« On ne pouvait pas laisser l’agglomération orléanaise sans garage solidaire » : Solidarauto 45 a ouvert à Saint-Jean-de-la-Ruelle

Depuis quinze ans, l’association Solidarauto implante des garages solidaires dans toute la France : d’abord à Trélazé (Maine-et-Loire, en 2010), puis à Échirolles (Isère, 2013), à Sotteville-lès-Rouen (Seine-Maritime, 2016), à Gerzat (Puy-de-Dôme, 2017) ou à Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire, 2018). Et en 2025, c’est au tour du Loiret d’en bénéficier, en partenariat avec le Secours catholique du Loiret. Le garage solidaire a donc été inauguré ce jeudi 5 juin, à Saint-Jean-de-la-Ruelle.

Un quotient inférieur à 950 euros

Financé à hauteur de presque 500.000 euros entre acteurs du privé et du public tels que le Département du Loiret, la Métropole d’Orléans et la région Centre-Val de Loire, l’établissement propose donc des services de ventes et de réparation automobile à tarif solidaire.

Afin de bénéficier des avantages de Solidarauto 45, il faut que son quotient familial à la CAF soit inférieur à 950 euros. Il sera possible alors soit d’acheter une voiture, soit de faire réparer son véhicule à un prix défiant toute concurrence. « Pour vous donner un exemple, à Tours, nous récupérons 300 voitures par an », explique Guillaume Florenson, directeur de Solidarauto 45, lors de l’inauguration ce jeudi 5 juin. « Il faudrait qu’on en ait le double ou le triple pour répondre à la demande. Plus on en aura, plus on pourra aider les gens. » 

Sept véhicules offerts

Dominique Guy, président du Secours catholique du Loiret, partenaire donc, avoue : « On ne pouvait pas laisser l’agglomération orléanaise sans garage solidaire. »

Cette Peugeot 107 est mise en vente 3.300 euros à Solidarauto 45. Photo Alban Gourgousse.

« Offrez une seconde vie à votre voiture et soutenez la mobilité solidaire », lance Solidarauto sur ses réseaux. Car oui, il est possible de faire don d’une voiture à Solidarauto 45. C’est d’ailleurs ce qu’a fait très récemment (fin mai 2025) la municipalité de Saint-Jean-de-la-Ruelle en offrant sept véhicules à l’association, dans le cadre du renouvellement de sa flotte.

Pour les membres de Solidarauto 45, il n’y a plus qu’à attendre les premiers clients ! Le côté vente du garage est opérationnel, mais le côté réparation devra attendre l’été « quand on aura embauché des mécaniciens supplémentaires », conclut Guillaume Florenson. À l’heure actuelle, chez Solidarauto, ce sont deux salariés et une dizaine de bénévoles qui sont à pied d’œuvre.

Solidarauto 45, 14 rue Bernard Palissy, Saint-Jean-de-la-Ruelle.
Contact : [email protected]

Solidarauto 45 se situe 14, rue Bernard-Palissy, à Saint-Jean-de-la-Ruelle.
Contact : [email protected]

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Le classement exclusif des facultés de santé et de médecine pour bien choisir sur Parcoursup

L’université catholique de Lille, première de notre classement des filière MMOP.

L’université catholique de Lille, première de notre classement des filière MMOP. PHILIPPE TURPIN / PHOTONONSTOP VIA AFP

Temps de lecture : 6 min.

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Data  Les études de médecine et santé sont les plus demandées par les néobacheliers sur Parcoursup. Mais la concurrence est rude et le système opaque. Et, pour cause, les taux de réussite au redoutable concours d’entrée en deuxième année, bien cachés par le ministère et les universités, diffèrent fortement d’une filière et d’un établissement à l’autre. Le Nouvel Obs » les révèle dans son classement exclusif des meilleures universités, au global et par filière LAS ou Pass.

Pour aller plus loin


De la lumière, de grâce ! Les filières d’accès aux études de santé sont d’une opacité déroutante, tout le monde le déplore – candidats, syndicats étudiants, Cour des comptes, doyens des facultés et bien évidemment gouvernement – et pourtant rien n’avance depuis des années. Pas d’harmonisation des redoutés examens de passage en deuxième année MMOP (pour médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie) au nom de la sacro-sainte « autonomie des universités » mais quasiment aucune information sur leur contenu disponible sur les sites des facs : épreuves orales ou pas, épreuves 100 % QCM ou épreuves mobilisant des capacités rédactionnelles, épreuves axées sur des disciplines fondamentales étudiées au lycée (physique, statistiques, etc.) ou plutôt sur les sciences médicales… Plus singulier encore, le taux de réussite auxdits examens – une donnée qui de toute évidence devrait être publique – reste lui aussi secret-défense. Comme si l’on vous proposait d’investir vos économies dans une affaire sans vous briefer sur ses performances attendues. La situation est kafkaïenne mais elle dure et aucun responsable politique ou universitaire ne s’en est saisi sérieusement. Grandeur, cachotteries, inertie et misère de l’enseignement supérieur en France…

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Pour savoir à quelle sauce ils seront mangés, et choisir la proposition qui leur sied le mieux parmi les réponses qui leur seront faites à partir de ce lundi 2 juin sur Parcoursup (la fac de X ou la fac de Z, la filière classique Pass ou la filière bis Las, associant une majeure disciplinaire hors santé à une mineure santé), les lycéens et leurs familles n’ont donc d’autres solutions que de se transformer en Sherlock Holmes ou… de lire « le Nouv…

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Dans une lettre inédite, Léon XIV appelle les catholiques de France à un réveil spirituel

Le pape, dans une lettre adressée ce samedi 31 mai aux évêques de France, leur demande de s’appuyer sur trois grands saints français : saint Jean Eudes, saint Jean-Marie Vianney et sainte Thérèse de l’enfant Jésus, pour redonner «un nouvel élan missionnaire» à l’Hexagone.

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L’archidiocèse d’Ottawa-Cornwall ne veut pas de désignation patrimoniale pour deux églises francophones

Le Comité du patrimoine bâti de la Ville d’Ottawa recommande de désigner les églises francophones Saint-François d’Assise et Saint-Joseph d’Orléans comme biens patrimoniaux. L’archidiocèse d’Ottawa-Cornwall, lui, estime qu’il n’y aurait « pas d’avantage » à protéger ces églises. Le conseil municipal ottavien devrait trancher la question mercredi prochain.

Bien nichée dans le quartier Hintonburg, légèrement à l’ouest du centre-ville d’Ottawa, l’église Saint-François d’Assise, avec ses deux clochers, surplombe les rues avoisinantes. À une vingtaine de kilomètres à l’est, dans le secteur d’Orléans, l’église Saint-Joseph s’impose également dans le paysage. Leurs murs en pierre et leur architecture distinctive les rendent difficiles à manquer.

En bref, « [elles] illustrent la puissance de l’Église catholique et des francophones de l’époque », résume le président de la Société d’histoire de l’Outaouais, Michel Prévost. Elles sont des « témoins » de l’histoire catholique francophone d’Ottawa, explique-t-il.

La semaine dernière, le Comité du patrimoine bâti de la Ville d’Ottawa a proposé de désigner ces deux lieux comme faisant partie du patrimoine culturel de la capitale fédérale. Seule une poignée d’églises francophones détiennent un tel titre en Ontario, et « le fait d’en ajouter deux de plus, c’est très significatif », soutient M. Prévost. « Désigner un bâtiment, c’est très symbolique. Ça démontre l’importance du bâtiment et ça contribue au sentiment de fierté et d’appartenance. »

Peu d’avantages, dit l’archidiocèse

Durant la rencontre du comité municipal ottavien, un groupe s’est toutefois dit contre la désignation patrimoniale de ces lieux de culte : leur propriétaire, l’archidiocèse d’Ottawa-Cornwall. « Est-ce que la désignation [de ces églises] aide la mission évangélique ? » s’est interrogé le directeur général de l’archidiocèse, Richard Pommainville, en entrevue avec Le Devoir. À ses yeux : non.

Plus qu’autre chose, une désignation patrimoniale des églises Saint-François d’Assise et Saint-Joseph d’Orléans mettrait des bâtons dans les roues de l’archidiocèse, juge M. Pommainville, car les travaux qui y seraient effectués seraient alors soumis à de nouvelles règles. « Ça ajoute au processus. D’autant que, souvent, ce sont des bénévoles qui s’en occupent », dit-il.

Le d.g. de l’archidiocèse d’Ottawa-Cornwall note d’ailleurs qu’en Ontario, il n’existe pas d’organisation qui pourrait l’aider dans ses démarches de conservation comme le ferait au Québec le Conseil du patrimoine religieux. Les subventions offertes par la Ville d’Ottawa sont également minimes, dit-il. « Il n’y a pas d’avantage à obtenir la désignation », estime donc M. Pommainville.

À lire aussi

« Ces églises ont été construites à une période où il y avait des milliers de fidèles », admet Michel Prévost. Aujourd’hui, maintenir ces bâtiments est un « grand défi » qui coûte cher. « Comment on fait pour entretenir et restaurer ces bâtiments-là pour l’avenir ? » se demande-t-il.

M. Pommainville dit avoir songé à lever des fonds pour la restauration de ces églises, mais affirme avoir des doutes sur la possible contribution financière des habitants des quartiers où elles se dressent. « La communauté est bien favorable à la protection, mais est-ce que les gens seraient prêts à donner de l’argent ? Je n’en suis pas certain. »

Quoi qu’il en soit, la décision sur la désignation patrimoniale des églises Saint-François d’Assise et Saint-Joseph d’Orléans sera prise le 28 mai prochain par le conseil municipal d’Ottawa.

Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.

À voir en vidéo

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Jean-Louis Schlegel : « Catholique, je suis pour la proposition de loi …

La légitimité de la parole des religions en matière politique, a fortiori sur des sujets qui engagent directement les convictions et la responsabilité de tous, donc le bien commun, n’est pas en cause. Dans la discussion publique, la démocratie peut, et même doit, apprendre des traditions religieuses, de leur sagesse et de leur éthique, plus encore dans une société où l’utilité et la technique règnent en maîtres.

Je suis néanmoins surpris que la Conférence des responsables de culte en France (CRCF) intervienne, à propos de la fin de vie, de manière aussi rugueuse dans le débat en cours à l’Assemblée nationale. Alors que les « camps » en présence revendiquent à première vue les mêmes mots (dignité, fraternité…) pour qualifier des attitudes très opposées sur la fin de vie désirable, je ne suis pas sûr que la tribune de la CRCF quant aux « dangers d’une rupture anthropologique » soit pertinente, sur la forme et le fond.

Disons-le d’emblée sans fard : il est étrange de voir repris, dès son titre, cette expression phare, qui a fait flop en 2012-2013, lors de la loi sur le mariage pour tous. L’apocalypse promise par une telle rupture n’a pas eu lieu… tout simplement parce que la rupture anthropologique s’est produite bien avant, dans les années 1960, avec la mise en vente libre de la pilule contraceptive, qui a bouleversé le régime des relations hommes-femmes et ébranlé le modèle familial reçu.

Or l’Église catholique, pour ne parler que d’elle, n’a jamais varié : elle est restée dans le déni de cette rupture, pour engager, lors de chaque loi sociétale, des combats perdus. Le « lien social » ne s’est pas écroulé. Ce qui s’est ainsi considérablement défait, en revanche, c’est l’Église catholique, sa crédibilité et la réception de son discours.

Une Église dépassée

Les cinq points mis en avant dans la tribune de la CRCF consistent presque exclusivement en dénonciations dures du pire, présent et à venir, si le projet de loi (avant la discussion à l’Assemblée) est adopté. Les rédacteurs de la tribune s’épargnent ce faisant tout retour sur ce qu’il y a de juste et d’admissible dans ce projet de loi.

Celui-ci n’est en effet pas dû seulement à une « culture de la mort », mais à des raisons sociologiques graves et sérieuses : l’allongement considérable de la vie avec sa conséquence inéluctable, une fin de vie souvent plus difficile, plus douloureuse, plus solitaire, perçue comme « indigne » par beaucoup ; des maladies séniles redoutées ; une « médecine ultra-performante, capable de faire mourir quasiment sans souffrir », mais aussi de prolonger fortement la vie des malades et des éprouvés de tous âges (ou de différer considérablement le moment de leur mort) ; la volonté partagée d’autodétermination responsable en tous domaines du début à la fin de la vie.

De plus en plus de contemporains voient et vivent cela avec leurs proches et leurs amis. Beaucoup sont loin, et ne peuvent visiter ou aider… Bien entendu, le recul de la foi en une « autre vie » joue aussi son rôle, avec le sentiment de l’inutilité de rester plus longtemps en vie quand rien ne va plus dans le corps mortel.

La CRCF se dispense donc de légitimer ses avertissements – une « autodispense » mal accueillie par des citoyens qui ne sont pas nécessairement des laïcards bornés. Ils rappellent l’objection déjà avancée contre l’Église lors de précédentes batailles législatives sur les sujets sociétaux : de quel droit, devenue très minoritaire, et aussi dévaluée par l’écart entre le dire et le faire (cf. les abus…), peut-elle prétendre imposer sa loi contre une opinion qui va dans l’autre sens ?

Ces lois laissent une totale liberté aux croyants pour vivre leur foi et défendre leurs options éthiques : de quel droit dénient-ils aux autres la possibilité de vivre selon leurs convictions, a fortiori si ces derniers sont majoritaires ? Comment rester insensible à ces protestations démocratiques ?

L’ultime liberté : pour quoi ?

Pour toutes ces raisons, je dis en tout cas personnellement « oui » à la future nouvelle loi, en espérant qu’elle mettra fin à un débat épuisant pour tous et ne confirmera pas, à travers ses dérives, ceux qui craignent l’apocalypse. Mais pour ma part, je ne suis pas intéressé, je le dis franchement, par l’« ultime liberté », par l’autodétermination responsable que cette loi m’accordera pour choisir le moment de ma mort et la façon de mourir.

Si je ne me reconnais pas, ni dans le ton ni sur le fond, dans le combat que l’Église mène, avec les autres religions, contre le projet de loi en cours de discussion, je doute que la liberté « ultime », absolue, de choisir l’heure de sa mort, ainsi que le mode opératoire de cette aide, réponde aux questions multiples nées de la diversité et de la singularité des fins de vie aujourd’hui.

Pour moi, c’est le mot « accompagnement » qui définit le mieux ce que je souhaite quand l’heure viendra. Être accompagné par des soignants attentionnés et des proches aimants, qui me diront des paroles de consolation et me tiendront la main « fraternellement », tel est mon espoir. Ce n’est pas la garantie, mais la promesse ou la chance de vivre ce que signifie en réalité le mot « eu-thanasie » : une « mort heureuse » (1) ou un mourir heureux.

C’est aussi, selon moi, le comportement le plus « digne » dans une société qui se veut activement fraternelle et solidaire et ne résout pas les problèmes du vivre et du mourir en les supprimant grâce à la technique. La loi Claeys-Leonetti de 2016, qui insiste sur les soins palliatifs et permet, à la toute fin, la sédation profonde, me semble à la hauteur de ces principes. Interprétée avec ouverture et clairvoyance, elle permet la fin des souffrances et de l’acharnement thérapeutique dans le respect de la liberté du malade qui se sait « condamné ». Et elle convient très bien au catholique que je suis et reste.

[1] Hans Küng, La Mort heureuse, Seuil, 2015. J’ai traduit ce livre très personnel du théologien contestataire (et contesté), où il défend avec des arguments impressionnants, y compris chrétiens, le « droit, le moment venu, de décider quand et comment je vais mourir ». C’était son choix, il insistait sur ce point. Je ne le suis pas.

La loi sur l’aide à mourir est-elle la plus permissive au monde ? 🎥 Retrouvez l’éclairage d’Antoine d’Abbundo 👇

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— La Croix (@la-croix.com) 22 mai 2025 à 15:29

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Jean-Louis Schlegel : « Catholique, je suis pour la … – La Croix

La légitimité de la parole des religions en matière politique, a fortiori sur des sujets qui engagent directement les convictions et la responsabilité de tous, donc le bien commun, n’est pas en cause. Dans la discussion publique, la démocratie peut, et même doit, apprendre des traditions religieuses, de leur sagesse et de leur éthique, plus encore dans une société où l’utilité et la technique règnent en maîtres.

Je suis néanmoins surpris que la Conférence des responsables de culte en France (CRCF) intervienne, à propos de la fin de vie, de manière aussi rugueuse dans le débat en cours à l’Assemblée nationale. Alors que les « camps » en présence revendiquent à première vue les mêmes mots (dignité, fraternité…) pour qualifier des attitudes très opposées sur la fin de vie désirable, je ne suis pas sûr que la tribune de la CRCF quant aux « dangers d’une rupture anthropologique » soit pertinente, sur la forme et le fond.

Disons-le d’emblée sans fard : il est étrange de voir repris, dès son titre, cette expression phare, qui a fait flop en 2012-2013, lors de la loi sur le mariage pour tous. L’apocalypse promise par une telle rupture n’a pas eu lieu… tout simplement parce que la rupture anthropologique s’est produite bien avant, dans les années 1960, avec la mise en vente libre de la pilule contraceptive, qui a bouleversé le régime des relations hommes-femmes et ébranlé le modèle familial reçu.

Or l’Église catholique, pour ne parler que d’elle, n’a jamais varié : elle est restée dans le déni de cette rupture, pour engager, lors de chaque loi sociétale, des combats perdus. Le « lien social » ne s’est pas écroulé. Ce qui s’est ainsi considérablement défait, en revanche, c’est l’Église catholique, sa crédibilité et la réception de son discours.

Une Église dépassée

Les cinq points mis en avant dans la tribune de la CRCF consistent presque exclusivement en dénonciations dures du pire, présent et à venir, si le projet de loi (avant la discussion à l’Assemblée) est adopté. Les rédacteurs de la tribune s’épargnent ce faisant tout retour sur ce qu’il y a de juste et d’admissible dans ce projet de loi.

Celui-ci n’est en effet pas dû seulement à une « culture de la mort », mais à des raisons sociologiques graves et sérieuses : l’allongement considérable de la vie avec sa conséquence inéluctable, une fin de vie souvent plus difficile, plus douloureuse, plus solitaire, perçue comme « indigne » par beaucoup ; des maladies séniles redoutées ; une « médecine ultra-performante, capable de faire mourir quasiment sans souffrir », mais aussi de prolonger fortement la vie des malades et des éprouvés de tous âges (ou de différer considérablement le moment de leur mort) ; la volonté partagée d’autodétermination responsable en tous domaines du début à la fin de la vie.

De plus en plus de contemporains voient et vivent cela avec leurs proches et leurs amis. Beaucoup sont loin, et ne peuvent visiter ou aider… Bien entendu, le recul de la foi en une « autre vie » joue aussi son rôle, avec le sentiment de l’inutilité de rester plus longtemps en vie quand rien ne va plus dans le corps mortel.

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Ces lois laissent une totale liberté aux croyants pour vivre leur foi et défendre leurs options éthiques : de quel droit dénient-ils aux autres la possibilité de vivre selon leurs convictions, a fortiori si ces derniers sont majoritaires ? Comment rester insensible à ces protestations démocratiques ?

L’ultime liberté : pour quoi ?

Pour toutes ces raisons, je dis en tout cas personnellement « oui » à la future nouvelle loi, en espérant qu’elle mettra fin à un débat épuisant pour tous et ne confirmera pas, à travers ses dérives, ceux qui craignent l’apocalypse. Mais pour ma part, je ne suis pas intéressé, je le dis franchement, par l’« ultime liberté », par l’autodétermination responsable que cette loi m’accordera pour choisir le moment de ma mort et la façon de mourir.

Si je ne me reconnais pas, ni dans le ton ni sur le fond, dans le combat que l’Église mène, avec les autres religions, contre le projet de loi en cours de discussion, je doute que la liberté « ultime », absolue, de choisir l’heure de sa mort, ainsi que le mode opératoire de cette aide, réponde aux questions multiples nées de la diversité et de la singularité des fins de vie aujourd’hui.

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« Le pire, c’est le repli sur soi-même » : trois représentants religieux du Loiret décryptent les actes racistes des derniers mois

La Licra Loiret organise, jeudi 22 mai à 19 h 30, une table ronde autour des religions du Livre et de la République.

Nous évoquons, avec trois représentants religieux attendus aux Archives départementales (boulevard Marie-Stuart à Orléans), les tensions qui peuvent naître entre communautés et leur souhait d’une société plus fraternelle.

Monseigneur Blaquart, évêque d’Orléans

Alors que des tensions minent la société, que des actes racistes ont été commis dans l’Orléanais, l’évêque d’Orléans appelle à rompre avec « l’ignorance de l’autre ».

Monseigneur Blaquart, évêque d’Orléans.

Quel rôle l’Église peut-elle jouer pour apaiser les tensions ? 

« Faire du lien. Au diocèse d’Orléans, il existe un service du dialogue intercroyant ; nous essayons de maintenir des liens avec les frères et sœurs des autres religions. Dès qu’il y a une crise, nous essayons de réagir ensemble. On sent que nous sommes dans une période où nous devons rester attentifs les uns aux autres. »

L’apaisement passe-t-il par l’exemple des représentants religieux ?

« Bien sûr. Plus on se rencontre, plus on se connaît et plus, on s’apprécie. Seulement, à l’intérieur de nos communautés respectives, tout le monde ne suit pas… »

Comment l’expliquez-vous ?

« Par ignorance. Le grand mal, aujourd’hui, c’est l’ignorance de l’autre. Plus on est enfermé dans son réseau, plus on est méfiant. On n’oublie pas que dans toutes nos religions, il y a des extrémistes. Mais nous, les représentants des différentes religions, nous disons que malgré les conflits existant dans différents pays, nous devons vivre, ici, dans la fraternité. »

Vous évoquez l’importation des conflits. Exemple avec Gaza ? 

« Aujourd’hui, 2,5 millions de personnes sont en grande souffrance avec des enfants affamés. C’est la faillite du gouvernement de Netanyahou et Trump qui a annoncé vouloir chasser 2,5 millions de personnes de Gaza pour installer une marina, mais on rêve… Ce n’est pas possible. Où sont les droits de l’Homme ? Le danger est de vouloir se taire de crainte d’être accusé de… On ne peut pas continuer comme ça. Ce n’est pas acceptable. Des personnes souffrent, on ne peut pas rester les bras ballants. Ces deux peuples doivent vivre ensemble sur la même terre. »

Selon vous, la classe politique attise-t-elle les tensions ?

« Oui. Et le multilatéralisme est parterre. La Déclaration universelle des droits de l’homme est bafouée. On est dans une épuration ethnique. Mais c’est quoi cette histoire ? Je n’oublie pas ce qu’il s’est passé le 7 octobre en Israël, mais pas au prix de détruire tout un pays et de chasser la population. »

Aviez-vous senti la dégradation du climat, ces derniers mois, dans l’Orléanais ?

 « Ce sont des minorités, il faut éviter les amalgames. Je vois surtout, dans les quartiers, des populations qui vivent et qui font du sport ensemble. »

La société est-elle toujours fraternelle ?

« Le pire, c’est le repli sur soi. Il faut sortir, aller à la rencontre de l’autre, parler et manger ensemble. Je pousse les jeunes catholiques à aller dans des pays plus pauvres et d’une autre religion. Plus on vit sur soi, avec ses idées et son réseau, plus on s’appauvrit. »

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Rabbin agressé à Orléans : la foi plus forte que la peur

Le chandelier allumé, la cérémonie de shabbat peut commencer. Les portes de la synagogue d’Orléans (Loiret) restent ouvertes toute la matinée, ce samedi 17 mai, pour que chacun accède librement à l’office du jour. Ce jour-là, le traditionnel talit drapé sur les épaules, le rabbin Arié Engelberg est pleinement concentré à transmettre aux fidèles son « amour inconditionnel de Dieu, qui n’est que bonté », accomplissant, deux heures durant, tous les rites de l’office de shabbat : bénédictions, versets chantés, psaumes récités en hébreu à la louange de Dieu, prière en français pour la République française.

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« Il y a un effet sidération » : le témoignage d’un gendarme loirétain sur les annonces de décès routiers

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Une nouvelle mosquée inaugurée à Saran dans un contexte tendu à Orléans

L’inauguration de la nouvelle mosquée de Saran (Loiret) a eu lieu dans un contexte tendu ce vendredi, suite aux autocollants anti-musulmans retrouvés collés dans les rues d’Orléans. Les représentants des trois cultes monothéistes ont tenu à apporter un message de paix et de fraternité.

L'intérieur de la mosquée se veut sobre et épuré

L’intérieur de la mosquée se veut sobre et épuré © Radio France Léonie Cornet

En présence des représentants des trois cultes monothéistes

Aziz Tazi (au centre) aux côtés du maire de Saran, Mathieu Gallois (à gauche)

Aziz Tazi (au centre) aux côtés du maire de Saran, Mathieu Gallois (à gauche) © Radio France Léonie Cornet

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