Portugal : les paradoxes d’un pays catholique

Le 13 juin, à Lisbonne, lors de la procession de la Saint-Antoine. Photo : MARIO CRUZ – 4SEE – REA POUR FC

Le Portugal est-il encore un pays catholique ?

La majorité de la population, près de 80 %, continue à se confesser catholique. La pratique religieuse reste très forte dans certaines régions. Mais le catholicisme portugais est surtout culturel. Un jour où je l’avais invité à un débat, le prix Nobel de littérature José Saramago, communiste bien connu, a dit : « Au Portugal, nous sommes tous des catholiques d’un point de vue culturel. » Notre identité est catholique. Beaucoup de Portugais ne pratiquent pas mais font des pèlerinages à Fatima, participent aux fêtes populaires d’inspiration catholique. Ils n’obéissent pas à l’Église dans tout ce qu’elle dit, n’ont pas une formation profonde, mais ils ont la foi. C’est déjà très important.

Comment expliquer alors que le Portugal ait une législation si transgressive sur des sujets comme l’avortement ou l’euthanasie ?

Notre société est dans un processus de laïcisation très significatif. Les catholiques sont marginalisés de la vie politique par ceux qui la conduisent. Nous avons un système électoral à la proportionnelle, qui repose sur des listes. Nous votons pour une liste de partis, et ce sont eux qui élisent les députés. Or, il y a dans les partis une influence laïciste croissante, venant pour une part de la franc-maçonnerie, qui éloigne les catholiques ayant un engagement clair. D’où ce processus législatif qui contrarie très fortement les valeurs de l’Évangile. L’État n’entend plus l’Église, il s’éloigne d’elle, lui manifeste même une certaine hostilité.

Comment cela se traduit-il ?

L’Église joue un rôle essentiel dans le domaine caritatif et social, au travers des santa casa da misericordia présentes dans les diocèses. Sans l’Église, la situation sociale serait terrible, et tout le monde le reconnaît. Mais ces institutions ont presque partout des rapports difficiles avec le gouvernement socialiste actuel. Celui-ci est étatiste, avec une conception subalterne des activités de l’Église, dans la santé, l’assistance sociale ou l’éducation.

Sur les grands sujets de société, l’Église est-elle écoutée ?

Les prises de position publiques de l’Église sur l’avortement, le mariage des homosexuels, l’adoption pour les couples homosexuels, la procréation médicalement assistée et, dernièrement, l’euthanasie, ont toujours été contredites par l’État. Concernant l’avortement, nous avons gagné un premier référendum. Mais un autre a été organisé, et cette fois, il l’a emporté. Sur l’euthanasie, nous avons déposé une demande de référendum, avec une pétition signée de plus de 100 000 personnes, mais elle n’a pas été acceptée par le Parlement.

La voix de l’Église rencontre-t-elle un certain écho dans la société ?

Les évêques publient des documents dont aucun média ne rend compte. Il y a un processus de marginalisation, avec une perte de prestige de l’Église et un grand mépris de la part des médias. Plus qu’une persécution ouverte comme il a pu s’en produire dans le passé, nous subissons plutôt une agression d’indifférence. Et les catholiques s’éloignent aussi de la vie publique.

Pourquoi ?

La vie politique portugaise connaît un processus de détérioration morale. La corruption est très présente. Un ancien Premier ministre s’est retrouvé en prison. Nous avons des scandales successifs de corruption, d’illégalité, de détournement de fonds publics… Les gens de bien ne veulent pas participer à la vie politique. 

La présence culturelle du catholicisme va-t-elle s’estomper ?

Le processus de laïcisation de la société portugaise n’est pas incompatible avec le maintien d’une référence culturelle au catholicisme. Celle-ci va sans doute diminuer. Mais le Portugal va rester un pays dans lequel la majorité de la population se dit catholique, sans vouloir convertir ces valeurs dans la législation du pays. Nous avons eu récemment la finale de la Taça, la coupe de foot du Portugal. Porto a gagné. Les joueurs et l’entraîneur, sur la route de Lisbonne à Porto, se sont arrêtés à Fatima pour remercier la Vierge. Vous trouverez ça au Portugal pendant longtemps encore. Lors des apparitions à Fatima, la Vierge dit qu’« au Portugal, se conservera toujours le dogme de la foi »… Je suis convaincu que le Portugal gardera la foi. Le catholicisme portugais est un catholicisme marial. Vous trouvez des petites chapelles blanches sur les montagnes dans tout le pays, des hommages à la Vierge partout. C’est l’influence qu’ont laissée les moines cisterciens, qui ont été interdits, comme tous les ordres religieux au XIXe  siècle, mais dont la dévotion marque le pays encore jusqu’à aujourd’hui. 

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Aux États-Unis, l’Église catholique se bat pour conserver ses fidèles hispaniques

Au détour d’une petite route de campagne, l’église apparaît au milieu des champs de maïs. Les voitures se sont tassées le long des bas-côtés, le parking affichant complet. C’est pourtant un dimanche comme les autres, avec messe en espagnol à 11 h 30. Quand vient le temps de la quête, les paniers en osier se remplissent vite. Mais principalement de billets de 1 dollar.

Après le sermon du père Mark, originaire de Baltimore mais familier de l’espagnol après plus de trois décennies passées à Porto Rico, on prend une glace au soleil, entre les voitures. Un petit homme tire un chariot réfrigéré, comme sur les places des villages à plus de 1 500 kilomètres de là, au sud du Rio Grande.

Jusqu’au milieu des années 1950, la paroisse catholique de Newton Grove, petite commune de Caroline du Nord, s’appelait St Mark. Depuis, c’est Notre-Dame de Guadalupe, du nom de la sainte patronne du Mexique. Et le samedi comme le dimanche, il y a une messe en anglais et une en espagnol. Les affluences ne sont pas les mêmes, ni l’âge moyen. « Je suis ici depuis huit ans, et je peux compter sur les doigts d’une main les baptêmes que j’ai célébrés chez les Anglos, les non-Latinos », explique le père Mark.

Moins d’un Hispanique sur deux se dit catholique

L’arrivée en nombre des Hispaniques aux États-Unis, depuis la seconde moitié du XXe siècle, pour travailler dans les champs ou à l’usine, a dynamisé l’Église catholique aux États-Unis. Mais jusqu’à quand ? En avril, une étude du Pew Research Center constatait le déclin rapide de la foi chez les Latinos vivant aux États-Unis : moins de la moitié d’entre eux se disent aujourd’hui catholiques (43 %), contre 67 % en 2010.

Si les églises évangéliques progressent peu chez les Latinos – 15 % aujourd’hui contre 12 % en 2010 –, ce sont les « sans affiliation religieuse » qui ont le vent en poupe, passant de 10 % à 30 %. « Ça ne me surprend pas », réagit Andrew Chesnut, anthropologue des religions à l’université du Commonwealth de Virginie et expert du monde hispanique. « Cette évolution correspond à celle des autres Latinos, au Brésil ou ailleurs. Toutefois, cette tendance n’est pas synonyme de croissance de l’athéisme. Le détachement de l’Église catholique se fait au profit de croyances diverses, plus ou moins New Age ou ésotériques. »

La messe en espagnol, mais pas seulement

Pour Mgr Luis Zarama, évêque de Raleigh, diocèse dont les fidèles sont pour moitié des Latinos et dont dépend Notre-Dame de Guadalupe, il est d’abord essentiel, pour enrayer cette tendance, de leur donner une place dans l’Église. « Cela passe par l’usage de l’espagnol, bien sûr, mais pas seulement », insiste ce natif de Pasto, dans le sud de la Colombie.

Il y a, par exemple, la question des dons. « Les Latinos sont souvent critiqués pour ne pas contribuer assez », explique Agata, une Polonaise arrivée il y a vingt-cinq ans à Clinton, autre petite commune du diocèse de Raleigh. Après s’être consacrée à ses enfants, elle a été embauchée à la paroisse il y a quelques années. « Les Américains font des chèques, les Latinos donnent des petits billets », explique-t-elle, rappelant que ces chèques, qu’elle enregistre, donnent lieu à des déductions fiscales. « Mais les Hispaniques organisent des festivités dans la paroisse, notamment autour de la nourriture, pour lever de l’argent. C’est différent, mais c’est très efficace. Il faut les laisser faire ! »

Trouver une place pour les plus jeunes est particulièrement ardu. « Le défi, c’est de conserver la génération née aux États-Unis, reconnaît Mgr Zarama. Ils ne sont plus forcément très à l’aise en espagnol, et ils ont des habitudes culturelles propres à leur génération. » Plus américains que leurs parents, ils partagent les valeurs des autres jeunes qu’ils côtoient. Sur l’avortement, par exemple. Une enquête indiquait l’an passé que 41 % des Latinos nés hors des États-Unis estimaient que l’IVG devait être légal, contre environ 60 % pour ceux nés sur le sol américain.

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Un plan national pour promouvoir les jeunes cathos latinos

Quelques mois après qu’une étude du Pew Research Center a montré que le nombre des Hispaniques américains s’identifiant comme catholiques a considérablement chuté en dix ans, les évêques du pays ont adopté à une écrasante majorité un plan pastoral national visant à remanier l’approche de l’Église américaine en matière de ministère hispanique.

Votée le 16 juin, à la fin de leur Assemblée plénière, cette feuille de route met fortement l’accent sur l’engagement, l’accompagnement, le mentorat et la formation au leadership des jeunes adultes hispaniques.

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EXCLUSIF – Climat : pour 85 % des catholiques, il faut des « changements radicaux

Comment se positionnent les catholiques face à la crise écologique ? Sont-ils prêts à bousculer leur mode de vie ? Qu’attendent-ils de l’Église sur ces enjeux ? C’est à partir de ces questions que les associations Parlons climat et A Rocha ont lancé, avec l’Ifop, une vaste étude (1) dont La Croix publie les résultats en exclusivité. Elle révèle que les Français se présentant comme « catholiques pratiquants » sont plus engagés que la moyenne pour l’écologie.

Ainsi, 71 % de ces catholiques déclarent avoir soutenu ou participé aux marches pour le climat, contre 65 % pour l’ensemble des Français. Ils sont aussi 14 % à avoir déjà participé à une mobilisation écologique locale, contre 7 % en moyenne. Ils sont enfin 85 % à être convaincus qu’il faut des « changements radicaux et immédiats » pour lutter contre le changement climatique.

Un engagement spécifique

Cet engagement spécifique des catholiques pour l’écologie apparaît directement lié à la fréquentation régulière de la messe. Parmi les sondés qui se présentent comme catholiques pratiquants, « le groupe le plus réticent à l’écologie est celui qui pratique le moins », indique Gauthier Simon, chercheur en science politique qui a participé à l’étude.

EXCLUSIF - Climat : pour 85 % des catholiques, il faut des « changements radicaux »

« La pratique religieuse est prédictive d’un engagement militant important chez les catholiques », confirme la chercheuse Cléo Schweyer (2). Par exemple, les études montrent depuis longtemps la surreprésentation de catholiques au sein des partis centristes. Désormais, « des sociologues sont surpris de relever dans les groupes écologistes radicauxune forte présence de personnes élevées dans le catholicisme », commente Gauthier Simon, dont la thèse porte sur la conversion écologique. Cette présence remarquable s’expliquerait notamment par des « prédispositions » à l’engagement que favoriserait la socialisation catholique : vie scoute dès le jeune âge, investissement plus marqué dans des activités bénévoles…

Un engagement peu lié à la foi

Plus surprenant, ce tropisme particulier des catholiques pour l’écologie semble avoir peu de liens avec la foi elle-même. L’étude révèle ainsi que 56 % des personnes se présentant comme « catholiques pratiquantes » n’ont jamais entendu parler de l’encyclique Laudato si’du pape François consacrée à la sauvegarde de la « maison commune ». Et seulement 20 % de ces catholiques indiquent que leurs « réflexions écologiques et spirituelles se nourrissent l’une et l’autre ». La moitié du panel (50 %) se dit sensible à l’écologie mais ne fait « pas de liens » entre ses opinions et sa spiritualité. Les 30 % restants ne voient tout simplement « aucun rapport » entre écologie et spiritualité.

EXCLUSIF - Climat : pour 85 % des catholiques, il faut des « changements radicaux »

Selon Gauthier Simon, cela confirmerait l’hypothèse que c’est une éducation, une socialisation spécifique aux catholiques et une influence de leur milieu social souvent aisé qui les pousseraient à agir pour la planète, bien plus qu’un cheminement spirituel. Il rappelle que la véritable appropriation de l’écologie par l’institution date du pape François, et est donc extrêmement récente. Le chercheur incite à lire ce sondage comme une « photographie » d’un processus en cours : la lente appropriation par l’Église et les fidèles de l’écologie.

Une masse peu représentée

Le rapport des catholiques à ces questions est donc complexe. S’ils sont convaincus de l’existence du changement climatique et de la nécessité d’agir, ils regardent avec une grande méfiance certains acteurs ou discours écologistes. Même les plus engagés d’entre eux ont « tendance à voir l’écologie comme une religion concurrente », relève Gauthier Simon. En somme, si leur éducation et leur position sociale prédisposent les catholiques à s’engager pour l’écologie, le lien avec leur foi n’est pas toujours évident pour eux, et l’écologie semble aussi entrer en contradiction avec une forme d’anthropocentrisme chrétien.

Derrière ces grandes tendances se dessinent évidemment des fractures. Celles-ci sont particulièrement fortes lorsque l’on évoque l’éventuel devoir de positionnement de l’Église. Un catholique pratiquant sur deux considère ainsi que c’est le rôle de l’institution de parler de changement climatique. À l’inverse, 37 % des catholiques pensent que les chrétiens parlent trop d’écologie et qu’il y aurait des sujets plus importants. Le sondage montre ainsi que les catholiques sont davantage préoccupés par l’immigration et l’insécurité que le reste de la population.

Trois profils-type

Pour mieux saisir la complexité de ce rapport des catholiques à l’écologie, les chercheurs associés à l’étude ont dégagé trois profils-types. Autant de portraits-robots qui illustrent les positions parfois irréconciliables fracturant aujourd’hui le paysage ecclésial. L’un de ces profils, « l’engagée ambivalente » – 27 % du panel – incarne bien la spécificité des catholiques face à l’écologie. Cette femme d’une trentaine d’années va très régulièrement à la messe et soutient les marches pour le climat (82 %). Si elle pense que les valeurs bibliques favorisent l’engagement écologique, elle considère aussi qu’il ne faut pas mettre de signe égal entre l’humanité et le reste de la Création.

Les deux autres profils sont plus éloignés de l’institution. Représentant 29 % du panel, le « conservateur désengagé » est un sexagénaire ancré à droite et très peu pratiquant. Il n’a soutenu qu’à 20 % les marches pour le climat, et estime qu’il ne revient pas à l’Église de parler d’écologie. Enfin, le profil majoritaire, celui de « l’écolo-catho en retrait », 44 % de l’échantillon, se distingue par une pratique spirituelle individuelle plutôt que collective et un fort soutien aux marches pour le climat. Ultime paradoxe, il est celui qui, malgré sa distance avec l’institution, attend le plus de l’Église qu’elle se positionne et soutienne le mouvement écologiste.

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Le défi de sonder les catholiques

Cerner les catholiques dans une société de plus en plus sécularisée est un défi auquel se heurtent souvent les instituts de sondage. Cette étude a choisi de sonder les personnes se définissant spontanément comme « catholiques pratiquants ».

Plus large que les catégories distinguant les fidèles selon leur degré de pratique, cette méthode permet de recueillir le point de vue de catholiques culturels, qui se présentent volontiers comme chrétiens mais ont de très rares liens avec l’institution et une vie spirituelle parfois faible.

Pour ce sondage réalisé en avril 2023, l’Ifop a interrogé un groupe de 484 « catholiques pratiquants » ainsi qu’un échantillon représentatif de la population française constitué de 987 personnes, à travers la méthode des quotas.

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Éducation : les écoles hors contrat, une solution de « repli » pour certains parents

Professeur d’espagnol et de philosophie dans un collège-lycée catholique sous contrat, Hector Rodriguez-Alvarez a pourtant choisi, avec sa femme, d’inscrire leur enfant de 6 ans dans une école hors contrat pour sa rentrée en CP au mois de septembre. L’une des raisons ? La manière dont les questions de genre sont abordées dans les établissements sous contrat.

« Je connais le programme et comment sont introduites des thématiques chargées d’idéologie sur le genre, même en cours de langue », raconte Hector Rodriguez-Alvarez. Pour appuyer son propos, il cite son manuel d’espagnol, où les joueuses d’une équipe de rugby féminine sont présentées comme des héroïnes s’émancipant des préjugés de la société en jouant à un sport jugé masculin par certains. « Des logiques de victimisation, qui n’ont pas lieu d’être, sont mises dans la tête des collégiens, affirme-t-il. On est déjà dans une construction du genre. »

Évitement

Ainsi, pour ce parent d’élève, l’école hors contrat devient une sorte de recours. Afin notamment d’éviter, selon lui, que le sujet de la sexualité ne soit abordé trop tôt. « On pousse les enfants à se poser des questions que, normalement, ils ne se posent pas, proteste-t-il. Cela ne convient pas, il faut attendre le bon moment pour en parler. »

Sans qu’il soit possible de quantifier le phénomène, d’autres parents inscrivent leurs enfants dans des établissements privés hors contrat rejetant une certaine vision des questions autour de l’identité de genre. Depuis quelques années, ils viennent ainsi nourrir la montée relative de ces établissements, au nombre d’environ 2 000 en France.

« C’est un ras-le-bol global, la question du genre est une goutte qui fait déborder le vase », soutient Grégoire Leclercq, président de l’association des parents d’élèves qui fondent une nouvelle école hors contrat à Rambouillet (Yvelines). Le cours Saint-Jean-Paul-II accueillera une soixantaine d’élèves de la petite section au CM2 dès septembre.

Dans la charte de l’établissement, nulle référence à la question du genre qui ne sera pas un thème d’enseignement. La directrice de la nouvelle école a suivi une formation du diocèse de Versailles sur la manière de répondre aux questions des enfants en cas de besoin. « Il faut les aider à assumer et bien investir ce qu’ils sont, affirme Grégoire Leclercq. C’est une question de bon sens et l’on ne peut pas systématiser. »

Une professeure de SVT dans un collège privé sous contrat à Paris, sous couvert d’anonymat, assure percevoir un « changement insidieux » dans les programmes scolaires. Cette dernière, qui a l’habitude de donner des enseignements sur la vie affective, intervient de moins en moins dans les établissements sous contrat mais poursuit dans ceux qui sont hors contrat.

Inquiétude

Dans ces derniers établissements, la question du genre est souvent abordée sous un prisme plus traditionnel. « Des éducatrices nous sensibilisent pour que nous puissions mieux nous connaître, témoigne Gabrielle, élève de troisième d’un collège hors contrat de la Sarthe, évoquant des enseignements en classe non mixte. On nous parle du corps de la femme, on aborde la question de l’avortement, le tout relié à notre foi. Dans mon établissement, tout le monde pense la même chose, nous avons reçu la même éducation. » Les parents de la jeune fille ont décidé de l’inscrire dans un collège hors contrat en sixième, quittant un établissement catholique sous contrat, et ne regrettent pas leur décision.

« La manière d’éduquer les enfants à la différence entre les filles et les garçons a fortifié notre choix de la laisser dans cet établissement hors contrat, justifie clairement sa mère Anne. Je m’informe de ce qui se passe dans les établissements sous contrat avec notamment des projections de films et des débats sur la théorie du genre. C’est inquiétant, nous avons l’impression que la volonté de gommer les différences sexuelles est un sujet central. »

Des inspections ont été menées dans plusieurs établissements, suscitant récemment les protestations de la Fondation pour l’école et de la Fédération des parents d’élèves des écoles indépendantes.

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Le contrat d’association

La loi Debré de 1959 permet aux établissements privés de s’associer à l’État par contrat. Celui-ci crée des droits et devoirs réciproques.

Du côté des établissements : obligation d’ouverture à tous les élèves, respect de la liberté de conscience ainsi que des programmes de l’éducation nationale, y compris les « éducations transversales » (à la sexualité, à la lutte contre les LGBTphobies, au développement durable…). Mardi 27 juin 2023, le ministre Pap Ndiaye a annoncé « un plan national ambitieux » sur l’éducation à la sexualité à l’école, qui concernera aussi le privé.

Du côté de l’État : obligation de reconnaître un projet éducatif spécifique appelé le « caractère propre », qui est religieux, d’assurer la gratuité de l’enseignement grâce aux contributions publiques et la prise en charge de la rémunération des enseignants.

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Artannes-sur-Indre : fin de la restauration des décors de l’église en août

Restauration de l’église Saint-Maurice. Une vérification de la charpente du transept sud a été faite. L’entreprise Freslon a signalé que l’about de poutre dans la maçonnerie est en très mauvais état.

Le site sainte-marie-orleans.org est fait afin de créer plusieurs publications sur la thématique Paroisse Sainte-Marie d’Orléans communiquées sur le net. Pour vous tenir au fait, ce post autour du thème « Paroisse Sainte-Marie d’Orléans », vous est fourni par sainte-marie-orleans.org. La chronique est produite de la manière la plus authentique qui soit. Au cas où vous décidez de fournir des informations supplémentaires à cet article sur le sujet « Paroisse Sainte-Marie d’Orléans » vous avez la possibilité d’utiliser les contacts affichés sur notre site web. En consultant régulièrement notre blog vous serez informé des prochaines publications.

Combien y a-t-il de catholiques en Belgique ? « Chacun peut mettre derrière cette étiquette ce qu’il entend » dit Caroline Sägesser

La moitié des Belges se considéreraient comme catholiques, selon une analyse publiée par le sociologue des religions à la KULeuven Wim Vandewiele. Dans le cadre de leur rapport automnal annuel, la Conférence des évêques de Belgique a fait appel à ce professeur afin d’estimer la pratique religieuse des habitants du pays. L’exercice est périlleux, car il est souvent entouré d’approximations. Interrogée sur La Première, Caroline Sägesser, chercheuse au CRISP, spécialiste des questions de religion et de laïcité, estime ce chiffre « tout à fait plausible par rapport aux autres données dont nous disposons. Il faut souligner qu’il n’y a pas de recensement des convictions en Belgique. Donc, ce sont des données qui ne sont pas neuves. C’est une étude qui a croisé les données de plusieurs enquêtes existantes, enquêtes réalisées par les services de la Commission européenne ou par un institut de recherche privé américain pour arriver à cette conclusion : un Belge sur deux. Et c’est parfaitement dans la ligne de ce que d’autres enquêtes ont déjà révélé, même si ce chiffre brut ne nous dit pas grand-chose, parce que qu’est-ce que c’est aujourd’hui, être catholique ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Si un Belge sur deux se définit comme catholique, est-ce que ça fait référence à une foi, à une pratique, à une identification culturelle ? Si c’est une foi, s’agit-il de Dieu, du message évangélique, ou encore d’autre chose ? C’est finalement une caractéristique du paysage religieux contemporain, c’est très individuel, et donc chacun peut mettre derrière cette étiquette de catholique ce qu’il entend. Une chose évidente, c’est que ce ne sont pas 50% de Belges qui sont alignés sur l’ensemble des positions défendues par le Vatican. Ça fait un bon moment, je dirais depuis la fin des années 60, que les catholiques ne sont plus forcément en accord avec tous les enseignements du pontife romain ».

« En ce qui concerne les pratiques, on a des données assez fiables puisque la Conférence épiscopale publie chaque année un recensement des sacrements qui ont été administrés durant l’année et également de la pratique dominicale. On a des chiffres qui témoignent d’une forte sécularisation tout de même de la société belge, puisqu’en 2021, il y avait 31% des nouveau-nés qui étaient baptisés, un mariage civil sur dix qui était suivi d’une célébration catholique, et environ 2,5% de la population qui se rendait à la messe le dimanche. Donc, au niveau de la pratique religieuse catholique en tout cas, ce sont des chiffres relativement faibles et qui ne cessent de diminuer depuis une cinquantaine d’années » poursuit-elle.

Selon l’étude de la KUL environ un million de Belges assisteraient au moins une fois par mois à un culte catholique romain, donc à une messe : « Cela me paraît beaucoup par rapport à cet autre chiffre que j’évoquais, qui lui est issu du comptage des fidèles le troisième dimanche d’octobre, on est à environ un peu moins de 2,5% de la population qui se rend à la messe ce dimanche-là, ça voudrait dire, pour combiner les deux chiffres, que tout le monde qui se rend quelquefois à la messe n’y va qu’une fois par mois. Donc ça, ça me semble un peu surévalué ».

« On constate toujours encore un taux de pratique plus élevé lors des fêtes de Noël, de Pâques ou pour marquer les grands événements de la vie du croyant », remarque Caroline Sägesser, qui confirme qu’il y a une sorte de tabou sur la recension des pratiques religieuses dans notre pays : « C’est quelque chose qu’on n’a pratiqué qu’une seule fois, en 1846, lors du premier recensement. Et à ce moment-là, c’étaient des données relativement peu utiles puisque ce recensement a découvert que plus de 99% de la population belge de l’époque se déclaraient catholiques. Donc voilà une donnée qui nous permet de mesurer le chemin parcouru. On considère que les convictions relèvent de la vie privée en Belgique, et donc on ne les recense plus depuis 1846 ».

Que pourrait nous apprendre un tel recensement effectué aujourd’hui ? « Il y a beaucoup d’Églises chrétiennes non catholiques. Donc, tout dépend encore un peu de la façon dont vous définissez une religion. Si, par exemple, on met toutes les autres confessions chrétiennes et on les rassemble sous l’étiquette protestante, on va avoir effectivement une religion qui est assez importante en Belgique. En revanche, si on distingue les Églises luthériennes, les Églises protestantes, évangéliques, etc., on va évidemment émietter les chiffres. Donc, tout dépend un peu des périmètres que l’on trace. Mais c’est l’islam qui est la deuxième religion la plus pratiquée en Belgique. Des estimations tournent autour de 7 à 8% de citoyens de confession musulmane, mais on sait effectivement par d’autres études que le taux de pratique religieux est plus élevé au sein des personnes de confession musulmane que des personnes de confession catholique ».

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Jeunes strasbourgeois et catholiques pratiquants, ils veulent revisiter les traditions


Rencontre avec trois jeunes catholiques pratiquants de Strasbourg, qui nous ont parlé de vivre ensemble, de laïcité et de barbecue.

L’ambiance est plutôt conviviale ce soir-là au Centre Bernanos, l’Aumônerie Catholique de l’Université de Strasbourg, située entre le campus et la résidence étudiante Paul Appell. Comme tous les dimanches soirs, les étudiants catholiques sortent de la messe donnée dans une grande pièce aménagée du centre.

Parfois, ils se retrouvent encore autour d’un repas, et c’est le cas ce soir, où une vingtaine de personnes d’origines diverses partage des tartes flambées, cuites au feu de bois par le père Thomas Wender, directeur du centre.

Étudiants et jeunes professionnels, Mathilde, Alexandre et Jenastan ont tous trois été élevés dans la foi catholique, comme l’explique Mathilde, la vingtaine, originaire de région parisienne :

“C’est vrai que ma religion, c’est un héritage de famille, mais par la suite, c’est devenu plus concret pour moi, je me suis réapproprié tout ça. Aujourd’hui je vais régulièrement à la messe avec ma colocataire”.

“Chrétien isolé = chrétien en danger”

Jenastan est étudiant en première année à l’Institut National des Sciences Appliquées (INSA). Ses parents sont catholiques, c’est donc aussi pour lui une histoire de famille. Lui, il vient de Troyes, et il blague en invoquant les raisons qui l’ont amené au Centre :

“Je venais d’arriver à Strasbourg et on m’a dit qu’il y du WiFi ici, alors je suis venu pour travailler. Et puis j’ai commencé à venir aux messes, surtout qu’on m’a dit qu’il y aurait un barbecue !”

Ce soir, c’est plutôt crêpes, cidre, bières et tartes flambées et bière, mais il n’hésite pas à aller se resservir, à l’aise parmi ceux qu’il a fini par apprendre à connaître à force de venir.

Il redevient sérieux et enthousiaste en expliquant qu’en fait, ce qui prime, c’est se retrouver, partager des moments à plusieurs :

“On dit parfois “chrétien isolé = chrétien en danger”. Enfin je rigole, je veux dire que tu as une foi intérieure, mais c’est aussi ta relation aux autres. C’est vrai pour toutes les religions, tu retrouves Dieu à travers les autres, que ce soit à la messe ou aux repas, finalement cela se rejoint, c’est la même chose”.

Multi-engagé, aussi en dehors de l’Église

Pour Alexandre, jeune trentenaire qui vient de terminer une formation pour être éco-conseiller, l’ouverture et le fait d’aller vers les autres est une évidence, tout comme l’engagement associatif, indissociable de sa pratique de la foi :

“J’étais engagé à Caritas, et maintenant à Alsace Nature et à la Tente des Glaneurs. C’est en lien avec ma foi, qui n’est pas uniquement intérieure. Il ne s’agit pas non plus de s’afficher en mode “Je suis catholique”. C’est juste qu’être catholique, c’est être ouvert.”

C’est aussi ce qui a l’air de porter Mathilde, également étudiante à l’INSA, en 3e année d’architecture. Elle est venue ce soir, comme souvent, pour être au cœur de ce qui est pour elle la foi chrétienne, le vivre-ensemble :

“J’aime bien venir ici car ce n’est pas dogmatique. Avant, à Paris, j’étais dans une paroisse un peu plus traditionnelle. Mais ce qui est dommage avec le dogme, c’est qu’on perd l’essentiel, la base, qui est d’être ensemble et de partager.”

Les trois jeunes ne tariront plus sur ce qui les anime, en parlant des messages de la Bible comme l’aide de son prochain ou le pardon, mais aussi en parlant d’être ensemble, et en balayant un peu les grands principes de l’Église catholique, qui ne semblent vraiment pas être le plus important pour eux.

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Mathilde, Jenastan, Alexandre et les autres préfèrent les messes au Centre Bernanos, où l&rsquo;ambiance est moins traditionnelle (Photo Aumônerie Universitaire Catholique)

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Mathilde, Jenastan, Alexandre et les autres préfèrent les messes au Centre Bernanos, où l’ambiance est moins traditionnelle (Photo Aumônerie Universitaire Catholique)

Les dogmes, pas essentiels

Si le Pape François est vu comme plus progressiste que ses prédécesseurs, il a tout de même rappelé les positions traditionnelles de l’Eglise à plusieurs reprises, sur l’avortement, sur l’homosexualité, sur le mariage des prêtres ou l’ordination des femmes. Le phénomène de la Manif’ pour tous a aussi ravivé cette image des Catholiques très conservateurs.

Pour Jenastan, c’est surtout l’eucharistie (la fin de la messe, quand les fidèles se voient donner le “corps et le sang du Christ”, à travers l’hostie et le vin) qui reste la tradition essentielle quand il se rend à l’Église :

“La messe et l’eucharistie, c’est quand même vital, c’est littéralement quelque chose qui te nourrit. À mon arrivée à Strasbourg j’allais aux messes classiques où il n’y avait que des personnes âgées, ce n’était pas très fun. Mais du coup dans ce cas-là, comme ce n’est pas l’ambiance qui prime, tu te raccroches vraiment à la foi intérieure, à ce partage avec Dieu”.

Pour Alexandre aussi, on peut en rester à ces symboles élémentaires :

“Finalement le dogme de base, le plus important et symbolique, c’est le repas. Cela veut dire que nous, les Chrétiens, nous sommes en communion. Si on extrapole, il y a aussi un lien avec ceux qui ne sont pas croyants, le fait de vivre de manière générale en communion les uns avec les autres”.

Changer l’image de l’Eglise…

Comme Mathilde et Jenastan, il trouve que l’Église correspond de moins en moins à son image de rigidité, mais qu’elle peut encore faire mieux :

“Il faudrait continuer à s’ouvrir davantage. Moi par exemple je serais pour que les prêtres puissent se marier”.

Jenastan veut montrer que sa communauté s’ouvre sur les questions morales :

“On a souvent vu l’Église comme quelque chose de rigide, mais aujourd’hui il y a une position plus tolérante, plus ouverte, qui n’est plus dans la sanction, par exemple sur l’homosexualité. Dans la Bible, il n’y a aucun passage là-dessus, ce qui prouve bien qu’on s’en fout complètement.”

Il dit aborder tous les sujets de société avec la même attitude :

“La foi nous invite surtout à considérer les individus qui vivent derrière ces grands enjeux de société en les accueillant sans jugement.”

Il regrette que parfois les Chrétiens soient associés à une image radicale :

“La religion chrétienne c’est une religion ouverte. La Manif’ pour tous m’énerve, elle a un côté radical. Il y a du jugement sur les homosexuels notamment. Ma vision, c’est que ce n’est pas à nous de juger, mais c’est à nous de vivre dans la tolérance. Dire “Il est chrétien et donc va à la Manif pour tous”, c’est un raccourci énorme.”

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Se rendre au Centre pour des moments conviviaux fait partie des différentes manières pour Jenastan et ses camarades de vivre leur foi au jour le jour (Photo Centre Bernanos)

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Se rendre au Centre pour des moments conviviaux fait partie des différentes manières pour Jenastan et ses camarades de vivre leur foi au jour le jour (Photo Centre Bernanos)

… mais pas trop non plus

En même temps, ils portent un discours que certains apprécieront : sur le sujet de l’homosexualité, ils parlent à plusieurs reprises de “miséricorde” et insistent : les gens font ce qu’ils veulent… dans leur vie privée. Avec Mathilde, Jenastan regrette que les esprits se soient tant échauffés des deux côtés, lors du débat autour de la loi sur le mariage pour tous :

“En fait cela m’a étonné que le gouvernement fasse passer la loi du mariage pour tous, alors que je n’avais pas l’impression qu’il y avait un militantisme important de pro-mariage pour tous. Je ne sais pas si c’était vraiment utile. Cette loi a changé quelque chose : cela veut dire qu’on a accepté publiquement les homosexuels”.

Mathilde abonde en son sens :

“En fait chacun fait ce qu’il veut, on s’en fout, mais certains homos à ce moment-là ont beaucoup été dans la revendication, je pense que ça n’a pas aidé.”

“La laïcité c’est respecter chacun”

Malgré tout, Mathilde considère qu’on politise trop les débats :

“Une religion, c’est d’abord des valeurs, et c’est ça qui doit être mis en avant. La foi, pour moi, c’est un truc en plus.”

C’est que Mathilde et ses comparses sont critiques sur la manière dont est par exemple traité le thème de la laïcité. Alexandre plaide pour plus d’ouverture vers l’extérieur de la communauté :

“Les politiciens instrumentalisent la laïcité. Alors que la laïcité, ce n’est pas les uns contre les autres. C’est juste avoir la liberté de croire et de ne pas croire. Respecter chacun”.

En fait, la loi de 1905 stipule que “la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte”, mais dit aussi qu’elle “assure la liberté de conscience” et “garantit le libre exercice des cultes”.

Jenastan voudrait une laïcité plus positive, qui n’oublie pas que la loi de 1905 garantit la pratique des religions, et qu’elle n’est pas qu’un mot brandi pour les effacer :

“La vraie laïcité c’est quand dans la vie publique tu ne différencies pas selon les religions. Dans la vie privée tu fais ce que tu veux. Tant que ça n’entache pas ta vie publique. Et la vraie laïcité, c’est aussi un dialogue entre les religions”.

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Après le repas, les jeunes aident le directeur du centre à ranger les lieux, qui se veulent simples et sans fioritures (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc)

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Après le repas, les jeunes aident le directeur du centre à ranger les lieux, qui se veulent simples et sans fioritures (Photo DL/Rue 89 Strasbourg/cc)

Une pratique plus rare mais plus “vraie”?

Dans une période où la part de catholiques est en forte baisse en France (elle a chuté de 17 points entre 1978 et 2010), ils n’ont pas l’impression d’être les derniers des Mohicans dans une population d’athées. Au contraire, ils portent un regard philosophe sur l’évolution de la pratique chrétienne.

Alexandre en blague et glisse en clin d’œil :

“Il y a peut-être de moins en moins de chrétiens mais de meilleure qualité !”

Jenastan, l’air toujours impliqué, rebondit sur l’idée soulevée par son aîné. Il pense que l’évolution de la pratique n’est pas une mauvaise chose et qu’elle ne veut pas dire que la foi chrétienne est déclinante :

“C’est la foi qui change en fait. Et le fait que la société soit moins chrétienne nous pousse peut-être à nous définir plus par ça. Avant tout le monde allait à la messe par tradition, il y avait un côté rituel, formel. Alors qu’aujourd’hui, il y a plus de chances que quand tu te dis croyant, tu le sois vraiment.”

Et cela ne l’empêche pas d’être un étudiant “normal”, car pour lui tout se concilie :

“Pour moi, la foi me permet de porter une regard nouveau sur l’ensemble de ma vie. Ce n’est pas une activité particulière que l’on laisse de côté lorsqu’on passe à autre chose. Mes études, mes relations avec les gens, mes projets ou encore mes engagements passent par le prisme de la foi. Bien sûr, cela ne m’empêche pas de vivre une vie étudiante épanouie et sociale, au contraire !”

Mathilde pense que la situation est moins alarmante qu’il n’y paraît :

“La foi se définit moins par le fait d’aller à la messe. Il s’agit beaucoup de l’investissement dans la communauté. Et en fait, quand on va aux Journées Mondiales de la Jeunesse, le rassemblement annuel de jeunes, on voit qu’il y a encore beaucoup de jeunes croyants !”

Alexandre, qui a l’engagement polyvalent, salue aussi ces autres formes d’expression de la foi, et rappelle qu’il faut que ce soit une question d’envie, un vrai engagement :

“Moi je vais à la messe quand je peux, quand j’ai le temps. Quand je me donne vraiment pour le Christ. Mais à côté de la messe je fais d’autres choses, je vais aux prières Taizé, les petites séances qui reprennent les chants de la communauté, et je vis ma foi au jour le jour, dans la vie quotidienne, par les petits gestes qui correspondent aux idées de partage, d’aide de son prochain, de pardon…”

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Kyrie eleison

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Sénégal : la Direction de l’enseignement catholique de Thiès fête ses retraités

Les récipiendaires
Les personnes appelées à faire valoir leurs droits à la retraite

Ce dimanche 2 juillet 2023 a été choisi par la Direction de l’Enseignement catholique de la région de Thiès pour organiser une fête à l’honneur des retraités du Diocèse. La cour de l’école primaire Daniel Brottier a abrité cet évènement relevé en couleurs certes, mais aussi en émotions et enseignements.

C’est en présence de l’Évêque de Thiès, Monseigneur André Guèye, du Directeur de l’Enseignement catholique, Abbé Pierre Aye Ndione, des retraités ainsi que leurs proches, du président de l’UDAPEC (Union des associations des parents d’élèves du privé catholique), du représentant l’Inspection d’Académie, Arfang Seck, que les retraités, au nombre de sept, ont été célébrés. Pour services rendus à l’enseignement privé catholique, ils ont eu droit à une journée festive ponctuée de beaucoup d’émotions.

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Thérèse Ndione, Joseph Diouf, Têkovi Folly-Kpé Ekoué-Bla, Guy Tène, Hortense Tine, Julien Casimir Manta et Joseph Marie Ndione. Tels sont les noms de ces récipiendaires célébrés, ce jour. Un personnel composé d’enseignants, de techniciens de surface, de chauffeurs et autres surveillants, dont l’engagement au sein de l’école privée catholique n’a souffert d’aucun doute, selon les différents témoignages.

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Un chapelet de doléances

Le Comité d'organisation
Le Comité d’organisation
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Et c’est avec les honneurs qu’ils ont été accompagnés vers leur nouvelle destination exempte de contraintes contractuelles. L’opportunité a été saisie par les différentes franges de l’enseignement, enseignants, personnels administratifs et de surface, pour soumettre leurs doléances à l’Évêque, mais aussi au dépositaire de l’État. De meilleures conditions de travail, une revue à la hausse des émoluments et une meilleure prise en charge sociale ont été les requêtes phares des différents intervenants.

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« Nos cœurs sont pleins de reconnaissances à votre égard, pour les loyaux services rendus à l’Église, à l’école et aux familles. Soyez fiers de ce que vous avez faits en étant parmi nous », a confié le Directeur de l’enseignement catholique. Prenant la parole, Monseigneur André Guèye, a commenté la décision de l’État d’alléger les charges scolaires en décrétant une baisse des tarifs dans le privé. « C’est pour asphyxier notre école… Et nous ne sommes pas prêts à nous laisser faire », a mis en garde l’Évêque.

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Table d'honneur
Table d’honneur
Le public
Le public
Abbé Pierre Aye, Monseigneur André Guèye et Arfang Seck
Abbé Pierre Aye Ndione, Monseigneur André Guèye et Arfang Seck
Le comité d'organisation
Le comité d’organisation
Les invités
Les invités
Les parents d'élèves
Les parents d’élèves

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À Haïti, l’appel de détresse de l’Église catholique

« On dit souvent que les Haïtiens sont des combattants. Cette fois-ci, le désespoir se lit sur leurs visages. » Le père StevensonMontinard, de la Société des prêtres de Saint-Jacques, basé dans le département de Nippes, était au niveau de l’épicentre du séisme lorsque ce dernier a frappé le sud-ouest de Haïti, samedi 14 août au matin. À Haïti, l’Église catholique, présente dans toutes les communes du pays, a été très sévèrement touchée par la catastrophe. Face à l’ampleur des dégâts humains et matériels, elle appelle à la solidarité.

« À Cayes, l’évêché s’est effondré »

72 heures après le séisme de magnitude 7,2 qui a frappé Haïti, les informations tombent au compte-gouttes. Si quatre départements sur dix ont été frappés, Port-au-Prince et d’autres centres urbains à forte densité de population ont été épargnés. Cependant, pour les habitants sur place, l’impression est que « les dommages causés par le tremblement de terre sont énormes », témoigne le père Montlinard.

→ À LIRE. Séisme en Haïti : comment aider le pays ?

Ainsi, la toiture de la cathédrale Saint-Louis de Jérémie, à l’ouest, est partiellement détruite. Les églises et presbytères de Saint-Louis-du-Sud et de Cavaillon, ainsi que le séminaire de Mazenod, dirigé par la communauté des missionnaires montfortains, au sud-ouest, sont gravement endommagés. L’église catholique et l’école des Baradères, dans la même région, sont également détruites.

À Haïti, l’appel de détresse de l’Église catholique

« Quant à l’évêché des Cayes, au sud et à l’épicentre du séisme, il s’est aussi effondré. Mais nous n’avons encore aucune information sur l’état de la cathédrale », livre Mgr Gontran Decoste, jésuite et évêque de Jérémie, au sud-ouest. Le diocèse déplore par ailleurs la perte du père Jacques Percy, présent dans les locaux de l’évêché au moment de la tragédie et décédé sous les décombres. Le diocèse de Cayes a également appris la mort du père Émile Beldor, présent dans une paroisse à proximité pendant la secousse.

Évaluer l’ampleur des dégâts

Assailli de messages, en dépit d’une connexion Internet instable, l’évêque tente ces jours-ci d’évaluer l’ampleur des dégâts dans les 54 paroisses du pays.« Un peu partout, les curés des paroisses nous ont signalé les dégâts, mais nous manquons encore de données précises », témoigne, aux côtés de l’évêque, le père Coicou Pierre Rachelin, assistant du supérieur jésuite du territoire de Haïti. Lui et Mgr Gontran Decoste espèrent d’ici à quelques jours pouvoir communiquer aux ONG et associations une évaluation exhaustive de l’ampleur des dégâts subis. « Nous comptons beaucoup sur la solidarité de nos partenaires et des Églises sœurs, pour venir nous aider dans l’œuvre titanesque de la reconstruction », ajoute Mgr Gontran Decoste.

Accompagner spirituellement les Haïtiens

Pour l’Église catholique de Haïti, il s’agit aujourd’hui de continuer à porter un message d’espoir et de confiance aux Haïtiens, dont le souvenir du tremblement de terre de 2010 et de ses 200 000 morts reste particulièrement douloureux.

« Depuis le département de Nippes, où je suis, je ressens comme un profond découragement chez les habitants. Pour la première fois, j’observe cette forme de dépression », déplore le père Montinard. Il réaffirme cependant son « engagement sans faille » auprès de l’organisation « Renaissance Baradères », une ONG locale investie depuis samedi aux côtés des habitants. « Il y a beaucoup de dégâts et de souffrances. Mais nous gardons notre foi et notre espérance en Dieu. Nous savons que le Seigneur nous enverra des bienfaiteurs », affirme avec force, de son côté, Mgr Gontran Decoste.

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