Cinq mois avec sursis requis contre l’un des militants catholiques traditionalistes qui avaient empêché un concert dans une église de Carnac

Une trentaine de personnes, dont des membres de Civitas avait manifesté, le 13 mai 2023, contre le concert d’une organiste américaine à l’église Sainte Cornely, à Carnac, dans le Morbihan. Le maire avait été contraint d’annuler l’événement, qui avait été autorisé par le curé et le diocèse.

Une peine de cinq mois de prison avec sursis a été requise mercredi à Lorient contre l’un des deux militants du groupe intégriste Civitas accusés d’avoir empêché, en mai 2022, la tenue d’un concert d’une musicienne américaine, Kali Malone, dans une église à Carnac, dans le Morbihan.

Deux personnes avaient été arrêtées, un homme de 29 ans, responsable local de Civitas, et une femme de 55 ans, adhérente de cette association catholique traditionaliste, fondée en 1999, proche de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, et dissoute à l’automne dernier.

À lire aussi :Concert empêché par des catholiques intégristes à Carnac. Deux personnes devant la justice

Lors de leur procès mercredi 13 mars devant le tribunal correctionnel de Lorient, le parquet a requis une peine d’emprisonnement de cinq mois, avec un sursis simple, pour le responsable local de Civitas, et une amende de 500 euros pour l’adhérente.

« Un concert de musique électronique dans un lieu de culte, c’est une profanation, un manque de respect de la religion, » a déclaré le prévenu à son procès, avant d’indiquer qu’il recommencerait si la situation devait se reproduire.

À Lire aussi : Dissolution du mouvement Civitas. L’organisation catholique intégriste avait empêché un concert dans une église à Carnac

 
Ils étaient tous deux jugés pour entrave concertée avec menace à l’exercice de la liberté d’expression et pour avoir appelé à manifester sur la voie publique sans déclaration.
La quinquagénaire a quant à elle reconnu avoir lancé « Vade Retro Satanas » à une spectatrice habillée « tout en noir », estimant que cette personne était « satanisée ».

Le jugement a été mis en délibéré au 25 mars.

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Parents catholiques d’enfants homosexuels, ils témoignent

Depuis trois mois, l’Église catholique traverse une période difficile autour de la question de sa relation avec les couples homosexuels. La déclaration « Fiducia supplicans », du 18 décembre 2023, qui autorise les bénédictions non liturgiques des couples de même sexe, a suscité beaucoup de réactions très diverses, notamment en Afrique où s’est levé un véritable vent de révolte contre cette proposition de pape François.

En 2016, dans son exhortation apostolique « Amoris laetitia« , le souverain pontife proposait une méthode pour aborder les questions d’éthique familiale. Une méthode qui peut se résumer en deux mots : rencontrer, écouter. Parce qu’il faut partir de l’expérience des personnes concernées, OÙ VA LA VIE vous propose d’entendre les témoignages de Claire et Olivier, co-fondateurs de Reconnaissance, association de parents chrétiens d’enfants homosexuels.

Des témoignages de parents catholiques d’enfants homosexuels

OÙ VA LA VIE – la bioéthique en podcast, avec les Facultés Loyola, a décidé de donner la parole à des parents catholiques d’enfants homosexuels. Chrétiens engagés dans l’Église catholique, ils parlent de l’intérieur de l’Église. « On a toujours pu penser quand c’étaient des questions difficiles, que c’étaient des gens de l’extérieur, souligne le jésuite Bruno Saintôt, directeur du département d’éthique biomédicale aux Facultés Loyola, qu’ils promouvaient des choses pour combattre l’Église, on les accuse de vouloir détruire les grands principes de la morale chrétienne, de détruire les familles. Ce n’est pas ça dont il s’agit. »

Et parce qu’ils parlent de l’intérieur de l’Église, ces fidèles lui donnent la possibilité de changer. À travers leurs témoignages, on perçoit en effet ce qui pourrait évoluer au sein de l’Église catholique. Par exemple, la différence de raisonnement entre l’éthique sociale et l’éthique sexuelle : deux domaines « qui semblent étanches l’un à l’autre », note Bruno Saintôt. « Une des tâches aujourd’hui serait de faire en sorte que cette éthique sociale et l’éthique de la sexualité communiquent, qu’elles soient pensées ensemble. »

Olivier Boidin, un déclic après la Manif pour tous

Père de cinq enfants dont le plus jeune fils est aujourd’hui marié avec un homme, Olivier Boidin est un chrétien engagé. Il a été vice-président des EDC (Entrepreneurs et dirigeants chrétiens) et s’intéresse à la doctrine sociale de l’Église, cet ensemble de textes émis par le Vatican sur le monde du travail, la dignité humaine et la justice sociale.  

Son fils a fait son coming out à l’âge de 26 ans. « On rencontre une réalité dont on était totalement ignorant. » Avant cela, Olivier Boidin avait défilé dans les rangs de la Manif pour tous en 2013. L’un de ses gendres lui avait alors dit : « Vous êtes sûr que c’est le bon combat ? » Cette remarque n’est pas restée sans effet. « Ça a été pour moi le premier signe, quelque chose dans ma tête a été ébranlé. » Le père de famille avait jusque-là « un système de pensée sur le couple », décrit-il. « Je me disais : La théologie du corps, c’est magnifique ça vous mène droit là où il faut aller. Le chemin était clair, tout ça tenait debout. »

J’ai pris conscience des blessures que la Manif pour tous a infligées aux personnes homosexuelles…

La remarque de son gendre avait créé des fissures, tout comme l’avait fait la doctrine de l’Église catholique en matière de contraception, qu’avec sa femme il avait trouvé « pas réaliste ». « J’avais déjà envoyé promener un certain nombre de sujets, raconte-t-il, j’avais lu Xavier Thévenot et des auteurs qui réfléchissent sur la culpabilité, la place de la morale par rapport à la foi… J’ai été préparé par ces réflexions à l’annonce que m’a fait mon fils. » Malgré cela, avoir fils qui annoncé son homosexualité, « on est très choqué, on est bouleversé », dit-il. « Après, avec un peu de recul, on se dit : Mais cette situation elle ne m’est pas propre, elle est particulière elle n’est pas singulière. »

Olivier Boidin a repensé à tout ce que défend la doctrine sociale de l’Église : « La dignité de la personne, la subsidiarité, la solidarité, destination universelle des biens… Je me suis dit : Mon fils coche toutes les cases ! » Le père de famille a aussi pris conscience des « blessures que la Manif pour tous a infligées aux personnes homosexuelles ». Olivier Boidin rappelle qu’au sein de l’association Reconnaissance, un des sujets « importants », c’est le risque de suicide ou de dépression. « Si l’accompagnement, la compréhension, la bienveillance ne les entoure pas, les jeunes qui découvrent leur homosexualité peuvent prendre des chemins mortifères. »

Claire Bévierre, se sentir « trahie » par l’Église catholique

Pour Claire Bévierre, l’Église catholique a toujours été « une famille ». Elle est issue d’une famille « extrêmement pratiquante ». « Pour moi, la famille c’est quelque chose qui doit protéger le plus faible et qui ne doit pas rejeter. Et donc j’ai eu un sentiment de trahison au moment où j’ai découvert ce que l’Église disait de ma fille et avait fait à ma fille. »

Aujourd’hui âgée de 27 ans, sa fille a fait son coming out à 19 ans. « Elle a débarqué chez nous un soir – elle était en larmes, elle tremblait, elle était bouleversée – en nous disant : Je vais vous faire de la peine, c’est horrible je ne peux pas vous mentir, c’est horrible vous allez être déçus, je suis homosexuelle. » Claire et son mari lui ont « ouvert les bras ». C’est après qu’il a fallu faire « le deuil de l’hétérosexualité de l’enfant ». « On est très triste, décrit Claire Bévierre, parce qu’on a fait des projets pour cet enfant et que ce ne sont pas ses projets. » Vient ensuite l’inquiétude. « Ma fille sera-t-elle heureuse ? Ce sera quoi son modèle ? Je n’en sais rien. Ça sera quoi sa vie ? Je n’en sais rien ? Est-ce qu’elle subira l’homophobie ? Je n’en sais rien. »

Il y a une différence qui concerne 5 % des personnes et celle-là elle n’est pas du tout acceptée, elle est rejetée. Et pour moi c’est une vraie trahison

Le samedi qui a suivi l’annonce, lors d’une messe de mariage, Claire Bévierre a pris conscience du modèle que défendait l’Église. Le mariage entre un homme et une femme, le célibat consacrée. « Ça m’a sauté à la figure, se souvient-elle, ma fille elle est où ? Est-ce qu’elle a une place dans cette histoire ? Ça a été très violent. » Mais ce qu’elle a trouvé plus violent encore, c’est tout ce que sa fille a entendu dire aux scouts, à l’aumônerie. L’Église catholique l’a « tabassée », lui a fait « se sentir mal », « avoir honte de qui elle était »… L’adolescence de sa fille avait été « extrêmement difficile ». « Elle nous a dit après qu’elle se savait homosexuelle depuis toute petite, et à l’adolescence ça été une explosion de rage, de colère, de révolte. On a fait des thérapies familiales, des psychothérapies, et elle nous a dit qu’elle avait tellement honte de qui elle était que ça ne sortait pas même pas auprès des psys. »

Quand Claire Bévierre lit le Catéchisme de l’Église catholique*, elle trouve douloureux de voir sa fille ainsi réduite à sa sexualité « alors qu’elle est tellement plus que ça ! » Et elle se sent trahie par une Église « qui nous dit tout le temps qu’il faut accueillir la différence quand elle est handicap ». « Il y a une différence qui concerne 5 % des personnes et celle-là elle n’est pas du tout acceptée, elle est rejetée. Et pour moi c’est une vraie trahison. »


« L’homosexualité désigne les relations entre des hommes et des femmes qui éprouvent une attirance sexuelle exclusive ou prédominante envers des personnes de même sexe… S’appuyant sur la sainte Écriture qui les présente comme des dépravations graves… la Tradition a toujours déclaré que « les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés ». Ils sont contraires à la loi naturelle, ils ferment l’acte sexuel au don de la vie, ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable, ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas. » (Extrait du Catéchisme de l’Eglise catholique)

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D’anciens élèves de l’établissement catholique privé Notre-Dame de Bétharram dénoncent un « régime de la terreur

C’était la même angoisse tous les dimanches matin. Emmanuel (les personnes citées par un prénom ont requis l’anonymat) jetait un œil à sa montre toutes les cinq minutes. Cette montre offerte à sa communion et dont les aiguilles ne cessaient de tourner. Chaque minute rapprochait le jeune garçon, 10 ans, du départ du bus, à 19 heures. Direction Notre-Dame de Bétharram (Pyrénées-Atlantiques), l’institut catholique pour garçons, à trente minutes de Pau, où il a vécu en internat, la semaine, de 1973 à 1980.

A 60 ans aujourd’hui, le Palois a encore les mains qui tremblent, la voix qui se bloque ou les larmes qui coulent en se plongeant dans ces souvenirs douloureux. Dès le CM2, il découvre « le régime de la terreur » et les « pétages de gueule ». En journée, lui et ses camarades ont un « jeu » : se plaquer contre un mur dès qu’ils croisent un des prêtres de l’établissement, pour éviter les caresses sur les fesses. Emmanuel a subi des agressions sexuelles. « J’ai eu de la chance, je n’ai pas été violé », estime-t-il, comme un moindre mal.

Les trois dernières années à Bétharram, Emmanuel a porté un gant de toilette dans son slip, qu’il mettait en cachette chez ses parents le dimanche, en fin d’après-midi, pour se protéger des attouchements. Le jeune homme est sorti « cassé » de cette scolarité, et a passé une partie de sa vie en haute montagne, coupé du monde. Il est toujours saisi d’angoisse le dimanche soir. Depuis 1980, il n’a plus jamais porté de montre.

L’établissement catholique Notre-Dame de Bétharram, aujourd’hui rebaptisée Le Beau Rameau, à Lestelle-Bétharram (Pyrénées-Atlantiques), le 5 février 2024. L’établissement catholique Notre-Dame de Bétharram, aujourd’hui rebaptisée Le Beau Rameau, à Lestelle-Bétharram (Pyrénées-Atlantiques), le 5 février 2024.
Emmanuel (le prénom a été changé) a 60 ans. Il était scolarisé à Notre-Dame de Bétharram entre 1973 et 1980. Il fut alors victime d’agressions sexuelles et de violences. À Pau, le 7 février 2024. Emmanuel (le prénom a été changé) a 60 ans. Il était scolarisé à Notre-Dame de Bétharram entre 1973 et 1980. Il fut alors victime d’agressions sexuelles et de violences. À Pau, le 7 février 2024.

Depuis le début de l’année 2024, 33 anciens élèves ont déposé plainte pour des faits de violences, d’agressions sexuelles ou de viols au sein de l’ensemble scolaire Notre-Dame de Bétharram, rebaptisé Le Beau Rameau, en 2009. Les faits se sont surtout déroulés entre 1970 et 1990, dans cet établissement privé sous contrat des Pyrénées-Atlantiques. Selon les victimes, qui se sont constituées en collectif, environ la moitié des plaintes seraient de nature sexuelle et deux concerneraient des faits non prescrits. L’ensemble vise pour l’instant 6 prêtres (dont cinq, au moins, sont décédés) et 2 surveillants laïcs. Le 1er février, le parquet de Pau a ouvert une enquête préliminaire. Le ministère de l’éducation nationale indique, de son côté, que « les services académiques sont en lien avec l’autorité judiciaire au sujet de la procédure judiciaire en cours », précisant que l’académie de Bordeaux « procède régulièrement à des contrôles sur les établissements privés sous contrat sur la base du respect des exigences pédagogiques réglementaires découlant de la passation du contrat ».

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Aventures politiques, fixette sur le drapeau : comment les monarques ont géré l’exil… et n’en sont jamais sortis

L’Exil des monarques (Armand Colin), dirigé par Hélène Becquet livre, à travers l’analyse d’historiens, une réflexion résolument neuve sur la période de la Révolution française, en se penchant sur la notion d’exil, à la fois conséquence de l’abdication des souverains, et moyen de reconquête du pouvoir.

La décapitation de louis XVI en 1793 précipite un mouvement qui verra au fil des années et des décennies les prétendants au trône se disperser aux quatre coins de l’Europe pour y attendre des jours meilleurs. À travers les trajectoires tourmentées des Bonaparte, des Bourbons et des Orléans, où se mêlent intrigues politiques, ambitions personnelles, destins foudroyés, nous assistons tout au long du XIXe siècle, aux soubresauts de la révolution, et au crépuscule des régimes monarchiques.

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C’est que le dernier des (vrais) candidats à la royauté, le comte de Chambord, a ruiné ses chances de restaurer le trône des Bourbons, en refusant d’adopter la cocarde et le drapeau tricolore ! Cet ouvrage érudit, rythmé par les histoires des princes proscrits, nous permet de comprendre que l’instauration d’un régime républicain a pris du temps et beaucoup de chemins de traverse, dont les chemins de l’exil pour beaucoup.

Marianne : Les princes ont été balayés par les aspirations nationales et libérales de 1789, 1830, 1848 malgré la volonté de certains (Louis XVIII, Napoléon III et Louis Philippe), de porter la cocarde tricolore pour s’adapter au goût du temps. C’était s’adapter ou disparaître ? Ces derniers auraient-ils pu réussir ?

Hélène Becquet : Je pense, effectivement qu’il était nécessaire pour les princes de s’adapter. Certains ont mieux réussi que d’autres. Chez les Bourbons, Louis XVIII, qui n’a jamais, à proprement parler, adopté la cocarde tricolore, a accepté néanmoins l’idée d’une monarchie un peu plus libérale contrairement à son frère Charles X, attaché aux mœurs de l’ancien régime. Pour les Bonaparte, dont la dynastie est née de la révolution, leurs représentants, à savoir Napoléon Ier et son neveu Napoléon III, ont su s’adapter aux évolutions politiques et se sont approprié les idées révolutionnaires.

« Le Comte de Chambord n’était pas l’homme des compromissions. Alors que politiquement, la restauration monarchique est imminente, il refuse toujours le drapeau tricolore. »

Toutefois, ce qui a finalement causé leur chute, ce sont les nombreuses guerres du premier et la défaite de Sedan pour l’autre. Enfin, pour Louis Philippe (branche des Orléans), c’est peut-être d’une certaine façon, le cas le plus étrange, puisqu’il a tout fait pour adopter une monarchie plus libérale, et pourtant, au bout du compte, cela n’a pas marché. Alors s’adapter était-il impossible ? Je ne le pense pas, et eux ne le pensaient pas non plus, c’est la raison pour laquelle ils ont continué à se battre.

Le comte de Chambord, « l’enfant du miracle » (il était le dernier espoir des Bourbon, son père le duc de Berry, ayant été assassiné alors que son épouse était enceinte), exilé quarante-trois ans, reste une figure énigmatique. Sans héritier, alors qu’on lui offre la couronne, il la refuse puis semble se raviser mais trop tard ! Manquait-il de sens politique ?

C’est encore une vraie question. D’abord, c’était un homme intelligent, convenablement éduqué. Il avait des idées très réactionnaires ; traditionaliste, intransigeant sur le plan religieux, et ultraroyaliste sur le plan politique. Ensuite, il était plutôt bien informé tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des frontières. Effectivement, on se dit qu’il aurait pu accepter le drapeau tricolore, à l’instar du roi Henri IV, qui s’était converti au catholicisme avant de pouvoir être sacré roi de France (on lui aurait attribué ce mot fameux : « Paris vaut bien une messe »). Mais le Comte de Chambord n’était pas l’homme des compromissions. Alors que politiquement, la restauration monarchique est imminente, il refuse toujours le drapeau tricolore. En voulant avoir le dernier mot, il a perdu la couronne pour un symbole !

Les morts tragiques de Louis XVI, des ducs de Berry, d’Enghien, et des dauphins (Louis XVII, l’aiglon, le prince louis). Les destins contrariés d’héritiers détrônés n’ont-ils pas donné à ces personnages une dimension mythique qui continue de nous fasciner ?

C’est le côté tragique de ces destins d’exilés qui auraient pu advenir, et qui ne sont pas advenus, et c’est la répétition de ces échecs qui nous fascine. Napoléon Ier, pour parler finalement du plus célèbre des exilés, continue à nous captiver à cause de son destin hors du commun, érigé en mythe, et de sa fin pathétique voire mélancolique qu’il a su mettre en scène dans ses écrits. Il y a des histoires touchantes comme celle de l’aiglon, son fils. Alors que celui-ci prend tout juste conscience de sa filiation et c’est là vraiment la fatalité dans sa forme la plus absolue, la tuberculose l’emporte à l’âge de 21 ans.

« Napoléon III se situe dans la filiation des héros romantiques en menant une vie de proscrit, d’aventurier, qu’il met en scène, ce qui lui permet de prendre un certain avantage sur le plan politique. »

Est-ce qu’il aurait pu reconquérir son trône ? Je ne sais pas, il y aurait une belle uchronie à écrire sur Napoléon II. Napoléon III se situe dans la filiation des héros romantiques en menant une vie de proscrit, d’aventurier, qu’il met en scène comme son oncle avec un certain talent, ce qui lui permet de prendre un certain avantage sur le plan politique.

À la fin du siècle, certains princes semblent résignés, le romantisme de l’exil lié à l’ère des révolutions a disparu. Chez les descendants des Bonaparte, c’est évident. Le prince Victor va travailler la mémoire de ses illustres aïeux, plutôt que se lancer dans le combat politique… À partir des années 70-80, vous êtes dans un autre mode de relation au temps, l’époque de la modernité qui ne fait plus place à la nostalgie

Les têtes couronnées bannies de France ont tenté de maintenir leur survie politique et leur lignée royale à tout prix, dans un pays pourtant gagné par les idées révolutionnaires. Elles semblent néanmoins y avoir trouvé suffisamment de partisans. Comment l’expliquez-vous ?

Parce que les Français n’ont pas tous été partisans de la révolution qui, elle-même, a connu plusieurs étapes. Ainsi la révolution du début n’impliquait pas nécessairement la survenance de la république. La France est restée une monarchie constitutionnelle jusqu’en 92. Pour beaucoup de citoyens, révolutionnaires ou pas, l’idée d’une monarchie moderne garantissant les libertés, était tout à fait recevable. Donc finalement, l’option républicaine n’était pas une évidence. L’expérience de la première république de 1792 à 1804 n’a pas laissé que d’excellents souvenirs dans l’opinion française.

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L’exemple vers lequel tous les hommes monarchistes modérés se tournent au XIXe siècle, c’est le système monarchique parlementaire britannique, qui devient très vite le système politique idéal pour la France post-révolutionnaire. Si l’Europe se modernise au XIXe siècle, les régimes politiques quant à eux restent, majoritairement, monarchistes. La France, elle, est une exception lorsqu’elle choisit la République en 1879 et ce, de manière définitive, avec l’élection de Jules Grévy.

Les prétendants en exil dispersés et sans armée réelle, ont dû faire face à l’éloignement des réalités politiques d’une France divisée, au soutien modéré des monarchies étrangères, et pendant leur retour, à de nombreuses insurrections et attentats. Est-ce le sens de l’histoire et le printemps des peuples qui a fait vaciller les trônes ou les nombreux clivages dynastiques autour des successions ?

C’est une question difficile, mais je dirais les deux. Louis Philippe abdique en 1848, parce que d’une part, le régime s’est sclérosé et que d’autre part il subit une crise économique importante. Un mécontentement général s’est cristallisé autour de la personne du roi, l’orléanisme ne prend pas.

Il est vrai que la révolution de 1830, qui a éclaté sous Charles X et a débouché sur la Monarchie de Juillet, ultraroyaliste, a laissé deux grands pans de l’opinion française profondément insatisfaite : les légitimistes, qui ne voulaient pas de cette monarchie-là, et les républicains, qui eux voulaient franchement une république.

« Finalement c’est de Gaulle, de tradition familiale royaliste qui émerge et s’impose alors qu’il n’est qu’un parfait inconnu. »

S’il est vrai que la France s’inscrit bien dans le mouvement international du printemps des peuples, je dirais que c’est vraiment la conjoncture intérieure agitée qui a permis le basculement, en faveur de la deuxième république. La mort accidentelle, à 31 ans, du fils aîné de Louis-Philippe, a cassé l’espoir d’un renouveau politique à moyen terme. Ce dernier était beaucoup plus libéral et populaire que son père et donc, sans doute, plus capable, en ralliant la gauche, de faire basculer l’orléanisme dans une monarchie républicaine. On peut faire l’hypothèse que si le duc d’Orléans avait vécu, peut être que la monarchie se serait installée.

Que reste-t-il du royalisme aujourd’hui ?

En termes d’idées politiques, toutes celles qui ont pu être véhiculées par les monarchies constitutionnelles du XIXe siècle, se sont ensuite dispersées dans le spectre politique. Par exemple, le grand cheval de bataille des légitimistes, pendant la monarchie de juillet, c’était d’obtenir la décentralisation. Or, cette préoccupation, au fil du temps, est passée à gauche de l’échiquier politique. À l’inverse, le nationalisme, l’antisémitisme de Maurras se sont ensuite retrouvés à l’extrême droite républicaine. Donc finalement, les héritages politiques ne sont pas linéaires. Il reste des gens qui continuent à penser qu’il faudrait une monarchie en France. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ils étaient nombreux à y croire.

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Le comte de Paris avait sans doute une carte à jouer à cette occasion. Or, il n’a pas voulu s’opposer à Pétain, ou a cru que ce dernier l’aiderait à restaurer la monarchie comme l’avait déjà imaginé Louis XVIII en sollicitant l’aide de Bonaparte pour « restaurer la gloire de la France » ! C’est sans doute également parce qu’une partie de l’Action Française, Maurras le premier, s’est rangée du côté de Pétain.

En fait, le comte de Paris s’est trompé de combat. Quand il s’en rend compte, c’est trop tard. Finalement c’est de Gaulle, de tradition familiale royaliste qui émerge et s’impose alors qu’il n’est qu’un parfait inconnu. Il récupère, très habilement, toute une partie des aspirations héritées de la contre-révolution du XIXe siècle et d’une partie des monarchistes.

Finalement la France n’a plus besoin de roi ! Aujourd’hui, le royalisme est un courant minoritaire, mais qui est actif. Le combat est d’abord mémoriel, autour des valeurs, des principes, certains vont se retrouver dans la Manif pour Tous par exemple, pour défendre des valeurs catholiques. Et je dirais, effectivement, que s’ils soutiennent un prétendant, c’est pour le moment sans illusion. Car aucun des prétendants, actuellement, n’est dans une situation qui lui permettrait de reconquérir quoi que ce soit.

Les deux derniers prétendants épousent au XXe siècle le nationalisme et l’antisémitisme, qui sont des affects d’extrême droite, portées par l’Action française de Maurras. Ce royalisme n’a pourtant rien à voir avec celui de leurs aïeux. Pouvez-vous nous expliquer ?

Il faut redonner une espèce de cadre idéologique pour le XXe siècle. C’est alors le duc d’Orléans, donc le fils du premier comte de Paris, qui va, en quelque sorte, atteler la cause royaliste à l’Action française, épouser ce nationalisme antisémite dans lequel tous les royalistes ne se reconnaissent pas. Ses successeurs vont prendre du recul, mais hésitent à rompre, parce que l’Action française domine alors le royalisme de toute sa puissance tout en l’enfermant. Dans les années 30, il y a une volonté d’émancipation, facilitée par la condamnation de l’Action française par le pape en 1926. Mais la guerre arrive. Le comte de Paris va finir par tout rater.

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Hélène Becquet, L’exil des monarques, Armand Colin, 240 p., 23 €

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L’Institut catholique de Paris se positionne sur les bachelors

À la rentrée 2024, l’ICP va ouvrir deux bachelors. Une première pour l’établissement catholique, qui souhaite ainsi élargir le public visé par ses formations.

En annonçant l’ouverture de deux bachelors à la rentrée 2024, l’Institut catholique de Paris (ICP) se positionne sur un créneau nouveau, mais avec le crédit de l’institution :  l’ICP a le statut d’établissement d’enseignement supérieur privé d’intérêt général (Eespig). Un label du ministère de l’Enseignement supérieur qui assure notamment que l’établissement remplit des missions de service public.

Un bachelor « pour ceux qui hésitent entre la prépa et l’université »

Le premier bachelor, Science politique, Géopolitique et Humanités, élaboré en collaboration avec les lycées privés Saint-Jean-de-Passy et Stanislas s’adossera à une licence de l’ICP, au choix celle d’histoire-science politique ou celle de philosophie. Sur le papier, il promet d’allier « le meilleur de la pédagogie universitaire aux exigences des classes préparatoires ».

« Concrètement, cela signifie que les étudiants du bachelor auront des cours en plus avec les enseignants de classe préparatoire des lycées partenaires », explique Pauline Piettre, directrice des Affaires Académique de l’ICP.

Si l’étudiant du bachelor est en L1 Histoire Science politique, il assistera à tous les cours magistraux et au cours de méthodologie universitaire comme les autres étudiants de la licence. Il sera en revanche dispensé des TD de science politique et de certains TD d’histoire, ce qui lui permettra d’assister aux 15 heures hebdomadaires du bachelor.

Pour ces étudiants, l’ICP promet un suivi personnalisé, avec des classes de 40 maximum, « des examens réguliers, une demande de travail qui ressemble aux classes prépas sans être aussi exigeant », précise Pauline Piettre. Le public visé est « celui qui hésite entre la prépa et l’université », estime la chercheuse.

Attirer un public qui ne va pas en CPGE

Le créneau « permet [à l’ICP] d’attirer un public qui ne vient pas chez nous« , remarque Christine Pires, enseignante en classe prépa et vice-présidente de l’Association des professeurs des classes préparatoires économiques et commerciales (APHEC).

Dans la doublette de terminale, 28.000 élèves prennent maths et SES (sciences économiques et sociales) quand 58.000 optent pour HGGSP (histoire, géographie, géopolitique et sciences politiques) et SES. « Parmi eux à peine 10% demanderont une classe prépa ECG (économique et commerciale générale), car ils ne font plus de maths« .

Et Christine Pires de regretter que « de bons étudiants, qui pourraient aller en classe prépa, optent pour des formations coûteuses ». « Nous avons un travail à faire là-dessus pour réfléchir sérieusement à ce vivier perdu et l’attirer vers les classes prépas ». Pour l’enseignante, l’offre privée, payante et donc « réservée seulement à une partie de la population », n’est pas la solution.

Nous avons un travail à faire là-dessus pour réfléchir sérieusement à ce vivier perdu et l’attirer vers les classes prépas. (C. Pires, APHEC)

Pour Pauline Piettre, en revanche, « il manque d’offre pour répondre aux besoins des nombreux étudiants intéressés par la science politique et la géopolitique ».

La prépa ECG demande des maths et la prépa B/L (lettres et sciences sociales) ne propose pas de géopolitique. Quant aux IEP, ils n’ont que peu de places. D’ailleurs ce bachelor est bien prévu pour ouvrir à des études longues et donner accès « à un large choix de masters ».

Des frais de scolarité plus élevés qu’en prépa

Comme les autres formations proposées par l’ICP, le tarif variera en fonction du quotient familial, entre environ 5.000 et 11.000 euros l’année. Les boursiers du Crous ont droit à une réduction en fonction de leur échelon.

Et l’ICP propose également des bourses en interne. « L’accessibilité sociale est importante pour nous« , précise Pauline Piettre, qui rappelle que la politique sociale de l’établissement rentre en compte dans l’attribution du label EESPIG.

Une réflexion générale de l’écosystème

Cette réflexion sur les parcours de trois ans est aussi en cours dans les établissements du Réseau national d’enseignement supérieur privé (Renasup), qui regroupe de nombreux lycées catholiques proposant des formations à bac+2 ou 3 (prépas, BTS), comme l’explique son délégué général Jean-Marc Petit.

« Les IUT sont passés en trois ans, et cela renforce l’idée qu’il faut que nos établissements puissent avoir des propositions diplômantes ou certifiantes à bac+3 car c’est le segment cible des bacs généraux et technologiques, qui délaissent de plus en plus les BTS. »

Mais pour pouvoir proposer des formations visées ou gradées, les lycées, qui ne sont pas des lieux de recherche, doivent passer des accords avec d’autres établissements du supérieur.

L’autre solution est d’aller vers la certification RNCP, en visant le niveau 6, qui correspond à un bac+3/+4. Renasup a, par exemple, développé le bachelor « responsable de mission en cabinet d’expertise comptable », sous l’impulsion de l’ordre des experts comptables pour répondre aux besoins du secteur. Le format études courtes et professionnalisantes semble être un créneau d’avenir.

Un bachelor avec l’Isep dans le domaine de la santé

L’ICP développe d’autres collaborations. Ainsi, le bachelor « système numérique pour la santé », a été construit avec l’école d’ingénieurs Isep et s’intègre à l’école de santé de l’ICP. Ce cursus, qui aura le grade de licence, vise à former des techniciens employables dès leur sortie.

« L’originalité est d’apporter des compétences techniques, tout en convoquant les SHS pour assurer une parfaite connaissance de l’environnement hospitalier et du système de santé, explique Claudine Travier, directrice du Pôle prépas, accessibilité académique et sociale de l’ICP. Cette vision globale doit permettre aux étudiants d’être au plus près des besoins des usagers, pour lesquels ils vont créer des objets connectés par exemple ».

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Le frère et la sœur ouvrent un karaoké box, Noraebang, à Orléans : un concept importé de Corée du Sud

Jean-Bernard et Marie-Hélène Paulhac, ouvrent un karaoké box au sud d’Orléans. Le Noraebang proposera, dès vendredi 15 mars (l’ouverture a été reportée en raison d’un problème administratif, ont fait savoir les gérants, samedi 16 mars), aux clients de s’immerger en musique dans différents univers, dont celui du plateau télé, comme de vraies candidats de jeux télévisés. Un concept tout droit importé de Corée du Sud, « où le karaoké est le sport national ».

Il ouvre vendredi prochain, 15 mars (l’ouverture a été reportée en raison d’un problème administratif, ont fait savoir les gérants, samedi 16 mars), et on lui prédit déjà un bel avenir…

Le karaoké box Noraebang (pour « salle de chant » en coréen) se loge au 3, rue
du Clos-Rozé, sur la rive sud d’Orléans, entre le lycée Charles-Péguy et le parking du Carrefour Market. C’est là, au bord de la RN 20, qu’un frère de 33 ans et sa petite soeur de 28 ans, Jean-Bernard et Marie-Hélène Paulhac, lancent leur concept, directement importé de Corée du Sud. « C’est ma soeur, qui a beaucoup voyagé, qui est revenue un jour de là-bas avec l’idée de créer un karaoké box à Orléans.

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Angelique Kerber et Caroline Wozniacki de retour

Julien V. se targuait d’être à 25 ans millionnaire et revendeur N°1 en France de montres de contrefaçon, dont des Rolex. Jugé à Paris, le faussaire s’est défendu seul, volontiers belliqueux face à l’armada d’avocats de marques de luxe parties civiles.

Le prince déchu est tombé fin 2022, six mois après l’un de ses revendeurs, l’administrateur du canal Telegram « La Genèverie » qui était un supermarché de « bons plans » et qui vaut à huit personnes de comparaître devant le tribunal correctionnel depuis le 4 mars.

Au moment de la chute de cette foire aux faux, Julien V. est déjà dans le collimateur de la fédération horlogère suisse. Un achat test l’a mise sur sa trace. Lui pilote son trafic depuis la Thaïlande. « Tout est mélangé » dans ce dossier, « vous savez même pas c’que vous racontez! », peste-t-il, doudoune, lunettes et regard noirs, alors que le président retrace son parcours.

Montres fabriquées en Chine

L’autodidacte né en 1994 à Nice, ex-livreur de pizzas, quitte la France en 2015, direction le sud de la Chine et les usines de Canton, avant de devenir père de famille et millionnaire en Thaïlande, résume le président. Le prévenu écoute, mâchoires serrées, tapotant de ses doigts tatoués ses bras croisés.

Le président évoque un fournisseur tombé en avril 2021 lors d’une descente de la police chinoise: 38 suspects interpellés, du matériel d’usine d’assemblage saisi et 130 millions de yuans de fonds gelés. Julien V. continue malgré tout ses affaires, utilisant les réseaux sociaux comme vitrine et WhatsApp comme bordereau de commandes.

Une équipe en Chine s’occupe pour lui de la fabrication des montres et de leur envoi, en prenant soin de les faire transiter via un pays tiers de l’Union européenne avant son arrivée en France, pour leurrer les douanes.

La production pouvait aller jusqu’à 10 montres par jour, dira-t-il aux enquêteurs qui calculeront une production de quelque 12’000 montres entre 2019 et 2022. Il estime son chiffre d’affaires à 3 millions d’euros.

Mélanges de vrais et faux

Interrogé par le président sur le nombre de 67 revendeurs mentionné pendant l’enquête, il sort de son mutisme. « Je travaillais tout seul! J’ai tellement faim d’oseille que j’partage pas! J’ai 4 millions en bitcoins, j’ai pas besoin des montres, les montres c’est un passe temps », débite-t-il fustigeant une enquête « bâclée de ouf ».

Le catalogue de Julien V. contenait quatre gammes de produits, dont 80% de fausses Rolex: les copies chinoises de bonne facture, vendues environ 500 euros, les doublettes – des faux munis de vrai numéros de série – proposées 1300 euros. La troisième gamme comprend des fausses montres munies de vrais mécanismes de mouvement automatique, vendues 6500 euros, et la quatrième, des assemblages de vraies pièces dépassant les 60’000 euros.

« Je peux faire du 100% vrai comme je peux faire du 100% faux », et insérer de vrais mouvements « pour « faire plaisir » au client, « pour qu’il paye moins cher », dit le prévenu à la fine moustache. « Un peu comme Robin des Bois », raille l’avocat de Rolex.

« 100% magouille »

« Suis qu’un intermédiaire, que j’sois là ou pas », les usines chinoises continuent de copier à tour de bras, dit-il en toisant les avocats des parties civiles, lui qui n’a pas choisi de conseil pour le défendre. Et d’accuser des complicités internes dans les réseaux de distribution officielle.

« C’est 100% magouille », « mon silence va s’acheter », menace-t-il.

Pour ce qui est de l’argent des montres, tout « est dilué » dans ses maisons en Thaïlande et la « Lambor », sa Lamborghini, assure-t-il.

A ses côtés dans le box des prévenus, Florian R., le gestionnaire de « la Genèverie », se montre plus loquace, expliquant « passer par un agent en Chine » qui le fournissait en montres. Pour son marketing, il récupérait les vidéos des fournisseurs sur l’application de messagerie WeChat.

Quand une vraie Rolex se vend entre 5000 et plus de 40’000 euros, les fausses s’achètent 200 et s’écoulent à 400 euros, précise Florian R.. « Pourquoi ne pas vendre plus cher? », lui demande-t-on. Sa réponse laisse le président pantois: « C’est des contrefaçons, j’escroque pas les gens. Y a de la concurrence, y a des milliers de vendeurs qui vendent ça en France ».

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Les Hawks désarmés devant New Orleans

L’opposition de centre-droit a remporté une courte victoire aux législatives de dimanche au Portugal devant les socialistes au pouvoir depuis huit ans. Mais le pays bascule clairement à droite après une nouvelle poussée des populistes.

A trois mois des élections européennes, ce scrutin précipité par la démission du premier ministre sortant António Costa, qui ne briguait pas un nouveau mandat, vient confirmer que l’extrême droite progresse à travers le continent, comme l’avaient déjà montré les électeurs italiens ou néerlandais.

Le Portugal était un des rares pays en Europe à être dirigé par la gauche, lorsque M. Costa, 62 ans, a jeté l’éponge après avoir été cité dans une enquête pour trafic d’influence au début du mois de novembre.

Alors que seuls les quatre sièges des circonscriptions de l’étranger n’ont pas encore été attribués, l’alliance démocratique de centre-droit (AD), emmenée par Luis Montenegro, 51 ans, a remporté 29,49% des voix et 79 députés sur un total de 230, selon des résultats quasi complets.

« Majorité relative »

Le parti socialiste (PS), qui avait obtenu une majorité absolue en 2022 avec un score de 41,4%, arrive désormais en deuxième position avec 28,66% des voix et 77 sièges.

Ce résultat ne permet donc pas au gagnant de former une majorité absolue d’au moins 116 élus à lui seul, ni même en coalition avec un petit parti libéral arrivé en quatrième position avec 5% des suffrages et huit sièges.

M. Montenegro a tout de même revendiqué une victoire « incontournable » aux législatives de dimanche, disant vouloir gouverner avec une « majorité relative » au Parlement et réaffirmant son refus de diriger le pays avec le soutien de l’extrême droite.

Le parti populiste Chega (Assez, en français), dirigé par André Ventura, 41 ans, a plus que doublé son score, en obtenant 18% des suffrages, contre 7,2% lors des précédentes législatives de janvier 2022.

En nombre de sièges, la formation antisystème fondée en 2019 a quadruplé sa représentation en passant de 12 à 48 députés, renforçant ainsi son rang de troisième force politique du pays, à l’issue d’un scrutin marqué en outre par une participation en forte hausse.

Chega « disponible »

« Chega a demandé à devenir la pièce maîtresse du système politique et a atteint cet objectif », s’est félicité M. Ventura après avoir salué « un résultat absolument historique ». Il s’est dit « disponible » pour « donner un gouvernement stable au Portugal » au sein d' »une majorité forte à droite ».

Cette nouvelle percée de l’extrême droite intervient alors que le Portugal commémore le mois prochain le 50e anniversaire de la révolution des oeillets, qui a mis fin à la dictature fasciste et 13 années de guerres coloniales.

Dans son ascension fulgurante, ce professeur de droit et fervent catholique, devenu connu en tant que polémiste sur les plateaux de télévision consacrés au football, a été porté par un discours contre la corruption, l’immigration et les minorités.

Au-delà des soupçons qui ont provoqué la démission d’António Costa, M. Ventura a également insisté durant la campagne sur la hausse de l’immigration au Portugal, qui a vu sa population étrangère doubler en l’espace de cinq ans.

« Différence minime »

Après le départ de M. Costa, le PS s’est regroupé autour de Pedro Nuno Santos, un ancien ministre de 46 ans issu de son aile gauche. « Malgré la différence minime entre nous et l’AD […] nous n’avons pas gagné les élections et nous irons dans l’opposition », a-t-il reconnu.

Plus ambigu, il a indiqué que son parti ne ferait pas obstacle à la formation d’un gouvernement minoritaire de centre-droit, mais a laissé planer la menace de voter contre son prochain budget.

Malgré l’assainissement des finances publiques, une croissance supérieure à la moyenne européenne et un chômage au plus bas, le bilan du gouvernement socialiste sortant a été terni par l’inflation, des dysfonctionnements dans les hôpitaux et les écoles, puis par une importante crise du logement.

Au cours de la campagne, le chef de l’opposition de centre-droit Luis Montenegro a promis de réduire les impôts afin de doper la croissance, tout en disant vouloir améliorer les services publics.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Groix. Des cantiques en breton et un patrimoine culturel à préserver

Jeudi 7 mars, dans la petite chapelle du Méné, son village natal, Jo le Port, connu comme « la mémoire de l’île de Groix », a donné un récital de cantiques en français et en breton.

Le site sainte-marie-orleans.org est fait afin de créer plusieurs publications sur la thématique Paroisse Sainte-Marie d’Orléans communiquées sur le net. Pour vous tenir au fait, ce post autour du thème « Paroisse Sainte-Marie d’Orléans », vous est fourni par sainte-marie-orleans.org. La chronique est produite de la manière la plus authentique qui soit. Au cas où vous décidez de fournir des informations supplémentaires à cet article sur le sujet « Paroisse Sainte-Marie d’Orléans » vous avez la possibilité d’utiliser les contacts affichés sur notre site web. En consultant régulièrement notre blog vous serez informé des prochaines publications.

Violences sexuelles: la parole se libère autour d’une école catholique du Béarn

Vingt premières plaintes ont conduit le parquet de Pau, début février, à ouvrir une enquête préliminaire. Treize se sont ajoutées rapidement et d’autres devraient suivre prochainement, « en nombre substantiel », assure Alain Esquerre, 52 ans, la main posée sur un épais dossier.

Depuis qu’il a créé un groupe sur Facebook pour collecter des témoignages, cet ex-pensionnaire de l’institution fondée en 1837 à Lestelle-Bétharram, près de Lourdes, croule sous les récits décrivant un « système de prédateurs ».

Six prêtres et deux laïcs sont incriminés par d’anciens élèves pour des faits commis entre 1970 et 1990 à Notre-Dame-de-Bétharram, un établissement catholique sous contrat renommé aujourd’hui Ensemble du Beau Rameau.

La voix d’Alain Esquerre, élève dans les années 1980, tremble de colère. « Je n’accepterai jamais cette violence gratuite que l’on a subie, j’alerte depuis des années, on m’a volé des années d’enfance. Là, on découvre l’innommable, ça doit être un scandale national! ».

Antoine (prénom modifié), 47 ans, avait porté plainte en 1999, classée sans suite. Il visait un surveillant général. « C’était ma parole contre la sienne, j’étais dégoûté qu’on ne me croie pas », raconte-t-il à l’AFP.

– « J’étais un bébé » –

Le quadragénaire en a déposé une nouvelle, le mois dernier, contre ce laïc toujours en poste – il a été écarté le 14 février par la direction au nom du « principe de précaution ».

Antoine se rappellera toujours la « première fois », dans la douche du surveillant. « J’étais un bébé », souffle-t-il. Puis les agressions sexuelles en camp scout. « Je dormais dans sa tente, j’avais 14 ans, c’est quand même fou. »

Vue d'un établissement catholique à Lestelle-Betharram, le 6 mars 2024 dans les Pyrénées-Atlantiques
Vue d’un établissement catholique à Lestelle-Betharram, le 6 mars 2024 dans les Pyrénées-Atlantiques PHOTO AFP / GAIZKA IROZ

En fin de scolarité, l’adolescent va même vivre chez l’intéressé, près de l’établissement. « Il ne voulait m’avoir que pour lui, tout le monde savait que je dormais là-bas », ajoute l’ancien élève, évoquant des masturbations, « une fois par semaine pendant quatre ans », et « au moins » une fellation imposée.

Quand il a découvert le groupe de plaignants, il en a « chialé »: « Même 26 ans après, je suis prêt à partir en guerre, j’attends que l’on me croie, je veux qu’il soit jugé. » L’allongement du délai pour porter plainte – 30 ans après la majorité pour un mineur – et son âge font que la sienne n’est pas concernée par la prescription.

Brice, 48 ans, a porté plainte pour des viols et violences entre 1984 et 1991. Il met en cause un autre ancien surveillant laïc, visé par 29 plaintes selon Alain Esquerre.

Il dénonce aussi un ex-directeur de l’institution, mis en examen pour viol sur mineur en 1998 et qui s’est suicidé en 2000 à Rome. « Quand je l’ai su, je ne me suis dit que les autres ne pouvaient pas passer à travers », se remémore Brice, dont la plainte n’est pas non plus exposée à la prescription.

Autre ancien de Bétharram, Christophe Marejano, 54 ans, dénonce un « système de prédateurs étalé sur 35 ans ».

– « Silence comme méthode » –

Scolarisé de 1980 à 1987 dans l’internat reconverti depuis en gîte pour pèlerins, il se souvient du « silence comme méthode ». « On devait se taire tout le temps, dans les dortoirs, en étude, dans les douches (…) Les victimes vivaient ce calvaire seules ».

Vue d'un établissement catholique à Lestelle-Betharram, le 6 mars 2024 dans les Pyrénées-Atlantiques
Vue d’un établissement catholique à Lestelle-Betharram, le 6 mars 2024 dans les Pyrénées-Atlantiques PHOTO AFP / GAIZKA IROZ

Pour lui, les violences physiques ont commencé « dès le premier soir, à 10 ans ». Il a subi le châtiment dit « du perron », qui consistait à mettre les élèves « dehors, en caleçon, parfois en pleine nuit en hiver »: « On pouvait attendre des heures de recevoir notre correction. »

La Congrégation du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram, implantée dans 15 pays, se dit « consciente de la souffrance des victimes de ces actes abominables », par la voix du père Jean-Marie Ruspil, son vicaire régional, et s’engage à fournir un accompagnement aux victimes « dans ce douloureux et âpre processus de reconstruction ».

La congrégation, qui a géré l’établissement béarnais jusqu’en 2009, exerce aujourd’hui une co-tutelle, avec celle des Filles de la Croix, sur l’ensemble scolaire qui accueille 520 élèves de la maternelle au baccalauréat.

Contacté par l’AFP, le directeur, Romain Clercq, a exprimé sa « compassion » et son « soutien » aux victimes d’actes qu’il « condamne fermement ».

Après le rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase), qui a estimé à 216.000 le nombre de victimes entre 1950 et 2020, des témoignages d’anciens élèves de Bétharram ont été transmis à la cellule d’accueil du diocèse de Tarbes ou à la Commission reconnaissance et réparation (CRR), indique le vicaire régional, sans en préciser le nombre.

Les recommandations « ont toutes été suivies, avec le déclenchement du processus d’indemnisation », assure-t-il.

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