Ouagadougou/Religion : la Communauté Catholique Millionnaire lancée

La paroisse Saint Marc de Nagrin à Ouagadougou a lancé, le dimanche 21 avril 2024, un projet d’entrepreneuriat dénommé Communauté catholique millionnaire (CCM). Cette initiative vise à offrir aux fidèles l’autonomie économique à travers des formations pratiques dans divers domaines professionnels.

Par André-Martin Bado

La Communauté catholique millionnaire (CCM) a officiellement vu le jour le dimanche 21 mars 2024 à Ouagadougou, grâce à l’initiative entrepreneuriale de l’Abbé Valéry Sakougri, curé de la paroisse Saint Marc de Nagrin.

Il a expliqué que cette initiative découle d’une enquête sociologique menée en interne. Les résultats ont montré que 41% des paroissiens sont des commerçants, mais il y a aussi beaucoup de jeunes et de femmes au chômage cherchant des opportunités économiques.

Ces constats ont conduit à la création d’un programme visant à les accompagner vers ces opportunités. Selon lui, l’objectif principal est de changer les mentalités et de promouvoir une économie solide au sein de la communauté catholique.

Il a insisté sur la nécessité de se défaire de la mentalité de dépendance et de se concentrer sur le potentiel intérieur pour réussir économiquement.

Étienne Zida, président du CCM, a expliqué que son organisation va contribuer au développement spirituel et socio-économique de ses membres.

Pour ce faire, il a annoncé que des formations, un accompagnement et des opportunités de réseautage seront offerts aux membres. A cet effet, le CCM organise des formations sur des sujets tels que le digital, la gestion financière, la production de pommade, de Koko donda, de pâtisserie, d’élevage, d’agriculture, dans le but de bénéficier à la jeunesse.

Concernant l’adhésion, M. Zida précise que : «L’adhésion est ouverte à tous, elle n’est pas réservée uniquement aux chrétiens catholiques.»

Il indique également que pour devenir membre et profiter des avantages de la communauté tels que la formation, l’accompagnement et le réseautage, «l’inscription se fait moyennant un paiement de 10 000 FCFA.»

Les adhérents saluent l’ initiative

Séraphin Bonego, membre adhérent, explique qu’il s’est engagé afin de bénéficier des avantages offerts par la communauté.

Séraphin Bonego, membre adhérent du CCM
Séraphin Bonego, membre adhérent du CCM

Il mentionne que ses principaux centres d’intérêt sont l’élevage et l’agriculture, des domaines qui lui tiennent à cœur : «Je pense que, lors de ma retraite, je pourrais m’investir pleinement dans ces activités pour le bien-être de ma famille et le mien.»

Isabelle Zoungrana,  membre du CCM, a exprimé sa gratitude envers le curé de la paroisse : «Depuis que j’ai compris la nature du CCM, ma façon de penser a évolué. Je me sens désormais plus confiante dans mes capacités à créer ma propre entreprise et à prendre soin de ma famille», a-t-elle affirmé

Isabelle Zoungrana , membre adhérent CCM
Isabelle Zoungrana , membre adhérent CCM

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À Cormeilles, Marie-Christine Clin est bénévole depuis 31 ans au Secours catholique

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Le 8 mars 2024, journée des droits des femmes, le Département de l’Eure en avait invité 38 à témoigner, dont Marie-Christine Clin, 66 ans, engagée depuis trente ans au Secours catholique de Cormeilles.

L’association distribue des colis alimentaires, tient une braderie solidaire et gère un logement d’urgence à Cormeilles. Dans son discours, sa responsable soulignait :

Depuis deux ans, je vois beaucoup de femmes passer dans ce local ; à la rue, expulsées ou battues. On les fait suivre par les services sociaux, on les aide pour l’alimentation, les dossiers, les démarches pour les logements et foyers. Il y a aussi des jeunes de 20 ans mis à la rue par leurs parents.

Marie-Christine Clin

Par le passé, « beaucoup d’hommes, des cheminots, des pèlerins, des voyageurs à vélo… » y avaient recours.

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Elle s’est inscrite « pour se faire connaître »

En 1993, Marie-Christine Clin a déménagé de l’Orne avec son mari, muté. « Quand je suis arrivée sur Cormeilles, je me suis inscrite au Secours catholique pour me faire connaître et m’intégrer », raconte-t-elle. « J’ai commencé du temps de Jacques Chatel, un commerçant cormeillais qui a créé le Secours catholique avec Madame Thiron, la femme de l’ancien maire. »

Trente ans après, la bénévole est toujours là. « Je suis restée parce qu’il y a une bonne équipe et que c’est bien d’aider les gens », affirme l’ex-femme de ménage et nounou, aujourd’hui retraitée.

Des bénéficiaires ont été marquants. « Récemment, une femme enceinte de six mois a été trouvée, elle dormait dans le sas d’une banque à Beuzeville, raconte François Besson-Léaud, ancien responsable aujourd’hui trésorier. Quand on recueille quelqu’un qui couche dehors, cela fait mal aux tripes. » Hébergée en urgence, elle a ensuite trouvé un lieu d’accueil à Évreux.

Une collecte alimentaire les 26 et 27 avril

Le Secours catholique vient en aide à des personnes en difficulté, adressées par des assistantes sociales, dans l’ancien canton de Cormeilles. « Il y a beaucoup de familles avec enfants, de femmes seules et de personnes âgées seules », note la responsable.

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L’association occupe des locaux mis à disposition par la municipalité. Marie-Christine Clin remercie les cinq bénévoles permanents et ceux qui participent aux ventes de bougies et aux collectes.

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D’ailleurs, une grande collecte alimentaire aura lieu vendredi 26 et samedi 27 avril 2024 à Carrefour et à Rapid’Market à Cormeilles. « Notre chance, c’est que les gens sont généreux, donnent de bons produits. Les Parisiens, soit ils nous critiquent, soit ils nous donnent un chariot plein ! » sourit le trésorier.

Le Secours catholique est toujours à la recherche de bénévoles. Car il y aura une relève à prendre. « L’année prochaine, je prendrai ma retraite, annonce Marie-Christine Clin. J’aurai fait ma bonne action sur Terre. »

Rue de Verdun à Cormeilles, derrière l’Atelier d’Isabelle. Braderie le jeudi de 14 h à 17 h. Prochaines grandes ventes les vendredis 3 mai et 7 juin de 9 h à 17 h.

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« Orléans est un rempart mémoriel à toutes les tentatives de récupération de Jeanne d’Arc »

La bataille pour récupérer l’image de Jeanne d’Arc n’a jamais cessé. Mais à Orléans, les Fêtes johanniques résistent aux ambitions de ceux, dans la droite radicale, qui veulent privatiser le mythe johannique, explique l’historien Yann Rigolet.

La libératrice, la républicaine, la résistante, la royaliste, la fille du peuple, la catholique…

Autour de la Pucelle d’Orléans, les tentatives d’appropriation ne manquent pas. À Orléans, qui fête avec constance Jeanne d’Arc depuis six siècles, les Fêtes ne sont pas hors de la politique, on l’a vu la semaine dernière avec l’éviction d’un page pour ses liens avec l’Action française. Yann Rigolet, universitaire orléanais qui travaille notamment sur une étude comparative entre les images de Jeanne d’Arc et de Marianne, nous aide à mieux comprendre.

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Au Vatican, les influents apôtres de la paix

Le drapeau jaune et blanc frappé du sceau du Saint-Siège, avec ses clefs du royaume des cieux données par Jésus-Christ à saint Pierre, flotte sur la carlingue bleue. L’avion de la compagnie nationale italienne ITA Airways utilisée par le pape pour ses déplacements internationaux vient, en cette matinée d’avril 2023 particulièrement ensoleillée, de se poser sur l’aéroport de Budapest. Sur la piste, une délégation officielle attend que François descende à terre par une nacelle spéciale prévue à cet effet. Le souverain pontife, qui souffre de douleurs au genou, ne se déplace quasiment plus qu’en chaise roulante. Dans quelques minutes, le chef de l’Eglise catholique aura droit aux honneurs militaires sur la place attenante au palais Sandor, résidence officielle de la présidence hongroise. Après avoir salué la cheffe de l’Etat de l’époque, Katalin Novak, assise à ses côtés durant la cérémonie, il ira s’entretenir vingt longues minutes avec le premier ministre, Viktor Orban.

Le pape a beau être le guide spirituel de plus de 1,3 milliard de catholiques à travers le monde ­­− 2,9 millions en Hongrie –, il n’est pas venu parler religion. Il y aura bien une messe, sur l’imposante place Kossuth, à la fin du déplacement. Il en faut bien une. Mais le voyage a un autre objectif : François est là pour parler de la guerre et de la paix. Il est venu partager avec Viktor Orban, leader aux tendances autoritaires proche de Moscou, sa vision du conflit en Ukraine.

Les deux hommes, en désaccord depuis longtemps notamment sur la question des migrants – défendus par François et dont Orban ne veut pas sur son territoire – ont un point commun : ils tiennent, pour des raisons différentes et en opposition avec la plupart des pays occidentaux, le même discours sur la nécessité d’un cessez-le-feu immédiat et de l’ouverture de négociations entre la Russie et l’Ukraine.

« Le Vatican, combien de divisions ? »

Microscopique Etat de 44 hectares niché au cœur de Rome, le Vatican et son souverain élu, le pape François, ne se contentent pas d’administrer la vie religieuse des catholiques, ils entendent aussi participer aux affaires du monde. Pour ce faire, le souverain pontife mise sur le savoir-faire d’une armée de diplomates en col romain, qui s’agitent en coulisses. S’adressant à Winston Churchill qui lui demandait d’écouter des sollicitations du Saint-Siège à la fin de la seconde guerre mondiale, Joseph Staline avait fait cette réponse devenue célèbre : « Le Vatican, combien de divisions ? »

Après avoir perdu ses territoires en Italie centrale à la faveur de l’unification du pays dans la seconde moitié du XIXsiècle, le Saint-Siège, dépourvu d’armée, de puissance économique et de population n’a conservé qu’un seul des attributs étatiques : la diplomatie, mise au service de la médiation entre les puissances. « Même après la chute du pouvoir temporel des papes comme souverains de Rome et des Etats pontificaux, le Saint-Siège a réussi à ­rester un interlocuteur des Etats qui ont fait appel à lui pour son rôle d’arbitre », explique Roberto Regoli, professeur à l’Université pontificale grégorienne, à Rome.

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Secours catholique : prendre soin des jeunes, de plus en plus précaires

Une santé mentale aussi fragilisée

Tout à fait ! Et même si nous savons que notre gouvernement a fait de la santé mentale des jeunes une priorité, nous savons aussi que la couverture de soins en termes de santé mentale est déjà insuffisante pour la population française. Lorsque l’on a vingt ans, notre équilibre repose beaucoup sur la relation avec les autres. C’est vrai durant toute la vie, mais c’est encore plus fondateur lorsque l’on est jeune. La pandémie et les confinements ont laissé beaucoup de jeunes dans un isolement total. 

Et la précarité accentue cet isolement, il faut se battre pour que les jeunes en souffrent moins ! Grâce à l’épicerie solidaire d’Orléans, Manel, une étudiante en informatique, a pu économiser pour se payer un billet d’avion et retourner voir sa famille en Algérie. 

Sans cette aide, cela n’aurait pas été possible. Aider les jeunes à sortir de la précarité, c’est les aider à prendre soin des liens avec leur famille, leurs amis, leur avenir ! C’est les aider à se construire une communauté bienveillante, qui prend soin les uns des autres. 

A Lille, nos équipes sont allées à la rencontre des étudiants durant quelques jours sur le campus de Villeneuve d’Ascq grâce au Fraternibus. Il est important d’aller vers les jeunes, de leur montrer qu’on les écoute et que l’on est là pour eux et avec eux !  Car c’est ensemble que nous construirons un avenir meilleur, où chacun trouvera sa place.

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François Mitterrand : les derniers secrets d’un président racontés par Anne Lauvergeon

Brindille sexagénaire, tonus survolté et bague en turquoise, Anne Lauvergeon, ancienne patronne d’Areva, alors numéro un mondial du nucléaire civil, pose son carnet de notes, le décale un peu. Là étaient les parapheurs, là l’oursin fossilisé, ses mains dépassant d’un chemisier volanté recomposent la topographie du bureau de François Mitterrand. Elle corrige, redresse. Voilà, nous y sommes. La feuille était exactement posée à cette distance, et le président de la République, pendant des mois, a travaillé, téléphoné, réfléchi, le regard aimanté par ce morceau de papier, encre bleu outremer, sur laquelle il avait écrit ces phrases prononcées, visage glacé, le 4 mai 1993 à Nevers, lors de l’enterrement de Pierre Bérégovoy, son ancien Premier ministre suicidé trois jours auparavant : « Toutes les explications du monde ne justifieront pas qu’on ait pu livrer aux chiens l’honneur d’un homme. »

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Une année après ce drame de son second septennat, un jour de juin 1994, il a pris cette feuille. « Si je te la donne, tu la prendrais ? » « Je l’ai cachée comme un écureuil », s’étonne-t-elle, si bien qu’elle ne la retrouve plus. Quelque part dans son appartement parisien, dans un livre peut-être, un de ceux, nombreux, que le président lui a offerts, la feuille dort. « Enfouissement », suggère-t-elle, vocabulaire nucléaire. Elle écarquille les yeux sous sa frange quand on s’aventure à suggérer une lecture psy de cette cachette introuvable. Pourquoi lui donner à elle, à l’époque jeune mariée sans enfant, ces mots violents signifiant que la politique tue et la presse déchiquette ? Epaules haussées. Pourquoi elle ?

Aîné admiré, aimé

Toujours cet été 1994, quelques instants avant un dîner avec Bill Clinton, promenade dans les jardins, François Mitterrand lui demande de choisir sa cravate. Premier étage, celui de ses appartements, « j’aimerais que tu me fasses une promesse, celle d’écrire un jour sur ces années, nos échanges, nos conversations ». Cravate rouge, promesse donnée. En 2015, elle s’y met, contrat signé. Elle patine, hésite – passé composé ou imparfait ? Neuf ans plus tard, le déclic, présent de narration. Voici La Promesse (Grasset), le récit de cinq années de complicité qu’elle voudrait surtout portrait d’un président « geyser de vie », « amoureux de sa propre liberté », aîné admiré, aimé, qui lui manque.

Il la tutoie, la vouvoie, la nomme tour à tour « jeune mademoiselle », « madame le sherpa », « mademoiselle la scientifique », la console d’un chagrin amoureux, l’éprouve. La liste des empereurs d’Allemagne, celle des rois de France, des antipapes d’Avignon et puis sait-elle reconnaître les arbres ? « Je n’étais pas nulle et pas excellente, c’était parfait. » Elle dit gentiment aujourd’hui qu’elle aurait pu elle aussi – X-Mines, normalienne, agrégée de physique – lui en conter. Il la voulait nivernaise, comme lui. Dans un ascenseur à l’hôtel King David de Jérusalem, saurait-elle lui décrire la route pour se rendre de Cuzy à Donzy ? Plus tard, tout à trac, autre sommet international, quand soudain : « Avez-vous eu un grenier enfant ? »

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1990, à 31 ans la voici nommée chargée de mission pour l’économie internationale et le commerce extérieur. Elle rédige des notes, qui reviennent paraphées d’un « FM » approbateur. Il apprécie, le fait savoir. Les couloirs bruissent, jalousent. Elle s’en fiche, bête à concours et forte tête. Neuf mois passent, il l’informe qu’elle sera désormais tout à la fois son sherpa et la secrétaire générale adjointe. « J’ai remplacé deux hommes », sourit-elle. Il la veut à ses côtés, la somme de prendre le bureau contigu au sien – fini la planque du deuxième étage. Pendant cinq ans, ils travaillent séparés par une porte à double battants, collés. Elle voit chaque visiteur entrer, repartir. Quittant le président, c’est à elle qu’ils racontent l’entretien sommital. Elle sait tout, ne dit rien. Elle rit au souvenir de la visite de Valéry Giscard d’Estaing qui repart en se faufilant dans les salons du rez-de-chaussée, où il rencontre l’équipe de France de tennis qu’il salue avec grandeur, donnant à croire qu’il serait encore le roi de ce palais.

Souvent, c’est François Mitterrand qui s’assoit en face d’elle, la questionne ou se tait. Ils apprendront à partager les silences. Il la questionne sur ses liens avec son père, comment son amour filial s’est façonné, une curiosité telle qu’il décline un déjeuner à la mairie d’Orléans au motif qu’il voudrait s’attabler chez ses parents à elle. Il l’emmène réveiller son épouse Danièle, lui assis sur la courtepointe, sa femme en pyjama sous la couverture, il l’assoit au centre des déjeuners avec sa fratrie, clan catholique bourgeois de droite, l’invite aux dîners rue de Bièvre le dimanche soir, famille officielle, elle encore dans la bergerie à Latché, elle autour de la table ronde dans les appartements de l’Elysée, elle grimpant dans la voiture officielle pour aller déguster une omelette au Mont-Saint-Michel, elle observant l’écrivaine Régine Desforges broder à bord de l’avion présidentiel, elle toujours marchant à ses côtés, impavide, dans le jardin des Tuileries, alors que court pour quelques heures encore l’ultimatum lancé à Saddam Hussein afin qu’il retire ses troupes du Koweït.

Dans ces mémoires laudatives, quelques saillies

Récit d’un pouvoir politique révolu, antédiluvien, époque où la conduite de l’Etat et celle de quelques affaires du monde pouvaient encore se concevoir en maîtrisant, asservissant et suspendant le temps. Juillet 1991, le chef de l’État arrive en retard à un dîner du G7 à Londres, il a choisi de traverser, avec elle, Green Park à pied, les arbres y sont si beaux. « Mis à part la vie, le temps est sa matière favorite », écrit-elle. Il ne possède pas de montre, sur son bureau il a posé celle que l’explorateur Jean-Louis Etienne portait au pôle Nord, elle est arrêtée. Il peut déjeuner jusqu’à 17 h 30 avec le jury du Goncourt, réciter du Lamartine, jouer au golf, flâner, aucune vague de tweets scandalisés ne lui en tiendra rigueur.

LIRE AUSSI : Dans les coulisses de L’Express, 1973-1982 : l’ombre d’un scandale, Giscard, Chirac et Mitterrand

Elle défend tout de lui, louant au moment du dégel post-soviétique son exigence « d’une définition claire des frontières et des droits des minorités », l’admirant « d’avoir amorti autant qu’il l’a pu la brutalité de la mondialisation » comme d’avoir œuvré vigoureusement au rapprochement avec l’Allemagne et à la construction de l’Europe. Elle évoque rapidement le Rwanda et le génocide des Tutsis en 1994, regrettant de n’avoir pas pensé plus tôt qu’une visite du pape aurait calmé les esprits des deux ethnies ennemies, toutes deux catholiques, et dans ces mémoires laudatives, quelques saillies. Juin 1990, île Maurice, petit-déjeuner au Royal Palm, Roland Dumas, ministre des Affaires étrangères, glisse que Michel Rocard prépare une campagne présidentielle, et « qu’un certain Cahuzac fait passer l’argent des laboratoires en Suisse ». Le ministre du Budget de François Hollande, condamné pour fraude fiscale en 2016, le dira en ces termes lors de son premier procès.

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Scène d’anthologie que celle d’Edouard Balladur, mai 1993, Premier ministre de cohabitation, cherchant différentes pièces de mobilier, dont une commode Louis XV, qu’il ne voit plus à leur place habituelle, celle qu’il connut sous Pompidou, curiosité grâce à laquelle elle comprend que celui-ci se voit déjà élu à la présidentielle de 1995. Et ces visites de François de Grossouvre, conseiller éloigné et amer, qui déboule dans son bureau lui enjoignant de fuir au plus vite, « ma petite Anne, des choses terribles se passent ici ».

Avril 1994, un ami du conseiller aux chasses présidentielles, le docteur Soubielle, avertit sa cousine, conseiller presse à la présidence, des propos suicidaires et décousus du chasseur. Le président, alerté, le reçoit, prie le médecin de l’Elysée de se présenter au plus vite, est évoquée une hospitalisation immédiate de Grossouvre. Qui au même moment, à quelques mètres de là, se suicide. Les médecins du président nourrissent d’ailleurs les pages plus incroyables de ce document, tant y est décrite la guerre qu’ils se livrent, attisée par les silences joueurs d’un François Mitterrand persuadé que la rémission spectaculaire de son premier cancer en 1981 lui a donné, au prix de la douleur, les pleins pouvoirs sur le mal. La veille de sa mort, le président a prié Anne Lauvergeon de venir à son chevet. Elle répond passer le lendemain. Trop tard. « Il me manque », la dernière phrase de l’hommage qu’elle lui a promis.

« La Promesse », d’Anne Lauvergeon, Editions Grasset, 384 p., 23 euros.

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En un an, 487 SDF évacués de Paris à Toulouse : un lien avec les Jeux Olympiques

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Dans le flot de sans-abri à Toulouse, leur arrivée pourrait passer inaperçue. Des 1 100 SDF vivant à la rue, dans la Ville rose, « on a tous les profils, toutes les origines », expliquait Andrew Nguyen, bénévole au Secours Catholique de Toulouse, lors d’un reportage d’Actu Toulouse sur les sans-abri.

Mais plus récemment, il semblerait que ceux qui arrivent de Paris soient davantage présents. « Effectivement, nous avons des sans-abri qui arrivent de la Capitale », confirme le bénévole qui organise des maraudes deux fois par semaine. 

50 sans abris logés par l’État à Toulouse

Mais ceux-là bénéficient d’un autre « traitement de faveur ». Ils sont pris en charge par l’État, accueillis dans un centre temporaire d’hébergement de la région Occitanie, situé à Toulouse, ouvert depuis avril 2023 et supervisé par l’association Soliha. Au total, 50 places sont offertes aux sans-abri.

« Répondant à une demande conjointe du ministre de l’Intérieur et du ministre du Logement, ce centre a pour vocation d’accueillir temporairement et d’accompagner les personnes sans-abri de la région parisienne », explique à Actu Toulouse la préfecture de Haute-Garonne et d’Occitanie.

Ils peuvent y rester jusqu’à 21 jours maximum.

Un « nettoyage social » soupçonné

Mince compensation pour avoir été évacués de Paris en vue des Jeux olympiques de Paris ? C’est, en tout cas, ce que laissait entendre le maire d’Orléans suite à l’arrivée d’une centaine de sans-abri dans sa ville, fin mars 2024, déclenchant une polémique jusqu’à l’Assemblée nationale. Sans pour autant avoir la certitude que ce soit lié aux J.O., a-t-il confirmé à Actu Orléans.

Une réaction qui intervient au même moment où, dans les rues de Paris, on s’interroge d’un « nettoyage social » et d’une « chasse aux SDF » pointés du doigt par nos confrères du Parisien.

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« Aucun lien » dit le ministre du Logement

Le soupçon a, depuis, été démenti par le ministre chargé du Logement, Guillaume Kasbarian. Il a assuré, lors d’une audition à l’Assemblée nationale datant du 3 avril dernier, que la « politique de desserrement de l’Île-de-France au vu du manque de logements était sans aucun lien avec l’un des plus grands événements sportifs planétaires (les Jeux olympiques, NDLR) ».

De son côté, la préfecture d’Occitanie justifie aussi auprès d’Actu Toulouse

En effet, 40% des demandeurs d’asile et des réfugiés qui ont fui leur pays arrivent en région Ile-de-France. Les dispositifs de la capitale se trouvent totalement saturés et ne leur offrent plus de solutions d’hébergement.

Préfecture d’Occitanie et Haute-Garonne

Plus de 400 SDF ont pris la direction de Toulouse

Solution donc ? Les faire transiter dans les dix sas d’hébergements temporaires de l’Hexagone qui ont fleuri l’an passé, en vue des Jeux Olympiques et de la Coupe du monde de rugby. Au total, 3 600 personnes ont été orientées dans ce cadre depuis avril 2023, dont 487 à Toulouse, détaille la préfecture à Actu Toulouse.

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« Le point de vigilance à avoir, c’est de vérifier que les personnes aient bien donné leur accord et qu’elles partent de Paris en pleine conscience. Qu’elles sachent ce qui les attend et comment elles seront prises en charge », soulève Sylvie Chamvoux, la directrice de la Fondation Abbé Pierre en Occitanie.

« Les policiers ont dit ‘Montez dans le bus’ »

Selon le témoignage d’un réfugié soudanais relayé par l’AFP, ils n’ont guère eu d’autres possibilités. « Les policiers sont arrivés à 7 heures et nous ont dit ‘Montez dans le bus’, on n’avait pas le choix », a-t-il raconté. Lui, a été transféré près de Toulouse et quelques heures après son arrivée, il aurait appris qu’il ne pouvait pas rester plus de quatre jours.

Simple aller-retour. Le Soudanais est reparti dans un squat insalubre de Paris. Un endroit situé aux portes du futur village olympique, en Seine-Saint-Denis. 

Des logements pas si temporaires ?

Pourtant, sur le papier, l’accueil se veut différent, bien qu’il reste temporaire. Chaque situation administrative est examinée. Des travailleurs sociaux, professionnels des services de la préfecture et de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, prennent en charge les SDF.

« À la suite de cet accueil temporaire, il est systématiquement proposé aux personnes accueillies, une orientation vers des lieux d’hébergement pérennes », assure d’ailleurs la préfecture d’Occitanie.

« Est-ce qu’on leur propose quelque chose derrière ? »

Ce suivi est assuré par l’association Soliha, qui n’a pas souhaité s’étaler sur les suites du sas toulousain pour les sans-abri.

Selon la Fondation Abbé Pierre d’Occitanie, ils seraient réorientés vers d’autres dispositifs dans la région, à l’exception de la Haute-Garonne puisqu’elle possède déjà le centre d’hébergement. « Mais est-ce qu’on leur propose vraiment quelque chose derrière ? »

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Orléans Trait d’union monde a fêté ses 40 ans

Nicole Catrais, présidente d’Orléans Trait d’union monde, était très émue, samedi soir, au moment de retracer les événements marquants de l’association qu’elle préside et qui fêtait ses quarante années d’existence.

Créée en 1984 par Michel de la Fournière et Jean-Louis Bernard, l’association vient en aide aux orphelins, aux centres de santé, aux centres nutritionnels et aux écoles du Rwanda.

Le financement de toutes ces actions est assuré par des parrains (personnes physiques) qui sont environ deux cent trente et qui ont un ou plusieurs filleuls au Rwanda.

Un relais assuré au Rwanda

Présent samedi soir, le père Alfred Rutagemgwa, prêtre au diocèse de Dyumba et responsable de l’enseignement catholique, a un rôle de relais au Rwanda afin d’atteindre les parents ou d’autres correspondants. Il a apporté son témoignage sur les actions concrètes réalisées à l’aide d’une vidéo.

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La surprise Shakira au festival Coachella en Californie

Nouvelle étape importante dans les enquêtes pour agressions sexuelles visant Gérard Depardieu: l’acteur, déjà mis en examen pour viol, a été entendu en garde à vue lundi toute la journée sur des faits dénoncés par au moins deux femmes. Il sera jugé en octobre.

« A l’issue de sa garde à vue au 3e district de police judiciaire, Gérard Depardieu s’est vu remettre une convocation devant le tribunal correctionnel (…) pour des agressions sexuelles susceptibles d’avoir été commises en septembre 2021 au préjudice de deux victimes, sur le tournage du film ‘Les volets verts' », a précisé le parquet.

La garde à vue s’est terminée peu avant 18h30, a déclaré à la presse l’un de ses avocats Me Christian Saint-Palais, qui sortait du poste de police..

« Quand une personne est mise en cause, fatalement, il y a bien un moment où il faut qu’elle s’explique. Et donc c’était aujourd’hui une de ces journées où il faut s’expliquer sur les accusations portées contre vous et que vous contestez », a ajouté Me Saint-Palais, déplorant les fuites dans la presse.

Sollicité, le parquet n’avait pas répondu à l’AFP pour confirmer cette information et préciser les suites judiciaires.

Gérard Depardieu, visé par des plaintes d’au moins deux femmes, a été convoqué lundi matin pour être auditionné dans les locaux du 3e district de la police judiciaire parisienne (3e DPJ), avait indiqué

« Volets verts »

Une décoratrice, qui travaillait dans l’équipe du film « Les Volets Verts » réalisé par Jean Becker, l’accuse de l’avoir agressée sexuellement en 2021.

Sollicitée, son avocate, Me Carine Durrieu-Diebolt, n’a pas souhaité commenter.

Sa cliente a déposé plainte en février 2024 pour agression sexuelle, harcèlement sexuel et outrages sexistes. Les faits remontent à septembre 2021 et se seraient déroulés dans un hôtel particulier à Paris.

D’après son récit à Mediapart, l’acteur aurait tenu de nombreux propos graveleux pendant le tournage, puis ultérieurement l’aurait « attrapée avec brutalité » et lui aurait « pétri la taille, le ventre, en remontant jusqu’à ses seins ».

Il lui a également tenu des « propos obscènes » tels que « viens toucher mon gros parasol, je vais te le fourrer dans la chatte », avait-elle affirmé au site d’informations.

Selon Mediapart, une autre femme, assistante réalisatrice sur ce même tournage, accuse l’acteur de violences sexuelles et a déposé une plainte.

Lors de ce tournage, « du matin au soir, on avait le droit à ses salaceries », avait témoigné l’actrice Anouk Grinberg, dans un entretien à l’AFP. « Quand des producteurs de film engagent Depardieu sur un film, ils savent qu’ils engagent un agresseur », avait-elle accusé.

Une autre plainte est portée par une ancienne assistante de tournage qui accuse Gérard Depardieu d’agression sexuelle en 2014.

Selon Le Courrier de l’Ouest, cette femme, âgée de 24 ans à l’époque des faits et qui souhaite également rester anonyme, a déposé une plainte le 9 janvier, dénonçant des « propos obscènes » tenus par Gérard Depardieu lors de rencontres dans son hôtel particulier à Paris.

« Ses paluches partout »

Elle l’accuse également de l’avoir agressée sexuellement et de lui avoir fait des propositions sexuelles lors du tournage dans le Maine-et-Loire du film « Le Magicien et les Siamois » de Jean-Pierre Mocky en mars 2014.

La plaignante a évoqué auprès du journal régional « ses paluches partout sur (son) corps » et les « mots indécents » de l’acteur sur le plateau.

Le géant du cinéma français est par ailleurs mis en examen depuis 2020 pour viols et agressions sexuelles sur une jeune comédienne, Charlotte Arnould.

La comédienne Hélène Darras avait elle aussi porté plainte contre lui pour agression sexuelle lors d’un tournage en 2007, mais celle-ci a été classée par le parquet de Paris pour prescription.

En Espagne, M. Depardieu, qui incarna « Cyrano de Bergerac », est également visé par une plainte de la journaliste et écrivaine Ruth Baza, qui l’accuse de l’avoir violée en 1995.

L’acteur nie

Au total, une vingtaine de femmes ont témoigné dans la presse ou devant la justice.

« Jamais au grand jamais je n’ai abusé d’une femme », avait de son côté affirmé l’acteur de 75 ans dans une lettre ouverte publiée en octobre 2023 dans Le Figaro, faisant référence aux accusations de Charlotte Arnould.

Ces investigations interviennent alors que le monde du cinéma connaît une déflagration, ébranlé par une succession d’accusations de violences sexuelles, de la part d’actrices mais aussi d’acteurs.

Après Gérard Depardieu, les cinéastes Benoît Jacquot et Jacques Doillon sont visés par une enquête pour viols sur mineur, après une plainte déposée par l’actrice Judith Godrèche.

Cette dernière est devenue l’une des figures de proue de la lutte contre les violences sexuelles dans le 7e art en France, s’inscrivant dans le sillage des actrices Adèle Haenel ou Charlotte Arnould.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Fêtes de Jeanne d’Arc : l’un des deux pages exclu pour « diffusion d’idées contraires aux valeurs de la République »

Avis de tempête sur les traditionnelles Fêtes de Jeanne d’Arc d’Orléans : l’un des deux pages est exclu des festivités, pour la diffusion d’idées peu conformes avec les valeurs de la République.

La commune d’Orléans annonce, vendredi 12 avril, qu’elle a décidé d’exclure des Fêtes de Jeanne d’Arc l’un des adolescents qui avait été choisi pour être l’un des deux pages de la Jeanne 2024 (c’est la jeune fille qui choisit les pages parmi ses amis).

Selon les termes du communiqué, « il est ainsi avéré que l’adolescent a participé à la diffusion d’idées contraires aux valeurs de la République, contraires aux valeurs de l’association, de la mairie, et contraires à l’esprit des Fêtes de Jeanne d’Arc », indique la mairie, qui se refuse à tout commentaire supplémentaire. 

« Il a commis une erreur qu’il assume »

C’est également le cas de l’association Orléans Jeanne d’Arc, présidée par Bénédicte Baranger : « Par le passé, il a commis une erreur qu’il assume. Il a reconnu sa maladresse. Je suis meurtrie, mais c’est sans appel. Je n’ai pas d’état d’âme. Il faut préserver les Fêtes et les valeurs de Jeanne d’Arc. Aucune idéologie politique ne doit être associée aux fêtes. »

Le communiqué précise qu’ « il n’est dès lors pas acceptable qu’il puisse continuer de figurer un page de Jeanne d’Arc et nous lui avons immédiatement demandé de se retirer de son rôle. Dans le souci de préserver la bonne tenue des Fêtes de Jeanne d’Arc, il a accédé à notre demande, et l’avait lui-même proposé ».

Pas de récupération politique

La mairie tout comme l’association se disent « très attentifs à ce que la figure de Jeanne d’Arc ne soit pas confisquée politiquement et qu’en aucun cas elle ne soit prétexte à véhiculer une quelconque idéologie ». Récupération qui est régulièrement celle de groupes d’extrême droite. Le frère de l’un de deux jeunes est connu pour faire partie de l’Action française, mouvement nationaliste et royaliste d’extrême droite.

La commune d’Orléans n’a pas souhaité préciser lequel des deux adolescents, Éloi Lallemand ou Côme Andres, était concerné, considérant leur âge (15 et 16 ans).

Le nom du page « remplaçant » devrait être choisi et annoncé dans le week-end.

[mise à jour lundi 15 avril, 16 h 33 : le nom du page qui participera finalement aux Fêtes de Jeanne d’Arc est Enguerrand Semon, 16 ans, indiquent l’association Orléans Jeanne d’Arc et la Ville d’Orléans, lundi 15 avril]

« Jeanne d’Arc n’appartient à personne » : l’historienne Valérie Toureille regrette la polémique autour des Fêtes johanniques d’Orléans

Une ex-Jeanne d’Arc d’Orléans est une plume de l’extrême droite en France (2015)

Un Loirétain avec une croix gammée tatouée sur le bras arrêté par la police à Orléans (2021)

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