Il est de coutume de dire depuis le baptême de Clovis que la France est la « fille aînée de l’Église ». Force est de constater que plus de 1.500 ans après cet événement, les Français trouvent encore une part de vérité dans ce titre honorifique. Selon notre sondage CSA pour Europe 1, CNews et « Le Journal du dimanche »*, 84% d’entre eux estiment que la France est un pays de culture et de tradition catholique. 15% des sondés pensent le contraire et 1% ne se prononce pas.
90% des 65 ans et plus d’accord
Dans le détail, les sondés pensent que la France est un pays de culture et de tradition catholique peu importe le sexe (homme 85%, femme 84%), la catégorie socioprofessionnelle ou la classe d’âge. Les moins de 35 ans sont d’accord pour 79% d’entre eux, les plus de 50 ans le sont pour 89%. À noter que les 65 ans et plus sont les plus en adéquation cette affirmation, avec 90% qui acquiescent et 10% qui pensent le contraire. De l’autre côté du spectre, ce sont les 25-34 ans qui sont les moins persuadés, avec 77% « d’accord » et 22% « pas d’accord », pour 1% qui ne se prononce pas.
Pas de clivage gauche-droite
Un consensus auprès des sondés, qui se retrouve y compris à l’aune de leurs opinions politiques. Il n’y a en effet pas de clivage gauche-droite marqué. Les premiers sont 79% à être d’accord avec le fait que la France est de culture et de tradition catholique. Un chiffre qui grimpe à 81% chez les électeurs du PS et qui atteint un plus bas chez les partisans de la France insoumise (72%). Par ailleurs, les Europe Ecologie-Les Verts sont 79% à être d’accord, et 21% à ne pas l’être.
À droite, les sympathisants sont les plus convaincus que le pays a des racines catholiques (94%). Les partisans du Rassemblement national sont 94% à l’affirmer, tandis que les électeurs des Républicains sont 97%.
* Questionnaire auto-administré en ligne sur panel réalisé le 22 février. Échantillon national représentatif de 1.011 personnes âgées de 18 ans et plus Méthode des quotas basée sur les critères de sexe, d’âge et de profession du répondant après stratification par région et catégorie d’agglomération. Afin d’assurer la représentativité des résultats, les données ont été redressées sur les variables de sexe, âge, profession, région et catégorie d’agglomération.
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Les travaux de la 4ème édition du forum national des jeunes catholiques du Tchad ont été lancés officiellement ce 28 décembre à Laï. Le forum est placé sous le thème « : jeune, Christ vit et te veut vivant ».
Le lancement a eu lieu au cours d’une messe célébrée par l’évêque du diocèse de Laï, Mgr Nicolas Nadji Bab, en présence des autres prélats du Tchad et du gouverneur de la province de la Tandjilé, Doudlengar Miayo. Plus de 1000 jeunes venant de 8 diocèses du pays prennent part à cette 4ème édition du forum national qui est un pèlerinage, un voyage de foi et d’abondantes grâces.
Ce forum offre également un espace de rencontres, où les jeunes peuvent dialoguer entre eux, et avec leurs pasteurs. Au cours de cette messe marquant l’ouverture des travaux du forum, deux textes bibliques ont été lus, suivis de l’évangile.
Dans son homélie de circonstance, le célébrant, Mgr Nicolas Nadji Bab, a salué la présence des autorités à cette messe nationale des jeunes. Pour Mgr Nicolas Nadji Bab, participer à ce forum, est une occasion propice de formation et d’information, un moment idéal pour vivre le brassage, la solidarité et l’ouverture aux autres.
C’est aussi un temps favorable d’approfondissement de la foi et de partage d’expériences humaines, spirituelles et morales entre les jeunes, va-t-il renchérir.
Très ému, le gouverneur de la province, Doudlengar Miayo, a salué la tenue de ces assises à Laï, chef-lieu de la province de la Tandjilé, avant d’exhorter les participants à donner le meilleur d’eux-mêmes, pour la réussite de cette rencontre nationale.
Enfin, il a saisi l’occasion pour demander aux leaders religieux de beaucoup prier pour la stabilité du pays.
Il faut rappeler que cette 4ème édition du forum national des jeunes est toujours le fruit de l’assemblée des conférences épiscopales de la région d’Afrique centrale, tenue à Ndjamena en janvier 2005, sur le thème : les jeunes dans la société et dans l’Eglise. Il est aussi l’aboutissement des différents forums diocésains et nationaux déjà organisés. Ce forum prendra fin le 30 décembre 2022, toujours par une messe.
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Huit millions d’euros, en moyenne, sont consacrés chaque année à la réfection des rues à Orléans. Les axes choisis pour les trois ans à venir pour des travaux sont désormais connus.
C’est une phrase que les élus entendent plus souvent qu’à leur tour : « Et ma rue, quand sera-t-elle refaite ? »
La municipalité d’Orléans a présenté le programme de requalification de la voirie pour les années 2024 à 2026, alors que, samedi 24 février, l’inauguration de la rue Saint-Marceau (et de la place Domrémy) est venue marquer la fin de l’un des gros chantiers de l’année 2023.
Les élus ont descendu à pied la rue Saint-Marceau, de la place de la Bascule à la place Domrémy, samedi. Photo Caroline Bozec
« Depuis plus de vingt ans nous avons à coeur d’embellir notre ville. À notre arrivée en 2001, le budget consacré à la voirie n’était que d’un million d’euros par an, il est passé à 20 millions certaines années, et il est aujourd’hui à 8 millions d’euros par an. Ce qui donne une idée du programme colossal », a chiffré Nadia Labadie, adjointe au maire, lors de la présentation effectuée au conseil municipal, jeudi 22 février. Sur les huit millions d’euros, la moitié sont apportés par la Ville via le fonds de concours, l’autre moitié par la Métropole.
« Si on compte l’entretien des voiries et les projets annexes, comme Bourgogne village, on arrive à plus de 10 millions d’euros », a depuis reprécisé le maire Serge Grouard.
« L’effort de la Ville d’Orléans s’est donc, sur le moyen terme, multiplié par dix, J’ai bien conscience qu’il y a un certain nombre de rues qui doivent être refaites, il en restera encore à faire, on les connaît, on le sait », a embrayé Serge Grouard.
Se coordonner avec l’eau, l’électricité, le gaz…
Le choix des rues qui font l’objet de travaux répond à certaines règles, outre leur état plus ou moins dégradé. Il s’agit aussi de se coordonner avec les concessionnaires d’eau, de gaz ou d’électricité.
« On a des réunions avec eux pour faire en sorte qu’il y ait une cohérence entre les travaux des concessionnaires et nos propres travaux. On ne va pas refaire une rue pour qu’elle soit bousillée six mois après », pointe Serge Grouard.
Des rues très longues et très larges
L’urbanisation telle qu’elle a été menée ces dernières décennies peut parfois compliquer la donne, souligne aussi l’élu. « Certains travaux coûtent particulièrement chers, c’est le cas notamment à La Source, pour refaire une rue ça se chiffre tout de suite à plusieurs millions d’euros.
C’est dû à la conception à l’origine, celle des années 1960 où on avait une logique très automobile, avec des rues très longues et très larges. Elles pourraient être moins deux fois moins large parfois. »
Lors de la présentation devant le conseil municipal, Baptiste Chapuis, élu d’opposition (Rassemblement citoyen de la gauche et des écologistes), s’est interrogé : « Sur la requalification des rues, peut-être que j’ai mal compris, je n’ai pas vu dans ce document la démarche des rues scolaires ? ». Il n’a pas eu de réponse, en séance, sur ce point.
Si des dizaines de rues vont connaître une embellie dans les prochains mois ou prochaines années, certains de ces chantiers sont plus conséquents que d’autres.
« La rue de Vacouleur à Saint-Marceau, et la rue de Hauts-champs, à Dunois, vont demander d’important travaux, avec une certaines gêne du trafic », indique le maire.
Il y a aussi la place Charles-le-Chauve, qui accueille le marché à Blossières. Elle est très abîmée et très datée, mais aussi centrale avec ses commerces. Sa remise en état va permettre de faire quelque chose de joli dans le quartier. »
Serge Grouard (Maire)
Il distingue enfin la rue Robert-de-Courtenay, derrière la cathédrale ; et celle du Château-Gaillard, dans le quartier Saint-Vincent. « Ce sont des chantiers assez complexes, très contraints. Rue de Château-Gaillard par exemple, il y a la sécurisation des écoles, le passage des piétons, des vélos et des voitures à assurer, l’enfouissement de la voirie, on essaie de planter quelques arbres, la rue scolaire, et on réfléchit au plan de circulation. Heureusement, on a l’expérience et les retours d’un large concertation. »
Les requalifications par quartiers prévues d’ici 2026
Ouest. Rue des Hauts-Champs : travaux engagés en janvier 2024 ; rue des Beaumonts : travaux jusqu’à fin 2024 ; rue des Villas et rue de Châteaudun : travaux à partir du printemps 2024 ; rue de la Concorde : travaux en 2026 ; Belle-rue Saint-Laurent : travaux en 2025 ; rue de Lahire : travaux en 2025-2026.
Nord. Rue Charles-le-Chauve, travaux en 2024/2025 ; rue À-Gault : 2025 ; rue du Champ Rond : travaux en 2026.
Centre-ville. Rues Robert-de-Courtenay, Saint-Pierre-Lentin et jardin de l’Évêché : les travaux vont démarrer au printemps 2024 ; rue Adolphe-Crespin et Croix-de-Malte ; travaux en 2025/2026.
Est. Rue du Château-Gaillard et Chemin de halage : travaux en 2024 ; rue du Belneuf : travaux en 2025 ; rue du Nécotin (nord) : travaux en 2026.
Saint-Marceau. Rue de Vaucouleurs, les travaux ont commencé en 2024 ; rue Tudelle et rue du Lièvre d’Or : travaux engagés en septembre 2024 ; rue de la Bascule et rue de la Croix-de-la-Pucelle : travaux en 2025 ; rue Dante-Alighieri et Vieille-Levée : travaux en 2026 ; rue Jules-Gouchault : travaux engagés en 2024 ; rue des Lavandières : travaux en 2026.
La Source. Giratoire de l’allée des Sapins : travaux en 2025 ; rue Chateaubriand, travaux prévus courant 2024 : rue Henri-Poincaré : travaux en 2025.
Dimitri Crozet et Caroline Bozec
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À Bélâbre (Indre), personne ne s’attarde sur la place de l’église, où se concentre l’essentiel des commerces de ce village de 960 habitants. « Depuis un an, on va tous à l’essentiel : faire ses courses, retirer de l’argent ou chercher les enfants à l’école », assure une mère de famille à la sortie de la boulangerie. Le projet d’installation d’un centre d’accueil pour demandeurs d’asile (Cada) a fracturé la population. Cible d’une nouvelle salve de messages agressifs, Laurent Laroche, le maire (sans étiquette) de cette commune rurale du sud-ouest du Berry, vient de retourner à la gendarmerie déposer plainte.
Quelques jours avant cette nouvelle démarche, un quadragénaire avait été condamné par le tribunal de Châteauroux à huit mois de prison avec sursis pour avoir menacé l’élu. Depuis le 9 février 2023, date à laquelle son conseil municipal a approuvé – par 13 voix contre 2 – la vente d’une friche industrielle, abandonnée depuis quarante ans, pour y installer ce Cada, la pression n’est jamais retombée. « J’ai la boule au ventre à chaque fois que je vais en conseil municipal », reconnaît l’édile en place depuis 2014, qui tient « grâce à l’action ».
Un département sous-doté en structures d’accueil
Les opposants au projet, réunis au sein de l’Union bélâbraise, n’ont pas de mots assez durs contre ce projet né « de la volonté du maire qui a agi seul, par idéologie, au détriment de l’avis des habitants », assure Ludivine Fassiaux, présidente tenace de cette association qui revendique 200 adhérents.
En fait, Viltaïs, l’opérateur désigné par l’État pour accompagner les demandeurs d’asile de ce centre, a répondu à un appel d’offres lancé par la préfecture de région à Orléans. L’Indre faisant partie des départements sous-dotés en structures d’accueil de demandeurs d’asile, l’État a décidé d’y ouvrir 60 nouvelles places dans le cadre de son nouveau schéma national d’accueil, élaboré il y a trois ans.
Percevant cette mesure comme un « plan de répartition de migrants dans nos campagnes », Mylène Wunsch, la déléguée départementale du RN, a très vite apporté son soutien aux opposants, ainsi que l’avocat parisien Pierre Gentillet, proche d’Éric Zemmour, qui s’est fait leur porte-voix dans les médias nationaux. En 2022, au second tour de la présidentielle, Marine Le Pen (RN) a obtenu près de 47 % des suffrages. Dès les premières manifestations, des militants Reconquête et RN sont venus de l’extérieur gonfler les rangs des « anti-Cada ».
« On n’a pas les mêmes valeurs »
Les partisans de ce projet ne s’attendaient pas à voir « l’extrême droite débarquer en force dans un petit village comme Bélâbre », raconte Céline Chenouf, membre du collectif Oui au Cada. Croyant possible d’engager un dialogue, Cendrine De Caesare, une ancienne professeure d’histoire, a rapidement déchanté : « Je me suis fait traiter de tous les noms par des jeunes qui n’étaient même pas d’ici. » Claude Maimin, un membre actif du collectif, ne voit pas de réconciliation possible. « On n’a pas les mêmes valeurs. Pourtant, on avait de bons rapports avec tous ceux qu’on retrouve aujourd’hui face à nous. Il y a des amitiés et des familles qui ont été brisées. »
Réunissant une trentaine de personnes, le collectif ne fait pas mystère de son envie de répondre plus frontalement à la calomnie, notamment sur les réseaux sociaux. « S’ils se rassemblent à nouveau au début des travaux, on sera là », prévient Claude Maimin, très remonté.
« Et si ce Cada était une chance ? »
Laurent Laroche espère que le début des opérations de réhabilitation, prévu courant mars, contribuera « à faire redescendre les tensions ». Dans le village, tout le monde n’a pas d’avis définitivement arrêté. « J’attends de voir. Je suis 50 % pour et 50 % contre », confie furtivement un artisan à la caisse de la supérette, dont les propriétaires sont connus pour leur hostilité au projet. Sur le parking, une retraitée visiblement affectée par l’atmosphère délétère, se demande « si ce CADA ne pourrait pas être une chance pour Belâbre, dans une France où les campagnes se meurent ? ».
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Une alerte au rejet d’hydrocarbures sur la Loire a été émise dans le Loiret jeudi 22 février à la suite de l’identification de traces qui s’étalaient sur quatre kilomètres de long et cinq mètres de large.
« Ces traces repérées par des promeneurs près d’Orléans n’ont pour autant pas été constatées en Indre-et- Loire compte tenu du débit du fleuve qui a dilué la nappe. Toutefois, la préfecture d’Indre-et-Loire a respecté un principe de précaution en limitant le pompage d’eaux surfaciques et engagé des mesures de prélèvements. Pour l’heure aucun indice d’hydrocarbure n’a été relevé », indique dans un communiqué la préfecture de Maine-et-Loire.
Les modélisations réalisées par l’Agence Régionale de Santé des Pays de la Loire annonçaient une arrivée de cette potentielle pollution vers 15 h ce vendredi dans le département de Maine-et-Loire à la station de Montsoreau. Ce phénomène d’irisation sera constatable 24 h sur le département avant de s’évacuer sur la Loire-Atlantique.
« Si aucune trace n’a été constatée, des prélèvements surfaciques ont néanmoins été réalisés au niveau du pont de Montsoreau et les résultats seront connus ce weekend. Sur ce même principe de précaution, les stations de pompage de Maine-et-Loire ont été alertées afin de privilégier des pompages alluviaux, donc en profondeur et adapter leur traitement. Aucune pollution n’est envisagée sur l’eau potable. Pour autant, les agriculteurs qui assurent des pompages en surface sans traitement de l’eau devront veiller à limiter à cet usage », poursuit la préfecture.
Cette dernière appelle « les usagers à la vigilance pendant ces 24 prochaines heures, en particulier ceux qui s’adonneraient à des activités nautiques ou de pêche, pour lesquelles des règles d’hygiène sont recommandées (lavages minutieux des articles de pêche et des poissons, nettoyage des parties du corps ayant été en contact avec l’eau… ) ».
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Pour les associations, comme le Secours catholique, répondre aux besoins numériques des bénéficiaires est compliqué. Elles peuvent compter sur l’aide d’Emmaüs Connect.
« Vous savez ce qu’est un ordinateur reconditionné ? », demande l’animateur Emmaüs Connect aux quelques bénéficiaires du Secours catholique à Saint-Jean-le-Blanc.
Ce jeudi matin, ils vont pouvoir, après en avoir découvert le fonctionnement, acquérir un ordinateur portable reconditionné. « Un ordinateur coûte entre 500 et 600 euros, un reconditionné entre 200 et 300 euros, là c’est 135 euros, un prix très avantageux », complète-t-il. Les six personnes qui sont présentes participent régulièrement à l’atelier d’informatique, mis en place par l’association.
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Depuis le début du XXe siècle, une importante communauté ukrainienne s’est installée à Châlette-sur-Loing. Rencontre avec ces fils et filles d’Ukrainiens, bouleversés par le conflit en cours.
Le 24 février 2022, les troupes russes pénétraient en Ukraine. A 2.550 kilomètres de là, dans l’agglomération montargoise, à l’annonce de cette invasion, l’effroi s’est mêlé à la tristesse, la colère au choc, chez ces Ukrainiens de France dont les parents sont arrivés dans la première moitié du XXe siècle et qui, depuis, veillent à garder vivantes ces racines.
A Châlette-sur-Loing, dans le quartier de Vésines, l’église ukrainienne, 16, rue Gaston-Jaillon, reste aujourd’hui encore un point de rencontre important pour ces enfants de réfugiés qui, pour beaucoup, trouvèrent un emploi chez Hutchinson.
Leurs parents étaient Ukrainiens, arrivés en France au cours de la première moitié du XXe siècle. Tous se retrouvent à la salle de l’église ukrainienne de Châlette, rue Gaston-Jaillon.
Ce mardi 20 février 2024, ils sont cinq dans la salle de réunion.
Sylvie, Daniel, Jean-Pierre, Slawko et Eugène, réunis dans ce véritable petit bout d’Ukraine avec ses livres anciens, ses objets d’artisanat, ses photos, ses tableaux, comme ce portrait du poète Taras Chevtchenko, tous autour de Nataliya, 36 ans, originaire de Kharkiv et arrivée en France en novembre 2022.
La peur de l’utilisation de l’arme nucléaire
« Je suis partie car les gens étaient persuadés que Poutine allait utiliser l’arme nucléaire. J’ai eu peur », confie cette enseignante, dans un français qu’elle juge, à tort, encore trop imparfait. « Là-bas, il y a ma famille, mes amis ; moi, j’ai tout ce qu’il faut, ici, je suis en sécurité. Je culpabilise. »
« En état de choc »
Sylvie Orlyk, l’une des voix des Ukrainiens de Châlette-sur-Loing, avoue avoir été profondément perturbée par les premiers jours de guerre, malheureusement redoutés depuis des années. « Le lendemain de l’invasion, j’étais en état de choc, profondément perturbée », admet-elle, visiblement éprouvée par la situation en Ukraine.
C’est un petit bout d’Ukraine, un petit musée constitué au fil des décennies.
A l’instar de Nataliya, tous se sentent profondément impuissants, presque fautifs de ne pouvoir faire plus. « On chiale, on crie, surtout au début. Il y a des soirs, je coupe la télé, je n’en peux plus. Ce sont nos racines, vous savez », reconnaît Jean-Pierre qui, comme tous ses amis, a fréquenté, enfant, l’école ukrainienne du dimanche.
Olga, qui n’a pu être présente ce jour-là, a cependant tenu à témoigner de sa propre douleur dans un email : « C’est sûr que nous ne dormons pas, que je lis les nouvelles d’Ukraine sur le web avec des larmes aux yeux. Mais c’est tout ce que nous pouvons faire, vu nos âges et nos handicaps », regrette cette fille d’Ukrainiens née à Montargis en 1934.
Sylvie Orlyk a fait le compte : en 2022, lors des premiers mois de guerre, beaucoup de choses ont été réalisées, de l’accueil de réfugiés à des conférences, des concerts ou des temps de prière communs avec les catholiques, les protestants et les musulmans de l’agglomération. Moins en 2023 et 2024.
« Si en Occident, vous êtes fatigués, que devons-nous dire, nous… »
Tous le reconnaissent, les journaux français et les chaînes de télévision n’ont pas oublié cette guerre, qui continue d’être scrutée et expliquée. Jean-Pierre y consacre quasiment toutes ses fins de soirée, comme André, qui dit regarder avec attention LCI qui, « tous les jours depuis 2 ans, parle de l’Ukraine, du matin au soir jusqu’à minuit ».
« Si en Occident vous êtes fatigués, que devons-nous dire, nous, dans les tranchées, dans le froid et la boue à recevoir les bombes », écrit celui qui n’a pu être présent en citant les propos d’un soldat. « Par conséquent, nous ne devons pas être fatigués car les Ukrainiens se battent, meurent pour nous. Pour leur liberté et pour la nôtre également ».
Pascale Auditeau
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Pourquoi y a-t-il a plusieurs Églises chrétiennes ?
L’histoire du christianisme est riche et complexe. On retient deux dates principales : 1054 et 1517. La première marque la rupture entre l’Église de Rome ou d’Occident et quatre Églises d’Orient. C’est le début de l’Église orthodoxe.
Cinq siècles plus tard, en 1517,Martin Luther affiche ses 95 thèses contre les indulgences sur les portes de l’église du château de de Wittemberg. C’est le début d’un nouveau schisme : le mouvement la Réforme et la naissance du protestantisme.
Le Carême dans les différentes Églises chrétiennes
Entre catholiques, orthodoxes et protestants il reste aujourd’hui des divergences même si ces trois confessions appartiennent à la religion chrétienne. Ainsi, les orthodoxes vivent par exemple le Carême de manière assez stricte, notamment en ce qui concerne le jeûne : ils ne consomment aucun produit d’origine animale.
Chez les catholiques, le jeûne est plus souple et peut prendre différentes modalités. On peut par exemple faire un « jeûne médiatique », comme l’avait suggéré Jean-Paul II en 1996. Les protestants, eux, ne font pas le Carême mais ils se préparent à la fête de Pâques en communauté, autrement que par des privations.
Pourquoi la Pâques orthodoxe est-elle décalée de la Pâques catholique ?
Dans les trois branches du christianisme, la fête de Pâques est très importante. La foi chrétienne est née de la croyance en la résurrection du Christ, reconnu comme Messie et fils de Dieu.
Catholiques et protestants fêtent Pâques au même moment car ils suivent le même calendrier, le calendrier grégorien. Il a été adopté par le pape Grégoire XIII, en 1582, et par les différentes Églises protestantes.
L’Église orthodoxe continue de suivre le calendrier julien, que suivait l’Église de Rome. La fête de Pâques chez les orthodoxes est donc fêtée quelques jours après la Pâques des catholiques et des protestants. Ainsi, en 2024, catholiques et protestants fêtent Pâques le dimanche 31 mars. Pour les Églises d’Orient, Pâques tombe le 5 mai.
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Quatre-vingt-sept ans ont passé depuis que la suffragette irlandaise Hanna Sheehy-Skeffington a déclaré que la nouvelle Constitution irlandaise de 1937 reposait sur un «modèle fasciste, dans lequel les femmes seraient reléguées dans une infériorité permanente». Plusieurs dispositions furent qualifiées de «sinistres et rétrogrades» par les organisations de femmes, qui craignaient que les préjugés sexistes ancrés dans le texte normatif ne cantonnent les Irlandaises à leur rôle domestique d’épouses et de mères. Depuis son entrée en vigueur, la Constitution a été amendée 32 fois. L’interdiction de l’avortement, par exemple, a été annulée en 2018 – une décision que l’actuel Taoiseach (premier ministre irlandais), Leo Varadkar, a décrite comme la dernière étape d’une «révolution tranquille» vers la modernité.
Le 8 mars 2024 (également Journée internationale de la lutte pour les droits des femmes), l’électorat irlandais votera à nouveau pour amender la Constitution et modifier officiellement le statut des femmes en Irlande. Cette fois, il s’agira soit de conserver l’article 41.2 – la clause «femme au foyer» – soit de le remplacer par l’article 42B, qui reconnaît le concept plus large de prise en charge familiale (family care). Selon l’article 42B, l’Etat «reconnaît que les soins prodigués par les membres d’une famille les uns aux autres, en raison des liens existants, apportent à la société un soutien sans lequel le bien commun ne peut être réalisé, et s’efforce de soutenir ces soins».
Le fait qu’il ait fallu attendre quatre-vingt-sept ans pour que la question soit soumise aux urnes aurait stupéfié les femmes qui avaient tiré la sonnette d’alarme au sujet de l’article 41.2 en 1937. Leur principale préoccupation était alors que le texte en vigueur reflétait une présomption normative selon laquelle la fonction principale des femmes dans la société irlandaise était celle d’épouse et de mère.
L’article 41.2 stipule que «par sa vie au sein du foyer, la femme apporte à l’Etat un soutien sans lequel le bien commun ne peut être réalisé». Il affirme également que les mères «ne doivent pas être obligées, par nécessité économique, de travailler au détriment de leurs devoirs domestiques». En 1937, ce que les groupes de femmes identifièrent rapidement là, c’est le danger inhérent à l’assignation d’une «fonction sociale» spécifique aux femmes, différente de celle des hommes. Une telle différenciation avait déjà été utilisée pour limiter les choix des femmes avant 1937. La Loi sur les jurés de 1927, par exemple, exemptait automatiquement les femmes de la fonction de juré [fonction à laquelle elles avaient pu accéder en 1919]. L’article 41.2 était donc susceptible de restreindre encore davantage la vie des femmes, notamment dans leur droit à exercer un travail rémunéré en dehors du foyer. D’où a-t-il tiré sa formulation? Et quelle idéologie a sous-tendu l’affirmation selon laquelle le rôle «naturel» des femmes est celui d’épouse et de mère?
La fonction sociale «naturelle» des femmes irlandaises
La réponse est simple. Le texte de l’article en question est directement issu, presque mot pour mot, de la doctrine catholique. Le pape Léon XIII a défini le devoir «naturel» des femmes dans Rerum Novarum, une encyclique publiée en 1891. La lettre papale déclarait: «La femme est par nature adaptée aux travaux domestiques et c’est ce qui est le mieux à même de préserver sa modestie et de favoriser la bonne éducation des enfants et le bien-être de la famille.» En 1931, une autre encyclique, Quadregesimo Anno, publiée par le pape Pie XI, proclamait que «les mères, se concentrant sur les tâches ménagères, devraient travailler principalement à la maison ou dans ses environs immédiats». Six ans plus tard, en 1937, le Taoiseach Eamon de Valera supervisa la rédaction de la nouvelle Constitution irlandaise. L’influence de ses conseillers catholiques est évidente.
Dans les archives de l’archevêque de Dublin, John Charles McQuaid, un document de réflexion sur le statut des femmes dans la constitution indique: «Il est irréaliste d’imaginer que le positionnement d’un vote électoral puisse abolir, pour les hommes comme pour les femmes, la diversité des fonctions sociales. Rien ne changera les lois et les faits de la nature, qui font que la sphère naturelle de la femme est le foyer.» Un autre pape, Benoît XV, est cité dans le même document, estimant qu’«aucun état de choses nouveau, ni le cours des événements ne sauraient jamais arracher la femme consciente de sa mission à cette sphère naturelle qu’est pour elle la famille».
Achever la «révolution tranquille»
Nous de devrions pas être surpris que la langue vernaculaire de la doctrine sociale catholique, avec ses déclarations sur la fonction sociale «naturelle» et prescrite des femmes en tant qu’épouses et mères, se soit ancrée dans la constitution irlandaise. L’influence de l’Eglise catholique était omniprésente dans les foyers irlandais, les écoles, les médias et tous les aspects de la vie publique tout au long des années 1920 et 1930.
Son pouvoir s’est manifesté par l’adoption de lois interdisant le divorce, l’accès au contrôle des naissances et l’avortement. Elle s’est infiltrée dans tous les aspects de la vie sociale et culturelle, interdisant les danses ou censurant les films hollywoodiens et la littérature, considérés comme un danger moral.
Ce qui devrait nous surprendre, c’est que l’article 41.2 figure toujours dans la constitution irlandaise. Aujourd’hui, l’Irlande est une nation laïque. Ses citoyen·nes ont désormais accès au divorce, au contrôle des naissances, à l’interruption de grossesse légale et à l’égalité des droits en matière de mariage.
L’Irlande est également une nation qui se remet lentement et douloureusement du traumatisme infligé par les abus de l’Eglise catholique dans les écoles, les foyers pour mères et bébés et les Magdalene laundries (institutions religieuses où les femmes jugées immorales étaient enfermées). Et pourtant, l’article 41.2 est toujours présent.
Si l’Irlande veut se débarrasser des chaînes de son passé catholique et réaliser son ambition d’être une nation moderne et progressiste, l’article 41.2 doit être relégué dans les annales de l’histoire le 8 mars 2024.
Caitriona Beaumont est professeure d’histoire sociale à la London South Bank University (GB), et professeure titulaire invitée à l’University College Dublin (IE). Paru dans The Conversation Europe, sous le titre «Irish referendum: how the Catholic church shaped Ireland’s constitution to define the status of women», https://theconversation.com/europe Traduction: CO avec Deepl, GTrad
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– Une foule de curieux dit adieu au fief des catholiques
L’Église catholique romaine de Genève organisait des portes ouvertes de son siège historique en Vieille-Ville, avant son déménagement à Plainpalais.
Publié: 19.02.2024, 05h30
La visite guidée a notamment permis de découvrir la salle des conseils.
LAURENT GUIRAUD
L’Église catholique romaine (ECR) de Genève s’apprête à écrire un nouveau chapitre de son histoire. Après deux cents ans de présence en Vieille-Ville, l’institution quittera son fief du numéro 13 de la rue des Granges pour Plainpalais, à l’église du Sacré-Cœur restaurée. La semaine passée, elle organisait des portes ouvertes de ce bâtiment du XVIIIe siècle; elles ont attiré curieux et nostalgiques.
À 16 heures, alors que démarre la première visite, il y a déjà la queue dans le hall d’entrée de la rue des Granges. La foule, essentiellement féminine – elle se masculinisera et se rajeunira au fil des demi-heures – se presse. Les visites sont rapidement complètes. Une archiviste mène les curieux à la découverte des 650 m2 sur trois étages où travaillent une vingtaine de collaborateurs de la direction pastorale et administrative.
On apprend que le bâtiment a été édifié en 1740 par Jacques-André Saladin, ancien banquier à Paris, avant d’être vendu un siècle plus tard aux enchères publiques et racheté par l’abbé Dunoyer en 1851. Il devient alors la cure de l’église Saint-Germain attenante, puis siège du vicariat.
Enfin, classé bâtiment historique en 1975, l’immeuble aura d’illustres voisins, dont l’artiste et veuve de John Lennon Yoko Ono, l’ancien pilote de F1 Jean Alesi et l’infante Cristina.
«On est attaché à ce bâtiment, il a une âme»
La visite est express, pour raccourcir l’attente des curieux suivants. On grimpe des volées d’escaliers en pierre, on arpente une succession labyrinthique de pièces dans leur jus, on admire des reliques et des archives, on baisse la tête sous les plafonds bas et on fait grincer le parquet.
Les visiteurs du jour retiendront surtout deux pièces maîtresses: les combles aux magnifiques poutres apparentes, et une chapelle sobre à la moquette rose qui accueille une messe tous les mardis matin. Enfin, accueillait; elle a été désacralisée le lendemain.
La chapelle accueillait une messe les mardis matin. Elle a été désacralisée la semaine passée.
LAURENT GUIRAUD
Marianne, catholique genevoise, est justement venue lui rendre une dernière visite. «Cette chapelle est splendide. Notre cœur saigne un peu en sachant qu’elle va disparaître. On est attaché à ce bâtiment, il a une âme. Le bois, les pierres sont chargées d’histoire, d’amour, de problèmes résolus. Il fallait que je vienne pour voir ça une dernière fois.»
En redescendant les escaliers en colimaçon, une mère et sa fille confient aussi leurs regrets. Elles espèrent que l’immeuble accueillera une crèche, une école catholique, «quelque chose qui fait sens. Mais ça finira sûrement loué par une banque…»
Croisé dans un couloir, un autre visiteur, lui, ne donne pas dans la nostalgie. Il a appris le jour même l’existence de ces portes ouvertes, sa promenade passait par là alors il a poussé la porte. «Je suis profondément anticlérical, sourit-il. Mais très intéressé par le patrimoine. Et je voulais voir si l’Église vivait dans le luxe!»
Bâtiment mis en location
Le 22 mai, l’ECR quittera ce prestigieux environnement pour l’église du Sacré-Cœur, reconstruite après l’incendie de 2018. Les nouveaux bureaux rassembleront la vingtaine d’employés administratifs de la rue des Granges ainsi qu’une trentaine d’agents pastoraux actuellement disséminés dans le canton.
«Nous allons pouvoir réunir enfin les forces pastorales et administratives en un seul lieu, on gagne tellement à être ensemble, relève Dominique Pittet, secrétaire général de l’ECR. Ce déménagement permet aussi de redonner vie au Sacré-Cœur: avant l’incendie, il n’était utilisé qu’à 20-25%.»
Le siège historique de l’ECR, à la rue des Granges 13, en Vieille-Ville.
LAURENT GUIRAUD
L’ECR versera une rente à la paroisse, qu’elle envisage d’assurer avec la location de l’édifice de la rue des Granges. Avis aux amateurs: le loyer avoisine les 300’000 à 350’000 francs annuels.
Avec ce déménagement, les catholiques quittent la colline de la Vieille-Ville, emboîtant le pas aux protestants: en 2015, ceux-ci avaient abandonné la Maison Mallet, lieu emblématique de la Réforme, pour s’installer à la Jonction.
Aurélie Toninato est journaliste à la rubrique genevoise depuis 2010 et diplômée de l’Académie du journalisme et des médias. Après avoir couvert le domaine de l’Education, elle se charge aujourd’hui essentiellement des questions liées à la Santé.Plus d’infos
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