À Briec, le Secours catholique – Caritas France est ouvert à tous

L’équipe du Secours Catholique de Briec, composée de huit membres, s’est réunie autour de Philippe Lajentes, le vendredi 20 octobre, pour présenter ses missions et actions.

En partenariat avec le Centre communal d’action sociale (CCAS) et l’Épicerie sociale, la structure caritative intervient auprès des familles nécessiteuses dont les dossiers lui ont été transmis par le CCAS, l’assistante sociale ou directement. L’équipe effectue une prise en charge de 10 % des factures à l’Épicerie sociale, des factures d’énergie, des loyers, de transport où des dépenses quotidiennes imprévues, pour un montant de 200 € par personne ou par foyer.

Pour les situations plus complexes, les dossiers sont traités en commission mensuelle du territoire, à Châteaulin.

Les membres du Secours catholique participeront aux journées nationales du Secours catholique des 18 et 19 novembre et proposeront une vente de gâteaux, de bougies et petits objets à la sortie de la messe.

L’équipe recherche un local de 100 m2, à Briec, pour y créer une boutique solidaire de vêtements, jouets, vaisselle, meubles, livres… Elle sera gérée par des bénévoles.

Pratique

Les dons sont les bienvenus. Le dîner de Noël aura lieu le vendredi 15 décembre. Fraternibus est présent sur le marché de Briec, le vendredi matin. Un service d’accueil-écoute est proposé toutes les quinzaines, le samedi de 10 h à 12 h, au presbytère. Contact : philippelajentes@gmail.com.

sainte-marie-orleans.org vous produit ce texte qui aborde le thème « Paroisse Sainte-Marie d’Orléans ». Le but de sainte-marie-orleans.org étant de rassembler en ligne des données sur le sujet de Paroisse Sainte-Marie d’Orléans puis les diffuser en essayant de répondre du mieux possible aux interrogations que tout le monde se pose. Cet article se veut reconstitué de la façon la plus correcte que possible. Si jamais vous projetez d’apporter quelques précisions autour du sujet « Paroisse Sainte-Marie d’Orléans », vous avez la possibilité de d’échanger avec notre rédaction. Dans les prochaines heures on rendra accessibles à tout le monde d’autres annonces autour du sujet « Paroisse Sainte-Marie d’Orléans ». Alors, consultez régulièrement notre blog.

Des produits vendus à -70 % : l’épicerie solidaire du Secours catholique de Neuville-aux-Bois soutient les plus précaires depuis dix ans

On ne sait s’il faut s’en réjouir ou s’en désoler : l’épicerie solidaire du Secours catholique de Neuville-aux-Bois fêtait, samedi 21 octobre, ses dix ans d’existence.

Ce qui est sûr, c’est que ce dispositif, qui irrigue sur 33 communes alentour, soit un bassin de population d’environ 25.000 habitants, a permis d’accompagner quelque 300 familles depuis une décennie. Et ce, grâce au soutien indéfectible de la mairie, qui met gracieusement à disposition ces locaux rénovés, au 2, place de l’Église.

« On s’est battues pour avoir cette épicerie »

Un couloir/salle d’attente avec des chaises et une bibliothèque garnie de livres pour patienter, un bureau pour recevoir les bénéficiaires puis l’épicerie avec son rayon épicerie, son frigo, son congélateur et ses produits d’hygiène.

« On s’est battues pour avoir cette épicerie car certaines personnes ne comprenaient pas », rappelle Marie-Noëlle Martin, adjointe aux affaires sociales et familiales. La responsable d’équipe, Marie-José Taupin, se souvient :

« L’idée est née en 2008 mais l’épicerie n’a ouvert qu’en 2013, le 18 mai. Le directeur du Super U a donné des rayonnages et un frigo. Nous voulions maintenir à flot les familles en difficulté, les aider dans la dignité. J’insiste là-dessus car ce n’est pas de l’assistanat. »

« J’ai pu faire quelques sorties, améliorer mon quotidien » : l’épicerie sociale pour les étudiants d’Orléans reste ouverte cet été

« Aider dans la dignité car ce n’est pas de l’assistanat »

En effet, le but n’est pas ici de distribuer des colis aux bénéficiaires (sauf demande urgente) mais que ces derniers puissent venir y faire leurs courses, librement, en payant seulement 30 % du prix indiqué. Ainsi, une conserve de haricots verts étiquetée 1 euro ne sera payée en caisse que 30 centimes. « Chaque famille a droit à un montant, selon la composition de la famille. C’est 10 euros par personne (prix marchand). »

Toutes ces denrées proviennent de la collecte annuelle organisée sur deux jours, au Super U de la ville. Les 6 et 7 octobre 2023, 1,4 tonne de marchandises a été déposée. Et patiemment transportée, triée et rangée par des bénévoles. « C’est le double de l’an dernier », estime Marie-José. Les produits frais, eux, sont achetés par le Secours catholique une fois par mois.

Les bénéficiaires sont envoyés par les services sociaux de la commune ou une assistante sociale. L’accès à l’épicerie sera temporaire : entre 3 et 6 mois, généralement, le temps de sortir de l’ornière. « C’est un coup de pouce. » 

« On retrouve ici toutes les valeurs du Secours catholique que sont l’accueil inconditionnel et la dignité des personnes », se réjouit le président loirétain, Dominique Guy.

Une cuisine solidaire inaugurée à Orléans La Source par le Secours catholique pour créer des recettes mais surtout du lien

Rejoignez l’équipe de bénévoles !

L’épicerie sociale est ouverte tous les 15 jours, le samedi matin, de 9 heures à 12 h 30. Les bénéficiaires viennent sur rendez-vous, par tranche d’une demi-heure. L’occasion aussi de créer du lien social, tout aussi essentiel. Un service rendu possible grâce à l’engagement des bénévoles (en plus des donateurs et de la Ville). Qui ne sont que cinq et cherchent des renforts. « Il faut mieux faire connaître les activités du Secours catholique et l’existence de cette  épicerie dans nos paroisses », assène le prêtre Stanislas de Christen.

« C’est une seconde famille, un repère » : reportage au petit déjeuner offert 7 jours sur 7 par le Secours catholique, à Orléans

S’y trouve sans doute un vivier de bonnes volontés, susceptibles de prendre en charge les demandes, toujours plus nombreuses. Tous les bénévoles, de toute confession, sont également les bienvenus pour œuvre à la « révolution fraternelle ».

Je m’engage. Équipe locale du Secours catholique : 2, rue de l’Église, à Neuville. 06.37.04.34.42 et equipe.neuville.450@secours-catholique.org.

Marie Guibal

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Charlotte Chaulin : «Ces déséquilibrés et excentriques qui ont marqué l’histoire»

ENTRETIEN – L’anecdote et l’humain permettent d’éveiller le goût du passé, explique la journaliste, qui publie un livre divertissant et instructif, Petites manies et lubies des grands personnages de l’histoire (Larousse).

LE FIGARO : Vous avez dépeint des personnages historiques célèbres qui ont sinon perdu la raison, du moins été affectés par des troubles mentaux, ainsi que des hommes d’Etat fameux pour leurs bizarreries. Pourquoi un tel choix ?

Charlotte CHAULIN: J’ai voulu trouver une manière de raconter le passé à un public le plus large possible, pour amener un maximum de personnes à l’Histoire. Au lieu de dépeindre de manière traditionnelle les grands personnages qui l’ont faite et de mettre l’accent sur ce qui fait leur célébrité, j’ai choisi de m’intéresser à leurs traits de caractère fantasques. L’idée n’est pas de « casser » leur image, mais d’essayer de les montrer sous un jour plus humain, dans tous les sens du terme. Capricieux, parfois vicieux, toqués ou complètement fous, les personnages que je présente ont souvent transgressé les règles de la morale. Sans ça, ils ne seraient probablement pas devenus des génies. Je me suis demandé ce qu’ils avaient dans la tête. Certains portraits ressemblent à des essais de psychobiographies, mais je n’ai pas la prétention de proposer des diagnostics médicaux. Je laisse la parole à ceux qui, hier et aujourd’hui, se sont penchés sur leurs cas.

Prenons un roi de France au comportement erratique, Charles VI (1368-1422). Était-il « simplement » bipolaire ou vraiment fou ?

Rappelons que le règne en dents de scie de Charles VI a entraîné l’assassinat de son frère Louis d’Orléans, puis la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Les Anglais en ont profité pour relancer la Guerre de Cent ans. Michelet résume : «Pour entrer dans Paris, les Anglais ont pris le chemin de la forêt du Mans», faisant référence au premier d’une longue série d’épisodes de démence de Charles VI, survenu le 5 août 1392.

Entre chaque épisode de démence, le roi Charles VI assume pleinement ses fonctions

La notion de folie a considérablement évolué depuis l’Antiquité. Aux XIXe et XXe siècles, on lui a préféré les termes d’aliénation, puis de maladie mentale. Aujourd’hui, le terme, dans le langage courant, englobe sinon toutes les pathologies de santé mentale, du moins les conduites et propos contraires à la raison. En ce sens, Charles VI mérite le surnom que les historiens du XIXe siècle lui ont donné. Je raconte quelques épisodes fameux et incongrus. Celui où il a peur de se briser, pensant être en verre; le jour où il court nu dans son palais, voulant qu’on l’appelle George. Pourtant, entre chaque épisode de démence, le roi assume pleinement et efficacement ses fonctions, ce qui témoigne du maintien de ses capacités physiques et cognitives.

Quelle est donc sa maladie ? Les chroniqueurs de l’époque comme Froissart ont évoqué une frénésie, une démence, une aberration de l’entendement. Les chercheurs ont ensuite creusé du côté de maladies infectieuses comme la fièvre typhoïde et la syphilis. Charles VI présenterait en définitive les symptômes de ce qu’on appelle aujourd’hui la bipolarité. C’est notamment la conclusion de Sonia Hakimi, dans une thèse de psychiatrie soutenue en 2017. Mais a-t-on besoin d’un diagnostic précis pour aller à la rencontre de ce personnage fascinant, dont la folie a changé le cours de l’Histoire ?

Autre cas fameux, environ un siècle après, la mère de Charles-Quint, dite Jeanne la Folle. Quel rapport avait-elle avec son fils roi et Empereur, qui n’a survécu à sa mère que trois ans ?

À la fin du XVIe siècle, le jésuite Juan de Mariana raconte dans son Histoire d’Espagne, que « sa démence lui fit donner dans l’histoire le nom de Jeanne-la-Folle ». Fille des Rois Catholiques, héritière du trône de Castille, Jeanne épouse le fils de l’empereur Maximilien Ier du Saint-Empire romain germanique, le bien-nommé Philippe le Beau, en 1496. S’il s’agit d’une union à visée politique, cela ne l’empêche pas d’en tomber éperdument amoureuse. Elle lui donne six enfants, dont le futur Charles Quint. Mais si l’amour rend aveugle, la jalousie, elle, la rend folle. Jeanne en est sévèrement atteinte et « pique des crises » qui effraient ceux qui en sont témoins. Son instabilité mentale pousse sa mère, Isabelle Ière de Castille, à prendre des directives. Quand elle meurt en 1504, Jeanne devient reine de Castille, mais son père, Ferdinand d’Aragon, et son époux, vont l’exclure du gouvernement. À raison ? Difficile de répondre, mais la suite, si l’on se fie à ceux qui la racontent, peut le laisser penser.

La captivité de Jeanne la Folle va durer 47 ans. Son fils, devenu empereur sous le nom de Charles Quint, lui rendra quelques visites

La mort de Philippe le Beau, en 1506, bouleverse Jeanne qui refuse de s’y résoudre. Elle emmène le cadavre de son mari partout avec elle, l’embrasse sans cesse et vérifie qu’il ne quitte pas son cercueil pour aller batifoler ailleurs. Ferdinand d’Aragon, choqué par cette fille qu’il ne reconnaît plus, décide de l’enfermer au palais de Tordesillas, à 40 kilomètres de Valladolid. Pendant ce temps, la régence de Charles, alors âgé de six ans, a été mise en place. Jeanne vit comme une bête sauvage, accroupie à même le sol. Sa captivité va durer 47 ans. Son fils, devenu empereur sous le nom de Charles Quint en 1519, lui rendra quelques visites. À sa mort en 1555, celle qu’on surnommait Jeanne la Folle rejoint son époux bien-aimé à Grenade. Leurs deux corps reposant côte à côte, on imagine qu’elle fut enfin en paix.

Si l’on considère maintenant non les fous, mais les excentriques, le cas de Henri III s’impose. En quoi sa mise, ses goûts vestimentaires faisaient-il jaser ?

Le terme d’excentrique colle bien au personnage d’Henri III. Ce roi de France est connu pour ses extravagances stylistiques. Passionné de mode, il arbore des vêtements multicolores, garnis de dentelle, de nœuds, de perles et de rubans, des bas collants. Il porte des fraises impressionnantes, des diamants aux oreilles et des coiffures élaborées avec des perruques étonnantes. Il se parfume et se maquille. Son look fait jaser !

Henri III n’a rien inventé, il s’inspire seulement de la mode italienne. Mais la tradition française est bien plus sobre

Pourtant le roi n’a rien inventé, il s’inspire seulement de la mode italienne. Mais la tradition française est bien plus sobre avec des coupes classiques, des styles plus simples. Il y a autre chose qui dérange: les contemporains s’attendent à ce que le roi incarne une image de virilité. Au contraire, Henri III préfère s’entourer de jeunes hommes, ses «mignons» au style encore plus efféminé que lui. Les rumeurs vont bon train : on spécule sur son homosexualité ! Ces accusations remontent aux oreilles du roi, qui a conscience de heurter. Les guerres de religion mettent le royaume à feu et à sang depuis plus de vingt ans. La puissante Ligue catholique cherche à nuire au souverain.

Je raconte ce que j’ai considéré être la plus folle excentricité d’Henri III : sa passion immodérée pour les bichons. Le roi les aimait tant qu’il dépensait sans compter pour les chouchouter. Incroyable mais vrai : pour ne jamais s’en séparer, il les portait autour du cou, dans un panier ! Le souverain arborait ainsi un véritable collier de chiens. Le 2 août 1589, quand le moine Jacques Clément entre dans les appartements du roi à Saint-Cloud, l’un de ses fidèles compagnons se met à furieusement aboyer. Quelques minutes après, Henri III meurt assassiné…

On peut être un grand philosophe et casanier. Quelles étaient les habitudes obsessionnelles de Kant ?

Éternel sédentaire il est vrai – cet aventurier de la pensée, comme il se présente lui-même – n’a jamais quitté Königsberg, situé à la frontière nord-est de la Prusse d’alors. Son existence est millimétrée. Chaque matin, son valet vient le réveiller à 5h moins 5 exactement avec pour ordre d’énoncer : « Monsieur le professeur, voici l’heure ». Le repas du midi est pris à 12h45. Pour être sûr que ses horaires soient respectés à la seconde près, Kant tient plus que tout à sa montre. « Si j’étais dans le besoin, disait-il, ce serait le dernier objet que je vendrais ! ». Pratique pour ses voisins : si le philosophe est sur le pas de sa porte, vêtu de son habit gris, sa canne espagnole à la main, cela signifie qu’il est 15h30. A 22h tapantes, Kant se met au lit d’une drôle de manière. Il s’assoit au bord du lit, se glisse dedans, puis tire une pointe de la couverture par-dessus une épaule derrière son dos jusqu’à l’autre épaule, sous lui et enfin jusqu’au ventre. Emmailloté comme une momie, il peut se laisser aller au sommeil.

L’attitude obsessionnelle de Kant est liée à son désir de vivre le plus longtemps possible

L’attitude obsessionnelle de Kant est liée à son désir de vivre le plus longtemps possible. Le philosophe est un hypocondriaque notoire. S’il préfère faire sa promenade seul, c’est pour ne pas avoir à parler et éviter ainsi d’attraper des microbes. Il tient la liste des personnes âgées de sa a ville et de leurs dates de décès, dans l’espoir de tous les surpasser.

Vous racontez aussi le cas de Wagner, et le jugement de Nietzsche, qui se brouille avec lui après l’avoir admiré…

Wagner est atteint lui aussi d’hyponcondrie. Régulièrement, dans son journal, il confie à la troisième personne : « Richard ne se sent pas bien ». Le compositeur est sujet à des érysipèles à répétition sur le visage, ainsi que des maux d’estomac réguliers. Il psychosomatise beaucoup, en est conscient et écrit : « Les nerfs de mon cerveau ! – Voilà la source de tous les tracas ». Pour se soigner, il s’adresse à des charlatans qui lui recommandent toute sorte de traitements, comme l’hydrothérapie ou des régimes alimentaires draconiens. En vain ! Le cas Wagner écrit par Nietzsche en 1888, est éclairant. À ce moment-là, les deux anciens amis se sont brouillés, notamment en raison de l’antisémitisme affiché du compositeur. « Wagner est une névrose », écrit Nietzsche avant de poursuivre : «Il rend malade tout ce qu’il touche (….) Son art lui-même est malade (… ) Les problèmes qu’il porte à la scène : purs problèmes d’hystérie ; la convulsivité de son tempérament, sa sensibilité irritée, son goût qui réclamait toujours des saveurs plus pimentées, son instabilité». Mais un an après avoir écrit ces mots, le philosophe va lui-même sombrer dans la folie.

On apprend, en vous lisant, que Marcel Proust avait la manie de s’autodiagnostiquer et de se prescrire des traitements. Que révèle chez lui cette obsession de la maladie ?

Proust grandit dans un milieu de médecins : son père Adrien est hygiéniste et son frère Robert, chirurgien. Sa santé fragile est préoccupante. Un jour, âgé de neuf ans, lors d’une promenade au bois de Boulogne, il est atteint d’une crise d’asthme si violente que son père croit le voir mourir. S’il survit, son insouciance, elle, s’envole à jamais. Doté d’une sensibilité exacerbée, l’auteur de La Recherche va passer toute son existence à écouter et tenter de prévenir le moindre de ses maux, réels ou imaginaires.

Marcel Proust use et abuse de narcotiques, barbituriques, somnifères et opium

Jugeant les médecins incompétents, il pratique l’automédication, car les médicaments circulent en vente libre à cette époque. L’écrivain use et abuse de narcotiques, barbituriques, somnifères et opium. Pour son frère Robert, Marcel souffre d’une grave intoxication médicamenteuse. Les dernières années de sa vie, Proust les passe cloîtré dans une chambre tapissée de liège, sorte de cloche pneumatique. Ses domestiques désinfectent son courrier au formol. Malgré les précautions, il contracte une pneumonie et refuse de se faire hospitaliser, optant à la place pour une diète à base de bière glacée. Il meurt dans sa chambre à 51 ans. On peut penser que l’hypocondrie a eu raison de lui. Mais sans elle, serait-il devenu un monstre sacré de la littérature française ? Aurait-il passé des nuits et des journées entières à écrire dans son lit ? La quête de vérité est le thème central de son œuvre. L’obsession de la maladie (omniprésente dans La Recherche) est indissociable de l’angoisse de mort. Voilà qui rend Proust bizarre et humain à la fois.

Cela dit, ce qui nous semble aujourd’hui excentrique était-il perçu comme tel par les contemporains ? Prenons le cas de Hugo et du spiritisme, que vous racontez. C’était une mode au XIXe siècle. N’est-ce pas le regard contemporain qui décrète que c’est une bizarrerie ?

À l’été 1852, après le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, Victor Hugo prend la route de l’exil et rejoint Jersey. En septembre 1853, il reçoit la visite d’une amie, Delphine de Girardin, qui débarque avec une mode qui agite le continent européen : celle des tables parlantes. Lancé par les sœurs Fox aux États-Unis, le spiritisme est en vogue à l’époque et trouve des adeptes un peu partout dans le monde (comme Allan Kardec en France). À Jersey, Delphine de Girardin propose à Hugo et ses proches de communiquer avec les morts via un guéridon à trépied dégoté chez un marchand de jouets.

Victor Hugo est convaincu de la présence d’esprits et pense découvrir une nouvelle religion

La première séance se déroule le 11 septembre 1853. Dans l’espoir de communiquer avec sa fille Léopoldine, disparue dix ans plus tôt dans un tragique accident de canot, l’écrivain va passer de longues soirées à dialoguer, parfois en vers, avec Jésus, Platon, Napoléon, Shakespeare ou bien Molière. Il est convaincu de la présence d’esprits et pense découvrir une nouvelle religion. Les procès-verbaux de ses dialogues avec les morts seront la Bible du futur, il en est sûr ! Dès une lettre datée du 14 septembre 1853, Juliette Drouet fait part de ses doutes : « Quant à vos diableries j’y vois pour l’avenir plus d’inconvénient que de plaisir, quelles que soient d’ailleurs vos convictions personnelles et collectives. Je m’explique mal, mais je sens que ce passe-temps a quelque chose de dangereux pour la raison, s’il est sérieux, comme je n’en doute pas de ta part, et d’impie, pour peu qu’il s’y mêle la moindre supercherie. » La réponse est subjective et varie au gré des convictions. « Esprit es-tu là ? »: celui de Victor Hugo fut en tout cas l’un des plus grands de son temps.

Petites manies et lubies des grands personnages de l’Histoire, de Charlotte Chaulin (Larousse, 215 p., 25€). Larousse

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Hommage aux professeurs assassinés : « On va tous continuer à venir avec confiance à l’école

L’imprimante tourne à plein régime. Il est 9 h 30, ce lundi 16 octobre, et la machine crache des badges : « Je suis professeur », « Je suis triste », « Je suis en colère »… en écho au slogan « Je suis Charlie » après les attentats de 2015. Une trentaine de professeurs du groupe scolaire Assomption-Saint-Marc-Saint-Aignan d’Orléans (Loiret) s’en accrochent un au revers de la veste. Une façon de montrer leur choc et leur inquiétude.

L’idée a germé lors d’une réunion qui vient de se terminer. Comme partout en France, les enseignants ont eu un temps d’échange au seuil de cette journée qui s’annonce difficile. Dans cet établissement catholique sous contrat, la mort de Dominique Bernard, professeur au lycée Gambetta d’Arras (Pas-de-Calais) assassiné vendredi 13 octobre par un islamiste, émeut et bouscule un projet pédagogique fondé sur l’ouverture.

« Nos élèves de sixième viennent de 50 écoles publiques différentes. Certains vivent dans des quartiers populaires, d’autres moins. Nous comptons de nombreux musulmans », résume Jacques Monnier, le chef d’établissement.

« Pour certains élèves, la religion passe avant les lois de la République »

En ce lundi matin, une trentaine d’enseignants ont participé à l’heure d’échange proposée par le ministère. Besoin de parler, de se soutenir aussi, alors que l’école est touchée de plein fouet par la violence terroriste. Beaucoup évoquent leurs doutes grandissants : « Pour certains élèves, la religion passe avant les lois de la République », résume une enseignante. Face à cela, que faire ? Être intraitable, ou n’y voir que de simples provocations ?

Les témoignages se succèdent. Il y a cette élève qui « ne voulait pas ôter sa veste en classe afin de ne pas montrer ses bras ». Ou celles qui, lors d’un voyage au Parc Astérix, se sont présentées voilées. Il y a aussi ces garçons qui écoutent poliment les femmes mais n’obéissent qu’aux hommes. Ou ceux qui ont détourné le regard devant un film à cause d’un décolleté. Jusqu’où faut-il composer ? Quand faut-il sévir ? Ces questions ne trouveront pas de réponse en une seule journée. Jacques Monnier promet une nouvelle réunion pour mettre au point une réponse éducative.

12 h 15. Au milieu de la cour d’honneur, la statue de la Vierge Marie veille. À ses pieds, un panneau a été encadré : « J’étais un professeur. » Il remplacera les deux précédentes plaques commémoratives au nom de Samuel Paty, assassiné trois ans plus tôt, et d’Agnès Lassalle, tuée en février dernier à Saint-Jean-de-Luz.

Sous les feuilles d’automne balayées par le vent, une trentaine de personnes se recueillent. Quelques parents d’élèves ont tenu à représenter les familles. « Merci de faire votre métier, commence l’une d’eux. C’est beau que vous ayez encore la foi d’être là. » Le directeur lit ensuite la prière pour la paix de saint François d’Assise, avant que chacun remonte en classe pour la minute de silence.

Une minute de silence parfaitement respectée

À ce moment, Clémence Mesnage stresse. La professeure de musique fait entrer dans la salle de chant une classe de quatrième. Il est 13 h 30 et la trentaine d’adolescents prend place sur des chaises à roulettes. « Savez-vous pourquoi nous ferons une minute de silence tout à l’heure ?, lance-t-elle. Tout le monde sait-il ce qui s’est passé vendredi ? »

Des doigts se lèvent. Yanis, Adhéramane Joannes ou Léonie avancent leurs idées. « Un professeur s’est fait poignarder par un ancien lycéen qui avait déjà eu des problèmes avec la justice avant », tente l’un. « Il est russe », complète un autre. « Il était fiché S parce qu’il avait regardé trop de vidéos d’Al-Qaida pour se radicaliser », complète un troisième.

La professeure précise, relance. Elle projette ensuite un diaporama préparé par l’académie d’Arras, et reprécise le vocabulaire. « Qu’est-ce que l’islam ? Qu’est-ce que l’islamisme ? Pourquoi ne faut-il pas confondre les deux ? » Puis plus un mot. La cloche a sonné pour le début de l’hommage national. Certains se cherchent un peu du regard, pas très à l’aise, mais on entend une mouche voler.

« Je n’ai même pas le mot pour dire à quel point ça aurait été horrible si on avait parlé pendant la minute de silence », commente après coup Léonie. « Quand on n’est pas d’accord on parle, mais on ne tue pas », soupire une de ses copines. « On va tous continuer à venir avec confiance à l’école, conclut Clémence Mesnage. Moi, je nous fais confiance. Et maintenant, on chante. » Elle se met au piano et la petite troupe se lève comme un seul homme pour entonner un air de blues, renouant avec sa part d’insouciance.

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Accélération des expulsions d’étrangers radicalisés

À l’issue d’une réunion de sécurité à l’Élysée lundi 16 octobre au matin, le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin a annoncé vouloir accélérer l’expulsion de 193 étrangers en situation irrégulière et inscrits au fichier des personnes radicalisées (FSPRT). 85 d’entre eux « ne sont sans doute plus sur le territoire », selon son entourage, précisant qu’il avait été demandé une « vérification au cas par cas ». Au total, la situation de 2 852 étrangers réguliers inscrits au FSPRT va être réexaminée. Gérald Darmanin a par ailleurs fait état de 102 interpellations pour actes antisémites, dont 27 étrangers, depuis l’attaque d’Israël par le Hamas.

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Catholiques ou protestants de Haute-Savoie : ces laïcs qui commentent la Parole en célébration

Pour les funérailles, je tiens le coup, malgré l’émotion : je sens que je ne suis pas seule, que l’Esprit est là !

Maryvonne Bonjour est prédicatrice dans la paroisse de l’Eglise Protestante Unie de France à Annecy, pour les cultes, funérailles, baptêmes et mariages : « Les funérailles me touchent particulièrement, car nous les préparons en rencontrant les familles endeuillées. Dans la vie, je peux pleurer facilement, mais au cours des célébrations de funérailles, je tiens le coup, malgré l’émotion : je sens que je ne suis pas seule, que l’Esprit est là !« 

Je m’adresse à des frères et sœur, en tant que membre de la communauté

Joëlle Bourmault guide régulièrement la prière au cours de célébrations de la Parole dans la paroisse catholique Saint-Jean aux Portes d’Annecy : « La Parole de Dieu est une vraie nourriture pour ma vie. J’ai été touchée de la confiance qui m’a été accordée pour commenter. C’est important pour moi de commenter pour une communauté que je connais : je m’adresse à des frères et sœur, en tant que membre de la communauté. Ils ne peuvent pas me répondre à ce moment-là, mais je m’accroche à quelques regards !« 

Quand je sors d’un culte, je suis épuisée ! 

Nicole Dailcroix est prédicatrice dans la paroisse de l’Eglise Protestante Unie de France à Annecy, pour les cultes, funérailles, baptêmes et mariages : « Pour le culte du dimanche, mon commentaire est préparé longtemps à l’avance. Je médite le texte, j’y reviens, je corrige et modifie le commentaire. Mais finalement, l’exercice ne s’arrête pas là. Quelque chose de fort se joue, ensuite, pendant la célébration : quand je sors d’un culte, je suis épuisée !« 

Etre chrétien, ce n’est pas que « consommer des célébrations », mais aussi prendre sa part !

Yannick Angelloz, commente la Parole et guide les funérailles dans la paroisse catholique Saint-Jean aux Portes d’Annecy : « Dans le cadre de funérailles, les personnes rassemblées sont parfois loin de l’Eglise… et nous annonçons à ces personnes le Salut pour tous. Et finalement, cette mission m’a rappelé la vocation de tous les baptisés. Etre chrétien, ce n’est pas que « consommer des célébrations », mais aussi prendre sa part dans le service du prochain et l’annonce de la Bonne Nouvelle !« 

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À Bellegarde, la friperie du Secours catholique a ouvert ses portes

À Bellegarde, il a fallu six mois à la dizaine de bénévoles pour finaliser tous les préparatifs de la nouvelle boutique de vêtements solidaire. Créée par des Bellegardois engagés, sous l’impulsion du Secours catholique, la friperie a ouvert mercredi 4 octobre. L’association effectuait déjà des collectes de vêtements et les distribuait en colis. « Désormais, les gens peuvent choisir ce qu’ils porteront », annonce Anne-Marie, une des bénévoles présentes ce mercredi.

Des prix inférieurs à cinq euros

Vesti’roses vend des vêtements de toutes tailles, du trois mois au 56-58, et des chaussures à deux ou trois euros l’unité. « On a quelques beaux manteaux à cinq euros », confie une bénévole, en assurant que c’est leur prix le plus cher.

premium Glwadys sauve son salon de coiffure grâce à ses clients, près de Montargis

Pour que personne ne soit laissé sur le pas de la porte, l’association tient à conserver des prix bas. Notons qu’il est seulement possible de payer en liquide ou par chèque.

La solidarité est au centre du projet, mais tout le monde peut venir. Anne-Marie complète : « Si une personne qui a les moyens souhaite faire un don, nous l’acceptons. »

Une collaboration entre associations

En ce qui concerne les dons, Vesti’roses accepte uniquement des vêtements en bon état.

« On met en boutique des habits qu’on aurait envie de porter. »

Annie (Bénévole du Secours catholique)

Si une pièce a besoin d’être reprisée, ou si elle est abimée, les bénévoles font appel à l’association Pénélope, à Sens, pour réparer et revaloriser les tissus.Le magasin est ouvert deux après-midi par semaine. Photo Jeffrey Charpentier.

Le local a atteint le maximum de sa capacité de stockage, des réserves de vêtements chauds ayant été faites. Mais la météo est assez clémente, alors les manteaux partent lentement. Anne-Marie précise : « Jusqu’à décembre, mieux vaut privilégier les dons à d’autres associations, le temps qu’on réduise notre réserve. »

Six grands chefs mobilisés pour un dîner de soutien aux commerçants de Montargis impactés par les émeutes

Les dix personnes engagées dans le projet sont très satisfaites de l’accueil des riverains, et espèrent, à terme, créer un lieu de rendez-vous convivial dans le village.

Vesti’roses est ouvert, 12 rue de la République, les mercredis de 14 heures à 16h30 et les vendredis de 13h30 à 16 heures.
Le Secours catholique effectue également des permanences le deuxième et le quatrième mardi de chaque mois, au presbytère de Bellegarde.

Jeffrey Charpentier

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Les catholiques vietnamiens s’unissent pour la défense et l’édification du pays

Les catholiques vietnamiens s’unissent pour la defense et l’edification du pays hinh anh 1Le présidium du 8e Congrès des catholiques vietnamiens édifiant et défendant la Patrie pour le mandat 2023-2028. Photo: VNA

Hanoï
(VNA) – Le 8e Congrès des catholiques vietnamiens édifiant et défendant la
Patrie pour le mandat 2023-2028 a eu lieu jeudi 12 octobre à Hanoï. Environ 400
délégués étaient présents à l’ouverture de cet événement, organisé par le Comité
de solidarité catholique du Vietnam.

Les
participants ont fait le bilan du mouvement d’émulation patriotique dans le
milieu catholique depuis 2018 et défini les orientations pour les cinq années à
venir.

Ces
cinq dernières années, de nombreux programmes d’émulation patriotique au sein de la
population catholique ont été bien effectués, contribuant considérablement à la
réduction de la pauvreté, à la réalisation des objectifs socio-économiques et de
garantie de la défense nationale.

Les catholiques vietnamiens s’unissent pour la defense et l’edification du pays hinh anh 2Les membres du Comité de solidarité catholique du Vietnam du mandat 2023-2028. Photo: VNA

Dô Van Chiên, secrétaire du Comité central du Parti, président du Comité central du Front la Patrie du Vietnam (FPV), a tenu en haute estime, dans son discours au Congrès, les résultats obtenus par le comité et a affirmé la position et la politique conséquente du Parti et de l’Etat vietnamiens de respecter et garantir les droits de liberté de religion et de croyance de tous.

Il a affirmé que le Parti et l’Etat créaient toujours des conditions favorables aux activités religieuses, encourageant les catholiques à participer activement aux activités sociales et contribuer à l’édification d’un pays riche et prospère.

Les catholiques vietnamiens s’unissent pour la defense et l’edification du pays hinh anh 3Le prêtre Trân Xuân Manh, président du Comité de solidarité catholique du Vietnam. Photo: VNA

Il a également souhaité voir les catholiques vietnamiens bien mener la devise «Vivre l’évangile au sein du peuple et apporter le bonheur aux compatriotes».

Le 8e Congrès des catholiques vietnamiens édifiant et défendant la Patrie a désigné un comité de 148 membres et le prêtre Trân Xuân Manh comme président du Comité pour le mandat 2023-2028.

A
cette occasion, le président du FPV Dô Van Chiên a décerné les Médailles du
travail de troisième classe au prêtre Trân Xuân Manh, président du Comité de
solidarité catholique du Vietnam, et son adjoint Duong Phu Oanh. -VNA

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À Marnes, l’église classée dépérit faute de soutien et de moyens

L’église Saint-Jean-Baptiste de Marnes, classée aux Monuments historiques depuis 1862, est en piteux état. La mairie regarde avec tristesse l’édifice dépérir, et tente de récupérer des fonds pour la r …

Le site sainte-marie-orleans.org est fait afin de créer plusieurs publications sur la thématique Paroisse Sainte-Marie d’Orléans communiquées sur le net. Pour vous tenir au fait, ce post autour du thème « Paroisse Sainte-Marie d’Orléans », vous est fourni par sainte-marie-orleans.org. La chronique est produite de la manière la plus authentique qui soit. Au cas où vous décidez de fournir des informations supplémentaires à cet article sur le sujet « Paroisse Sainte-Marie d’Orléans » vous avez la possibilité d’utiliser les contacts affichés sur notre site web. En consultant régulièrement notre blog vous serez informé des prochaines publications.

En Pologne, la désaffection catholique

« Bien sûr, c’est très douloureux pour moi », reconnaît Lukasz Sloniowski, catholique pratiquant depuis son plus jeune âge. Ce père de 46 ans a fini par renoncer à se bagarrer avec ses fils Dominik et Franciszek pour qu’ils l’accompagnent à la messe. Dominik a 20 ans, de longs cheveux bouclés et des idées bien tranchées. Il fait des études de sciences politiques à La Haye. Son frère, Franciszek, 16 ans, est encore au lycée à Cracovie, « un lycée très libéral », s’empresse-t-il de préciser.

Dominik, lui, a fréquenté une institution religieuse durant toute sa scolarité. Il avait 13 ans quand il s’est rebellé. « J’étais un athée très militant. J’interrompais sans cesse le prof de religion, je posais des questions qui ne lui plaisaient pas. Pour se débarrasser de moi, il a fini par me dispen…


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Hussein Abdulwaheed Amin, ex-catholique, Irlande (partie 1 de 4): Introduction et parcours personnel


Introduction

J’ai rédigé le récit de ma conversion à
l’islam d’abord et avant tout pour ceux et celles qui songent à se convertir et,
surtout, pour ceux et celles qui, comme moi, sont issus d’un milieu chrétien
très pratiquant.  Bien que le christianisme et l’islam partagent beaucoup en
commun, des différences fondamentales demeurent, au sujet desquelles aucun
compromis n’est possible.  Ces différences ont surtout trait à la doctrine
chrétienne de la trinité et à la croyance selon laquelle Jésus serait un être
divin.  Passer de chrétien sincère, pratiquant et intellectuellement
insatisfait à musulman constitue donc, à certains égards, un long parcours
théologique.  En tant que personne ayant déjà emprunté ce parcours, j’espère
que mon carnet de voyage pourra en quelque sorte paver la voie de ceux qui
voudront l’emprunter à leur tour.  Ce qui me rappelle le hadith (paroles du
prophète Mohammed) suivant :

 « Une fois, un homme
marchant sur une route y vit une branche épineuse, qui l’obstruait.  Il la
retira du chemin et, pour cette action, Dieu lui pardonna ses péchés. » (Sahih
al-Boukhari
)

En racontant mon expérience pour que
puissent en profiter d’autres personnes intéressées par l’islam, j’aime à
penser que je retire ainsi une branche épineuse de la voie qu’ils pourraient
emprunter entre le christianisme et l’islam.

Lorsque je me suis converti à l’islam,
je n’avais pas encore accès à l’internet et je dus donc faire toutes les
recherches moi-même.  Il était essentiel, pour moi, que de mes recherches sur l’islam
découle une satisfaction intellectuelle et théologique.  J’espère que d’autres
personnes issues du même milieu que moi trouveront utile de connaître les
expériences que j’ai vécues lorsque je suis passé du christianisme à l’islam et
y trouveront un point de départ à leur propre quête spirituelle.

Mon parcours personnel

Je me suis converti à l’islam en
octobre 1998, à l’âge de 31 ans.  Je suis originaire d’Irlande, où je suis né
au sein d’une famille catholique pratiquante, mais j’ai passé la quasi-totalité
de ma vie adulte à l’étranger.  Au milieu des années 90, je tombai amoureux
d’une musulmane que j’avais rencontrée lors d’un voyage en terre d’islam.  Je
savais que si je souhaitais l’épouser,  je n’aurais d’autre choix que de me
convertir à l’islam, car il est interdit à une musulmane d’épouser un homme
d’une autre religion.  Pourtant, l’idée de devenir moi-même musulman ne me
souriait pas du tout.  En fait, bien que ma connaissance de l’islam fut
limitée, une mauvaise expérience, que je venais tout juste de vivre, dans un
autre pays musulman (où j’avais trouvé un emploi), m’avait rendu amer envers
tout ce qui touchait à l’islam et n’avait fait que renforcer certains préjugés
occidentaux que je nourrissais malgré moi.  Néanmoins, de retour en Europe au
printemps et à l’été 1998, je lus tout ce que je pouvais trouver, sur l’islam,
dans les bibliothèques publiques et universitaires (des livres principalement
rédigés par des non-musulmans) et je découvris, un peu étonné, que j’approuvais
au moins 90% de ce que je lisais.  Cette découverte me rendit plutôt
enthousiaste et je réalisai que j’avais fait l’erreur de juger l’islam sur la
base du comportement inadéquat de quelques-uns de ses fidèles plutôt que sur la
base de ses enseignements moraux et théologiques.

Jésus, le fils de Dieu?

Là où j’avais un réel problème,
toutefois, c’était par rapport au rôle de Jésus.  J’avais été élevé dans un
milieu catholique et on m’avait appris à croire à la trinité (le Père, le Fils
et le Saint-Esprit), trois personnes formant une seule divinité.  L’islam, de
son côté, rejette totalement une telle idée et enseigne l’unicité absolue de
Dieu (tahwid) et, plus précisément, que Jésus, bien qu’il fut un grand prophète,
n’était rien de plus qu’un être humain (et non une divinité).

 « Ô gens du Livre!  N’exagérez pas dans votre religion et
ne dites, sur Dieu, que la vérité.  Le Messie, Jésus fils de Marie, n’était
qu’un messager de Dieu, Sa parole qu’Il transmit à Marie et un esprit provenant
de Lui.  Croyez donc en Dieu et en Ses messagers, et ne dites plus
« Trois ».  Cessez!  Ce sera bien mieux pour vous.  Votre Dieu est un
Dieu unique.  Il est trop parfait pour avoir un fils. »
(Coran
4:171)

 « Le
Messie, fils de Marie, n’était qu’un messager.  Avant sa venue, des messagers
(comme lui) sont passés.  Sa mère était une femme véridique, et ils consommaient
tous deux de la nourriture. »
(Coran 5:75)

 « Mais
Jésus dit : « Je suis vraiment le serviteur de Dieu.  Il m’a
donné le Livre et m’a fait prophète. »
(Coran 19:30)

 « Sont
certainement mécréants ceux qui disent : « Certes, Dieu est le
Messie, fils de Marie. »
(Coran 5:17)

 « Ce sont certes des mécréants ceux qui disent : « En vérité,
Dieu est le Messie, fils de Marie », alors que le Messie (lui-même) a dit : « Ô
enfants d’Israël !  Adorez Dieu, mon Seigneur et votre Seigneur. » (Coran
5:72)

 « Et
lorsque Dieu dira, [au Jour de la Résurrection] : « Ô Jésus, fils de
Marie!  Est-ce toi qui as dit aux gens : « Prenez-nous, ma mère et
moi, pour deux divinités en dehors de Dieu » ?  Il dira : « Gloire
à Toi!  Il ne m’appartenait pas de déclarer ce que je n’avais aucun droit de
dire. »
(Coran 5:116)

L’islam, donc, prêche un monothéisme
pur.  Le fondement premier de l’islam est que Dieu est la seule et unique
divinité.  La sourate 112 du Coran est très explicite à ce sujet :

1. Dis : « Il est Dieu,
l’Unique.

2. Dieu, le Seul à être imploré pour ce
que nous désirons.

3. Il n’a jamais engendré et n’a pas été
engendré.

4. Et nul ne peut L’égaler. »

Je ne savais plus que faire.  Tout cela
était très étrange, pour moi.  Je ne pouvais tout simplement pas trahir Jésus.

Au niveau de mes croyances et de ma
pratique religieuse, je dois avouer que j’avais, à cette époque, cessé
d’assister à la messe dominicale depuis quelques années déjà, d’abord et avant
tout parce que j’étais agacé par les sermons à saveur politique et à contenu
non-religieux.  (Je préférais de loin les messes plus brèves et non-obligatoires
données en semaine, où je pouvais me concentrer sur mon adoration de Dieu, sans
aucune autre distraction, puisqu’il n’y avait pas de sermon.)  Mais d’un point
de vue purement théologique, je demeurais un fidèle catholique (par opposition
aux protestants).  Par exemple, sur la base de mon étude des évangiles, je
croyais aux doctrines de transsubstantiation et de succession apostolique. 
Pourtant, je nourrissais, dans un même temps, de sérieux doutes sur le
christianisme en général et, plus précisément, sur la doctrine du péché
originel et du besoin, par conséquent, de sacrifier Jésus, fils de Dieu, pour
sauver nos âmes.  Ces deux concepts sont totalement étrangers au judaïsme,
duquel le christianisme est censé découler.  Il demeure que la notion de Jésus
en tant que fils de Dieu avait été si enracinée en moi qu’il m’était
extrêmement difficile d’accepter une autre interprétation ou un autre point de
vue.

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