68 diocèses (sur 94) qui ont répondu à l’enquête. Là aussi, les marges de progression sont significatives, une hausse, en moyenne, de 50 %.

Parmi les 7 135 adultes qui seront baptisés en 2024, 36 % ont entre 18 et 25 ans. La population est également, c’est une constante, majoritairement féminine, 62 % de femmes pour 38 % d’hommes. Phénomène qui était majoritairement urbain, les demandes de baptêmes à l’âge adulte connaissent désormais une progression significative en milieu rural : 29 % des catéchumènes baptisés en 2024 vivent à la campagne. Leur origine religieuse se diversifie également. Si 61 % d’entre eux ont grandi dans des familles de tradition chrétienne, presque un quart provient de milieu sans religion et 5 % ont une origine musulmane.

Catholicisme en perte de vitesse

Le phénomène est trop récent pour donner lieu à des études approfondies qui expliqueraient ce rebond. «Les jeunes abordent la question de la foi de façon plus décomplexée que les générations précédentes», estime cependant Catherine Chevalier, qui évoque aussi «un besoin de fraternité, de tisser des relations». Selon la responsable de la CEF, l’épidémie de Covid et la crise climatique ont également mis en exergue une quête renouvelée de sens. De fait, les jeunes générations sont marquées par un retour de la religiosité comme le soulignait une enquête, publiée en décembre, sur les jeunes et la laïcité.

Quoi qu’il en soit, ce n’est pas, en France, le grand printemps du catholicisme, en perte de vitesse dans l’Hexagone. A preuve, les chiffres des baptêmes ont drastiquement chuté en vingt ans, diminuant de moitié. En l’an 2000, il y a eu en France 400 327 baptêmes et en 2019, leur nombre était tombé à 204 304. En 2020, le chiffre (le dernier disponible publiquement) était dramatiquement bas pour l’Eglise catholique, chutant à 93 464, mais il s’agissait de l’année des confinements liés à la pandémie. Pour l’institution, la flambée des baptêmes d’adultes et d’adolescents ne compense pas pour le moment, la déchristianisation de la société française.

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La librairie chrétienne Agapè, à Orléans, cherche un repreneur

Le couple qui gère la librairie chrétienne va prendre sa retraite. Geneviève et Nicolas Joanne, 64 ans, aspirent à un repos mérité. Mais ils ne veulent pas fermer sans avoir trouvé un successeur. Qu’ils promettent d’accompagner.

Agapè est la seule librairie chrétienne d’Orléans. Et même du Loiret. Elle a ouvert, à l’automne 2017, dans un grand local clair, très haut de plafond, à deux pas de la gare, au 79, boulevard Alexandre-Martin. Joliment aménagé, l’espace propose des livres, bien sûr, pour adultes et enfants mais aussi des bibles, santons, bijoux, produits monastiques… Elle prenait, en quelque sorte, la suite de la Procure, qui avait baissé le rideau six mois plus tôt.

Agapè a ouvert il y a 6 ans et demi, au 79, boulevard Alexandre-Martin.

Il a fallu quelques mois pour se faire un trou, un réseau, une clientèle. Mais aujourd’hui, elle est présente et fidèle. « Ça marche bien. Le chiffre d’affaires est même en hausse », résume Geneviève Joanne, devenue libraire en 2009, en ouvrant un premier Agapè à Nevers.

Y a-t-il trop de librairies à Orléans et son agglo ? Voici ce qu’en pensent les principaux intéressés

Cette librairie spécialisée répond à une demande. « On a une clientèle de tradition chrétienne. Des catholiques, des protestants. On a soit des particuliers qui vivent surtout dans l’agglo, soit des paroisses, salons et associations », complète Nicolas, son mari.

Accompagnement garanti

Maintenant qu’ils ont « fait la preuve qu’on pouvait en vivre », ils cherchent à passer le flambeau. « C’est un métier passionnant mais on commence à fatiguer. On a fait des très belles rencontres, eu de riches conservations spirituelles. »

Le couple projetait, dès l’ouverture, de partir à la retraite vers 2024-2025. « On a commencé à en parler dès le mois de juin dernier. On l’a annoncé dans nos réseaux : syndicat de la librairie française et cercles chrétiens. On a eu une piste qui n’a pas abouti. On a relancé en début d’année et on espère avoir des candidats sérieux et motivés. L’objectif, c’est de ne pas fermer. Cela nous ferait mal à nous mais aussi à tous nos clients. »

« C’était ça ou la fermeture » : en difficulté, la librairie Jaune Citron, à Orléans, lance un appel aux dons

Pour se lancer, Geneviève et Nicolas assurent qu’il faut « aimer les livres, les gens et la vie d’entreprise. Et être aussi porté par une dimension religieuse ou spirituelle ». Pour assurer la transition, ils se disent « prêts à accompagner la reprise le temps qu’il faut. Car on souhaite que ça marche ! »

Pratique. Les intéressés peuvent les contacter par mail à contact@librairieagape.fr ou au 02.38.73.49.58. Le fonds de commerce est estimé à 140.000 euros et le stock à 120.000 euros.Des livres pour adultes et enfants mais pas seulement.

Marie Guibal

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L’enseignement catholique privé victime… de son succès

Quand on demande à Armelle pourquoi elle a mis ses deux enfants dans le privé, elle parle de sa propre enfance. « Je me suis souvenue de mon passage dans le privé en CE1, après un CP difficile dans le public avec la méthode globale, du contraste avec ma nouvelle classe toute calme, tenue par une religieuse. Alors j’ai voulu la même chose pour mes enfants : du calme et des méthodes classiques. » Qu’importe que la méthode globale ait disparu dans le public depuis longtemps, ou que les religieuses soient devenues rares dans le privé. Comme de nombreux jeunes parents, Armelle est venue chercher à l’école privée catholique un cadre rassurant et des « valeurs traditionnelles », deux motivations fréquentes, selon un récent sondage de l’Association des parents d’élèves de l’enseignement libre, l’Apel.

« Peu de parents disent venir pour l’Évangile en tant que tel, reconnaît Vivien Joby, à la tête du groupe scolaire La Providence, à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Mais en creux, ils plébiscitent notre identité catholique, qui se traduit par l’attention aux élèves. Nos familles considèrent qu’on s’occupe bien de leurs enfants. »

À l’heure où les incertitudes sur l’avenir sont nombreuses, certains parents voient dans ces écoles une offre éducative rassurante, et une façon de donner « le meilleur à leurs enfants ». La Cour des comptes, dans un rapport de 2023, pointait aussi le poids des difficultés du public dans ce succès du privé. Les magistrats expliquaient avoir visité des établissements sous contrat, dans le cadre de leurs travaux. « Pour les parents rencontrés lors de ces visites, les établissements publics font souvent figure de repoussoir », notaient les juges. Ces familles avaient trouvé dans le privé une forme de refuge après que leur enfant a été confronté, dans le public, à des problèmes « de sécurité, à l’insuffisance des remplacements en cas d’absence des enseignants ou à la moindre personnalisation des relations avec l’équipe pédagogique ou de direction », listait la Cour.

Une capacité à répondre à des attentes différentes

Les établissements estiment, eux, que leur succès s’explique surtout par la souplesse, qui permet de s’adapter aux demandes des familles aujourd’hui en quête d’aide éducative pour leurs enfants. «Nous sommes face à un changement de société évident, les parents qui viennent chez nous cherchent des valeurs, des références », estime Catherine Redon, cheffe d’établissement de Notre-Dame de Bellegarde, près de Lyon (Rhône). Or, grâce au statut particulier du privé, qui bénéficie d’une liberté pédagogique et d’une autonomie accrue, il peut coller aux demandes dans l’air du temps, qu’elles concernent le bien-être des enfants, la performance scolaire ou encore… l’écologie.

Chaque établissement catholique est, en effet, régi par un projet d’établissement qui lui est propre et auxquels les parents doivent adhérer au moment de l’inscription. Le développement intégral de l’enfant, c’est-à-dire intellectuel, humain, spirituel, y est central, quitte à ce que ce grand principe se décline de façons très diverses selon les écoles. Par exemple, Notre-Dame de Bellegarde est un établissement écolabellisé dont tout le projet pédagogique est irrigué par l’encyclique Laudato si’.« Nous l’avons décliné en trois axes : apprendre à prendre soin de soi, des autres et du bien commun », liste Catherine Redon. De là ont germé des tas de projets pédagogiques : relaxation, yoga, mais aussi visites de la synagogue et de la mosquée voisines, « afin de connaître l’autre ». Sans compter divers projets solidaires : cross pour financer une école à Ouagadougou, pyramide de boîtes de conserve pour les Restos du cœur, ou carnaval avec les résidents d’un hôpital gériatrique…

Un statut particulier

Tout cela est possible grâce à l’autonomie des chefs d’établissement du privé. « Il me suffit de signer pour faire partir une classe en voyage scolaire au Liban ou remplacer un ordinateur dans la salle informatique. Nos collègues du public sont beaucoup plus contraints par les procédures, alors forcément ça les freine », avance Catherine Redon. « Nous avons les marges de manœuvre pour faire de nos classes des lieux d’expérimentation », confirme Lionel Fauthoux, à la communication des établissements lasalliens. Cette souplesse pédagogique est jugée « intéressante » par le neuropsychologue Johannes Ziegler, membre du conseil scientifique de l’éducation, qui confirme ce côté foisonnant. « Il est vrai que les enseignants du privé sont facilement partants pour mener des expérimentations dans leur classe. C’est stimulant », estime-t-il.

Vu du public, cette autonomie est perçue comme un atout, certes réel, mais qui ne serait que la partie émergée de l’iceberg. Didier Georges, secrétaire national du SNPDEN, principal syndicat des personnels de direction du public, concède que « le statut de chef d’établissement du privé est efficace », mais assortit aussitôt ce constat d’une réserve : « Ce n’est quand même qu’une partie de l’équation. C’est facile d’être bon quand on est autorisé à renvoyer dans le public les élèves qui ne font pas l’affaire. »

Beaucoup s’interrogent sur leurs pratiques

L’école privée se voit régulièrement accusée de creuser les difficultés du public, en attirant les meilleurs éléments. Ce reproche, très relayé ces derniers mois par les syndicats d’enseignants, trouve un écho auprès de nombreux personnels du privé. Nombre d’entre eux s’interrogent sur leurs pratiques de sélection notamment. « Je constate que certains collègues, et pas seulement à Paris, accordent une très grande importance au comportement pour sélectionner leurs élèves, reprend Vivien Joby. Il va peut-être falloir que ça évolue. »

Certains parents avouent qu’ils risquent de payer au prix fort les restrictions d’accès à l’école privée, liées à l’afflux des candidatures. Pour Paul Vitart, père de deux enfants scolarisés à Caen et trésorier de l’Apel nationale, l’un des défis de l’enseignement catholique dans les années qui viennent sera de jouer le jeu de l’accueil de tous. « J’ose espérer que les chefs d’établissement ne sélectionnent pas qu’en fonction des notes. S’ils le font, l’enseignement catholique court à sa perte, car la société civile ne l’acceptera pas », lâche-t-il.

Ces questions, qui traversent la communauté éducative, ne semblent pas entamer la confiance des familles, qui plébiscitent l’école de leurs enfants, comme le montre encore le sondage de l’Apel. Les récentes polémiques qui ont porté, par exemple, sur Stanislas à Paris, n’y ont rien changé. « Certains parents sont agacés, d’autres peut-être en colère, mais l’immense majorité ne reconnaît absolument pas l’école de leurs enfants dans la caricature qui en est faite », juge Gilles Demarquet, le président de l’Apel.

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Migrants déplacés depuis Paris : à Orléans, le coup de gueule du maire surprend les associations

Dans les cuisines du Secours catholique à Orléans, Joselle et d’autres bénévoles préparent le petit déjeuner de ce mercredi pour une centaine de bénéficiaires : beaucoup d’hommes, quelques familles et une part substantielle de ressortissants étrangers. Ces derniers mois, l’accueil de jour, ouvert toute l’année du lundi au dimanche, a connu un sursaut spectaculaire de son activité, franchissant régulièrement le seuil des 200 couverts par matinée. « Il y a deux ans, ils étaient 50 à 60. Les petites journées d’aujourd’hui sont les pics d’hier », avance Emmanuel Barbier, le délégué départemental de l’association dans le Loiret, qui compte dorénavant plus de 600 bénévoles.

Ce jour-là, Dominique Marc est venu prêter main-forte en cuisine. Depuis l’année dernière, ce bénévole de longue date du Secours catholique, préside aux destinées du Relais Orléanais, « la seule association de la ville à servir quotidiennement entre 250 et 300 repas chauds le midi aux personnes en situation de grande précarité », détaille-t-il. Comme au Secours catholique, il constate que « le volume des personnes accompagnées augmente d’année en année », tout en restant néanmoins très en deçà des chiffres de 2022, liés au début de la guerre en Ukraine, « où nous servions jusqu’à 450 repas par jour ».

Des associations surprises

Avec Dominique Guy, le président du Secours catholique du Loiret, ils ont été pris de court par les déclarations de Serge Grouard, le maire d’Orléans (ex-LR), qui au cours d’une conférence de presse convoquée à la surprise générale lundi 25 mars, a dénoncé l’arrivée dans sa ville de plus de 500 migrants en moins d’un an pour décongestionner la capitale à l’approche des Jeux olympiques et paralympiques. Selon lui, un car – affrété par les services de l’État – transférerait toutes les trois semaines entre trente et cinquante sans-abris depuis la capitale, saturant les dispositifs d’hébergements d’urgence : « 70 % des places dans les logements d’urgence de la métropole d’Orléans sont occupées par des personnes sans titre de séjour », estime l’édile.

Cet afflux de migrants ne serait, selon Emmanuel Barbier, « pas suffisant pour expliquer le sursaut d’activité des associations caritatives ». Dans la ruralité, où l’accompagnement de ressortissants étrangers reste très marginal, les courbes de l’activité suivent la même pente ascendante. « À Chatillon-Coligny, au sud du Loiret, nous recevions une dizaine de familles, toutes françaises, il y a quelques années. Elles sont plus de 70 aujourd’hui. » Dans un contexte de « dégradation économique générale », Dominique Marc se dit aussi incapable d’identifier les causes de ce sursaut : « Comme au Secours catholique, nous sommes un lieu d’accueil inconditionnel. Nous ne savons pas toujours exactement d’où viennent nos bénéficiaires », admet-il. « Il y a aussi une grande variabilité de la fréquentation selon les mois ou les semaines, à laquelle nous devons nous adapter. »

« Nous ne sommes pas dans la même situation qu’à Calais »

Dans un communiqué, répondant aux accusations du maire, la préfecture du Loiret indique que 134 personnes seulement sont restées dans des structures du département depuis mai 2023. « En dix mois, 519 personnes ont été prises en charge en région Centre-Val de Loire dans l’un des dix sas d’accueil, ouvert dans le Loiret en mai 2023. À l’issue de leur prise en charge, 146 ont été orientées vers le dispositif national d’accueil pour demandeur d’asile, 335 dans l’hébergement d’urgence – leur situation au regard du droit au séjour étant en cours d’examen – et les autres ont quitté volontairement le territoire ».

Ce qui inquiète dorénavant le plus les associations, c’est la fin prochaine de la trêve hivernale. « Cela risque de mettre en avant le manque criant de structures d’hébergements d’urgence », redoute Dominique Guy. Un autre bénévole abonde : « Pour l’instant, nous ne sommes pas dans la même situation qu’à Calais ou dans le XXe arrondissement de Paris : les SDF sont très peu visibles à Orléans. Qu’en sera-t-il au printemps ou cet été ? »

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Les Bourses européennes ouvrent quasi stables

Les Bourses européennes ont ouvert sans grand changement mercredi par rapport à la veille, la séance s’annonçant relativement calme, les marchés attendant la publication d’indicateurs d’inflation en Europe et aux Etats-Unis vendredi.

Vers 08H05 GMT, la Bourse de Paris était stable (-0,05%), tout comme celle de Francfort (+0,06%) qui avait battu des records la veille. Londres reculait légèrement de 0,13%.

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Budget de l’Ontario : qu’obtiennent Ottawa et l’est ontarien?

Le budget de mi-mandat du gouvernement Ford contient peu de mesures consacrées principalement aux régions d’Ottawa et de l’est ontarien. Cependant, il met de l’avant une augmentation des dépenses en infrastructures, dont celles qui visent la construction de logements.

Les municipalités d’Ottawa et de l’est ontarien avaient presque toutes signalé leur intérêt à voir une hausse des investissements en infrastructures dans ce budget pour faire face à la croissance de leur population et afin de répondre à la demande de Doug Ford de construire plus de logements.

Alors qu’Ottawa et l’est ontarien étaient parmi les oubliés des budgets provinciaux en 2022 et 2023, est-ce toujours le cas cette année? Je vous dirais qu’ils sont un petit peu moins oubliés ces derniers temps, croit la politologue Geneviève Tellier.

<q data-attributes="{"lang":{"value":"fr","label":"Français"},"value":{"html":"Maintenant, la Ville d'Ottawa fait partie un peu de ces grandes municipalités comme Toronto qui ont besoin d'un coup de pouce supplémentaire de la province. Et l'est ontarien n’est pas vraiment négligé en ce sens que les programmes qui ont été conçus […] –si on parle d’infrastructures, d’écoles, d’hôpitaux– il va y avoir un peu d’argent pour tout le monde, saupoudré à l’ensemble de la province","text":"Maintenant, la Ville d’Ottawa fait partie un peu de ces grandes municipalités comme Toronto qui ont besoin d’un coup de pouce supplémentaire de la province. Et l’est ontarien n’est pas vraiment négligé en ce sens que les programmes qui ont été conçus […] –si on parle d’infrastructures, d’écoles, d’hôpitaux– il va y avoir un peu d’argent pour tout le monde, saupoudré à l’ensemble de la province"}} »>Maintenant, la Ville d’Ottawa fait partie un peu de ces grandes municipalités comme Toronto qui ont besoin d’un coup de pouce supplémentaire de la province. Et l’est ontarien n’est pas vraiment négligé en ce sens que les programmes qui ont été conçus […] – si on parle d’infrastructures, d’écoles, d’hôpitaux – il va y avoir un peu d’argent pour tout le monde, saupoudré à l’ensemble de la province, souligne Mme Tellier.

La région peut être un peu moins favorisée qu’ailleurs, mais je vous dirais qu’on est plutôt égal sur ce qu’il n’y pas.

Une citation de Geneviève Tellier, professeure à l’École d’études politiques à l’Université d’Ottawa

Dans son budget, l’Ontario réitère qu’elle investira 1,8 milliard de dollars sur trois ans, à compter de 2024-2025, pour créer des projets d’infrastructure municipale permettant de bâtir des logements. La province en avait fait l’annonce jeudi dernier.

Images aériennes de la construction d'un ensemble résidentiel unifamilial à Bond Head, Ontario, au nord de Vaughan. Prise de vue le 1er mars 2024

Dans son budget, l’Ontario met de l’avant une augmentation des dépenses en infrastructures, dont celles qui visent la construction de logements. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Patrick Morrell

Cet argent sera distribué de deux façons : d’abord, par l’entremise d’un nouveau programme pour les projets d’infrastructure municipale et le logement, doté d’un milliard de dollars; puis par le Fonds pour les réseaux d’eau visant la construction de logements, doté de 825 millions de dollars.

En éducation, le gouvernement réitère ses intentions d’aller de l’avant avec l’agrandissement du Collège catholique Mer Bleue, dans le quartier d’Orléans, ainsi que de l’École secondaire catholique Paul-Desmarais, à Stittsvilles, annoncé en 2021.

L’Ontario annonce également dans son budget la création d’une nouvelle école publique francophone à Ottawa pouvant accueillir 475 élèves avec 49 places en garderies agréées.

En matière d’infrastructures routières, le gouvernement ontarien annonce qu’il construira un nouvel échangeur à l’angle de l’autoroute 416 et du chemin Barnsdale, près du quartier Barrhaven à Ottawa.

L’initiative vise à soutenir la croissance démographique et les projets de développement que prévoit la ville dans la région de Barrhaven-Sud, lesquels concernent notamment le logement, les zones commerciales et les zones d’emploi, peut-on lire dans le budget. Il n’est toutefois pas précisé quand sa construction doit être achevée ni quand les automobilistes pourront commencer à emprunter cet échangeur.

Par ailleurs, la province soutient dans son budget qu’elle va continuer de remplacer les ponts de l’autoroute 417, en plus de réparer les ponts et les ponceaux de la route 28 dans le comté de Renfrew.

En santé, l’Ontario maintient son financement pour le réaménagement du campus Civic de l’Hôpital d’Ottawa, et ce, dans le but d’en faire un des centres de traumatologie les plus avancés de l’est de l’Ontario.

À lire aussi : 

Dans la bonne direction, dit le maire de Clarence-Rockland

Le maire de Clarence-Rockland, Mario Zanth, se réjouit de la présence d’un fonds pour aider les villes à construire des infrastructures municipales et ainsi bâtir plus de logements.

Un homme qui est pris en photo.

Le maire de la Cité de Clarence-Rockland, Mario Zanth, voit du positif dans le budget provincial déposé mardi. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Rebecca Kwan

<q data-attributes="{"lang":{"value":"fr","label":"Français"},"value":{"html":"Quand on parle de 190milliards de dollars au cours des 10prochaines années pour construire et développer plus de routes, de transport en commun, de logement, du réseau internet haute vitesse et d’autres infrastructures, je pense qu’on s’en va dans la bonne direction. J’avais dit au premier ministre quand je l’avais rencontré : \"c’est bon, on on va faire le plan provincial de bâtir 1,5million de maisons. Par contre, il va falloir que vous me donniez l’infrastructure pour aller avec\"","text":"Quand on parle de 190milliards de dollars au cours des 10prochaines années pour construire et développer plus de routes, de transport en commun, de logement, du réseau internet haute vitesse et d’autres infrastructures, je pense qu’on s’en va dans la bonne direction. J’avais dit au premier ministre quand je l’avais rencontré : \"c’est bon, on on va faire le plan provincial de bâtir 1,5million de maisons. Par contre, il va falloir que vous me donniez l’infrastructure pour aller avec\""}} »>Quand on parle de 190 milliards de dollars au cours des 10 prochaines années pour construire et développer plus de routes, de transport en commun, de logement, du réseau Internet haute vitesse et d’autres infrastructures, je pense qu’on s’en va dans la bonne direction. J’avais dit au premier ministre quand je l’avais rencontré : « c’est bon, on on va faire le plan provincial de bâtir 1,5 million de maisons. Par contre, il va falloir que vous me donniez l’infrastructure pour aller avec », a-t-il réagi.

Le maire d’Ottawa, Mark Sutcliffe, s’est également dit satisfait en raison des investissements en infrastructures et en transport en commun. Il espère parler au ministre des Finances de l’Ontario dans les prochains jours pour en savoir davantage sur la part du gâteau que recevra sa municipalité.

Avec la collaboration d’Alexandra Angers et de Frédéric Pepin

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Enseignement privé catholique : une autre école, d’autres valeurs

Dans un pays où les catholiques pratiquants ne représentent plus que 4 % de la population, la place de l’école catholique, qui scolarise toujours 2 millions d’enfants, interroge. Voire est source de tiraillements. Plusieurs polémiques récentes ont montré sur quelle ligne de crête se situent aujourd’hui ces écoles, qui doivent articuler l’anthropologie chrétienne et le respect de chacun, dans une époque où les fondamentaux du christianisme sont parfois mal connus et semblent se heurter aux évolutions sociétales.

Ainsi, à l’Institution Jean-Paul-II de Compiègne (Oise), l’interdiction de montrer un film consacré à Simone Veil a conduit au départ du directeur. Stanislas, fleuron des établissements parisiens, a été épinglé par un rapport d’inspection, qui lui reprochait notamment de rendre la catéchèse obligatoire, ce qui est contraire au contrat d’association avec l’État.

Comment une école catholique peut-elle désormais vivre sa spécificité? La réponse va d’autant moins de soi que les catholiques apparaissent plus divisés qu’autrefois, entre les tenants d’une religion ouverte sur le monde et ceux qui défendent un aspect plus identitaire. « L’équilibre est difficile à tenir : il faut réussir à transmettre notre spécificité sans la brader, tout en restant ouvert à tous », reconnaît une cheffe d’établissement parisienne, qui préfère ne pas être citée.

« Dans l’éducation catholique, la dimension universelle fait qu’on accueille tout le monde : mais est-ce que cela doit se faire au détriment de nos valeurs fondamentales ? », s’interroge un adjoint en pastorale dans un établissement marseillais. Il prend l’exemple de l’avortement : « Bien que je sois fondamentalement convaincu que c’est un droit essentiel, je n’inviterai pas dans l’établissement des associations qui en font la promotion sans recul. J’aurais tendance à choisir d’autres propositions, avec une position plus nuancée. »

Des attentes des familles très diverses

Les familles elles-mêmes ont des attentes très diverses, constatent les chefs d’établissement, qui sont choisis par leur tutelle – diocèse ou congrégation. Ce sont eux qui sont responsables du « caractère propre » reconnu par la loi Debré de 1959. Ce sont eux aussi qui reçoivent les enfants et leurs parents lors des inscriptions.

« On a affaire à tout un panel de familles : de celles qui ne nous trouvent pas assez catho à celles qui trouvent qu’on en fait toujours trop, témoigne le directeur du groupe scolaire La Providence à Saint-Malo. Saint François de Sales nous a montré la voie pour composer avec les uns et les autres : proposer à tous sans jamais rien imposer à personne », résume-t-il.

Cette diversité n’est pas, en soi, gênante, selon Jérémy Torresan, nouvellement élu à la tête du principal syndicat des chefs d’établissement du privé, le SNCEEL. « À condition néanmoins que les règles soient claires pour tout le monde dès le départ. Au moment de l’inscription, le chef d’établissement doit dire si la pastorale sera très présente ou pas, afin que les parents inscrivent leurs enfants en connaissance de cause. » D’ailleurs, la pastorale ne peut pas être obligatoire, selon les termes du contrat d’association avec l’État.

Chacun sa manière de mettre en musique la proposition chrétienne. Et tout dépend du projet de l’école. Dans certains établissements, l’éducation religieuse est légère, essentiellement confinée à une heure de formation à la culture religieuse prévue par les programmes. Les élèves volontaires peuvent bénéficier d’un parcours de catéchèse et de préparation aux sacrements, mais le projet chrétien n’irrigue, finalement, que peu le projet éducatif global.

Dans d’autres établissements, en revanche, la proposition se révèle beaucoup plus affirmative et englobante avec des temps foisonnants – messes, prières, formation des enseignants – rythmant l’année scolaire. C’est le cas de l’établissement jésuite Saint-Joseph à Reims. « Notre but est qu’un élève qui sorte de chez nous connaisse et ait pu faire l’expérience de la vision chrétienne de l’homme que nous portons. En revanche, que les enfants croient ou pas, je n’ai pas à en juger », détaille le directeur Olivier Hautier.

La proposition de la foi doit toujours se faire dans le « respect de la liberté de conscience, rappelle Philippe Delorme, secrétaire général de l’enseignement catholique. C’est pourquoi la pastorale n’a pas à être imposée. »

Sylvie Latour, adjointe en pastorale, dans un établissement catholique de Vincennes (Val-de-Marne) témoigne : « Cela m’est déjà arrivé d’interpeller des parents sur le fait que leurs enfants ne semblaient pas à l’aise en catéchèse et leur rappeler que cela n’avait rien d’obligatoire. On essaie de faire ce qu’il y a de plus ajusté pour chaque élève. »

« Pas une école publique comme les autres avec option caté »

Dans l’enseignement privé, on pointe d’ailleurs un malentendu sur la portée du caractère propre : « On a le sentiment que certains voudraient faire de l’enseignement catholique, une école publique comme les autres avec option caté, or ce n’est pas ça ! L’enseignement catholique, c’est tout un projet éducatif inspiré de l’Évangile », explique Mgr Benoît Rivière, évêque d’Autun et président du conseil pour l’enseignement catholique. Il met en garde contre une tendance à l’œuvre : « Il faut faire attention à la volonté ambiante d’uniformiser le climat scolaire. »

Sur les questions affectives et sexuelles, par exemple la transidentité, il revendique que l’enseignement catholique (« qui est un lieu d’Église ») « prenne son temps ». « On n’adopte pas toutes les demandes et les évolutions. On prône un dialogue ouvert et permanent avec les familles. » Afin d’aider les chefs d’établissement, le secrétariat général a diffusé des fiches repères sur l’identité de genre, en avril 2023.

Parfois, les contestations autour du caractère propre ne viennent pas de l’extérieur mais de l’intérieur de l’enseignement catholique. Depuis plusieurs mois, la FEP-CFDT, principal syndicat du privé, monte au créneau contre ce qu’elle estime être une « dérive » dans certains établissements des Pyrénées-Atlantiques : elle dénonce le développement de pratiques « ritualistes », comme la bénédiction des cartables ou la place donnée à des congrégations « traditionalistes »

Au-delà de ce cas précis, le secrétaire général de l’enseignement catholique s’inquiète d’une forme « de pensée unique » que tend à instaurer une conception extensive des « valeurs de la République ». « Est-ce que nous avons le droit de nous interroger ? De faire vivre un débat ?, interroge Philippe Delorme. Selon moi, notre force est de prôner l’accueil de tous, tout en incarnant une sensibilité particulière. Par notre existence même, par le fait que nous ne faisons pas la même chose que le public, nous servons ainsi la République, car nous incarnons un lien fraternel. Nous nous insérons pleinement dans la devise républicaine, en affirmant qu’il y a un espace entre la liberté et l’égalité. »

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Le caractère propre de l’enseignement catholique

Le terme de « caractère propre » est au cœur de la loi Debré de 1959.

À l’époque, plutôt que d’ouvrir de nouvelles écoles publiques pour accueillir les enfants nombreux du baby-boom, il est proposé aux écoles privées catholiques déjà existantes de s’associer au service public de l’éducation, tout en gardant leur identité. Pour cela est créé un contrat d’association qui reconnaît leur « caractère propre », et leur accorde, de ce fait, une marge d’autonomie et de liberté.

Le caractère propre n’est pas sans limites. Il doit s’articuler avec la liberté de conscience et l’ouverture à tous sans discrimination.

Dans l’enseignement catholique, il désigne la façon de faire l’école dans la tradition de l’Église.

Chaque école privée possède son caractère propre. Les écoles Diwan, par exemple, laïques et bretonnes, ont le leur.

(Source : Secrétariat général de l’enseignement catholique)

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Livres : Notre sélection de romans et BD jeunesse/ados pour le printemps

Du rêve au cauchemar avec Damsel*

Damsel de Evelyn Skye, Stardust, Dès 13 ans
Damsel de Evelyn Skye, Stardust, Dès 13 ans Stardust

Il était une fois une princesse qui s’appelait Elodie. Elle vivait dans un royaume heureux mais pauvre : Inophe. La jeune fille n’est pas une princesse comme les autres, elle a toujours aidé son peuple dans les tâches physiques, elle n’a pas sa langue dans sa poche et n’a pas une armée de serviteurs à sa disposition. Un jour, son père reçoit une demande en mariage de la part du prince Henry appartenant au riche et prospère royaume d’Aurea. Leur mariage résoudrait tous les problèmes d’Inophe. Tu te crois dans un conte pour enfants ? Avec un  » ils se marièrent, vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants «  ? Trop facile… Si le début de l’histoire sonne comme tel, tu vas, comme Elodie, voir que le beau prince et son pays parfait cachent quelque chose de louche.

À quel moment ce conte de fées va-t-il se transformer en véritable cauchemar ? Pour connaître la suite plongez dans le roman de Evelyn Skye. De l’action, du courage dans ce livre riche où vous apprendrez les bases de la langue des dragons, inventée par la fille de l’autrice seulement âgée de 13 ans !

Le roman a été adapté en film, disponible en ce moment sur Netflix, avec l’actrice Millie Bobby Brown (Enola Homes, Stranger Things). Il s’appelle La demoiselle et le dragon mais il est bien moins riche que la version livre. Et surtout, la fin n’est pas la même !

*de Evelyn Skye, Stardust, Dès 13 ans

Une jeunesse en colère avec Sans crier gare* et Jusqu’ici tout va bien**

Sans crier gare et Jusqu'ici tout va bien
Sans crier gare et Jusqu’ici tout va bien EDL

Dans une Amérique traumatisée par la guerre du Vietnam, Gary D. Schmidt dresse le portrait d’une jeunesse désabusée et révoltée dans son dernier roman et dans une BD adaptée d’un précédent livre. Les deux viennent de paraître.

Dans Sans crier gare, on suit Meryl Lee en proie à la dépression après le décès de son meilleur ami. Ses parents, afin qu’elle surmonte son chagrin, vont l’envoyer dans un internat privé. Une école non mixte où la bienséance prime. Ses jeunes filles de bonne famille vont apprendre à rentrer dans le moule, être des dames bien éduquées, savoir recevoir, parler de façon distinguée. Mais ce que Meryl va découvrir c’est un carcan, des inégalités et des personnes bien trop attachées aux apparences. C’est hors les murs qu’elle revivra. La jeune fille va vibrer en s’échappant, dès qu’elle le peut, de l’école. Elle va croiser le chemin de Matt, garçon des rues sans attache, intelligent mais méfiant, fuyant son passé. Deux âmes isolées, blessées qui se comprennent et vont s’épauler.

Dans la bande dessinée, Jusqu’ici tout va bien, ce sera Doug qui rencontrera Lilly après avoir déménagé de New York avec ses parents pour une petite ville paumée. Doug est maltraité par son frère, rabaissé par son père, et, sous ses airs de voyou, cache une certaine sensibilité. Avec le soutien de Lilly, qui lui ouvre les portes de la bibliothèque de la ville, il apprendra à travers le dessin et l’art à revivre. Nicolas Pitz retranscrit parfaitement l‘intensité du récit dans une adaptation où l’alternance de planches en couleur avec celles en noir et blanc accentuent les émotions des personnages.

Dans les deux récits, on retrouve les mêmes thématiques. Cette jeunesse à fleur de peau qui rêve de s’émanciper. Gary D. Schmidt croit en ses personnages, il leur donne le sens des valeurs par la littérature notamment en citant Steinbeck, Kipling ou Stevenson. Egalité, féminisme et ouverture d’esprit. Oui, ces jeunes sont meurtris, ils ont connu des choses qu’on ne devrait pas connaître à leur âge, ils ont peut-être grandi trop vite mais n’ont pas perdu espoir et rêvent de liberté et de s’élever au-dessus de ce qu’ils sont.

* Sans crier gare de Gary D. Schmidt (traduit par Caroline Guilleminot), Ecole des loisirs Collection M+, 464 pages, 19 euros

** Jusqu’ici tout va bien de Nicolas Pitz, Gary D. Schmidt, Rue de Sèvres, 232 pages, 20 euros

Sombre mythologie maya avec Les dieux de jade et d’ombre*

Les dieux de Jade et d'ombre
Les dieux de Jade et d’ombre Bragelonne

Dans le Mexique des années 20, où le jazz, la fête, l’alcool et la mode européenne contaminent la société traditionnelle, une étrange alliance va se former. Celle d’un dieu trahi par son frère et d’une jeune fille ingénue et bornée, plus habituée à récurer les sols et courber le dos qu’à profiter de la vie. Casiopea rêve d’évasion, de liberté et de frivolité ; une Cendrillon des temps modernes, pliée à la volonté de son grand-père qui lui a offert le gîte et le couvert à la mort de son père. Pourtant la jeune fille, curieuse, va ouvrir un coffre orné de symboles mayas et briser la captivité de Hun-Kame, dieu de la mort et seigneur de Xibalba. En le libérant, elle s’est liée à lui. Entre malédiction et opportunité de changer son destin, elle deviendra son alliée pour que le dieu déchu retrouve son pouvoir et son trône usurpé par son jumeau Vucub-Kame.

À la fois road trip moderne et récit mythologique empreint d’une magie sombre et méconnue, ce roman entre de façon originale dans les coutumes et croyances du Mexique. Silvia Moreno-Garcia, d’origine mexicaine, fait revivre les dieux anciens et les légendes de son pays.

* de Silvia Moreno-Garcia (traduit par Olivier Debernard), Bragelonne, 312 pages, 22 euros

Etre différent avec Stitch*

Stitch de Padraig Kenny, Lumen, Dès 9 ans
Stitch de Padraig Kenny, Lumen, Dès 9 ans Lumen

Et si on revisitait le mythe de Frankenstein,  cette créature créée par un scientifique à partir de morceaux de corps humains dans un roman du XVIIIe siècle ? Dans cette version par question de faire peur, c’est un roman jeunesse, le lecteur va rencontrer Stitch et son ami Henry créés eux aussi grâce à l’invention d’un scientifique à partir de personnes mortes. Mais ces deux créatures sont curieux de tout, rêvent d’aventures même s’ils n’ont jamais pu franchir les murs de leur château. Pourtant ça va arriver et là, ils vont bien vite se rendre compte qu’avec leurs cicatrices et leur drôle de physique aux yeux du monde, ce sont… des monstres. Facile de juger les gens sur leur apparence, non ? Ce roman fantastique est une belle façon de parler de tolérance et d’amitié.

*de Padraig Kenny, Lumen, Dès 9 ans

Histoire loufoque à base de compote avec Gaspard et la marmite magique*

Gaspard et la marmite magique de Katerina Cupova, Glénat, Dès 10 ans
Gaspard et la marmite magique de Katerina Cupova, Glénat, Dès 10 ans Glénat

Au village quand il n’y a pas école, les enfants ont beau être avec leur bande de copains, ils peuvent très vite s’ennuyer. C’est le cas de Gaspard et de ses amis. Un jour, le garçon va aider un vieux monsieur et en échange celui-ci lui donne une marmite magique. Qu’est-ce qu’elle fait ? De la compote ! Beaucoup de compote capable d’engluer des harceleurs ou d’arrêter un bus ! Effectivement l’histoire est plutôt délirante mais c’est ça qui est bien. Avec Gaspard, on plonge dans cette aventure pour combattre le crime et d’autres choses magiques à coups de compote ! Drôle et rafraîchissant.

* de Katerina Cupova, Glénat, Dès 10 ans

La malédiction d’un faucon et d’une panthère avec Griffe et Plume*

Plume et Griffe de Marta Palazzesi, Seuil Jeunesse, Dès 9 ans
Plume et Griffe de Marta Palazzesi, Seuil Jeunesse, Dès 9 ans Seuil Jeunesse

En Espagne, en 1904, il y avait une fille qui, quand le soleil se levait, devenait faucon jusqu’au crépuscule, elle s’appelait Amparo mais on peut l’appeler Plume. Il y avait aussi un garçon prénommé Tomas qui devenait panthère du coucher du soleil à l’aube. On peut l’appeler Griffe. Impossible de se parler directement mais pourtant, ensemble, avec l’aide d’un garçon des rues, ils vont s’allier et essayer de comprendre quelle malédiction les a frappés et les a condamnés à cette existence mi-animal mi-homme. Une belle histoire dans laquelle on se plonge avec magie surtout que le roman magnifiquement illustré.

* de Marta Palazzesi, Seuil Jeunesse, Dès 9 ans

Envoûtante magie de la lune avec De silence et d’ombre*

De Silence et d’ombre de Erin Beaty (traduit par Marie Kempf), Lumen, 640 pages, 17 euros, dès 15 ans
De Silence et d’ombre de Erin Beaty (traduit par Marie Kempf), Lumen, 640 pages, 17 euros, dès 15 ans Lumen

La deuxième partie de la saga fantasy De lune et de sang tient toutes ses promesses. Erin Beaty ne change pas une formule qui a fait le succès du premier livre. Si l’histoire recolle à la fin du premier tome, les lieux changent, passant de la petite bourgade de Collis à la grande Londunium. Une version de l’Angleterre du temps des bâtisseurs de cathédrales où le Soleil est vénéré. On retrouve Catrin et Simon qui, dès leur arrivée dans la ville, sont rattrapés par la violence et se plongent très rapidement dans une enquête où les cadavres torturés et mutilés se multiplient. Le profilage façon thriller qui avait pimenté la lecture du premier opus revient, auquel s’ajoute la magie de la Lune pour la touche de fantasy. Catrin fait partie du peuple de la lune, les Selenae qui suivent leurs propres lois et rejettent ceux qui ne sont pas comme eux. La jeune femme dont l’astre nocturne décuple ses sens en lui conférant certains pouvoirs psychologiques, sera tiraillée entre son appartenance à ce peuple mystérieux et son lien avec Simon. Avec toujours autant d’originalité, Erin Beaty maîtrise la tension psychologique de son univers où la magie reste subtile. Si la romance est présente, elle ne prend pas le pas sur les thématiques chères à l’auteure : problèmes de santé mentale, tolérance et place des femmes dans la société.

* de Erin Beaty (traduit par Marie Kempf), Lumen, 640 pages, 17 euros, dès 15 ans

Se reconstruire avec Ces prières que je fais dans le noir*

Ces prières que je fais dans le noir de Nine Gorman et Marie Alhinho, Albin Michel Jeunesse, 624 pages, dès 16 ans, 19,90 euros
Ces prières que je fais dans le noir de Nine Gorman et Marie Alhinho, Albin Michel Jeunesse, 624 pages, dès 16 ans, 19,90 euros Albin Michel

Le duo d’autrices Nine Gorman et Marie Alhinho reviennent à La Nouvelle Orléans pour une autre histoire de la bande de La nuit où les étoiles se sont éteintes, en suivant le personnage tourmenté de Jaeger.

Les deux premiers romans retraçaient les vies tragiques de Finn puis de Nate, mais dans la bande d’ados qui gravite autour d’eux, le discret Jaeger avait lui aussi des choses à raconter. Le récit reprend après leur road trip de fin de lycée. Jaeger, étudiant à Boston, rentre à La Nouvelle Orléans pour le week-end de Thanksgiving mais personne ne l’accueille quand son avion atterrit. Arrivé chez lui, il découvre sa mère entre la vie et la mort après avoir absorbé un mélange de médicaments et d’alcool, son père est en cavale et la police ne tarde pas à débarquer. Comment la vie si bien rangée de cette famille bourgeoise et catholique, à la réputation irréprochable a-t-elle pu basculer subitement ? A 18 ans, Jaeger va-t-il avoir la force de devenir l’homme responsable de sa famille, de défier sa grand-mère castratrice et sauver ce qui peut l’être ? L’écriture à quatre mains de Nine Gorman et Marie Alhinho arrive, encore une fois, à capter avec intensité les émotions adolescentes dans des familles dysfonctionnelles : une maltraitance familiale qu’on tait, un quotidien violent qu’on croit normal. Jaeger est partagé entre deux vies : l’ado catho traumatisé et celui plus libéré avec sa bande du lycée. Deux vies qu’il s’était appliqué à séparer mais qui vont se télescoper. Un roman dur par les thématiques abordées où il sera question d’amour, de sexualité, de violence, de séquestration, de foi et de pardon.

* de Nine Gorman et Marie Alhinho, Albin Michel Jeunesse, 624 pages, dès 16 ans, 19,90 euros

Premier amour 2.0 avec Heart Program*

Heart Program
Heart Program Moon Light Manga

Un petit tour du côté du rayon manga avec cette romance originale. Premiers sentiments et premiers crushs dans cette nouvelle série en 4 tomes, le 1er vient de sortir. Ça se passe au Japon et dans le foyer de Kyu, qui vient de perdre son père, une jeune fille robot va aider sa mère dans les tâches quotidiennes. C’est un programme expérimental pour développer les sentiments et les réactions de ses êtres créés par l’homme. Ushiko est spontanée, serviable et plutôt charmante. Le cœur de Kyu va balancer entre cette fille irréelle et sa voisine Ai. Une romance pas banale et tendre.

* Hinataka Nakamura, Moon Light/Delcourt, Dès 10 ans

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Le coup de gueule du maire d’Orléans face à l’arrivée de centaines de sans-abri en provenance de Paris

Depuis plusieurs mois, près d’une cinquantaine de sans-abri en provenance de la région parisienne débarque à Orléans tous les mois. Est-ce la proximité des Jeux olympiques ? En tout cas, la situation exaspère le maire d’Orléans.

Il passe une partie de ses journées assis sur son matelas sous les arcades du conseil régional. Il observe, il discute. Le sablier de son temps s’écoule doucement.

« Depuis plusieurs mois, je vois de nouvelles têtes parmi les sans-abri à Orléans. Lorsque je vais au Relais orléanais pour manger ou bien au Secours catholique rue des Murlins, il y a des gens qui viennent de Paris. Ils me l’ont dit. »

« Ils ont été éjectés de Paris pour que la France soit belle pour les Jeux olympiques. »

Juste à côté, l’un de ses amis confirme. « Regardez, sous la couverture, là-bas, il y a un gars qui est arrivé de Paris il y a trois semaines. Deux Albanais, également, sont maintenant ici. On ne comprend rien à ce qu’ils racontent, mais ils pourraient venir également de Paris. »

Environ 500 personnes arrivées à Orléans

Voilà pourquoi la situation irrite fortement le maire divers droite, Serge Grouard.

« Orléans n’a pas vocation à accueillir la colline du crack de Paris. J’en ai assez de ces politiques ! »

Il dénonce un dispositif planifié par les services de l’État. « Depuis mai dernier, toutes les trois semaines, un car vient de Paris, avec trente à cinquante personnes SDF migrantes, le plus souvent en situation irrégulière, à son bord.  Environ 500 sont déjà arrivées à Orléans. » Existe-t-il un lien direct avec les Jeux olympiques ? « Je ne sais pas, mais c’est troublant… » 

Des nuitées d’hôtel

À leur arrivée, elles sont prises en charge par une association, puis dirigées vers des hôtels. « C’est choquant de déménager des gens plus ou moins volontairement ; c’est choquant, aussi, que les maires ne soient avertis de rien. D’après ce que je sais, elles sont prises en charge pour une durée de trois semaines. Comme les logements d’urgence sont saturés, l’État prend en charge des nuitées d’hôtel. Et après trois semaines, je ne sais pas exactement ce qu’elles deviennent… » 

Les répétitions des cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux de Paris ne se feront pas à Orléans et à Olivet

Sous les arcades du conseil régional, face à la cathédrale, les occupants le savent. Ils connaissent ce scénario. Et cela les agace profondément.

« Nous, lorsque nous appelons le 115, on nous dit qu’il n’y a plus de place. On continue donc à dormir dehors. Et eux n’ont pas de papiers et on leur donne un toit. Alors, si vous voyez le maire, demandez-lui ce qu’il peut faire pour nous… »

« J’entends ce qu’ils disent, assure Serge Grouard. Au CCAS, on fait le maximum pour les aider, on a augmenté de 30.000 euros le budget aux associations caritatives. On travaille, aussi, beaucoup avec les associations d’accueil qui font un énorme boulot. On ne peut pas éternellement suppléer les carences de l’État. On a mis des moyens supplémentaires, mais on n’a pas de réponse à tout. 70% des places dans les logements d’urgence de la Métropole sont occupées par des personnes sans titre de séjour. »

L’occasion pour le maire de dénoncer, une nouvelle fois, la politique migratoire de la France.

La République du Centre avait interrogé la préfecture du Loiret, en mai 2023, sur « les sas d’hébergement temporaires ».
Sa réponse : « Dans le cadre de la solidarité nationale qui existe depuis plusieurs mois afin de répartir sur l’ensemble du territoire français la pression pesant sur l’accueil des migrants dans certaines régions, la région Centre-Val de Loire pend sa part, à l’instar des autres régions. Les migrants sont accueillis dans un premier temps dans le département du Loiret aux fins d’examen de leur situation administrative par la préfecture chef-lieu de région et, à l’issue, sont répartis pour prise en charge de la suite des procédures administratives les concernant dans l’ensemble des départements de la région. L’objectif du dispositif est ainsi d’équilibrer le traitement des différentes situations sur le territoire national. »

Nicolas Da Cunha

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