Viols et agressions sur mineurs : 18 ans requis contre l’ancien prêtre d’Orléans

Olivier de Scitivaux de Greische, 64 ans, est accusé de «viols et attouchements sexuels» commis, dans les années 1990 et 2000, sur quatre plaignants qui avaient entre 7 et 9 ans à l’époque.

Une peine de 18 ans de prison a été requise vendredi soir contre l’ancien prêtre d’Orléans, poursuivi pour des centaines de viols et agressions sexuelles commis sur de jeunes garçons, pendant plus d’une décennie, des faits qu’il «a reconnus» devant la cour d’assises du Loiret.

«Oui, M. Olivier de Scitivaux de Greische a agressé sexuellement (un jeune garçon), oui il a agressé et violé» trois autres victimes pendant leur enfance, et commis «des centaines de viols et agressions sexuelles», a estimé l’avocat général, Cédric Vincent. L’accusé, âgé de 64 ans, a «brisé quatre enfances et bouleversé des familles entières», a-t-il poursuivi, mais au-delà, «ce qui est frappant c’est que les actes, les noms (des victimes) font masse».

L’avocat général a ainsi requis 18 ans de réclusion criminelle, «une peine en deçà de la réalité de ses agissements», assortis d’une «peine de sûreté de moitié (9 ans, NDLR)», d’une obligation de «suivi sociojudiciaire», «de soins», «l’interdiction d’exercer toute activité professionnelle ou bénévole impliquant un contact avec des mineurs» et son inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. «Comment un tel désastre humain a-t-il pu être perpétré pendant une si longue période ? S’en prendre à des enfants ? Rester auprès d'(eux) ?», a interrogé M. Vincent.

Olivier de Scitivaux est «un manipulateur», qui «devient l’ami, le proche incontournable, celui qui a toutes les occasions de passer des nuits» chez la famille des victimes, «toucher les trois enfants d’une même fratrie et cependant plus d’une décennie», a-t-il pointé.

Un ami de la famille

C’est l’année où il est ordonné prêtre, en 1989, que celui qui a depuis été relevé de ses fonctions et renvoyé à l’état laïc à sa demande, fait connaissance avec la famille des victimes où il s’invite ou est invité régulièrement. À leur domicile, pendant que les parents dorment au rez-de-chaussée, dans les demeures somptueuses de la famille Scitivaux, l’hiver au chalet à Abondance (Haute-Savoie) ou l’été en colonie de vacances à Perros-Guirec (Côtes-d’Armor), celui qui avait à l’époque 22 à 25 ans de plus que les victimes (âgées de 7 à 9 ans) va leur infliger ces violences.

Devant une salle d’audience comble, dans laquelle de nombreux responsables de l’Église catholique et paroissiens prennent place depuis mardi, les trois frères et un ami ont raconté à tour de rôle, avec minutie et pudeur, les sévices qu’ils recevaient chacun leur tour, sans savoir que les autres étaient également victimes. «Quand il n’y en avait pas un de disponible, il y avait le deuxième ou le troisième», confirme l’accusé désignant ainsi les trois frères, des quadragénaires aujourd’hui unis sur le banc des victimes.

A la barre mercredi, le benjamin a raconté, devant une cour interdite, ces quelques mois où il «y pass(ait) toutes les semaines, tous les jours, tous les soirs», «le moment où il a utilisé des outils sur mon corps» ou lorsqu’«il m’a rasé». «Je reconnais, puisqu’il faut utiliser les mots, les attouchements, les caresses, les fellations, les pénétrations digitales et péniennes, l’ensemble des faits», concède Olivier de Scitivaux de Greische.

«Je reconnais tout sans réserve», insiste-t-il, allant jusqu’à avouer pour la première fois des actes similaires sur deux autres victimes dès 1982 – des faits qui n’ont pu être jugés en raison de la prescription. Les faits se sont produits jusqu’au début des années 2000. Pourtant, les premières alertes sont émises par des animateurs et familles auprès du diocèse dès les années 80, dans des courriers de famille ou par des animatrices de l’aumônerie en 1998. En vain, jusqu’au signalement de Mgr Jacques Blaquart, en 2018. «C’est l’anatomie d’un désastre», déplore un des avocats d’une partie civile, Me Edmond-Claude Frety. Le verdict est attendu samedi dans la journée.

L’Église catholique est depuis des années secouée par des scandales de pédocriminalité dans le monde entier, et régulièrement accusée de fermer les yeux sur eux et d’ignorer les victimes. En France, un rapport rendu en octobre 2021, estime qu’en 70 ans, environ 330.000 personnes ont été agressées au sein de l’Église lorsqu’elles étaient mineures.

sainte-marie-orleans.org vous produit ce texte qui aborde le thème « Paroisse Sainte-Marie d’Orléans ». Le but de sainte-marie-orleans.org étant de rassembler en ligne des données sur le sujet de Paroisse Sainte-Marie d’Orléans puis les diffuser en essayant de répondre du mieux possible aux interrogations que tout le monde se pose. Cet article se veut reconstitué de la façon la plus correcte que possible. Si jamais vous projetez d’apporter quelques précisions autour du sujet « Paroisse Sainte-Marie d’Orléans », vous avez la possibilité de d’échanger avec notre rédaction. Dans les prochaines heures on rendra accessibles à tout le monde d’autres annonces autour du sujet « Paroisse Sainte-Marie d’Orléans ». Alors, consultez régulièrement notre blog.

 » On est soulagé d’être encore là cette année » assurent les forains de la fête foraine d’Orléans

Ce samedi 25 mai, à 14 heures, la fête foraine d’Orléans ouvrira officiellement ses portes, sur l’aire de Chapit’O, à Fleury-les-Aubrais. Depuis le début de la semaine déjà, quelques 120 forains étaient à pied d’oeuvre pour installer leurs stands et leurs manèges. « C’est vrai que cette année on savoure encore plus le fait d’être ici » explique Lucile, propriétaire d’un manège pour enfants. « On a vécu des moments difficiles entre stupeur et incompréhension. Maintenant, on va essayer d’offrir le maximum de plaisir aux gens. On est là pour ça ».

 » On savoure encore plus le fait d’être ici cette année »

Pour Lucile et tous ses collègues forains, difficile quand même d’oublier le bras de fer qui s’est joué l’hiver dernier avec la métropole d’Orléans. La collectivité avait décidé, de façon un peu brutale, de ne plus accueillir l’évènement sur son territoire. Les élus mettaient en avant le manque de places de stationnement pour les caravanes des forains et des plaintes de riverains suite à des nuisances sonores. Finalement, après quelques réunions et devant l’émoi suscité, un accord a été trouvé.

Un des grands classiques des manèges à sensation
Un des grands classiques des manèges à sensation © Radio FrancePatricia Pourrez

Des frais supplémentaires cette année pour les forains

Cette année, les forains ont donc géré eux-mêmes l’aménagement du terrain des groues à Orléans et de celui de l’Utom près de Saran pour installer leurs caravanes. « On a fait mettre l’électricité, les eaux usées » détaille Philippe Guérin, le porte-parole des forains en Centre-Val de Loire.  « Ca représente plusieurs centaines de milliers d’euros qu’on va partager entre nous à la fin de la fête. Mais, on ne va pas se plaindre, on a accepté le deal, on l’assume ». Les forains se sont aussi engagés cette année à faire respecter le réglèment intérieur sur l’ambiance sonore notamment les soirs de nocturne. « On a parfois été un peu trop gentils avec certains de nos collègues qui ont des micros et des ambiantes fortes. Mais, cette année, on sera vigilant et au moindre écart, on interviendra » assure le porte-parole.

La fête foraine d’Orléans reste un évènement majeur du printemps avec près de 100.000 personnes accueillies sur les 3 semaines. Elle démarre ce samedi et jusqu’au 16 juin.

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Attitude «bestiale» et penchant «fétichiste»: un ancien prêtre d’Orléans reconnaît avoir violé quatre garçons mineurs

Olivier de Scitivaux de Greische, 64 ans, est accusé de «viols et attouchements sexuels» commis, dans les années 1990 et 2000, sur quatre plaignants qui avaient entre 7 et 9 ans à l’époque.

L’ancien prêtre d’Orléans, jugé devant la cour d’assises du Loiret pour des faits de viols et agressions sexuelles commis sur de jeunes garçons pendant plusieurs années, «a reconnu (…) l’ensemble des faits» vendredi, évoquant une attitude «bestiale» envers une des victimes et un penchant «fétichiste». «J’étais un prédateur, j’étais un monstre», déclare sobrement l’accusé, Olivier de Scitivaux de Greische, 64 ans, qui comparaît libre devant la cour à Orléans depuis mardi.

Ordonné prêtre en 1989 avant d’être relevé de ses fonctions et renvoyé à l’état laïc à sa demande, l’homme est accusé de «viols et attouchements sexuels» commis, dans les années 1990 et 2000, sur quatre plaignants qui avaient entre 7 et 9 ans à l’époque et sur lesquels il avait «autorité». Les faits se sont produits dans différents domiciles de la région orléanaise, au presbytère de la paroisse Saint-Paterne d’Orléans, dans un château, en colonie de vacances chaque été à Perros-Guirec (Côtes-d’Armor) ou à Abondance (Haute-Savoie), l’hiver.

Alertes émises dès les années 80

Devant une salle d’audience bondée, dans laquelle de nombreux responsables de l’Église catholique et paroissiens prennent place depuis mardi, les trois frères et un ami ont raconté à tour de rôle, avec minutie et pudeur, les sévices qu’ils recevaient chacun leur tour, sans savoir que les autres étaient également victimes. Les faits se sont produits jusqu’au début des années 2000. Pourtant, les premières alertes sont émises par des animateurs et familles auprès du diocèse dès les années 80, dans des courriers de famille ou par des animatrices de l’aumônerie en 1998. En vain, jusqu’au signalement à la justice de Mgr Jacques Blaquart, en 2018.

L’Église catholique est depuis des années secouée par des scandales de pédocriminalité dans le monde entier, et régulièrement accusée de fermer les yeux sur eux et d’ignorer les victimes. En France, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase) présidée parJean-Marc Sauvé estimait, dans un rapport rendu en octobre 2021, que depuis 70 ans, environ 330.000 personnes avaient été agressées au sein de l’Église lorsqu’elles étaient mineures.

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Influenceurs catholiques : les nouveaux visages de l’Église

Sur le papier peint scotché au mur, la scénographie de Victor, l’influenceur plus connu sous le nom de « catho de service », est particulièrement soignée. Une icône de l’Esprit Saint surplombe une étagère, sur laquelle est posé un crucifix. Juste en dessous, un exemplaire du catéchisme de l’Église catholique, et une fausse plante verte, « parce que de son sein coulent des sources d’eau vive », plaisante Victor, pour conclure sa « petite théologie du décor ».

Cette scène, qui fait face à de volumineuses installations d’éclairage, est tournée vers l’objectif d’une caméra flambant neuve. Depuis octobre 2023, Victor, 24 ans, se consacre à temps plein à son activité d’« influenceur ». Il a investi dans un matériel de pro, et son studio occupe désormais une grande partie de son petit appartement, niché dans les étages d’un presbytère du 3e arrondissement de Paris.

Avec plus de 48 000 abonnés sur Instagram, le « catho de service » est l’une figures de proue du phénomène des influenceurs catholiques français. En octobre 2020, quand il a débuté ses vidéos pour répondre aux questions sur sa foi, dans sa chambre chez ses parents, quelques personnalités émergeaient déjà sur les réseaux sociaux, répondant à une soif de spiritualité, notamment chez les jeunes.

Rapidement, des têtes d’affiche s’imposent : le père Matthieu Jasseron, prêtre du diocèse de Sens-Auxerre, perce sur TikTok (1,2 million d’abonnés avant son retrait fin 2023) ; le frère Paul-Adrien d’Hardemare investit YouTube (360 000 abonnés) ; sœur Albertine, membre de la communauté du Chemin-Neuf, rencontre un succès certain sur Instagram (215 000 abonnés).

Devenus des figures du monde catholique, ils sont souvent des invités incontournables des grands rassemblements comme les JMJ ou le Frat et sont sollicités dans de nombreux diocèses. Aujourd’hui, ils cherchent à s’adresser au plus grand nombre, et leur notoriété dépasse le seul public catholique.

Évangélisation et affirmation du catholicisme

« Le pape l’a dit : Internet est un continent à évangéliser », affirme Victor. Cette mission est le lien entre des personnalités aux sensibilités aussi différentes que l’abbé traditionaliste Matthieu Raffray (81 000 abonnés sur Instagram) et sœur Albertine qui affiche une image de modernité. Globalement, les influenceurs catholiques « viennent plutôt d’un catholicisme classique, d’identité », observe le père Renaud Laby, prêtre du diocèse du Mans et docteur en sciences sociales des religions à l’École pratique des hautes études. « Leur contenu est dominé par l’apologétique et une dimension catéchétique », c’est-à-dire d’enseignement sur la foi chrétienne.

À l’exemple du Padreblog (90 000 abonnés YouTube), repris par le père Jean-Baptiste Bienvenu de la communauté de l’Emmanuel, avec deux autres prêtres. Dans ses vidéos, sur fond de vitraux colorés, en chasuble, il prêche comme à la messe. Les trois prêtres sont conscients qu’ils s’adressent, ces dernières années, à un public grandissant de « recommençants ». C’est pourquoi ils s’évertuent à fournir « un cadre et un catéchisme clair ». De son côté, Victor, pour prouver la véracité du catholicisme, utilise sans complexe l’apologétique, ou la défense rationnelle de la foi.

Dans un style un peu différent, encouragée par la percée de ces influenceurs catholiques, Claire Sallé de Chou n’hésite plus non plus à faire transparaître spontanément sa foi dans les dessins qui retranscrivent son quotidien. Auprès de ses 17 000 abonnés, « Claire S2C » veut incarner une image « lumineuse et plus moderne » de la femme catholique. « Ce qui transparaît dans ce phénomène des influenceurs, c’est le désir de réinvestir la sphère publique et de redorer l’image du catholicisme », analyse le père Renaud Laby.

Un mouvement qui se structure

Sous l’impulsion du frère Paul-Adrien d’Hardemare, des dizaines d’influenceurs catholiques se sont rassemblés fin 2022 lors d’une première soirée, organisée à la Conférence des évêques de France. De là naît le réseau Acutis. Financé et coordonné par le Fonds du bien commun, il compte aujourd’hui une soixantaine de membres. De vidéos tournées ensemble jusqu’aux formations prodiguées par des agences de communication, le réseau vient nourrir en compétences les influenceurs, pour booster leurs audiences : charte graphique efficace, thèmes populaires et titres accrocheurs…

Pour autant, tous les moyens sont-ils bons pour « inonder les réseaux » ? « Il faut s’imposer des limites morales, pour ne pas avoir comme seul critère la maximisation des audiences », assure le père Jean-Baptiste Bienvenu. Ce prêtre du diocèse de Versailles rend compte annuellement du contenu du Padreblog à son évêque. Son activité numérique a lieu sur son temps libre et conserve une « complète liberté éditoriale et de ton ».

Régulation

De fait, le phénomène s’est développé en marge de l’institution de l’Église, à tel point qu’il peut exister une forme de « concurrence » alors que « la parole de l’institution a désormais moins de valeur que les stars des réseaux, forts de leurs réseaux d’affinité», estime le père Renaud Laby. Comment l’Église peut-elle réguler ce phénomène ? Et est-ce seulement possible ? Si sœur Albertine et le frère Paul-Adrien sont mandatés par leurs communautés, la plupart n’attendent pas d’être missionnés, comme le voudrait le droit canonique, pour s’exprimer sur les réseaux sociaux.

Le réseau Acutis offre un cadre de régulation mutuel et permet de ne pas rester isolés. Car derrière l’exposition médiatique, c’est la starification qui guette les influenceurs chrétiens. Ainsi, lorsqu’il a quitté les réseaux, le père Matthieu Jasseron a admis que son succès flattait parfois « un orgueil pas toujours très ajusté ».

« C’est l’un des thèmes centraux de nos rencontres», admet Anne-Louise Moiroud, qui coordonne le réseau. « Il faudrait que l’Église puisse accompagner ceux qui le veulent, suggère le père Laby, en leur proposant une formation, sur l’évangélisation en ligne notamment, qui leur permette d’avoir une réflexion sur leurs pratiques. »

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Une soirée spéciale aux Bernardins

Vendredi 24 mai, la Nuit des influenceurs chrétiens est organisée au Collège des Bernardins, à Paris, soutenue par le Fonds du bien commun.

Après une première édition à la Conférence des évêques de France en septembre 2022, la soirée s’ouvre cette année aux autres confessions chrétiennes et doit rassembler près de 200 acteurs engagés dans l’évangélisation en ligne.

Animée par le frère Paul-Adrien d’Hardemare, la soirée sera retransmise en direct sur KTO, à partir de 20 heures. Pour mettre en lumière ces figures des réseaux sociaux, cinq prix seront attribués dans différentes catégories.

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Devant les assises d’Orléans : l’ancien prêtre « reconnaît l’ensemble » des viols et agressions sur mineurs

« J’étais un prédateur, j’étais un monstre », déclare sobrement l’accusé, Olivier de Scitivaux de Greische, 64 ans, qui comparaît libre devant la cour à Orléans depuis mardi.

Ordonné prêtre en 1989 avant d’être relevé de ses fonctions et renvoyé à l’état laïc à sa demande, l’homme est accusé de « viols et attouchements sexuels » commis, dans les années 1990 et 2000, sur quatre plaignants qui avaient entre 7 et 9 ans à l’époque et sur lesquels il avait « autorité ».

Salle d’audience bondée

Les faits se sont produits dans différents domiciles de la région orléanaise, au presbytère de la paroisse Saint-Paterne d’Orléans, dans un château, en colonie de vacances chaque été à Perros-Guirec ou à Abondance (Haute-Savoie), l’hiver.

Devant une salle d’audience bondée, dans laquelle de nombreux responsables de l’Église catholique et paroissiens prennent place depuis mardi, les trois frères et un ami ont raconté à tour de rôle, avec minutie et pudeur, les sévices qu’ils recevaient chacun leur tour, sans savoir que les autres étaient également victimes.

« Quand il n’y en avait pas un de disponible, il y avait le deuxième ou le troisième », dit l’accusé désignant ainsi les trois frères, des quadragénaires aujourd’hui unis sur le banc des victimes.

Un penchant « fétichiste »

À la barre mercredi, le benjamin a raconté ces quelques mois où il « y pass(ait) toutes les semaines, tous les jours, tous les soirs ». « Le pire est le moment où il a utilisé des outils sur mon corps », ou lorsqu’« il m’a rasé, faisant de moi un objet », a-t-il encore détaillé, devant une cour interdite.

« Je reconnais, puisqu’il faut utiliser les mots, les attouchements, les caresses, les fellations, les pénétrations digitales et péniennes, l’ensemble des faits », dit Olivier de Scitivaux de Greische devant ses victimes et leurs proches, certains éplorés.

L’ancien religieux qualifie de « bestiale » la relation sexuelle qu’il a infligée au benjamin de la fratrie.

« Je reconnais tout sans réserve », ajoute-t-il, expliquant, qu’à l’époque de son premier passage à l’acte – en 1982, pour des faits qu’il a reconnus mais qui sont prescrits -, « je n’ose pas m’avouer mon attirance pour les hommes et encore moins pour les petits garçons ».

L’accusé a évoqué son penchant « fétichiste » qui l’a poussé à imposer des photographies nues à l’un des garçons, raser les poils pubiens d’un autre, devenu adolescent. « Les photos, c’était pour lui montrer qu’il est ma chose, que je peux faire ce que je veux de lui », explique-t-il calmement.

Dix-huit ans de réclusion requis

Les faits se sont produits jusqu’au début des années 2000. Pourtant, les premières alertes sont émises par des animateurs et familles auprès du diocèse dès les années 1980, dans des courriers de famille ou par des animatrices de l’aumônerie en 1998. En vain, jusqu’au signalement à la justice de Mgr Jacques Blaquart, en 2018.

L’Église catholique est depuis des années secouée par des scandales de pédocriminalité dans le monde entier, et régulièrement accusée de fermer les yeux sur eux et d’ignorer les victimes.

En France, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase) présidée par Jean-Marc Sauvé estimait, dans un rapport rendu en octobre 2021, que depuis 70 ans, environ 330 000 personnes avaient été agressées au sein de l’Église lorsqu’elles étaient mineures.

Le procès devait initialement s’achever ce vendredi mais le verdict est finalement attendu samedi. Une peine de 18 ans de réclusion a été requise, vendredi soir, à l’encontre de l’accusé.

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Devant les assises d’Orléans : « Comment un prêtre peut faire ça à un enfant

Dans la salle de la cour d’assises, où toutes les places ont été prises d’assaut, pas le moindre bruit. Juste la voix de Quentin, 43 ans, qui se brise parfois. Né au sein d’une famille catholique pratiquante, il a vécu « dans l’insouciance et la joie jusqu’à mes 9 ans ». Ses parents rencontrent De Scitivaux – « je n’arrive plus à appeler mon agresseur par son prénom » -, alors que Quentin rentre en CM2. « Il y avait une certaine fierté à connaître le curé. C’était comme un oncle, un membre de la famille ». Il lui demande d’être son parrain avant sa première communion. « Qui de mieux pour m’accompagner ? », dit-il.

« J’ai estimé à 130-150 agressions »

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Devant les assises d’Orléans : « Comment un prêtre peut-il faire ça à un enfant

Dans la salle de la cour d’assises, où toutes les places ont été prises d’assaut, pas le moindre bruit. Juste la voix de Quentin, 43 ans, qui se brise parfois. Né au sein d’une famille catholique pratiquante, il a vécu « dans l’insouciance et la joie jusqu’à mes 9 ans ». Ses parents rencontrent De Scitivaux – « Je n’arrive plus à appeler mon agresseur par son prénom » -, alors que Quentin rentre en CM2. « Il y avait une certaine fierté à connaître le curé. C’était comme un oncle, un membre de la famille. » Il lui demande d’être son parrain avant sa première communion. « Qui de mieux pour m’accompagner ? », dit-il.

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Orléans: le silence des évêques pointé au procès d’un ex-prêtre jugé pour viols sur mineurs

« Une chape de silence », l’injonction de « ne pas en parler »: au procès d’un ancien prêtre, accusé de plusieurs viols et agressions sexuelles sur des jeunes garçons, la cour d’assises du Loiret est longuement revenue mardi sur le silence des responsables du diocèse d’Orléans.

L’accusé, Olivier de Scitivaux de Greische, aujourd’hui âgé de 64 ans, comparaît libre devant la cour.

Le sexagénaire, ordonné prêtre en 1989 avant d’être relevé de ses fonctions et renvoyé à l’état laïc depuis la révélation des faits, est accusé de « viols et attouchements sexuels » commis, dans les années 1990 et 2000, sur trois plaignants qui étaient âgés de moins de 15 ans à l’époque et sur lesquels il avait « autorité ».

Pour un quatrième, la justice a relevé la prescription des faits.

Selon les victimes qui se sont constituées parties civiles, Olivier de Scitivaux de Greische s’introduisait dans les cabines de douche pour les observer, obligeait les enfants à faire des fellations, les masturbait et parfois les violait, en marge des activités paroissiales ou lors de colonies de vacances à Perros-Guirec (Côtes-d’Armor).

Ces faits, qui se sont produits jusqu’au début des années 2000, avaient été dénoncés en vain dès 1997 dans des courriers de mères de famille, ou par des animatrices de l’aumônerie en 1998.

– « Des chahuts en tripotant » –

« Il jouait à touche-touche avec les garçons », « on parlait de chahut mais des chahuts en tripotant », confie Marie-Paule, responsable de l’aumônerie à l’époque, qui regrette que ses alertes n’aient pas été entendues par l’évêque de l’époque, Gérard Daucourt.

« Ordre m’avait été donné de me taire », ajoute la retraitée, « on me reprochait de ne pas avoir des faits précis mais ce que j’avais aujourd’hui s’appelle des signaux faibles ».

Bousculé par les avocats des plaignants, Mgr Daucourt, désormais évêque de Nanterre, dit avoir « cru à la dénégation » d’Olivier de Scitivaux de Greische et considéré « qu’il n’y avait rien de grave ».

« Je n’avais ni plainte ni preuve », se défend-il.

Son successeur, Mgr Jacques Blaquart, destinataire dès 2012 d’une lettre faisant état de possibles « agissements » pédocriminels dans son diocèse, n’a lui saisi la justice qu’en 2018.

Il y avait une forme de « sidération » et la « chape de silence » qui prévalait alors dans l’Eglise, explique-t-il.

« Je n’ai pas fait assez, j’aurais dû mieux faire », « il y avait une naïveté de ma part », a-t-il concédé devant la cour.

Interrogé par le président mardi matin, l’accusé a espéré que le jugement permettra aux victimes de « repartir dans la vie avec moins de choses sur le coeur ».

L’ancien prêtre, qui avait expliqué aux enquêteurs avoir besoin de « montrer des gestes d’affection » au cours desquels ses mains « peuvent aller fortuitement vers le sexe ou les fesses » des jeunes garçons, risque jusqu’à 20 ans de réclusion.

Le verdict est attendu vendredi soir et les plaignants ainsi que leurs proches seront entendus dès mercredi par la cour d’assises.

L’Eglise catholique est depuis des années secouée par des scandales de pédocriminalité dans le monde entier, et régulièrement accusée de fermer les yeux sur eux et d’ignorer les victimes.

En France, la Conférence des évêques de France avait annoncé une série de mesures en novembre 2021 pour lutter contre ce fléau et mis en place une indemnisation individuelle pour chaque victime.

bat-cor/mb/dlm

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Procès d’un prêtre pour pédophilie à Orléans : « C’était l’omerta. Il ne fallait pas ébruiter l’affaire

Claire est sœur bénédictine. Elle a 57 ans. Elle arrive à la barre vêtue de sa chasuble, de sa cornette et de sandales. Elle semble avoir fait vœu de pauvreté, mais aussi de probité. Concentrée, sourcils froncés, elle raconte ses deux périodes en poste dans le diocèse d’Orléans, d’abord de 2001 à 2003, puis de 2007 à 2010.

«Ça me tombe dessus ! »

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Lutte contre les abus sexuels : d’abord en pointe, l’évêque d’Orléans est en retrait depuis la terrible année 2018

Avec l’affaire de Scitivaux, l’évêque d’Orléans s’affichait en pointe de la lutte contre la pédocriminalité dans l’Église. Le suicide, quelques mois plus tard, à Gien, d’un prêtre mis en cause pour de possibles comportements déplacés, l’a incité à limiter ses prises de parole sur le sujet. Retour sur une année 2018, très éprouvante pour le diocèse d’Orléans, qui a marqué un tournant dans son engagement.

« N’ayons pas peur d’affronter la vérité ! » Un évêque français avait-il déjà eu des mots aussi convaincus, dépourvus de toute ambiguïté, face à la chape de plomb entourant les abus sexuels commis dans l’Église catholique ?

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