Les incontournables de la Nouvelle-Orléans

Les incontournables de la Nouvelle-Orléans : La Nouvelle-Orléans

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par Mathilde PERRIN

Pisaphotography / Shutterstock.com

La ville de la Nouvelle-Orléans se situe à l’extrémité sud-est de l’Etat de Louisiane sur la rive nord du Mississippi. Pour beaucoup, la Nouvelle-Orléans se distingue du reste des Etats-Unis. A la création de la ville en 1718 par les Français, peu de personnes acceptaient de s’installer dans cette ville qui devint progressivement un lieu propice à la prostitution et au jeu. Elle a d’ailleurs gardé aujourd’hui son penchant pour les plaisirs en tout genre. Après deux incendies dévastateurs en 1788 et 1794, la plupart des bâtiments de l’époque française ont été détruits. En 2005, la ville a dû se reconstruire après le ravage de l’ouragan Katrina. L’architecture actuelle présente une forte influence latino-créole, à l’image de la mixité de la ville. Berceau du jazz, la Nouvelle-Orléans est une ville festive et musicale, où règne une atmosphère unique.

La cathédrale Saint-Louis

Meinzahn - iStockphoto

Construite en 1718, l’église fut érigée en l’honneur du roi Louis IX que l’on surnommait saint Louis, et qui gouverna la France de 1226 à 1270. Détruite à deux reprises après l’ouragan de 1722 et un incendie en 1788, la version actuelle, désignée cathédrale en 1793, présente une architecture typiquement française. Première cathédrale catholique d’Amérique du Nord, elle est située au bout du fameux Jackson Square, cœur de la ville, dans le Quartier Français de la Nouvelle-Orléans. De l’extérieur, l’édifice impressionne par ses trois clochers qui surplombent le Mississippi tandis qu’à l’intérieur les visiteurs peuvent admirer, dès l’entrée, l’autel de style très rococo, ainsi que les magnifiques vitraux. 

Une croisière sur le Mississippi

Tom Pepeira - Iconotec

Le meilleur moyen de découvrir le Mississippi, le plus grand fleuve de l’Amérique septentrionale, reste sans doute de naviguer dessus. Pour les plus nostalgiques, choisissez un bateau à roues à aubes pour revivre les aventures de Tom Sawyer. Certaines croisières peuvent s’effectuer dans des véritables bateaux à vapeur bien que la plupart possèdent un moteur diesel sous des apparences de la fin du XIXe siècle. Ils restent l’une des images d’Epinal du Vieux Sud américain. Leur utilisation a commencé en 1811 avec une ligne reliant Pittsburgh (Pennsylvanie) à la Nouvelle-Orléans (Louisiane). Aujourd’hui il est possible de faire des croisières de plusieurs jours jusqu’à Memphis (Tennessee) et même plus loin. 

Le Quartier Français

Meinzahn - iStockPhoto.com

Le vieux Carré, ou Quartier Français, est un lieu incontournable de la Nouvelle-Orléans. Délimité par le Mississippi, Canal Street, Rampart Street et Esplanade Avenue, il représente le centre historique de la Nouvelle-Orléans. Suite à l’incendie de 1788, de nombreux bâtiments à l’architecture française ont été détruits, à l’exception du couvent des Ursulines, et le caractère hispanique des bâtiments prédomine aujourd’hui. On retrouve des balcons en fer forgé, des petites cours privées agrémentées de fontaines et une végétation abondante. Les visiteurs peuvent emprunter la Promenade Moon Walk en longeant le Mississippi, ou se promener dans Bourbon Street qui s’empare d’une ambiance festive et musicale dès le soir venu.

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Le Faubourg Marigny

Rauluminate - iStockPhoto.com

La Nouvelle-Orléans est le berceau du jazz, et pour écouter les meilleurs joueurs de la ville, les locaux prennent la direction du quartier du Faubourg Marigny. Les mélomanes et amateurs de jazz devraient apprécier ce lieu qui regroupe plusieurs clubs de renom, notamment sur Frenchmen Street. Situé juste à l’est du « French Quarter » ou Quartier Français, ce quartier coloré est aussi agréable à visiter que surprenant. Très endommagé par l’ouragan Katrina qui a ravagé la Louisiane en 2005, il s’est reconstruit progressivement pour devenir aujourd’hui un endroit incontournable de la Nouvelle-Orléans. En vous promenant la journée, vous apprécierez l’atmosphère unique qui règne dans cette partie de la ville. 

La gastronomie de la Nouvelle-Orléans

Stéphan SZEREMETA

La Louisiane a su tirer de son passé le meilleur des gastronomies française, espagnole, africaine et créole, afin de proposer une cuisine différente du reste des Etats-Unis. On retrouve la forte influence française côté desserts avec les « Banana Fosters » qui ressemblent aux bananes flambées que l’on connaît, le « bread pudding » comme du pain perdu, sans oublier les beignets français du « Café du Monde ».  La cuisine cajun se compose de soupes comme le traditionnel « gumbo », mais également de plats à base d’huîtres et de crustacés comme le « jambalaya », sorte de paella louisianaise, et côté viandes, on consomme surtout du porc, en andouille, en boudin blanc… Sans oublier l’indispensable sauce cajun qui relève la plupart des plats, attention au dosage !

Un petit tour en tramway

Stéphan SZEREMETA

En 1835, le premier tramway au monde circule dans la ville de la Nouvelle-Orléans. Aujourd’hui il existe trois lignes dans la ville dont celle qui parcourt la résidentielle avenue Saint-Charles. Préparez-vous pour un véritable voyage dans le passé à bord de ce tramway authentique aussi bien d’aspect extérieur que de l’intérieur, avec ses sièges en acajou, ses ampoules au plafond… Pour descendre du tramway, pas de bouton, il vous suffit de tirer la corde, système d’origine de ces transports. Un moyen original de visiter la ville, qui vous fera immanquablement penser à la célèbre pièce de théâtre Un tramway nommé Désir de Tennessee Williams.  

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Le quartier du Garden District

Natalia Bratslavsky - iStockPhoto.com

Contrairement au Quartier Français dont les habitations sont multicolores, le quartier résidentiel du Garden District est immaculé. Les maisons sont fastueuses, et les avenues majestueuses construites sur des jardins verdoyants qui sont à l’origine de son nom. Dans ces demeures historiques, de nombreuses personnalités y ont séjourné, vous pourrez notamment passer devant la maison d’Anne Rice, auteur de romans vampiriques comme Entretien avec un vampire. En vous promenant dans Garden District, vous croiserez sûrement le cimetière Lafayette qui date de 1833, et qui est considéré comme l’un des plus hantés des États-Unis… Dessiné en 1806 par un architecte français, Garden District est classé au patrimoine historique national.   

Le Cabildo

Stéphan SZEREMETA

Situé sur Jackson Square, le Cabildo a eu au fil des années de nombreuses fonctions, de siège du gouvernement de la Nouvelle-Orléans à tribunal, en passant par hôtel de ville et même prison. Aujourd’hui, c’est un musée qui met en valeur l’histoire de la Nouvelle-Orléans et de la Louisiane, ainsi que celle de ses habitants. Dans les trois étages de ce bâtiment, vous découvrirez des expositions permanentes et temporaires présentant gravures, peintures, projections et des pièces rares comme l’un des masques mortuaires de Napoléon. Au même titre que le Presbytère et la cathédrale Saint-Louis, le Cabildo a été dessiné par l’architecte français Gilberto Guillemard. Incendié en 1988, il est aujourd’hui entièrement rénové. 

La fête de Mardi Gras

Rauluminate - iStockPhoto.com

Le carnaval de la Nouvelle-Orléans est un événement légendaire très important en Louisiane. De l’Epiphanie au Mardi Gras, les rues de la ville s’animent avec, au programme, des parades de chars colorés et décorés selon des thèmes différents, des orchestres et des fanfares rythmées par le jazz. Lors des défilés costumés qui parcourent Saint Charles Avenue, Canal Street et dans le Quartier Français le jour de Mardi Gras, des perles sont lancées dans la foule, décorant les arbres sur leur passage. Si vous décidez de visiter la Nouvelle-Orléans en dehors de cette période, rendez-vous au Mardi Gras World, un musée dans lequel sont exposés de nombreux chars. Vous découvrirez ainsi l’histoire de cet impressionnant carnaval.   

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Bain de siège

Orléans, ville ceinte


La bonne cité a toujours suscité l’envie au point que, à plusieurs reprises, il y eut bataille plus ou moins féroce pour conquérir une ville claquemurée derrière ses fortifications et protégée par la Loire. Si après le 13 février 52 avant JC, César ne fit qu’une bouchée de l’opidum gaulois, le premier véritable siège remonte à 451. Attila le barbare veut s’emparer de la forteresse protégée par l’évêque Aignan.

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C’est le premier acte d’une grande épopée durant laquelle la Loire fut le creusé des luttes intestines et des batailles féroces pour conquérir la ville. La Grande histoire s’est largement focalisée sur le siège de 1429 dont je crois qu’il est inutile de rappeler les acteurs. Par contre, d’autres dates doivent attirer notre attention avec des luttes fratricides et cultuelles qui ne furent pas à la gloire de leurs auteurs.

Par deux fois la ville devint place forte réformée. En 1563, le Prince de Condé fait d’Orléans l’une des principales places fortes de la réforme. Les huguenots sont sous les ordres de l’Amiral de Coligny qui entend ne rien céder aux assauts des catholiques menés par François de Guise. Le 18 février, le guet-apens mené par Poltrot de Méré en bord du Loiret aura raison de l’envoyé du roi. La Pierre Percée entre dans l’histoire tandis que le 19 mars de la même année l’édit d’Amboise remet provisoirement le calme.

Fin août 1572, malgré l’édit de pacification entre catholiques et protestants, la tension est à son comble. Après l’annonce du massacre de la saint Barthélémy, les catholiques du Loiret ne veulent pas être en reste. Le 25 août et les jours suivants, ils se lancent dans des crimes épouvantables. Les insurgés reconnaîtront la mort de 1200 hommes, près de 600 femmes et des enfants en grand nombre, tous jetés à la Loire qui sera rouge sang.

On prend presque les mêmes et on recommence en 1589 sous le règne d’Henti III. C’est la pleine période de la Ligue, les esprits sont échauffés et les rancœurs tenaces. La cité redevient pour un bref moment forteresse protestante. Pour surveiller la Loire par laquelle les troupes royales acheminent armes et munitions, les réformés dressent un système défensif qu’on nommera la motte Sanguin du nom d’un évêque Antoine Sanguin dont la légende affirme qu’il prétendit à François premier être le descendant d’un des rejetons de Noé.

Les guêpins qui ne manquèrent jamais dans la cité vinrent mettre leur grain de sel à ce récit d’autant plus aisément qu’en cet endroit l’Île des Martinets offrait un échappatoire commode par la rive sud. C’est ainsi que le nom du brave évêque fut tronçonné pour devenir la Motte Sans Gain. Les canons firent ainsi long feu, c’est du moins ce que laisse accroire cette version.

D’autres, moins belliqueux prétendent que le péage de l’endroit était contourné par les mariniers qui empruntaient la petite Loire pour échapper à la taxe. La fraude fiscale ayant toujours été un sport national il n’est qu’à voir la venelle des mauvais payeurs à Saint-Hilaire-Saint-Mesmin pour s’en convaincre.

Toujours est-il que dans ce lieu qui servit un temps de filature, les autorités militaires établirent plus tard une école de l’artillerie, ils entendaient sans doute conjurer le sort. La motte demeurera sans gain, sans victoire, sans confort quand l’auberge de Jeunesse y séjourna quelque temps. Désormais le luxe a remplacé l’absence de gain et sert d’écrin pour l’Établissement public Loire une sorte d’usine à gaz ou syndicat mixte composé de 6 régions, 16 départements et 22 villes agglomérations ou métropoles flanqués encore de 6 syndicats intercommunaux d’aménagement de la Loire et ses affluents pour mieux noyer les poissons et engloutir les subventions.

L’histoire bégaie toujours un peu même si certains savent la tirer à leur profit.

À contre-gain.

Pour en savoir plus sur les péages sur la Loire

=> https://cnabum.blogspot.com/2023/07/les-peages-sur-la-loire.html

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ÉGLISE CATHOLIQUE – Un nouvel évêque pour Antsirabe

Le diocèse d’Antsirabe a un nouvel évêque. Il s’agit de Monseigneur Jean Pascal Andriantsoavina.

Le Pape François a nommé un nouvel évêque pour le diocèse d’Antsirabe, hier. Il s’agit de Monseigneur Jean Pascal Andriantsoavina. Il succède ainsi à Monseigneur Philippe Ranaivo-manana, décédé le 6 septembre 2022, au lendemain de la messe de clôture de la Journée mondiale de la jeunesse (JMJ) à Antsirabe. Le nouvel évêque d’Antsirabe est un grand nom de l’Église catholique romaine de Madagascar puisqu’avant d’être nommé à ce nouveau poste, il était l’évêque auxiliaire du diocèse d’Antananarivo. Il a aussi été choisi par le Conseil des évêques de Madagascar pour les représenter lors du Synode des évêques à Rome en octobre prochain.

Parcours

Monseigneur Jean Pascal Andriantsoavina est né le 24 mars 1969 à Mitsinjo et a été éduqué dans la foi catholique par sa famille pratiquante. Il a été ordonné prêtre en août 2000. Après son ordination, il était vicaire de la Cathédrale d’Antana-narivo et Chapelain du Mouvement eucharistique des jeunes entre 2000 et 2001. Puis Aumônier de la Jeunesse de l’Archidiocèse entre 2001 et 2003 avant de poursuivre des études à Rome pour des études en Écriture Sainte auprès de l’Institut biblique pontifical dans la capitale italienne de 2003 à 2007. Il était de 2011 à 2019 Préfet des Études du Grand Séminaire philosophique interdiocésain d’Antsirabe. On peut dire que les grands événements se succèdent pour l’EKAR puisqu’après la démission de Monseigneur Odon Marie Arsène Razanakolona de sa charge pastorale et la nomination par le Pape François de son successeur, Monseigneur Jean de Dieu Raoelison à la tête de l’archidiocèse d’Antananarivo, vient maintenant cette nomination du nouvel évêque du diocèse d’Antsirabe.

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Rome rappelle que l’Eglise catholique est la véritable Eglise du Christ

L’Église du Christ ne subsiste que dans l’Église catholique, « gouvernée par le successeur de Pierre », alors que les autres confessions chrétiennes sont « victimes de déficiences ». Par cette affirmation, dans un document rendu public mardi 10 juillet, la Congrégation pour la doctrine de la foi veut répondre aux « erreurs et ambiguïtés » qui ont caractérisé « certains aspects de la doctrine sur l’Église » après Vatican II ( Pour lire le document, cliquez ici).

En réalité, ce texte reprend une nouvelle fois les thèses déjà explicitées dans la déclaration Dominus Iesus, signée en septembre 2000 par le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de cette Congrégation, et énonçant que l’unique voie de salut se trouve dans l’Église catholique, et non dans d’autres formes d’Églises chrétiennes.

En pleine année du Jubilé, Dominus Iesus avait profondément irrité les protestants : en les qualifiant de « communautés ecclésiales » et en leur refusant la qualité d’Églises, il semblait nier les progrès accomplis depuis Vatican II dans le dialogue oecuménique.

Le texte de mardi ne fait que confirmer Dominus Iesus, cette fois sous forme de cinq « questions-réponses ». Il est accompagné d’un article paru mardi soir dans L’Osservatore Romano, le journal du Saint-Siège ( Pour lire l’article, cliquez ici).

Un problème d’interprétation du Concile

De quoi s’agit-il ? Encore une fois, d’un problème d’interprétation du Concile, plus précisément de la fameuse affirmation de Vatican II (constitution Lumen gentium, n. 8), selon laquelle « l’unique Église du Christ subsiste dans l’Église catholique ». À l’époque, cela avait constitué un progrès dans le dialogue oecuménique. En effet, on enseignait jusque-là que l’Église du Christ « est » l’Église catholique romaine, hors de laquelle il n’existe pas de réalité ecclésiale.

L’oecuménisme n’était possible, dans cette logique, que par réintégration dans le giron catholique. Le Concile, en posant que l’Église comme société constituée et organisée en ce monde « subsiste dans » l’Église catholique, a signifié qu’en dehors des limites de la communauté catholique ce n’est pas le « vide ecclésial », et ouvert ainsi des perspectives au dialogue avec les autres confessions chrétiennes.

Aux yeux de la Congrégation de la foi, et du pape, ce « subsiste en » a été ensuite mal interprété. On a voulu faire croire, explique le commentaire du document de mardi, que l’unique Église du Christ pouvait subsister aussi en de nombreuses Églises, et que l’Église catholique était une voie de salut parmi d’autres. C’est se rendre coupable de « relativisme ecclésiologique ». Ce à quoi le document apporte sa réponse en cinq points.

Vatican II en continuité avec ce qui précède

D’abord, il déclare que Vatican II n’a en rien changé la doctrine antérieure sur l’Église, mais s’est contenté de l’approfondir. C’est la conviction forte de Benoît XVI : il faut interpréter le Concile non comme en termes de rupture, mais de continuité par rapport à ce qui a précédé. Il énonce ensuite que l’Église catholique est « l’unique Église du Christ ».

En effet, explique L’Osservatore Romano, il s’agit de « sauvegarder l’unité et l’unicité de l’Église qui ferait défaut si l’on admettait que puissent exister plusieurs substances de l’Église fondée par le Christ ». Le terme choisi – « subsiste » – l’aurait été « précisément pour mettre en lumière le fait qu’il existe une seule subsistance de l’Église catholique, alors qu’en dehors de son ensemble visible existent seulement des éléments ecclésiaux ».

Troisième point, donc : il existe bien, en dehors de l’Église catholique, des éléments de sanctification dans les autres communautés chrétiennes. Mais ils opèrent par l’intermédiaire de l’Église catholique : leurs forces « dérivent de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l’Église catholique ».

Le texte évoque alors les « déficiences des autres Églises et communautés ecclésiales » : un langage juridique qui risque de ne pas être compris comme tel. Quatrième point, l’appellation d’« Église soeur » reconnue aux Églises orientales, notamment orthodoxes : ces Églises ont de « vrais sacrements », « surtout en vertu de la succession apostolique ». Mais, comme le déclarait déjà Dominus Iesus, elles ne sont soeurs que des Églises catholiques particulières, et non de l’Église catholique en général, car elles ne reconnaissent pas « l’évêque de Rome et successeur de Pierre ».

Enfin, la Congrégation pour la doctrine de la foi réitère le refus de qualifier d’Églises les communautés issues de la Réforme, malgré le chemin oecuménique parcouru depuis Vatican II – ce qui ne manquera pas de provoquer des réactions protestantes ( Pour lire le communiqué, cliquez ici).

Ce document ne semble cependant pas destiné aux acteurs du dialogue oecuménique. Au Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, on avoue même ne pas avoir été mis au courant de son existence, et le commentaire de L’Osservatore Romano rappelle que le dialogue oecuménique « demeure toujours une des priorités » de Rome.

Sans doute, comme le confie un membre de la Curie, s’agit-il là d’un texte sur lequel le cardinal Ratzinger avait lui-même travaillé alors qu’il était encore en charge de la doctrine de la foi, pour répondre aux critiques soulevées par Dominus Iesus au sein même de l’Église catholique. Peut-être aussi cette réaffirmation d’une seule Église du Christ en l’Église catholique veut-elle rassurer les milieux intégristes, qui craignent que l’oecuménisme ne fasse perdre son identité à l’Église. La sortie de ce document, quatre jours seulement après le motu proprio libéralisant le rite tridentin, ne serait alors pas totalement fortuite.

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Prades : enseigne artistique pour le secours catholique

Le Secours catholique affiche sa nouvelle présence, rue des Marchands, par une devanture pleine de joie et de lumière. Réalisée bénévolement par une artiste peintre locale, Mme Cat Maller, elle est inspirée des tapisseries champêtres de Dom Robert. L’enseigne historique du Secours catholique ,vieille de quelques dizaines d’années, a également été intégralement restaurée par ses soins. Elle évoque nos montagnes, la mer et la tramontane.

Le Secours catholique vous accueille tous les mardis de 9h30 à 11h30.

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Portugal : les paradoxes d’un pays catholique

Le 13 juin, à Lisbonne, lors de la procession de la Saint-Antoine. Photo : MARIO CRUZ – 4SEE – REA POUR FC

Le Portugal est-il encore un pays catholique ?

La majorité de la population, près de 80 %, continue à se confesser catholique. La pratique religieuse reste très forte dans certaines régions. Mais le catholicisme portugais est surtout culturel. Un jour où je l’avais invité à un débat, le prix Nobel de littérature José Saramago, communiste bien connu, a dit : « Au Portugal, nous sommes tous des catholiques d’un point de vue culturel. » Notre identité est catholique. Beaucoup de Portugais ne pratiquent pas mais font des pèlerinages à Fatima, participent aux fêtes populaires d’inspiration catholique. Ils n’obéissent pas à l’Église dans tout ce qu’elle dit, n’ont pas une formation profonde, mais ils ont la foi. C’est déjà très important.

Comment expliquer alors que le Portugal ait une législation si transgressive sur des sujets comme l’avortement ou l’euthanasie ?

Notre société est dans un processus de laïcisation très significatif. Les catholiques sont marginalisés de la vie politique par ceux qui la conduisent. Nous avons un système électoral à la proportionnelle, qui repose sur des listes. Nous votons pour une liste de partis, et ce sont eux qui élisent les députés. Or, il y a dans les partis une influence laïciste croissante, venant pour une part de la franc-maçonnerie, qui éloigne les catholiques ayant un engagement clair. D’où ce processus législatif qui contrarie très fortement les valeurs de l’Évangile. L’État n’entend plus l’Église, il s’éloigne d’elle, lui manifeste même une certaine hostilité.

Comment cela se traduit-il ?

L’Église joue un rôle essentiel dans le domaine caritatif et social, au travers des santa casa da misericordia présentes dans les diocèses. Sans l’Église, la situation sociale serait terrible, et tout le monde le reconnaît. Mais ces institutions ont presque partout des rapports difficiles avec le gouvernement socialiste actuel. Celui-ci est étatiste, avec une conception subalterne des activités de l’Église, dans la santé, l’assistance sociale ou l’éducation.

Sur les grands sujets de société, l’Église est-elle écoutée ?

Les prises de position publiques de l’Église sur l’avortement, le mariage des homosexuels, l’adoption pour les couples homosexuels, la procréation médicalement assistée et, dernièrement, l’euthanasie, ont toujours été contredites par l’État. Concernant l’avortement, nous avons gagné un premier référendum. Mais un autre a été organisé, et cette fois, il l’a emporté. Sur l’euthanasie, nous avons déposé une demande de référendum, avec une pétition signée de plus de 100 000 personnes, mais elle n’a pas été acceptée par le Parlement.

La voix de l’Église rencontre-t-elle un certain écho dans la société ?

Les évêques publient des documents dont aucun média ne rend compte. Il y a un processus de marginalisation, avec une perte de prestige de l’Église et un grand mépris de la part des médias. Plus qu’une persécution ouverte comme il a pu s’en produire dans le passé, nous subissons plutôt une agression d’indifférence. Et les catholiques s’éloignent aussi de la vie publique.

Pourquoi ?

La vie politique portugaise connaît un processus de détérioration morale. La corruption est très présente. Un ancien Premier ministre s’est retrouvé en prison. Nous avons des scandales successifs de corruption, d’illégalité, de détournement de fonds publics… Les gens de bien ne veulent pas participer à la vie politique. 

La présence culturelle du catholicisme va-t-elle s’estomper ?

Le processus de laïcisation de la société portugaise n’est pas incompatible avec le maintien d’une référence culturelle au catholicisme. Celle-ci va sans doute diminuer. Mais le Portugal va rester un pays dans lequel la majorité de la population se dit catholique, sans vouloir convertir ces valeurs dans la législation du pays. Nous avons eu récemment la finale de la Taça, la coupe de foot du Portugal. Porto a gagné. Les joueurs et l’entraîneur, sur la route de Lisbonne à Porto, se sont arrêtés à Fatima pour remercier la Vierge. Vous trouverez ça au Portugal pendant longtemps encore. Lors des apparitions à Fatima, la Vierge dit qu’« au Portugal, se conservera toujours le dogme de la foi »… Je suis convaincu que le Portugal gardera la foi. Le catholicisme portugais est un catholicisme marial. Vous trouvez des petites chapelles blanches sur les montagnes dans tout le pays, des hommages à la Vierge partout. C’est l’influence qu’ont laissée les moines cisterciens, qui ont été interdits, comme tous les ordres religieux au XIXe  siècle, mais dont la dévotion marque le pays encore jusqu’à aujourd’hui. 

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Aux États-Unis, l’Église catholique se bat pour conserver ses fidèles hispaniques

Au détour d’une petite route de campagne, l’église apparaît au milieu des champs de maïs. Les voitures se sont tassées le long des bas-côtés, le parking affichant complet. C’est pourtant un dimanche comme les autres, avec messe en espagnol à 11 h 30. Quand vient le temps de la quête, les paniers en osier se remplissent vite. Mais principalement de billets de 1 dollar.

Après le sermon du père Mark, originaire de Baltimore mais familier de l’espagnol après plus de trois décennies passées à Porto Rico, on prend une glace au soleil, entre les voitures. Un petit homme tire un chariot réfrigéré, comme sur les places des villages à plus de 1 500 kilomètres de là, au sud du Rio Grande.

Jusqu’au milieu des années 1950, la paroisse catholique de Newton Grove, petite commune de Caroline du Nord, s’appelait St Mark. Depuis, c’est Notre-Dame de Guadalupe, du nom de la sainte patronne du Mexique. Et le samedi comme le dimanche, il y a une messe en anglais et une en espagnol. Les affluences ne sont pas les mêmes, ni l’âge moyen. « Je suis ici depuis huit ans, et je peux compter sur les doigts d’une main les baptêmes que j’ai célébrés chez les Anglos, les non-Latinos », explique le père Mark.

Moins d’un Hispanique sur deux se dit catholique

L’arrivée en nombre des Hispaniques aux États-Unis, depuis la seconde moitié du XXe siècle, pour travailler dans les champs ou à l’usine, a dynamisé l’Église catholique aux États-Unis. Mais jusqu’à quand ? En avril, une étude du Pew Research Center constatait le déclin rapide de la foi chez les Latinos vivant aux États-Unis : moins de la moitié d’entre eux se disent aujourd’hui catholiques (43 %), contre 67 % en 2010.

Si les églises évangéliques progressent peu chez les Latinos – 15 % aujourd’hui contre 12 % en 2010 –, ce sont les « sans affiliation religieuse » qui ont le vent en poupe, passant de 10 % à 30 %. « Ça ne me surprend pas », réagit Andrew Chesnut, anthropologue des religions à l’université du Commonwealth de Virginie et expert du monde hispanique. « Cette évolution correspond à celle des autres Latinos, au Brésil ou ailleurs. Toutefois, cette tendance n’est pas synonyme de croissance de l’athéisme. Le détachement de l’Église catholique se fait au profit de croyances diverses, plus ou moins New Age ou ésotériques. »

La messe en espagnol, mais pas seulement

Pour Mgr Luis Zarama, évêque de Raleigh, diocèse dont les fidèles sont pour moitié des Latinos et dont dépend Notre-Dame de Guadalupe, il est d’abord essentiel, pour enrayer cette tendance, de leur donner une place dans l’Église. « Cela passe par l’usage de l’espagnol, bien sûr, mais pas seulement », insiste ce natif de Pasto, dans le sud de la Colombie.

Il y a, par exemple, la question des dons. « Les Latinos sont souvent critiqués pour ne pas contribuer assez », explique Agata, une Polonaise arrivée il y a vingt-cinq ans à Clinton, autre petite commune du diocèse de Raleigh. Après s’être consacrée à ses enfants, elle a été embauchée à la paroisse il y a quelques années. « Les Américains font des chèques, les Latinos donnent des petits billets », explique-t-elle, rappelant que ces chèques, qu’elle enregistre, donnent lieu à des déductions fiscales. « Mais les Hispaniques organisent des festivités dans la paroisse, notamment autour de la nourriture, pour lever de l’argent. C’est différent, mais c’est très efficace. Il faut les laisser faire ! »

Trouver une place pour les plus jeunes est particulièrement ardu. « Le défi, c’est de conserver la génération née aux États-Unis, reconnaît Mgr Zarama. Ils ne sont plus forcément très à l’aise en espagnol, et ils ont des habitudes culturelles propres à leur génération. » Plus américains que leurs parents, ils partagent les valeurs des autres jeunes qu’ils côtoient. Sur l’avortement, par exemple. Une enquête indiquait l’an passé que 41 % des Latinos nés hors des États-Unis estimaient que l’IVG devait être légal, contre environ 60 % pour ceux nés sur le sol américain.

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Un plan national pour promouvoir les jeunes cathos latinos

Quelques mois après qu’une étude du Pew Research Center a montré que le nombre des Hispaniques américains s’identifiant comme catholiques a considérablement chuté en dix ans, les évêques du pays ont adopté à une écrasante majorité un plan pastoral national visant à remanier l’approche de l’Église américaine en matière de ministère hispanique.

Votée le 16 juin, à la fin de leur Assemblée plénière, cette feuille de route met fortement l’accent sur l’engagement, l’accompagnement, le mentorat et la formation au leadership des jeunes adultes hispaniques.

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EXCLUSIF – Climat : pour 85 % des catholiques, il faut des « changements radicaux

Comment se positionnent les catholiques face à la crise écologique ? Sont-ils prêts à bousculer leur mode de vie ? Qu’attendent-ils de l’Église sur ces enjeux ? C’est à partir de ces questions que les associations Parlons climat et A Rocha ont lancé, avec l’Ifop, une vaste étude (1) dont La Croix publie les résultats en exclusivité. Elle révèle que les Français se présentant comme « catholiques pratiquants » sont plus engagés que la moyenne pour l’écologie.

Ainsi, 71 % de ces catholiques déclarent avoir soutenu ou participé aux marches pour le climat, contre 65 % pour l’ensemble des Français. Ils sont aussi 14 % à avoir déjà participé à une mobilisation écologique locale, contre 7 % en moyenne. Ils sont enfin 85 % à être convaincus qu’il faut des « changements radicaux et immédiats » pour lutter contre le changement climatique.

Un engagement spécifique

Cet engagement spécifique des catholiques pour l’écologie apparaît directement lié à la fréquentation régulière de la messe. Parmi les sondés qui se présentent comme catholiques pratiquants, « le groupe le plus réticent à l’écologie est celui qui pratique le moins », indique Gauthier Simon, chercheur en science politique qui a participé à l’étude.

EXCLUSIF - Climat : pour 85 % des catholiques, il faut des « changements radicaux »

« La pratique religieuse est prédictive d’un engagement militant important chez les catholiques », confirme la chercheuse Cléo Schweyer (2). Par exemple, les études montrent depuis longtemps la surreprésentation de catholiques au sein des partis centristes. Désormais, « des sociologues sont surpris de relever dans les groupes écologistes radicauxune forte présence de personnes élevées dans le catholicisme », commente Gauthier Simon, dont la thèse porte sur la conversion écologique. Cette présence remarquable s’expliquerait notamment par des « prédispositions » à l’engagement que favoriserait la socialisation catholique : vie scoute dès le jeune âge, investissement plus marqué dans des activités bénévoles…

Un engagement peu lié à la foi

Plus surprenant, ce tropisme particulier des catholiques pour l’écologie semble avoir peu de liens avec la foi elle-même. L’étude révèle ainsi que 56 % des personnes se présentant comme « catholiques pratiquantes » n’ont jamais entendu parler de l’encyclique Laudato si’du pape François consacrée à la sauvegarde de la « maison commune ». Et seulement 20 % de ces catholiques indiquent que leurs « réflexions écologiques et spirituelles se nourrissent l’une et l’autre ». La moitié du panel (50 %) se dit sensible à l’écologie mais ne fait « pas de liens » entre ses opinions et sa spiritualité. Les 30 % restants ne voient tout simplement « aucun rapport » entre écologie et spiritualité.

EXCLUSIF - Climat : pour 85 % des catholiques, il faut des « changements radicaux »

Selon Gauthier Simon, cela confirmerait l’hypothèse que c’est une éducation, une socialisation spécifique aux catholiques et une influence de leur milieu social souvent aisé qui les pousseraient à agir pour la planète, bien plus qu’un cheminement spirituel. Il rappelle que la véritable appropriation de l’écologie par l’institution date du pape François, et est donc extrêmement récente. Le chercheur incite à lire ce sondage comme une « photographie » d’un processus en cours : la lente appropriation par l’Église et les fidèles de l’écologie.

Une masse peu représentée

Le rapport des catholiques à ces questions est donc complexe. S’ils sont convaincus de l’existence du changement climatique et de la nécessité d’agir, ils regardent avec une grande méfiance certains acteurs ou discours écologistes. Même les plus engagés d’entre eux ont « tendance à voir l’écologie comme une religion concurrente », relève Gauthier Simon. En somme, si leur éducation et leur position sociale prédisposent les catholiques à s’engager pour l’écologie, le lien avec leur foi n’est pas toujours évident pour eux, et l’écologie semble aussi entrer en contradiction avec une forme d’anthropocentrisme chrétien.

Derrière ces grandes tendances se dessinent évidemment des fractures. Celles-ci sont particulièrement fortes lorsque l’on évoque l’éventuel devoir de positionnement de l’Église. Un catholique pratiquant sur deux considère ainsi que c’est le rôle de l’institution de parler de changement climatique. À l’inverse, 37 % des catholiques pensent que les chrétiens parlent trop d’écologie et qu’il y aurait des sujets plus importants. Le sondage montre ainsi que les catholiques sont davantage préoccupés par l’immigration et l’insécurité que le reste de la population.

Trois profils-type

Pour mieux saisir la complexité de ce rapport des catholiques à l’écologie, les chercheurs associés à l’étude ont dégagé trois profils-types. Autant de portraits-robots qui illustrent les positions parfois irréconciliables fracturant aujourd’hui le paysage ecclésial. L’un de ces profils, « l’engagée ambivalente » – 27 % du panel – incarne bien la spécificité des catholiques face à l’écologie. Cette femme d’une trentaine d’années va très régulièrement à la messe et soutient les marches pour le climat (82 %). Si elle pense que les valeurs bibliques favorisent l’engagement écologique, elle considère aussi qu’il ne faut pas mettre de signe égal entre l’humanité et le reste de la Création.

Les deux autres profils sont plus éloignés de l’institution. Représentant 29 % du panel, le « conservateur désengagé » est un sexagénaire ancré à droite et très peu pratiquant. Il n’a soutenu qu’à 20 % les marches pour le climat, et estime qu’il ne revient pas à l’Église de parler d’écologie. Enfin, le profil majoritaire, celui de « l’écolo-catho en retrait », 44 % de l’échantillon, se distingue par une pratique spirituelle individuelle plutôt que collective et un fort soutien aux marches pour le climat. Ultime paradoxe, il est celui qui, malgré sa distance avec l’institution, attend le plus de l’Église qu’elle se positionne et soutienne le mouvement écologiste.

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Le défi de sonder les catholiques

Cerner les catholiques dans une société de plus en plus sécularisée est un défi auquel se heurtent souvent les instituts de sondage. Cette étude a choisi de sonder les personnes se définissant spontanément comme « catholiques pratiquants ».

Plus large que les catégories distinguant les fidèles selon leur degré de pratique, cette méthode permet de recueillir le point de vue de catholiques culturels, qui se présentent volontiers comme chrétiens mais ont de très rares liens avec l’institution et une vie spirituelle parfois faible.

Pour ce sondage réalisé en avril 2023, l’Ifop a interrogé un groupe de 484 « catholiques pratiquants » ainsi qu’un échantillon représentatif de la population française constitué de 987 personnes, à travers la méthode des quotas.

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Éducation : les écoles hors contrat, une solution de « repli » pour certains parents

Professeur d’espagnol et de philosophie dans un collège-lycée catholique sous contrat, Hector Rodriguez-Alvarez a pourtant choisi, avec sa femme, d’inscrire leur enfant de 6 ans dans une école hors contrat pour sa rentrée en CP au mois de septembre. L’une des raisons ? La manière dont les questions de genre sont abordées dans les établissements sous contrat.

« Je connais le programme et comment sont introduites des thématiques chargées d’idéologie sur le genre, même en cours de langue », raconte Hector Rodriguez-Alvarez. Pour appuyer son propos, il cite son manuel d’espagnol, où les joueuses d’une équipe de rugby féminine sont présentées comme des héroïnes s’émancipant des préjugés de la société en jouant à un sport jugé masculin par certains. « Des logiques de victimisation, qui n’ont pas lieu d’être, sont mises dans la tête des collégiens, affirme-t-il. On est déjà dans une construction du genre. »

Évitement

Ainsi, pour ce parent d’élève, l’école hors contrat devient une sorte de recours. Afin notamment d’éviter, selon lui, que le sujet de la sexualité ne soit abordé trop tôt. « On pousse les enfants à se poser des questions que, normalement, ils ne se posent pas, proteste-t-il. Cela ne convient pas, il faut attendre le bon moment pour en parler. »

Sans qu’il soit possible de quantifier le phénomène, d’autres parents inscrivent leurs enfants dans des établissements privés hors contrat rejetant une certaine vision des questions autour de l’identité de genre. Depuis quelques années, ils viennent ainsi nourrir la montée relative de ces établissements, au nombre d’environ 2 000 en France.

« C’est un ras-le-bol global, la question du genre est une goutte qui fait déborder le vase », soutient Grégoire Leclercq, président de l’association des parents d’élèves qui fondent une nouvelle école hors contrat à Rambouillet (Yvelines). Le cours Saint-Jean-Paul-II accueillera une soixantaine d’élèves de la petite section au CM2 dès septembre.

Dans la charte de l’établissement, nulle référence à la question du genre qui ne sera pas un thème d’enseignement. La directrice de la nouvelle école a suivi une formation du diocèse de Versailles sur la manière de répondre aux questions des enfants en cas de besoin. « Il faut les aider à assumer et bien investir ce qu’ils sont, affirme Grégoire Leclercq. C’est une question de bon sens et l’on ne peut pas systématiser. »

Une professeure de SVT dans un collège privé sous contrat à Paris, sous couvert d’anonymat, assure percevoir un « changement insidieux » dans les programmes scolaires. Cette dernière, qui a l’habitude de donner des enseignements sur la vie affective, intervient de moins en moins dans les établissements sous contrat mais poursuit dans ceux qui sont hors contrat.

Inquiétude

Dans ces derniers établissements, la question du genre est souvent abordée sous un prisme plus traditionnel. « Des éducatrices nous sensibilisent pour que nous puissions mieux nous connaître, témoigne Gabrielle, élève de troisième d’un collège hors contrat de la Sarthe, évoquant des enseignements en classe non mixte. On nous parle du corps de la femme, on aborde la question de l’avortement, le tout relié à notre foi. Dans mon établissement, tout le monde pense la même chose, nous avons reçu la même éducation. » Les parents de la jeune fille ont décidé de l’inscrire dans un collège hors contrat en sixième, quittant un établissement catholique sous contrat, et ne regrettent pas leur décision.

« La manière d’éduquer les enfants à la différence entre les filles et les garçons a fortifié notre choix de la laisser dans cet établissement hors contrat, justifie clairement sa mère Anne. Je m’informe de ce qui se passe dans les établissements sous contrat avec notamment des projections de films et des débats sur la théorie du genre. C’est inquiétant, nous avons l’impression que la volonté de gommer les différences sexuelles est un sujet central. »

Des inspections ont été menées dans plusieurs établissements, suscitant récemment les protestations de la Fondation pour l’école et de la Fédération des parents d’élèves des écoles indépendantes.

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Le contrat d’association

La loi Debré de 1959 permet aux établissements privés de s’associer à l’État par contrat. Celui-ci crée des droits et devoirs réciproques.

Du côté des établissements : obligation d’ouverture à tous les élèves, respect de la liberté de conscience ainsi que des programmes de l’éducation nationale, y compris les « éducations transversales » (à la sexualité, à la lutte contre les LGBTphobies, au développement durable…). Mardi 27 juin 2023, le ministre Pap Ndiaye a annoncé « un plan national ambitieux » sur l’éducation à la sexualité à l’école, qui concernera aussi le privé.

Du côté de l’État : obligation de reconnaître un projet éducatif spécifique appelé le « caractère propre », qui est religieux, d’assurer la gratuité de l’enseignement grâce aux contributions publiques et la prise en charge de la rémunération des enseignants.

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Combien y a-t-il de catholiques en Belgique ? « Chacun peut mettre derrière cette étiquette ce qu’il entend » dit Caroline Sägesser

La moitié des Belges se considéreraient comme catholiques, selon une analyse publiée par le sociologue des religions à la KULeuven Wim Vandewiele. Dans le cadre de leur rapport automnal annuel, la Conférence des évêques de Belgique a fait appel à ce professeur afin d’estimer la pratique religieuse des habitants du pays. L’exercice est périlleux, car il est souvent entouré d’approximations. Interrogée sur La Première, Caroline Sägesser, chercheuse au CRISP, spécialiste des questions de religion et de laïcité, estime ce chiffre « tout à fait plausible par rapport aux autres données dont nous disposons. Il faut souligner qu’il n’y a pas de recensement des convictions en Belgique. Donc, ce sont des données qui ne sont pas neuves. C’est une étude qui a croisé les données de plusieurs enquêtes existantes, enquêtes réalisées par les services de la Commission européenne ou par un institut de recherche privé américain pour arriver à cette conclusion : un Belge sur deux. Et c’est parfaitement dans la ligne de ce que d’autres enquêtes ont déjà révélé, même si ce chiffre brut ne nous dit pas grand-chose, parce que qu’est-ce que c’est aujourd’hui, être catholique ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Si un Belge sur deux se définit comme catholique, est-ce que ça fait référence à une foi, à une pratique, à une identification culturelle ? Si c’est une foi, s’agit-il de Dieu, du message évangélique, ou encore d’autre chose ? C’est finalement une caractéristique du paysage religieux contemporain, c’est très individuel, et donc chacun peut mettre derrière cette étiquette de catholique ce qu’il entend. Une chose évidente, c’est que ce ne sont pas 50% de Belges qui sont alignés sur l’ensemble des positions défendues par le Vatican. Ça fait un bon moment, je dirais depuis la fin des années 60, que les catholiques ne sont plus forcément en accord avec tous les enseignements du pontife romain ».

« En ce qui concerne les pratiques, on a des données assez fiables puisque la Conférence épiscopale publie chaque année un recensement des sacrements qui ont été administrés durant l’année et également de la pratique dominicale. On a des chiffres qui témoignent d’une forte sécularisation tout de même de la société belge, puisqu’en 2021, il y avait 31% des nouveau-nés qui étaient baptisés, un mariage civil sur dix qui était suivi d’une célébration catholique, et environ 2,5% de la population qui se rendait à la messe le dimanche. Donc, au niveau de la pratique religieuse catholique en tout cas, ce sont des chiffres relativement faibles et qui ne cessent de diminuer depuis une cinquantaine d’années » poursuit-elle.

Selon l’étude de la KUL environ un million de Belges assisteraient au moins une fois par mois à un culte catholique romain, donc à une messe : « Cela me paraît beaucoup par rapport à cet autre chiffre que j’évoquais, qui lui est issu du comptage des fidèles le troisième dimanche d’octobre, on est à environ un peu moins de 2,5% de la population qui se rend à la messe ce dimanche-là, ça voudrait dire, pour combiner les deux chiffres, que tout le monde qui se rend quelquefois à la messe n’y va qu’une fois par mois. Donc ça, ça me semble un peu surévalué ».

« On constate toujours encore un taux de pratique plus élevé lors des fêtes de Noël, de Pâques ou pour marquer les grands événements de la vie du croyant », remarque Caroline Sägesser, qui confirme qu’il y a une sorte de tabou sur la recension des pratiques religieuses dans notre pays : « C’est quelque chose qu’on n’a pratiqué qu’une seule fois, en 1846, lors du premier recensement. Et à ce moment-là, c’étaient des données relativement peu utiles puisque ce recensement a découvert que plus de 99% de la population belge de l’époque se déclaraient catholiques. Donc voilà une donnée qui nous permet de mesurer le chemin parcouru. On considère que les convictions relèvent de la vie privée en Belgique, et donc on ne les recense plus depuis 1846 ».

Que pourrait nous apprendre un tel recensement effectué aujourd’hui ? « Il y a beaucoup d’Églises chrétiennes non catholiques. Donc, tout dépend encore un peu de la façon dont vous définissez une religion. Si, par exemple, on met toutes les autres confessions chrétiennes et on les rassemble sous l’étiquette protestante, on va avoir effectivement une religion qui est assez importante en Belgique. En revanche, si on distingue les Églises luthériennes, les Églises protestantes, évangéliques, etc., on va évidemment émietter les chiffres. Donc, tout dépend un peu des périmètres que l’on trace. Mais c’est l’islam qui est la deuxième religion la plus pratiquée en Belgique. Des estimations tournent autour de 7 à 8% de citoyens de confession musulmane, mais on sait effectivement par d’autres études que le taux de pratique religieux est plus élevé au sein des personnes de confession musulmane que des personnes de confession catholique ».

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SAINTE-MARIE-ORLEANS
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